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Les
textes
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| Panégyrique,
mot qui signifia, chez les Grecs, une assemblée du peuple entier,
et aussi tout discours prononcé devant elle dans le but d'exalter
la gloire nationale ou de faire ressortir les avantages de quelque entreprise.
Ainsi, dans son Panégyrique d'Athènes, prononcé
vers l'an 386 avant notre ère, Isocrate
s'est proposé de persuader aux différents peuples de la Grèce
de se réconcilier pour tourner contre les Perses, leur ennemi commun,
leurs forces réunies : seulement, comme Lacédémone
prétendait conserver le droit exclusif de commander les Grecs, il
entreprend de prouver qu'Athènes, par toute son histoire, est mieux
fondée à réclamer l'hégémonie. Le sujet
avait de la grandeur; malheureusement Isocrate se préoccupa beaucoup
plus du style que des pensées, et passa dix ou quinze années
à ajuster ses périodes; c'était beaucoup plus de temps
qu'il n'en eût fallu à la Perse pour asservir les Grecs, si
elle-même n'eût pas été plus malade encore que
ses adversaires.
En Grèce, on louait la République
: à Rome, le Panégyrique, réservé d'abord pour
les morts illustres, devint bientôt l'éloge du prince vivant.
Les premiers Césars se virent et s'entendirent presque tous décerner
l'apothéose "Mon premier dessein, dit Pline le Jeune (Lett., III. 18), a été de faire aimer à l'empereur ses propres vertus par les charmes d'une louange naïve. J'ai voulu en même temps tracer à ses successeurs, par son exemple mieux que par aucun précepte, la route qu'ils devaient suivre pour arriver à la même gloire".Il était sincère quand il tenait ce langage, et son héros n'en était pas indigne. Ce n'est pas que la déclamation, les subtilités et le ridicule ne tiennent leur place dans cette oeuvre d'un élégant rhéteur, souvent plus occupé des mots que des choses : quand on lit les puérilités incroyables qu'un 3e consulat d'abord refusé, puis accepté par Trajan, inspire à l'orateur on comprend que Corneille ait dit un jour qu'il n'avait jamais pu lire plus de quatre pages de suite d'un éloge Les imitateurs ne manquèrent pas
à Pline. De quatre discours que Dion
Chrysostome composa sur les devoirs des rois, l'un peut passer pour
un véritable Panégyrique de Trajan.
Puis un Grec de Messie,
Arioviste, loua Marc-Aurèle,
qui eut peut-être à subir aussi le même honneur de la
part de sort précepteur Fronton. Sous Dioclétien,
ce furent des rhéteurs gaulois qui eurent le triste privilège
de se distinguer dans ce genre oratoire : parmi eux brillèrent Eumène
d'Autun A son tour, il fut loué par Libanius
d'Antioche On voit le panégyrique renaître au XVe siècle avec les lettres latines et grecques, et fleurir, presque sans interruption, jusqu'à notre temps. François Ier, Henri II, Charles IX, Henri III, furent loués de leur vivant, et, suivant Thomas, on compterait plus de 500 panégyriques en l'honneur d'Henri IV, en vers comme en prose, pendant sa vie et après sa mort. Ils ne manquèrent pas non plus à Louis XIII, à Richelieu, à Mazarin, et on les prodigua à Louis XIV durant tout son règne : tandis que les grands écrivains saisissaient ou faisaient naître l'occasion de l'exalter dans leurs oeuvres, le clergé célébra en chaire, dans des panégyriques proprement dits, la gloire et les vertus du grand roi. Pellison lui-même, l'ancien ami de Fouquet, mêla sa voix au concert de louanges dont on saluait de toutes parts la grandeur de Louis, et écrivit son panégyrique. Voltaire enfin, tandis qu'il écrivait l'oraison funèbre des officiers français morts dans la guerre de la succession d'Autriche, y joignit, à propos des mêmes événements, le panégyrique de Louis XV. II appartenait à la religion chrétienne
de transformer et de sanctifier, en quelque sorte, le panégyrique
comme l'oraison funèbre, par les hauts enseignements que l'orateur
en fait sortir. De bonne heure, les Pères |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.