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Plèvre

La plèvre (du grec pleura = côté) La plèvre est une membrane séreuse à double feuillet qui enveloppe chaque poumon et tapisse la paroi interne de la cage thoracique, délimitant un espace virtuel appelé cavité pleurale, normalement vide de tout contenu gazeux ou liquidien significatif. Elle se compose de deux feuillets continus l'un avec l'autre au niveau du hile pulmonaire :
• La plèvre pariétale, tournée vers la paroi thoracique, et la plèvre viscérale, directement accolée à la surface du poumon. La plèvre pariétale, plus épaisse et résistante, se subdivise en portions costale, médiastinale, diaphragmatique et cervicale, cette dernière formant la coupole pleurale qui s'élève jusqu'à deux ou trois centimètres au-dessus de la clavicule.

• La plèvre viscérale, plus fine et fragile, recouvre intégralement le parenchyme pulmonaire en pénétrant même dans les scissures interlobaires, à l'exception du hile où pénètrent les structures vasculaires et bronchiques. Entre ces deux feuillets s'étend la cavité pleurale, espace virtuel contenant une mince pellicule de liquide pleural, sécrété principalement par la plèvre pariétale à raison d'environ 0,15 ml/kg/h, dont le rôle essentiel est de lubrifier les surfaces pour permettre un glissement sans friction lors des mouvements respiratoires.

Sur le plan histologique, chaque feuillet pleural est constitué d'une couche de cellules mésothéliales aplaties reposant sur une membrane basale et un tissu conjonctif fibreux et élastique riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques. Le mésothélium pleural possède des propriétés métaboliques actives, participant à l'homéostasie locale, à la régulation des échanges liquidiens et à la réponse inflammatoire. L'innervation diffère fondamentalement entre les deux feuillets : la plèvre pariétale reçoit une innervation sensitive somatique via les nerfs intercostaux et le nerf phrénique, ce qui la rend sensible à la douleur, notamment en cas d'inflammation ou d'étirement, tandis que la plèvre viscérale est innervée par des fibres autonomes issues du plexus pulmonaire et demeure insensible à la douleur, bien que réceptive aux sensations d'étirement.

La physiologie pleurale repose sur l'équilibre dynamique entre sécrétion et résorption du liquide pleural, régulé par les pressions hydrostatiques et oncotiques de part et d'autre des feuillets, ainsi que par le drainage lymphatique assuré par les stomates de la plèvre pariétale. La pression intrapleurale, normalement négative et variant entre -2 et -5 cm H2O en fin d'expiration, plus négative au sommet qu'à la base du poumon, joue un rôle mécanique essentiel en maintenant l'adhérence entre poumon et paroi thoracique, permettant l'expansion pulmonaire lors de l'inspiration. Cet équilibre pressionnel et liquidien assure non seulement la mécanique respiratoire optimale mais contribue aussi à la protection des structures thoraciques en amortissant les mouvements et en limitant la propagation des infections entre les deux cavités pleurales, strictement indépendantes l'une de l'autre.

Sur le plan clinique, toute perturbation de cet équilibre peut engendrer des pathologies variées : l'accumulation anormale de liquide constitue l'épanchement pleural, qui peut être transsudatif en cas d'insuffisance cardiaque ou de cirrhose, ou exsudatif dans les contextes infectieux, inflammatoires ou tumoraux. La présence d'air dans la cavité pleurale définit le pneumothorax, spontané, traumatique ou iatrogène, tandis que l'hémothorax correspond à un épanchement sanguin, souvent d'origine traumatique. Les pleurésies, inflammations de la plèvre, peuvent être sèches ou accompagnées d'épanchement, et certaines affections chroniques comme l'exposition à l'amiante peuvent conduire au mésothéliome pleural, tumeur maligne de mauvais pronostic. L'exploration de la plèvre repose sur l'examen clinique, l'imagerie thoracique (radiographie, échographie, scanner, IRM) et, si nécessaire, la ponction pleurale avec analyse biochimique, cytologique et microbiologique du liquide prélevé.

La connaissance fine de l'anatomie pleurale, notamment des récessus costodiaphragmatique et costomédiastinal, zones de cul-de-sac où s'accumulent préférentiellement les liquides pathologiques, est indispensable pour guider les gestes diagnostiques et thérapeutiques comme la ponction ou le drainage pleural.

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