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Les Guelfes (Welfs)

La maison des Guelfes, en allemand Welfen, est une famille de princes allemands qui possédaient un grand nombre de domaines dans l'Allemagne méridionale, notamment entre le Brenner et le Saint-Gothard.

Elle apparaît au 510 siècle dans les pays bourguignons et en Souabe, ou s'étendaient les grandes possessions du comte Welf dont la fille Judith épousa en 819 l'empereur Louis le Débonnaire. Charles le Chauve naquit de cette union et favorisa ses parents maternels. Son oncle Conrad, fils de Welf, fut l'ancêtre des rois de Bourgogne transjurane; cette branche s'éteignit en 1032 avec Rodolphe III. 

La branche allemande, issue de deux autres fils ou petits-fils de Welf, du nom d'Eticho et Henri, se perpétua en Souabe. 

Welf II combat l'empereur Conrad II; Welf III reçoit, en 1047, le duché de Carinthie et la marche de Vérone; il meurt sans enfants (1055), mais sa mère Irmengarde décide Azzo (Azzon ou Ezzelin) II d'Este, né vers l'an 1020, mort dans un âge très avancé, et époux de sa fille Cunégonde (soeur de Welf III), à revendiquer l'héritage de la première branche dite Guelfes d'Altdorf, pour leur fils. 

Ce dernier, Welf IV, dit Welf le Grand, héritier des biens paternels de la maison d'Este. devint ainsi, vers le milieu du XIe siècle, la tige de la nouvelle maison des Guelfes (Welfs), les Welf-Este, ce qui le fait appeler Welf Ier. Gendre d'Otto de Nordheim, il reçoit aussi, de l'empereur Henri IV, la succession en 1070 au duché de Bavière qui venait d'être enlevé au duc Othon ll; mais il se brouilla par la suite avec Henri, parce que celui-ci l'obligea à restituer au duc Othon, avec lequel il s'était réconcilié, une partie de la Bavière; il entra dans une ligue formée contre ce prince, prit Ratisbonne, Augsbourg, Saltzbourg, et battit, Henri devant Wurtzbourg. Il partit ensuite pour la croisade, et mourut dans l'île de Chypre à son retour (1101).

Son fils  et successeur, Welf V (Welf II comme duc de Bavière), épousa en 1089 la vieille comtesse Mathilde de Toscane; fille de Boniface d'Este, dont il se sépara par un divorce en 1097, après avoir appris qu'elle a fait donation de ses biens au Saint-Siège. Il embrassa d'abord la cause de l'empereur Henri IV, puis il l'abandonna pour celle du rebelle Henri V; il fut en grande faveur sous le règne de ce dernier prince. Il mourut sans enfants en 1120, laissant son héritage, y compris la Bavière, à son frère Henri le Noir, celui-ci avait épousé Wulfhild, fille du duc Magnus de Saxe, qui lui apporta une partie du patrimoine de la grande famille Billung en Saxe. 

C'est ainsi que, transplantés d'Italie en Souabe et Bavière par un premier mariage, les Welf-Este allaient par un second mariage l'être au Nord de l'Allemagne. Henri le Superbe, fils et successeur d'Henri le Noir, s'agrandit beaucoup en épousant Gertrude, seule fille de l'empereur Lothaire, qui lui apporte les vastes domaines de Brunswick, Nordheim et Supplinburg; l'empereur le nomme duc de Saxe et lui destine sa succession. 

Les Welfs, malgré leur origine, deviennent ainsi les champions de l'Allemagne orientale (Bavière et Saxe) contre les Hohenstaufen qui représentent plutôt la culture latine. 

Welf IV (ou III), frère de Henri le Superbe, et tuteur de Henri le Lion, son neveu, s'efforça d'accroître encore les domaines des Guelfes et reçut le duché de Saxe de son beau-père l'empereur Lothaire. Mais, après la mort de ce dernier, ayant voulu, disputer l'empire à Conrad III, de Hohenstaufen il fut dépouillé de la plus grande partie de ses États (1139). La diète de Worms (1140) le mit au ban de l'empire; il livra alors à l'empereur la bataille de Weinsberg, mais il la perdit : c'est à cette bataille que furent pris pour la première fois les noms de Guelfes et de Gibelins, cri de guerre adopté par les deux partis. Welf vit sa famille réduite à la possession de Brunswick et de Lunebourg. Cependant, il se réconcilia dans la suite avec Conrad, et l'accompagna en Palestine. Il mourut à son retour vers 1145.

Welf VI se réconcilie avec l'empereur et meurt en 1191 sans héritiers directs, léguant ses biens aux Hohenstaufen. Il avait assisté à la grandeur et à la décadence de son neveu, le fameux Henri le Lion  qui, après avoir recouvré la Bavière, finit par se voir confiné dans ses biens héréditaires de Saxe.

La fortune des Welfs se relève pourtant avec les fils du Lion, Henri, comte palatin du Rhin (1195-1227) et Otton de Brunswick, qui fut empereur (1198-1218); mais ils succombent dans la lutte contre Frédéric II de Hohenstaufen qui donne le Palatinat aux Wittelsbach (1214).

Otton et Henri n'ont pas de fils; leur troisième frère Wilholm en laisse un, Otton l'Enfant, dernier héritier des Welfs, lequel réunit les débris de leurs domaines et en fit hommage (1235) à l'empereur Frédéric II, qui les lui rendit comme fiefs de l'empire et avec le titre de duc de Brunswick. Cette maison fleurit par la suite sous ce titre, et règna sur le  Brunswick, le Hanovre et l'Angleterre.

A dater de ce moment, l'histoire des Welfs se confond avec celle du Brunswick et des principautés issues de partages et démembrements successifs; en fin de compte les branches de cette famille se réduisent à deux : Brunswick-Wolfenbuttel, branche aînée, éteinte en 1884 par la mort du duc Wilhelm de Brunswick ; Brunswick-Lunebourg ou Hanovre, branche cadette qui se fait créer en 1692 un neuvième électorat, monte en 1714 sur le trône d'Angleterre avec Georges Ier

A la mort de Guillaume IV (1837), la couronne de Grande-Bretagne passe à la reine Victoria, sa nièce, fille du duc de Kent, tandis que le Hanovre, régi par la loi de descendance masculine, revient au duc de Cumberland, frère cadet de Guillaume IV et du duc de Kent. Il régna sous le nom d'Ernest-Auguste; son fils George V fut détrôné par la Prusse en 1866; il a laissé un seul fils, le duc Ernest-Auguste de Cumberland, qui est, au début du XXe siècle, le chef de la famille des Welfs, mais en fait un satellite de la branche féminine régnant en Angleterre. (GE / A19).

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Dictionnaire biographique
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