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Les
îles
Glorieuses sont un territoire d'outre-mer de la France
Géographie physique
des îles Glorieuses.
Du fait de leur nature calcaire et de leur faible altitude, les îles Glorieuses ne possèdent aucun cours d'eau permanent ni lac d'eau douce en surface. L'eau douce provient uniquement des précipitations, et s'infiltre rapidement dans le sol poreux, bien qu'une lentille d'eau douce, mince et fragile, puisse exister à faible profondeur dans le substrat calcaire. Les sols sont typiques des milieux coralliens : minces, sableux, très poreux et peu fertiles. Ils sont dérivés de la dégradation du calcaire corallien et enrichis localement par d'anciens dépôts de guano, historiquement exploités. Le littoral est principalement constitué de plages de sable blanc et fin, formées par l'érosion du corail et des coquillages, entourant presque entièrement les îles. Ces plages sont bordées par un vaste système récifal corallien qui constitue une caractéristique physique prédominante de l'archipel. Ce récif entoure les îles, délimitant un lagon intérieur peu profond par endroits et d'une grande richesse biologique. L'accès maritime est conditionné par les passes à travers le récif. Le climat est de type tropical océanique, chaud et humide tout au long de l'année. Il est marqué par deux saisons principales : une saison chaude et pluvieuse (environ de décembre à avril), influencée par la mousson du nord, et une saison plus sèche et légèrement plus fraîche (mai à novembre), sous l'influence des alizés du sud-est. Les températures moyennes sont élevées. Elles dépassent couramment les 25°C, avec des variations annuelles modérées. Les précipitations, qui se concentrent principalement durant la saison humide, sont significatives mais peuvent varier d'une année à l'autre. Les îles sont situées dans une zone potentiellement exposée aux cyclones tropicaux qui se forment dans l'océan Indien sud-ouest durant la saison chaude, pouvant causer des dégâts importants et des submersions temporaires. Biogéographie
des îles Glorieuses.
La végétation indigène se limite principalement à une strate basse et arbustive adaptée aux conditions côtières sableuses et salines. Cela englobe des espèces comme le Veloutier (Tournefortia argentea), le Bois matelot (Suriana maritima), des herbes et des plantes grimpantes. Des placages de mangrove sont présents dans les zones protégées du lagon, bien que leur étendue soit limitée. L'insularité a conduit à un faible taux d'endémisme végétal terrestre. Faune.
L'archipel est d'une importance capitale pour les oiseaux marins. Il abrite des colonies de nidification majeures pour plusieurs espèces de sternes (comme les Sternes blanches Gygis alba, les Sternes néréis Sternula nereis, les Sternes fuligineuses Onychoprion fuscatus, les Noddis bruns Anous stolidus et les Noddis noirs Anous minutus), les fous (notamment le Fou à pieds rouges Sula sula), et les frégates (Grande Frégate Fregata minor, Frégate ariel Fregata ariel). Ces îles constituent des aires de reproduction essentielles dans l'Océan Indien occidental. Des oiseaux terrestres résidents sont rares ou absents, mais l'archipel sert de halte migratoire pour diverses espèces. Les reptiles terrestres sont peu représentés. Il s'agit principalement de geckos aux aires de répartition souvent larges. Les plages des Glorieuses sont des sites de ponte majeurs pour les tortues marines, en particulier la Tortue verte (Chelonia mydas), qui y dépose ses oeufs en grand nombre chaque année. L'introduction de mammifères, notamment le Rat noir (Rattus rattus), a eu un impact très négatif sur les populations d'oiseaux nichant au sol et d'invertébrés indigènes. Aucun mammifère terrestre natif n'est présent. Les invertébrés terrestres comprennent des insectes, des araignées et des crustacés terrestres (comme des Bernard-l'hermite), typiques des faunes insulaires, généralement composés d'espèces à forte capacité de dispersion. L'écosystème marin environnant est intrinsèquement lié à la biogéographie terrestre. Le récif corallien et le lagon abritent une biodiversité marine considérable, qui comprend de nombreuses espèces de coraux, de poissons récifaux, de mollusques, d'échinodermes et de crustacés. Ces habitats marins fournissent des ressources essentielles pour les espèces terrestres (par exemple, les oiseaux marins qui s'y nourrissent) et soutiennent les cycles de vie d'espèces clés comme les tortues marines. Les eaux environnantes sont également fréquentées par des mammifères marins de passage. Facteurs
anthropiques.
Histoire des îles
Glorieuses.
C'est à la fin du XIXe siècle que la France manifeste un intérêt concret pour ces îles. Dans le contexte de l'expansion coloniale et de la consolidation de sa présence dans la région, le capitaine de vaisseau Richard prend officiellement possession des îles Glorieuses au nom de la France le 23 août 1892. Cette prise de possession est formalisée par un acte officiel. La motivation initiale est double : stratégique, compte tenu de leur position dans le canal du Mozambique, et économique, en raison de la présence de gisements de guano. Peu après l'annexion, un entrepreneur français, Hippolyte Caltaux, obtient une concession pour exploiter les ressources de l'archipel. Il s'installe sur Grande Glorieuse et y développe l'extraction de guano, un engrais naturel formé par les déjections d'oiseaux marins, très prisé à l'époque. Parallèlement, il met en place une vaste plantation de cocotiers sur Grande Glorieuse, qui deviendra l'activité économique principale après l'épuisement progressif des gisements de guano. Des ouvriers, généralement originaires des Comores ou de Madagascar, sont employés pour ces travaux. Une petite communauté sédentaire se forme alors sur l'île, centrée autour de l'exploitation agricole. Administrativement, après leur annexion, les îles Glorieuses sont rattachées à la colonie de Mayotte et dépendances. Par un décret du 9 avril 1912, elles sont intégrées à la colonie de Madagascar et dépendances, sous l'autorité du gouverneur général, une situation qu'elles conserveront jusqu'à l'indépendance de Madagascar. L'exploitation de la cocoteraie se poursuit durant cette période, avec la production de coprah. Les îles servent également de refuge occasionnel pour les marins et les pêcheurs de la région. Après l'indépendance de Madagascar en 1960, les îles Glorieuses, comme les autres Îles Éparses (Juan de Nova, Europa, Bassas da India, et plus tard Tromelin), ne sont pas incluses dans le territoire de la nouvelle république indépendante. La France maintient sa souveraineté sur ces territoires et, par un décret de 1960, les place sous l'autorité du ministre chargé des Départements d'outre-mer, représenté par le préfet de La Réunion. Cette organisation administrative durera plusieurs décennies. L'exploitation économique de la cocoteraie décline progressivement, et l'entreprise Caltaux cesse son activité dans les années 1950-1960. Dans les années qui suivent l'indépendance, la République de Madagascar commence à revendiquer la souveraineté sur les îles Glorieuses, ainsi que sur les autres Îles Éparses situées à proximité de ses côtes. Madagascar base sa revendication sur des arguments historiques (rattachement administratif pendant la période coloniale), géographiques (proximité du territoire malgache) et parfois sur des considérations économiques ou stratégiques. La France rejette ces revendications, arguant de l'effectivité de sa prise de possession en 1892, de l'absence de population autochtone et du maintien de son administration et de sa présence sur les îles depuis cette date. La question de la souveraineté des Îles Éparses fait l'objet de débats récurrents aux Nations Unies et dans les relations bilatérales entre la France et Madagascar, sans qu'une solution ne soit trouvée à ce jour. Sur le plan environnemental, la richesse écologique des îles Glorieuses, notamment leurs récifs coralliens, leur faune marine et aviaire, ainsi que leur rôle comme site de ponte majeur pour les tortues marines, conduit la France à leur accorder un statut de protection renforcé. Un arrêté du 19 février 1975 classe les îles Glorieuses en réserve naturelle intégrale, limitant strictement l'accès et les activités humaines afin de préserver le précieux écosystème. Dans les années 1970, face aux revendications croissantes et dans un contexte géopolitique tendu dans l'océan Indien, la France renforce sa présence militaire sur Grande Glorieuse. Un détachement des Forces armées de la zone Sud de l'océan Indien (FAZSOI) est stationné en permanence sur l'île. Ce détachement assure la surveillance de la zone économique exclusive (ZEE) française, la protection de la réserve naturelle et la souveraineté du territoire. Une station météorologique de Météo-France y est également implantée,. Elle jouera un rôle essentiel pour la prévision des cyclones dans la région. La piste d'atterrissage construite pour l'exploitation du coprah est entretenue et utilisée pour le ravitaillement et la relève du personnel. En 2007, dans le cadre d'une réorganisation administrative des possessions françaises dans l'océan Indien, les Îles Éparses, dont les Glorieuses, sont détachées de l'autorité du préfet de La Réunion et intégrées au territoire des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), dont l'administrateur supérieur réside à Saint-Pierre de La Réunion. Ce changement administratif vise à mieux coordonner la gestion de ces territoires isolés, mettant l'accent sur la souveraineté, la protection de l'environnement et la recherche scientifique. Aujourd'hui, les îles Glorieuses abritent donc un détachement militaire, des agents de Météo-France, et occasionnellement des scientifiques ou du personnel chargé de la gestion de la réserve naturelle. Elles ne sont pas ouvertes au tourisme public et l'accès est strictement réglementé. Elles demeurent un point stratégique important pour la France dans l'océan Indien, un laboratoire naturel protégé et le symbole d'une souveraineté contestée par un État voisin. |
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