 |
Géologiquement
parlant, une source peut être définie comme l'écoulement naturel
à la surface du sol de l'eau d'une nappe souterraine ou comme le point
d'émergence de cette nappe. Les sources se forment de la manière suivante.
Les eaux pluviales tombant sur un terrain ruissellent plus ou moins longtemps
à la surface, puis s'infiltrent dans le sol dès qu'elles trouvent une
couche perméable. L'eau qui imprègne cette couche perméable; constituée
surtout par des sables, des grès ou des conglomérats, descend à un niveau
de plus en plus bas, jusqu'à ce, qu'elle rencontre une couche imperméable,
généralement de l'argile, qui la retient. Elle suit le gisement de la
couche perméable jusqu'à l'affleurement de cette couche, où elle gagne
la surface, formant une source.
Les
types de sources.
Lorsque l'eau pluviale rencontre des calcaires
fissurés on toute autre roche traversée par des diaclases, elle pénètre
dans les fissures, forme en profondeur de véritables cours d'eau souterrains
et réapparaît à la surface sous la forme d'une source à débit considérable,
connue sous le nom de source vauclusienne.
Suivant la situation de leur point d'émergence,
on a divisé les sources en sources d'affleurement et sources
de thalweg (L. Janet). Les premières émergent
généralement à flanc de coteau et sont produites par l'intersection
de la surface supérieure d'une couche imperméable avec la surface topographique
du terrain. Les deuxièmes se trouvent toujours dans les vallées et s'observent
à l'intersection de la surface piézométrique de la nappe avec la surface
topographique du terrain. Dans les sources d'affleurement, l'écoulement
de l'eau est déterminé principalement par la pente de la couche imperméable
qui supporte la nappe; il convient toujours de faire des recherches d'eau
au point le plus bas où affleure la surface supérieure de cette couche.
Dans les sources de thalweg les points où devront être effectuées les
recherches sont nécessairement situés dans le fond de la vallée.
On désigne sous le nom de sources minérales
des sources qui, dans leur trajet souterrain, ont emprunté par dissolution
aux couches qu'elles traversent des substances qui n'existent pas dans
les eaux ordinaires ou qui n'y existent qu'en proportions infiniment minimes.
On appelle plus particulièrement sources thermales celles qui, en raison
de la grande profondeur à laquelle leurs eaux ont circulé, jaillissent
avec une température supérieure à celle du sol.
On a donné le nom de surface hydrostatique,
ou de surface libre, ou mieux encore de surface piézométrique à la surface
jusqu'à laquelle s'élève l'eau dans les puits qui s'alimentent à une
même nappe souterraine.
Les
nappes souterraines.
On peut distinguer dans les nappes souterraines
deux catégories différentes les nappes superficielles ou nappes phréatiques
(Daubrée), qui reposent sur la première couche imperméable se rencontrant
partir de la surface du sol et dans lesquelles s'alimentent les puits ordinaires,
et les nappes profondes, reposant sur une couche imperméable plus
basse. Parmi celles-ci, on distingue les nappes libres, dans lesquelles
l'eau s'élève dans la couche perméable jusqu'au niveau piézométrique,
et les nappes captives, dans lesquelles l'eau est maintenue sous
pression par une couche imperméable qui les surmonte.
Dans ces nappes l'eau s'élève, en vertu du principe des vases communicants,
au-dessus de son gisement, dès qu'on a percé la couche imperméable supérieure;
tantôt elle ne s'élève pas jusqu'à la surface du sol, tantôt elle
jaillit avec violence, auquel cas la nappe est dite artésienne.
Le
captage.
Si des connaissances géologiques sont
nécessaires pour la détermination précise des points d'émergence des
nappes aquifères, l'intervention du géologue est non moins indispensable
lorsqu'il s'agit d'empêcher la contamination des sources. Le chimiste,
le bactériologiste détermineront la qualité des eaux, mais le géologue
indiquera les conditions dans lesquelles devront s'effectuer le captage
et la protection des sources.
Le captage a pour but, non seulement d'assurer
le débit constant de la source, mais encore d'éviter le mélange des
eaux de bonne qualité d'origine profonde avec les eaux contaminées de
la surface. On prendra la source dans la couché aquifère même et l'on
devra à cet effet traverser par des canalisations étanches ou par des
forages tubés les éboulis de la surface ou les alluvions
qui recouvrent la couche aquifère et dans lesquels circulent des eaux
devant être envisagées comme suspectes.
Des eaux qui traversent, sur un parcours
d'une certaine longueur, des sables ou des roches poreuses peuvent être
considérées comme parfaitement filtrées et par conséquent comme débarrassées
de tous les germes nuisibles. Par contre, des eaux qui traversent des roches
fissurées et qui viennent sourdre à la surface sous la forme de sources
vauclusiennes ne subissent qu'une filtration tout à fait insuffisante
et peuvent avoir été contaminées à la surface, à l'endroit où l'eau
de pluie s'infiltre dans le sol. Il y a lieu, dans ce cas, de déterminer
le périmètre d'alimentation de la source, c.-à -d. les points de la surface
où la couche aquifère absorbe les eaux pluviales, et de protéger ce
périmètre de toute souillure accidentelle.
Ce n'est que par une étude géologique
très approfondie que la détermination tant soit peu précise du périmètre
d'alimentation peut s'effectuer, mais des expériences de coloration faites
avec la fluorescéine viendront utilement en aide au géologue. On devra
systématiquement écarter de l'alimentation celles des sources vauclusiennes
qui ne sont que la réapparition de rivières qui se sont perdues en s'engouffrant
dans des bétoires. Ces bétoires, très fréquents dans les régions
calcaires, sont le plus souvent dus à l'effondrement de cavernes
souterraines. Ils mettent la surface en communication facile avec les fissures
qui traversent en tous sens les roches calcaires et sont une cause constante
de contamination, surtout dans les régions où l'on y jette des charognes.
(E. Haug). |
|