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Les langues > Indo-européen
Les langues celtiques
Brittonnique
(ou Kymrique)
Gallois, breton.

Langue éteinte à la fin du XVIIIe s.: cornique. C'est une variété qui diffère assez peu du gallois. Il n'en reste que quelques débris manuscrits, dont l'ancienneté n'est pas grande, et deux vocabulaires incomplets, publiés par Lhwyd et W. Price.

Celtique continental (langues éteintes): celtibérien, gaulois, gaulois cisalpin, lépontique.
Goïdélique
(ou Gaélique)
Irlandais, écossais.

Langues éteintes : hiberno-écossais (erse), mannois (éteint dans les années 1980).

Les langues celtiques appartiennent à la famille des langues indo-européennes. C'est dans ce groupe que se rangent les langues que parlaient, avant la conquête romaine, les Gaulois et les habitants de l'Archipel britannique. On les rattache à deux branches- :
La branche gaélique, la plus ancienne des deux, répandue dans l'Est et le Sud de la Gaule, n'a laissé dans en France que de légères traces, par exemple, dans quelques racines qu'elle a léguées à la langue d'Oc; mais elle subsiste encore dans l'albanakh (écossais) ou erse de la haute Écosse, et il y a quelques décennies encore dans le manks (manx ou mannois) de l'île de Man et dans l'erinakh (irlandais) de l'Irlande

La branche kymrique, qui dominait dans le Nord et l'Ouest de la Gaule, a été refoulée dans l'Armorique par les conquêtes des Romains et des Francs, et n'est plus représentée aujourd'hui que par le bas breton; en Angleterre, elle a été aussi reléguée par l'invasion anglo-saxonne aux extrémités occidentale et méridionale de l'île; elle n'y subsiste plus que dans le cimraég ou kymraig (gallois) du Pays de Galles, le cornique de la Cornouaille étant éteint depuis un siècle à peu près. Les langues celtiques continentales anciennes faisaient aussi partie de ce groupe.

Les branches gaélique et kymrique se distinguent l'une de l'autre par la proportion inégale dans laquelle y entrent les éléments proto-indo-européens, la première s'éloignant davantage de la souche commune. Il y a aussi des différences dans le système grammatical : ainsi, en gaélique, la déclinaison a des désinences particulières, tandis qu'en kymrique les rapports des noms ne sont exprimés que par des prépositions; la voix passive se forme, dans les langues de la première branche, au moyen de flexions, et, dans celles de la seconde, au moyen d'auxiliaires. 

On a élevé des doutes sur l'identité des anciennes langues celtiques avec celles qui survivent: mais 60 mots, cités par Hésychius comme appartenant à l'idiome des Galates ou Gaulois de l'Asie Mineure, ont été retrouvés dans les dialectes celtiques actuels. 

Le système grammatical.
Nous terminerons par quelques détails supplémentaires sur le système grammatical des deux branches du groupe celtique.

La branche gaélique.
La déclinaison du gaélique ou galique qui a les six cas du latin se fait en partie par flexion et en partie à l'aide de prépositions. La conjugaison est riche en modes, mais pauvre en temps, parce qu'elle a un mode négatif, qu'elle emploie après les négations ni cha et autres, et parce que, à l'exception du verbe bi (être ,elle n'a que deux temps, le prétérit imparfait et le futur, for mant tous les autres temps soit simples soit composés par des périphrases, au moyen de l'auxiliaire bi précédé de la préposition ag, ou iar : par exemple ta mi ag bualadh (je bats), mot à mot je suis après à battre; ta tu ag bualadh (tu bats), mot à mot tu es après à battre. De même que le kymrique, cette langue a trois auxiliaires, à savoir bi (être), qui y joue le plus grand rôle dans la conjugaison; dean (faire) et rach (aller), qui comme l'auxiliaire ober en kymrique et do en anglais servent à donner plus d'expression à la phrase; par exemple dean
suidhe (assieds-toi), mot à mot fait asseoir; rinn e seasamh (il était debout), mot à mot il faisait être debout. Ces deux mêmes verbes joints à d'autres forment une multitude de phrases particulières. Le gaélique forme ses verbes passifs comme le latin, sans recourir aux auxiliaires à l'exception des modes optatif et conjonctif`. Les seuls temps des modes conjonctif et impératif ont dans chaque personne des terminaisons différentes comme en grec, en latin, en français et autres langues; dans l'indicatif, la terminaison reste la même au singulier et au pluriel pour toutes les personnes, et le pronom personnel est placé après le verbe. Le seconde personne du singulier de l'impératif est la racine de chaque verbe, comme en allemand, en iranien, en turc et autres idiomes. Cette langue peut comme le latin et l'italien conjuguer ses verbes actifs sans les pronoms personnels; elle a un grand nombre de particules ou syllabes, qu'on a nommées semi-propositions; telles que di. ao. ea. eu. eas. mi. neo. an. etc., et qui jointes à un adjectif, à un substantif ou à un verbe en changent ou modifient le sens. L'article, tous les verbes et les pronoms possessifs sont placés avant le substantif, mais le nominatif ou le sujet est placé ordinairement après le verbe; les prépositions précèdent toujours leurs régimes. Cet idiome a des diminutifs faits par flexion et beaucoup de mots composés, et possède, comme le grec, l'allemand, l'iranien et autres idiomes, la faculté illimitée d'en faire : pa exemple oglach (serviteur) bean (femme), banoglach servante; uisge (eau), fior (vrai); fioruisge (eau de sources). 

Le gaélique emploie l'alphabet latin, dont il n'a adopté que 18 lettres, parce qu'il n'a jamais besoin de se servir des lettres k, q, v, w, x, y et z. Les voyelles a, o, u, suivies ou précédées des lettres m, mh, n, nn, ont un son nasal, ressemblant à celui du mot français bon; la prononciation de l'r avant les trois voyelles susmentionnées est très difficile. Cette lanne ne connaît pas de voyelles muettes à la fin des mots comme en français, en allemand, etc., et elle a plusieurs lettres qui sont aspirées. La prononciation diffère beaucoup de l'orthographe, puisqu'en lisant on ne prononce pas plusieurs consonnes écrites, ou on les change en d'autres plus douces.

La branche kymrique.
Le kymrique forme sa déclinaison à la manière du français, en modifiant l'article; il n'a que 2 genres, et dans les acceptions générales, il se sert comme l'hébreu, du genre féminin : par exemple divézad ea anézhi (il est tard), mot à mot tard est d'elle. Le pluriel des substantifs diffère beaucoup, de leur singulier; mais les adjectifs ne va rient jamais leur terminaison, ni par rapport au genre, ni par rapport au nombre. Cette langue a beaucoup de diminutifs, formés par l'addition des syllabes ik ou ig au primitif; sa conjugaison est très difficile, mais riche. en temps, qui se font par flexion comme dans le latin. Elle a deux manières de conjuguer tous ses verbes : au personnel, en omettant le pronom et donnant une terminaison différente à chaque personne; à l'impersonnel, en employant un des verbes auxiliaires au personnel avec l'infinitif du verbe principal; pour le présent de tous les verbes neutres et actifs, elle a même 4 conjugaisons différentes. Le kymrique, comme le gaélique a 3 verbes auxiliaires, savoir : beza (être, qui sert à former tes passifs; kaout (avoir, qui sert à former les temps passés composés, et ober (faire), qui sert à énoncer le complément ou la confirmation dé l'action.

On écrit le kymrique avec l'alphabet latin, dont le bas breton a adopté 22 lettres, à l'aide desquelles, moyennant certaines compositions, il rend tous les sons de cette langue, on y remarque I'n nasal, le j, le ch et mouillé des Français et le ch des Allemands. La prononciation diffère peu de l'orthographe lorsque les consonnes muables ou sujettes à permutation (b, k, d, g, m, p, t,) sont écrites, autrement elle diffère beaucoup, parce qu'il faut les charger d'après certaines règles établies pour adoucir la prononciation, ce qui forme une des plus grandes difficultés de cette langue. 

On distingue dans le breyzad ou bas breton quatre sous-dialectes ou variétés, savoir : la léonarde, parlée dans le diocèse de Saint-Paul de Léon; elle passe pour être la plus régulière; la trécorienne ou breton-bretonnant , parlée dans le diocèse de Tréguier; elle paraît moins altérée que les autres; la cornouaillère, parlée dans le diocèse de Quimper-Corentin; la vanneteuse, parlée dans le diocèse de Vannes; c'est la plus altérée.

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