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Union des Comores |
12 10 S, 44 15 E ![]() |
Les Comores -
Cartes des îles de l'Union des Comores. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée). Géographie physique des ComoresLes îles de l'Union des Comores.Les Comores sont sont nées de l'activité volcanique sur des points chauds successifs et se rattachent par tous les caractères physiques à la région africaine. La
Grande Comore.
Anjouan.
Mohéli.
Le climat.
La géologie.
Biogéographie des ComoresLa biogéographie des Comores est façonnée par l'origine volcanique de l'archipel, son âge variable selon les îles, son relief contrasté qui crée une mosaïque d'habitats altitudinaux, son climat tropical et son isolement océanique. Ces facteurs ont favorisé une diversification unique, qui a abouti à des niveaux élevés d'endémisme dans de nombreux groupes taxonomiques, de la flore aux vertébrés et aux invertébrés. Cependant, cette biodiversité remarquable est fortement menacée par les pressions anthropiques croissantes, notamment la destruction de l'habitat, les espèces invasives et la surexploitation.Les écosystèmes terrestres vont des zones côtières incluant plages, côtes rocheuses et mangroves (bien que limitées et souvent dégradées), aux forêts de basse altitude (largement converties en terres agricoles), puis aux forêts humides de moyenne altitude, et enfin aux forêts de montagne et de nuage sur les pentes supérieures du Karthala et du Ntringui. Ces forêts d'altitude sont les plus riches en biodiversité et en endémisme, abritant une flore épiphyte dense et une végétation adaptée à l'humidité constante. Les paysages volcaniques, en particulier autour du Karthala, présentent des environnements plus ou moins végétalisés selon leur ancienneté. La flore comorienne montre des affinités avec l'Afrique de l'Est et Madagascar, mais l'isolement a conduit à une spéciation importante. Le taux d'endémisme est élevé, surtout dans les forêts d'altitude. On y trouve des espèces uniques d'arbres, de fougères, d'orchidées, de plantes à fleurs comme des Impatiens endémiques, et des variétés locales de genres plus répandus. La déforestation pour l'agriculture, le bois de chauffage et la construction est la principale menace pour cette flore unique. La faune terrestre native est caractérisée par la pauvreté en mammifères terrestres, à l'exception notable des chauves-souris. L'archipel abrite plusieurs espèces de chauves-souris frugivores et insectivores, dont la Roussette de Livingstone (Pteropus livingstonii), l'une des plus grandes chauves-souris du monde, gravement menacée et endémique des forêts d'altitude d'Anjouan et de Mohéli. Les mammifères introduits comme les rats, les chats sauvages et les civettes affectent la faune native. L'avifaune est plus diversifiée et présente un endémisme remarquable. Chaque île possède son lot d'espèces ou sous-espèces d'oiseaux uniques, tels que le Pigeon des Comores, le Pigeon olive des Comores, plusieurs espèces de souïmangas, de zostérops (dont le Zostérops du Karthala, strictement confiné à ce volcan) ou de foudi. La faune herpétologique est bien représentée, en particulier par les geckos, avec de nombreuses espèces endémiques du genre Phelsuma (geckos diurnes) qui se sont diversifiées sur les différentes îles et dans différents habitats. On y trouve aussi des scinques, des serpents non venimeux (certains endémiques) et quelques espèces de caméléons, bien que moins diversifiées qu'à Madagascar. L'herpétofaune insulaire reflète l'isolement et les vagues de colonisation. L'herpétofaune est également riche en espèces endémiques. Les amphibiens sont moins nombreux, limités à quelques espèces de grenouilles, certaines endémiques et dépendantes des milieux forestiers humides. La macrofaune d'invertébrés, bien que moins étudiée, est extrêmement riche et présente un fort taux d'endémisme, notamment parmi les insectes, les mollusques terrestres et les araignées, soulignant l'histoire évolutive isolée des îles. Le milieu marin autour des Comores fait partie de la province biogéographique indo-pacifique et est d'une grande richesse. Les récifs coralliens abritent une immense variété de poissons, de coraux, de mollusques et d'autres invertébrés marins. Le Parc Marin de Mohéli est particulièrement reconnu pour la richesse de ses récifs, ses herbiers marins et la présence d'espèces emblématiques comme les tortues marines (qui viennent pondre sur les plages), les dugongs (bien que rares) et diverses espèces de dauphins et de baleines dans les eaux plus profondes. Géographie humaine des ComoresPopulation.Les Comores ont une population d'environ 850 000 habitants (estimation 2020-2023, sujette à variations), concentrée sur les trois îles principales : Grande Comore (Ngazidja), Anjouan (Ndzuani) et Mohéli (Mwali). La densité de population y est élevée, surtout sur Anjouan, ce qui exerce une pression considérable sur les ressources limitées, en particulier les terres arables. La population est très jeune, avec une proportion importante de moins de 25 ans, typique des pays en développement . Le taux de natalité est encore élevé, malgré une certaine baisse observée. L'espérance de vie, bien qu'en amélioration, reste relativement faible. La majorité de la population réside en milieu rural, mais l'urbanisation progresse lentement autour des capitales insulaires et de la capitale fédérale, Moroni. La composition ethnique de la population comorienne est le résultat d'un brassage historique résultant des vagues de migration et des échanges commerciaux le long de la côte swahilie. Les origines principales comprennent les populations bantoues d'Afrique continentale, les Arabes (notamment du Hadramaout), les Malgaches, ainsi que des composantes perses et indiennes. Ce mélange a donné naissance à une identité comorienne distincte, unie par une langue commune, le shikomori, qui se décline en plusieurs dialectes selon les îles (shingazidja, shinzwani, shimwali). Le shikomori est la langue vernaculaire et d'identité. L'arabe joue un rôle important en tant que langue liturgique de l'islam et est une langue officielle, tandis que le français est la langue de l'administration, de l'enseignement supérieur et des affaires, héritage de la colonisation. La société est traditionnellement organisée autour du village et des lignages. La famille élargie et la parenté jouent un rôle primordial dans la solidarité sociale, l'entraide et la transmission des valeurs. Le système éducatif, bien qu'en expansion, fait face à un manque d'infrastructures, une faible qualité de l'enseignement, une inadéquation avec les besoins du marché du travail et un fort taux d'abandon, surtout chez les filles dans certaines régions. Le système de santé est également sous-financé et manque de personnel qualifié et d'équipements adéquats, ce qui contribue à la persistance de maladies infectieuses et à une mortalité infantile relativement élevée. Les Comores sont confrontées à une pauvreté généralisée, un taux de chômage élevé (particulièrement chez les jeunes), et une forte dépendance à l'agriculture pluviale et aux transferts de la diaspora. L'émigration est un phénomène social central et structurel. Une part importante de la population vit à l'étranger, principalement en France et sur l'île voisine de Mayotte (qui est un département français). Cette diaspora constitue une source vitale de revenus qui soutiennent de nombreuses familles et l'économie du pays. Cependant, l'émigration entraîne également une "fuite des cerveaux", la séparation des familles. Quelques-unes des principales villes des Comores
Culture. L'islam sunnite (principalement de rite shaféïte) est la religion d'État et imprègne fortement la vie quotidienne, les coutumes, le droit coutumier et l'organisation sociale. La religion influence les relations interpersonnelles, les pratiques familiales et les normes communautaires. Pratiqué par une très large majorité de la population, il imprègne tous les aspects de la vie quotidienne, des rythmes de prière qui ponctuent la journée aux fêtes religieuses majeures (Aïd el-Fitr, Aïd el-Kébir, Mawlid) qui sont célébrées avec ferveur et unité. Les mosquées sont des lieux de rassemblement importants, et l'éducation coranique joue un rôle essentiel dans la transmission des valeurs et des traditions. La religion influence les coutumes, le droit coutumier et même l'organisation sociale. La société comorienne est traditionnellement organisée autour de la famille élargie et des liens claniques. L'une des institutions sociales les plus emblématiques et étudiées est le "Grand Mariage" (Anda ou Hirima selon les îles). C'est un événement prestigieux, étalé sur plusieurs jours, qui confère un statut social élevé aux hommes qui l'accomplissent. Malgré les débats contemporains sur son coût excessif, son caractère inégalitaire et la pression sociale qu'il exerce, le Grand Mariage demeure profondément ancré dans l'identité comorienne, particulièrement à Ngazidja (Grande Comore). Il est perçu comme le garant de la cohésion sociale et reste une pierre angulaire de la structure sociale traditionnelle. Le shikomori, une langue bantoue avec une forte influence arabe, très proche du swahili parlé sur la côte Est de l'Afrique est non seulement la langue de la communication quotidienne, mais aussi la langue des traditions orales, des chants et des contes. L'art et la musique sont omniprésents dans la vie comorienne, généralement liés aux célébrations et aux événements sociaux. La musique est rythmée par des tambours traditionnels comme le fumba et est accompagnée de danses expressives. Les chants racontent l'histoire, célèbrent les héros ou commentent la vie quotidienne. L'artisanat inclut la sculpture sur bois (portes, coffres), la vannerie, et la confection de bijoux et de textiles traditionnels. Influencées par les traditions swahilies et arabes, la poésie et la littérature orale sont également importantes. Le riz est l'aliment
de base. Il est fréquemment accompagné de poisson ou de viande en sauce.
La noix de coco, la banane plantain, le manioc et une variété de légumes
et de fruits tropicaux sont largement utilisés. Les épices telles que
les clous de girofle, la vanille et l'ylang-ylang, qui sont des produits
d'exportation importants, parfument de nombreux plats. Le poisson et les
fruits de mer, frais et abondants, sont au oeur de nombreux repas.
Carte de l'archipel des Comores. Source : The World Factbook. Economie.
Les reversements effectués par les 150000 Comoriens expatriés, notamment en France représentent une part très significative du revenu national brut, souvent supérieure aux recettes d'exportation et à l'aide publique au développement cumulées. Ces transferts sont vitaux pour soutenir la consommation des ménages et atténuer la pauvreté, mais ils soulignent également le manque de dynamisme du secteur productif national et la fuite des cerveaux. Le secteur des services est en développement, axé principalement sur l'administration publique, le commerce (largement informel) et quelques activités liées au transport et aux télécommunications. Le tourisme dispose d'un potentiel certain grâce aux paysages naturels, mais son développement est entravé par des infrastructures limitées (routes, ports, aéroports, hébergement de qualité), une connectivité internationale insuffisante et des contraintes en matière de marketing et de sécurité. Le secteur industriel est quasi inexistant. Il se limite à quelques petites unités de transformation agroalimentaire ou de production légère pour le marché local. L'insuffisance et la vétusté des infrastructures, notamment l'approvisionnement en énergie et en eau potable, constituent un frein majeur au développement des activités économiques. La vulnérabilité aux chocs externes est élevée, qu'il s'agisse des fluctuations des prix des matières premières exportées, des coûts d'importation (en particulier du pétrole), ou des impacts croissants du changement climatique (élévation du niveau de la mer, intensification des événements météorologiques extrêmes). Le taux de pauvreté reste élevé, en particulier dans les zones rurales, et les inégalités sont marquées. Le marché du travail est contraint, avec un chômage important, notamment chez les jeunes, et une large part de l'emploi dans le secteur informel. Les défis de gouvernance, l'instabilité politique occasionnelle et un environnement des affaires peu favorable à l'investissement privé, tant national qu'étranger, persistent. La dette publique, bien qu'allégée par des initiatives internationales, reste un sujet de préoccupation. Les efforts de développement visent à diversifier l'économie, à renforcer les secteurs à potentiel comme le tourisme et la pêche, à améliorer les infrastructures et à promouvoir la bonne gouvernance pour attirer les investissements. L'intégration régionale au sein de la COMESA et d'autres blocs cherche à ouvrir de nouveaux marchés. La politique monétaire est gérée par la Banque Centrale des Comores, qui émet le franc comorien, arrimé à l'euro, ce qui assure une certaine stabilité des prix mais limite l'autonomie monétaire pour stimuler l'économie. Le budget de l'État dépend largement des aides extérieures et des recettes douanières, avec des capacités limitées pour financer les dépenses publiques et les investissements nécessaires au développement. Cela étant dit, le gouvernement, aux prises avec des dissensions politiques sans fin, s'est montré jusqu'ici impuissant à relever les grands défis qui se posent aux Comores : élever le niveau d'éducation et de compétences techniques de la population, améliorer les services de santé, diversifier les exportations, promouvoir le tourisme et freiner la croissance démographique. |
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