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La biographie

Le mot biographie (dit grec bios = vie, et graphô = j'écris) désigne, soit le récit de la vie et des actions d'un personnage isolé, soit une collection de Vies particulières. Toute biographie se doit emprunter à l'histoire des peuples que ce qui est en rapport avec l'individu dont elle s'occupe.

L'exactitude et l'impartialité en sont les qualités premières : car on y cherche, non pas l'opinion de celui qui l'a écrite, mais les faits qui doivent servir de fondement à une opinion raisonnée sur la personne dont  il est traité. Malveillante, la biographie dégénère en diatribe; bienveillante, elle tombe, aisément dans le panégyrique. La difficulté d'être impartial est très grande quand il s'agit de contemporains, parce que beaucoup de réputations sont assises sur de fausses bases, et que tout est dénaturé par l'esprit de parti ou la recherche d'avantages de natures diverses au sein du groupe social auquel appartient l'auteur. 

Comme écrivain, le biographe doit être clair, simple et concis. Certains ouvrages qui sembleraient rentrer dans la classe des Vies ou des Biographies appartiennent cependant au genre de l'histoire  : tels sont ceux de Quinte-Curce sur Alexandre, de Watson sur Philippe II, de Robertson sur Charles-Quint, de Voltaire sur Charles XII, etc. La raison en est facile à comprendre : la vie d'un roi ou d'un chef d'Etat est tellement liée à tout ce qui s'est passé sous son règne, qu'on ne saurait l'écrire sans retracer l'histoire de la nation elle-même.

Le genre de la biographie a été moins cultivé dans l'Antiquité que chez les modernes. On ne peut guère citer que les Vies des grands capitaines par Cornélius Népos, les Vies des douze Césars par Suétone, la Vie d'Agricola par Tacite; les Vies des hommes illustres par Plutarque, les Vies des philosophes par Diogène Laërce, les Vies des sophistes par Philostrate, les Vies des philosophes et des sophistes par Eunape. Dans le livre de Suidas, la lexicographie a plus de place que la biographie. 

Mais la littérature biographique a été très riche depuis la Renaissance, Les Vies particulières sont inombrables. Tantôt on s'est attaché à une catégorie spéciale de personnages; tels sont : les Acta sanctorum des Bollandistes, les divers recueils connus sous le nom de Vies des saints, la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques par Ellies du Pin, les Vies des philosophes par Fénelon, les Vies des grands capitaines par Brantôme, l'Histoire des Troubadours par Millot, la France protestante par  Haag, le Dictionnaire des Musiciens de Choron et Fayolle, la Biographie des Musiciens par Fétis, la Vie des peintres par Vasari, Orlandi, Houbraken, ou Descamps, la Vie des graveurs par Basan, etc. Tantôt on a réuni les biographies des hommes célèbres d'un pays ou d'un peuple : ainsi, Rossi a publié l'Histoire des auteurs hébreux et celle des auteurs arabes; Herbelot, la Bibliothèque orientale; Lacroix du Maine et Du Verdier, chacun une Bibliothèque française; Nicolas Antonio, la Bibliotheca hispana; Machado, une Biographie des Portugais; Mazzuchelli et Fabroni, des Biographies italiennes; Foppens, la Bibliotheca belgica; Johnson, les Biographies des poètes anglais; Graberg de Hemso, les Vies des scaldes scandinaves, etc. En France (et il en a été de même dans d'autres États), les diverses provinces ont eu leurs biographies spéciales, par exemple, celles de Dom Calmet et Chevrier en Lorraine, de Papillon en Bourgogne, de Dreux du Radier en Poitou, d'Allard en Dauphiné, d'Ansart dans le Maine, de Théodore Lebreton en Normandie, etc. 

Les Anciens ne nous ont pas laissé d'exemples de Biographies universelles : le 1erDictionnaire historique fut publié à Zurich en 1545 par Conrad Gessner. Vinrent ensuite ceux de Juigné de la Boissinière, de Moréri, de Bayle, de Prosper Marchand, de Ladvocat, de l'abbé Barral, de Chaudon et Delandine, de l'abbé Feller, du général Beauvais et AI. Barbier. La Biographie universelle des frères Michaud (dans laquelle on a puisé certaines notices biographiques de ce site) et la Nouvelle biographie générale de Firmin Didot ont été, en ce genre, les publications les plus importantes du XIXe siècle. La biographie universelle, en des proportions moins vastes, se retrouve dans le Dictionnaire d'Histoire et de Géographie de Bouillet (également utilisé par ce site), et dans le Dictionnaire de Biographie et d'Histoire de Dezobry et Bachelet. Des collections spéciales ont également été publiées : telles, par exemples celles consacrées aux "contemporains" de leurs auteurs,  la Biographie des Contemporains par Jouy, Jay, Arnault, Norvins, etc.; la Biographie universelle et portative des Contemporains par Rabbe, de Boisjolin, Sainte-Preuve, etc.; la Biographie des Contemprains célèbres par un homme de rien; le Dictionnaire des Contemporains par Vapereau. 

La biographie a été tellement goûtée à partir du XIXe siècle, qu'on l'a fait entrer même dans les encyclopédies. En Allemagne, on doit citer le Lexicon de Joecher, Adelung et autres, les Dictionnaires de Hisching et d'Ernesti; en Angleterre, le Biographical Dictionary de Chalmers et la General Biography d'Aikin, etc. Un défaut trop ordinaire des Biographies universelles est le manque d'unité : les articles, répartis entre une foule d'écrivains, reflètent presque toujours les opinions les plus diverses, et les proportions qu'exigerait l'importance relative des personnages sont aisément méconnues. La collection de plusieurs milliers de biographies que publie ce site ne prétend pas échapper toujours à ce travers. (B.).

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