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L'Andorre
a été agitée pendant tout le XIXe siècle
et au début du siècle suivant par des troubles divers, chacune des factions
s'appuyant sur l'un ou l'autre des coprinces. En 1819, en 1867, en 1880-1881
et en 1885, le gouvernement français menaça d'intervenir énergiquement
pour rétablir l'ordre. En 1933, brièvement, la France
occupa militairement le pays. En 1934, l'Espagne
et des gendarmes français sont intervenus ensemble, mais cette fois seulement
pour procéder à l'arrestation d'un certain Boris Skossyreff, qui, quelques
jours plus tôt, s'était proclamé roi d'Andorre, sous le nom de Boris
Ier, et avait déclaré la guerre à l'évêque
d'Urgel... Pendant la Guerre d'Espagne
(1936-1939), la France a installé en Andorre une garnison afin de prémunir
la principauté contre une possible extension du conflit sur son sol. Pendant
la Seconde guerre mondiale, l'Andorre
est restée neutre, à l'image de l'Espagne.
Au lendemain du conflit
mondial, l'archaïsme du statut juridique de l'Andorre est apparu plus
patent que jamais. Des difficultés continuaient de s'élever directement
entre les coseigneurs, et ce fait s'expliquait aisément si l'on considérait
que leur situation réciproque était réglée par les pariages de 1278.
Quel qu'ait été le respect des traditions, près de sept siècles n'avaient
pu passer sur les vallées sans modifier profondément tous leurs usages;
la constitution s'est même complètement modifiée, et l'application rigoureuse
des pariages était devenue impossible : les conflits devaient rester inévitables,
tant que les obligations respectives des deux seigneurs ne seraient pas
été définies dans un nouveau pariage, en harmonie avec l'état du droit
public et privé de l'Andorre.
Une forme d'autonomie
fut ainsi accordée à l'Andorre dès 1960, mais c'est seulement à partir
de la fin des années 1980 que cette évolution de plus en plus nécessaire
a pu s'accomplir. Sous la pression de la modernisation et des revendications
populaires, les deux coprinces se sont enfin mis d'accord en janvier 1981
pour commencer à mettre en route des réformes institutionnelles. L'Andorre
a mis en place son premier exécutif, le Consell Executiu, pour gérer
les affaires courantes du pays, un pas vers la séparation des pouvoirs.
Le droit de vote fut accordé à tous les Andorrans en 1985, en même temps
que les conditions d'éligibilité étaient redéfinies. Des accords douaniers
avec la CEE ont été directement conclus par l'Andorre en 1991, et en
1993, l'adoption d'une constitution et l'élection au suffrage universel
direct d'un parlement (le Conseil général des Vallées) ont transformé
Andorre en une démocratie parlementaire.
La Constitution
a aussi affirmé l'indépendance de l'Andorre tout en maintenant le système
du coprinciat, mais désormais les deux coprinces, l'évêque d'Urgell
et le président de la République française, occupent des rôles largement
symboliques. Cela a marqué la fin du régime féodal en place depuis plusieurs
siècles.
Parallèlement à
cette modernisation politique, l'Andorre a aussi connu une modernisation
économique. Pendant les années 1960, le pays demeurait une société
essentiellement agraire et isolée. Il a connu un développement économique
spectaculaire à partir des années 1970. L'Andorre a alors profité de
sa situation géographique entre la France et l'Espagne et de son statut
de paradis fiscal pour attirer de nombreux touristes. Le ski est devenu
un attrait majeur, faisant de la principauté une destination touristique
réputée pour les sports d'hiver, notamment à Grandvalira et Vallnord.
Le secteur bancaire, avec des lois favorables à la confidentialité financière,
a attiré des investisseurs internationaux et a permis à l'Andorre de
prospérer économiquement. Toutefois, cette situation a évolué sous
la pression internationale pour plus de transparence fiscale.
Le pays a connu des
réformes sociales importantes dans les années 2000 et 2010, en réponse
aux défis de la modernisation et aux demandes de transparence financière.
L'Andorre a été touchée par la crise financière mondiale de 2008, ce
qui a entraîné une réévaluation du rôle de son secteur bancaire. En
2015, la banque privée Banca Privada d'Andorra (BPA) a été impliquée
dans un scandale de blanchiment d'argent, ce qui a précipité la mise
en place de réformes financières pour améliorer la transparence. En
réponse aux critiques internationales, notamment de l'OCDE et de l'Union
européenne, Andorre a commencé à démanteler son système de secret
bancaire et à adopter des mesures de coopération fiscale. Le pays a signé
plusieurs accords d'échange automatique d'informations fiscales pour répondre
aux normes internationales.
L'intégration d'Andorre
dans la scène internationale est elle aussi relativement récente. Avant
les années 1990, l'Andorre avait peu de relations diplomatiques en dehors
de ses coprinces. Après la Constitution de 1993, l'Andorre est devenue
membre de l'Organisation des Nations unies (ONU)
la même année. Bien que l'Andorre ne soit pas membre de l'Union
européenne, le pays a conclu plusieurs accords avec l'UE, notamment
sur la libre circulation des marchandises et des personnes. En 2011, l'Andorre
a introduit l'euro comme monnaie officielle malgré l'absence d'accord
formel de la part de l'UE pour rejoindre la zone euro.
L'Andorre, malgré
sa taille modeste, continue aujourd'hui de faire face à plusieurs défis,
dont l'ajustement à la mondialisation, la diversification économique
et les enjeux environnementaux. Le pays cherche à réduire sa dépendance
au secteur touristique et au secteur financier en encourageant l'innovation
et en attirant des investissements dans d'autres domaines comme la technologie
et l'éducation. Par ailleurs, compte tenu de sa géographie montagneuse,
l'Andorre est confrontée aux effets du changement
climatique, qui menace ses activités de sports d'hiver. Le pays a
commencé à adopter des politiques visant à promouvoir un développement
durable. |
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