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| L'artiste Nous ne savons à peu près rien des premières oeuvres de Léonard de Vinci. Le carton de la Chute, d'après lequel on devait exécuter en Flandre Sur un feuillet manuscrit on lit : « ... bre 1478 incominciai le due Virgine Marie »Quelles sont ces deux vierges - Vinci, L'Adoration des Mages. Qu'avant le départ pour Milan Léonard de Vinci fût en possession de son génie, c'est ce que plus que tout le reste établirait un tableau inachevé, l'Adoration des Mages, aujourd'hui au musée des Offices, s'il était possible d'en fixer la date avec certitude. Mais la liberté de l'exécution, la maîtrise dont elle témoigne, la beauté des chevaux qui font penser aux longues études pour la statue de F. Sforza, sont précisément les raisons qui ont amené certains critiques à reculer cette oeuvre jusqu'aux environs de 1500. L'Adoration des Mages est pleine de mouvement et de vie, nous y trouvons déjà ce réalisme psychologique, cet effort pour créer des vivants, des hommes possibles, des êtres qui ne soient pas seulement les figurants d'une machine décorative, mais dont chacun ait une âme qui se trahisse dans l'acte particulier qu'il accomplit. Léonard de Vinci a trente ans quand il part pour Milan et entre au service de Ludovic Sforza, auquel il propose ses services dans une lettre fameuse où il expose avec une audace tranquille l'incroyable diversité de ses talents. Ambitieux, avide de gloire, le duc s'efforçait de justifier son usurpation en attirant à sa cour les personnalités le plus éminentes de l'Italie Dans sa lettre à Ludovic le More, Léonard de Vinci lui offrait d'exécuter la statue équestre en l'honneur de François Sforza, le fondateur de la dynastie. Nous ne connaissons plus cette oeuvre que par les dessins (Windsor) qui nous montrent les recherches, les hésitations de l'artiste sans, nous permettre de décider à quel parti il s'arrêta. Le cheval était-il lancé au galop? Marchait-il d'un pas fier et relevé? Il est probable qu'il y eut deux modèles de cette statue colossale à laquelle Léonard travailla pendant tout son séjour à Milan. En 1493, à l'occasion du mariage de Maria Bianca Sforza avec l'empereur Maximilien, la statue fut exposée sur la place du Château, sous un arc de triomphe improvisé. De la Cène Vinci, Cecilia Gallerani (ou la Femme à l'hermine). Outre ces grands travaux, Léonard de Vinci peignit à Milan quelques portraits, le duc, sa femme, ses maîtresses, Cecilia Gallerani, Lucrezia Crivelli. Organisateur des fêtes ducales, peintre, sculpteur, Léonard était en outre architecte, ingénieur. Cette vie de travail fut brusquement interrompue par la chute de Ludovic qui le premier avait appelé les Français Livrée aux gens de guerre, Milan n'était plus un séjour pour les artistes. Au mois de mars 1500, nous trouvons Léonard de Vinci à Venise. En passant à Mantoue « une madone assise, travaillant au fuseau, tandis que le Christ enfant, un pied sur la corbeille de laine, souriant, saisit le fuseau qu'il cherche à enlever à sa mère ».A cette même date, il fut chargé, avec Michel-Ange, de décorer la salle du conseil dans le palais de la Seigneurie. Michel-Ange choisit une scène de la guerre contre Pise : des soldats au bain surpris par l'ennemi. Léonard, si longtemps l'hôte de Milan, eut à traiter la Bataille d'Anghiari « Selon certaines indications qu'il trouva dans Pline, dit un contemporain, il prépara une sorte de mastic pour y étendre ses couleurs. Après avoir peint sur le mur, il alluma un grand feu pour que la chaleur permit aux couleurs d'être absorbées et de sécher. Mais il ne réussit que pour la partie inférieure; il ne put chauffer assez la partie supérieure qui était trop éloignée du feu. »Nous n'avons de reproduction que de l'épisode de l'étendard. La plus ancienne gravure, celle de Lorenzo Zacchia, de Lucques, date de 1558, la plus connue, celle d'Edelinck, fut faite soit d'après le dessin de Rubens qui est au Louvre, soit d'après un dessin flamand plus ancien qui est aux Offices et qui peut-être servit de modèle aux deux artistes. Les cartons de Michel-Ange et de Léonard de Vinci, selon l'expression de Benvenuto Cellini, « furent l'école du monde », tant qu'on les put étudier, ont disparu l'un et l'autre. Les dernières nouvelles que nous ayons de la peinture sont de 1513, elle coula sans doute avec l'enduit qui la portait. La statue de François Sforza, la Cène En 1505, il avait achevé aussi la Joconde Vinci, La Vierge et l'enfant, avec Sainte Anne. Pendant l'été de 1506, Léonard de Vinci obtint de la Seigneurie la permission de se rendre à Milan, où l'appelait le gouverneur français, Charles d'Amboise « avec deux madones de grandeur différente qu'il a peintes pour le roi Très Chrétien. »Mais à cette même date, les affaires des Français « Le 24 septembre 1513, écrit Léonard, je partis de Milan pour Rome avec Giovanni, Francesco Melzi, Salaï, Lorenzo et le Fanfoïa ».Un Florentin, Giovanni de Médicis, fils de Laurent le Magnifique, avait été élu pape sous le nom de Léon X. Le plus jeune frère du nouveau pape, Julien de Médicis, aimait Léonard de Vinci et l'avait attaché à son service. Il semble qu'à cette époque ses travaux scientifiques l'aient beaucoup absorbé. Vasari signale deux tableaux qu'il exécuta pour le dataire de pape, messire Baldasare Turini : l'un représentait la madone avec l'enfant, l'autre « un enfant d'une grâce et d'une beauté merveilleuse ». Parmi les dernières oeuvres du maître, il faut certainement mettre le Saint Jean du Louvre, où il a porté la technique pittoresque à un point qu'elle ne devait pas dépasser. Le 13 septembre 1515, la victoire de Marignan Des grandes oeuvres de Léonard de Vinci, nous l'avons vu, la plupart ont été détruites ou sont perdues; ses croquis, pleins de verve, ses nombreux dessins, qui valent parfois des oeuvres achevées, quelques, tableaux précieux, suffisent à le mettre au nombre des peintres qui peuvent disputer le premier rang. Ses sentiments sans cesse passent par son esprit et ses idées par son coeur. « Plus on connaît, plus on aime ». Le charme rare de ses oeuvres est dans ce subtil mélange d'analyse et d'émotion, d'exactitude et de fantaisie, de naturel et de spiritualité, dans ce réalisme psychologique d'un artiste qui pense que l'esprit est partout présent et doit partout apparaître : la Pittura è cosa mentale. (Gabriel Séailles). |
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