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Arsamosate

Arsamosate était une ville antique située dans la région historique de l'Arménie, plus précisément dans la province d'Aghdznik (ou Arzanène en grec), qui correspond à une partie de l'actuel sud-est de la Turquie, près de la frontière avec la Syrie et l'Irak. Aucun vestige archéologique clairement identifiable n'a été attribué avec certitude à Arsamosate, en partie à cause de l'instabilité politique persistante dans la région et du manque d'explorations systématiques. On la mentionne principalement dans les textes grecs et arméniens, notamment chez Strabon, Ptolémée, et l'historien arménien du Ve siècle Moïse de Khorène, qui la cite comme l'une des villes fondées par les rois arméniens.

Bien que relativement méconnue comparée aux grands centres urbains arméniens comme Artaxate ou Dvin, Arsamosate occupait une position stratégique à l'extrême sud du royaume d'Arménie, dans une zone frontalière souvent disputée entre Arméniens, Romains, Parthes, puis Sassanides. Son nom, d'origine iranienne, combine probablement le théonyme Arshama (un nom royal achéménide) avec le suffixe  -shat ou -sat, fréquent dans la toponymie arménienne ancienne et signifiant joie, fondation ou  établissement. Ainsi, Arsamosate pourrait signifier "fondation (ou joie) d'Arshama".

La ville fut fondée à l'époque hellénistique, vraisemblablement au IIIe siècle av. JC, dans un contexte de restructuration territoriale des régions orientales après la fragmentation de l'empire d'Alexandre le Grand. Elle fut établie sur la rive orientale de l'Euphrate, dans une plaine fertile entourée de collines, près de l'actuelle ville turque d'Eğin (aujourd'hui Kemaliye), bien que certains chercheurs situent son emplacement plus au sud, près de la frontière syrienne, dans la région de Silvan (ancienne Martyropolis). Cette incertitude topographique tient au fait qu'il existait peut-être plusieurs localités portant des noms similaires ou que le site a été confondu avec d'autres villes arméniennes frontalières.

Arsamosate devint un centre administratif et militaire notable sous les Artaxiades, la dynastie royale arménienne qui régna du IIe siècle av. JC au Ier siècle ap. JC. En raison de sa position proche de l'Euphrate, elle contrôlait des routes commerciales et militaires essentielles reliant l'Arménie au nord de la Mésopotamie et à la Syrie. À plusieurs reprises, elle fut au coeur des conflits entre Rome et les Parthes, puis entre Rome et les Sassanides, ces grands empires rivaux se disputant la suzeraineté sur l'Arménie. Lors des guerres qui opposèrent les Romains au Parthes, Arsamosate fut brièvement occupée par les troupes romaines : en 163 ap. JC, le général romain Statius Priscus la prit et y installa un roi client, Sohaemus d'Arménie, après avoir renversé le roi parthe Pacorus II.

La ville possédait une garnison, des fortifications et probablement un temple dédié à des divinités arméniennes synchrétisées avec des cultes iraniens ou grecs, comme Anahit ou Mihr. Elle abritait également une population mixte, composée d'Arméniens, de Syriens, de Grecs et de Perses, reflétant la diversité culturelle de cette région frontalière. Sous les Arsacides arméniens, et plus tard sous les Sassanides après le IVe siècle, Arsamosate perdit progressivement de son importance stratégique au profit d'autres centres comme Tigranocerte ou Martyropolis, surtout après la christianisation de l'Arménie au début du IVe siècle, qui redessina les hiérarchies ecclésiastiques et administratives du royaume.

Au cours des invasions arabes du VIIe siècle, la région d'Aghdznik fut incorporée au califat omeyyade puis abbasside, et Arsamosate, comme de nombreuses villes arméniennes du sud, fut soit abandonnée, soit absorbée dans de nouveaux réseaux urbains islamiques. Son déclin fut accéléré par les destructions répétées, les déplacements de population et la perte de son statut politique. 

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Dictionnaire Villes et monuments
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