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Le Bélier

Aries, Arietis, Ari

Constellation du Bélier.

Découverte
La constellation du Bélier, traversée par le zodiaque, se compose d'abord des trois étoiles Alpha, Bêta et Gamma, et qui brillent au sud du Triangle, et elle se continue vers l'est par quelques petites étoiles qui la complètent sur Epsilon, Delta et Dzêta. Un peu plus loin à l'est scintillent les Pléiades. 

Il y a deux mille ans, le Soleil occupait le Bélier à l'équinoxe de mars, et ce fécond animal se plaçait très naturellement à la tête de l'origine des signes du zodiaque mais deux mille ans auparavant, c'était le Taureau qui ouvrait les signes, et le Bélier existait déjà. Ce n'est donc pas un symbole de fécondité qui a fait imaginer le Bélier en cette région du ciel, puisqu'à l'époque de l'invention du zodiaque il ne marchait pas à la tête des signes; mais il se trouva ensuite très heureusement placé, et les commentateurs profité de cette coïncidence pour lui attribuer la cause même de sa création. 

Hamal (Alpha Arietis) est une géante rouge, c'est-à-dire un étoile très lumineuse (54 fois plus que le Soleil, en l'occurrence), mais froide, qui a déjà épuisé ses réserves d'hydrogène et brûle actuellement un peu de son hélium à la périphérie de ses régions centrales. Elle est éloignée de 67 années-lumière. Magnitude apparente : 2,01. Magnitude absolue : 0,48.

Remarque curieuse, Alpha, qui est l'étoile la plus brillante de cette constellation n'était pas autrefois incorporée dans la figure du Bélier; c'était un astre externe, et Hipparque la nomme « celle qui est au-dessus de la tête ». Au Xe siècle de notre ère, l'astronome persan Sûfi dit : « Elle brille au nord des deux de la corne », et il ajoute : « on la nomme al-Nâtih (qui frappe de la corne) ». Au XVe siècle, l'astronome arabe Ulugh-Beg la met aussi en dehors de la figure, au-dessus de la tête cornue. Au XVIe siècle seulement, Tycho la place dans la tête, au front.
[Les étoiles]
Sheratan (Bêta Arietis), de magnitude apparente 2,64 et de magnitude absolue 1,33 (25 fois plus brillante que le Soleil), se situe à 59 années-lumière, selon le satellite Hipparcos. Cette binaire spectroscopique de période égale à 107 jours est une étoile chaude encore sur la séquence principale. Température de surface de l'ordre de 10 000 K. [Les étoiles doubles]

Excursion
Mesarthim (Gamma Arietis) est une double optique dont les deux composantes ont une même magnitude de 4,8 et un même type spectral A. Mais l'une est située à 150 années-lumière, et l'autre à 180. Séparation angulaire : 37,4". Couple facile pour les petits instruments. C'est la première étoile double que l'on ait découverte : sa première observation date de l'année 1664. En suivant la comète de cette année-là, l'astronome anglais Hooke, contemporain de Newton et de Flamsteed, remarqua que cette étoile était double
« I took notice, dit-il, that it consisted of tow small stars very near together; a like instance to which I have not else met with in all the heaven. » 
Il ne se doutait pas de l'importance que, devait prendre un jour l'étude de ces lointains systèmes. La première mesure de la position des deux composantes de ce beau couple date de 1756 (Bradley). Herschel les croyait en mouvement orbital; mais en réalité elles sont restées fixes depuis cette première mesure et l'on a établi au XXe siècle leur rapprochement n'est qu'un effet de perspective. 

Exploration
Epsilon Arietis est une binaire physique située à 400 années-lumière, dont les composantes sont séparées de 1,5". La première est de magnitude 5,3, la seconde de 5,4. Toutes les deux sont blanches. Une bonne lunette est nécessaire pour opérer le dédoublement. Ce couple était le plus serré du ciel à l'époque de sa découverte en 1827 par William Struve, et depuis la distance a régulièrement augmenté. Les deux étoiles ont dû se rencontrer vers l'année 1800.

Autres étoiles multibles, signalées par Flammarion : 

Lambda : 5,3e et 8e grandeur; écartement = 38". 

14 : triple; 5,4e, 10e et 9e, à 82" et 106"; blanche, bleue et lilas. 

Pi : triple; 5,6e, 8,5e et 11e, à 3" et 25". Pas facile. 

30 : 6e et 7e à 38". Il y a au nord une dizaine d'étoiles doubles variées.

33 : 5,8 et 9, à 28".

Nous empruntons encore à Camille Flammarion les quelques indications qui suivent sur les étoiles variables de la constellation du Bélier :
Au Nord de la constellation, on trouve les étoiles 33, 35, 39 et 41. La première à l'Ouest (33), a diminué d'éclat, car elle était anciennement égale à 35 et 39.

Lamba, dans la tête, a certainement augmenté d'éclat, car les Anciens n'en ont pas fait mention. Au temps de Sûfi elle a paru de 5e 1/2.

Tau-1, anciennement de 4e grandeur, d'Hipparque à Ulugh-Beg, est tombée à la 6e au temps de Tycho, Bayer, etc. Elle est actuellement de cinquième. Sûfi remarque expressément qu'elle est de 4e grandeur, comme Delta et Dzêta, et il ajoute qu'il y a dans son voisinage une étoile dont Ptolémée n'a pas parlé : c'est celle que l'on voit encore aujourd'hui à côté qui est de cinquième grandeur aussi, un peu moins brillante que Tau. Il est probable qu'elle était alors assez brillante, puisqu'il s'étonne que Ptolémée n'en ait pas parlé, mais qu'elle était moins évidente que Tau, puisqu'il lui donne une place secondaire : elle était de cinquième grandeur. Il y a eu là de curieuses variations, car Bayer n'a pas marqué cette étoile du tout, Hévélius non plus; Flamsteed l'a vue plus brillante que la précédente (Tau'), qu'il n'a notée que de 7e; Piazzi a fait le contraire de Flamsteed, et aujourd'hui nous les voyons à peu près comme Sûfi a dû les voir, mais moins brillantes.

L'étoile 14, qui paraîtrait avoir augmenté d'éclat, a pu ne pas varier, et n'avoir pas été remarquée par les anciens à cause de sa position extérieure.

[Les étoiles variables]
NGC 772, de magnitude 11,30 est une galaxie spirale vue de face. Elle appartient à un système double et apparaît déformée par les effets de marée.
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NGC 772.
NGC 772 (AD = 01n 59' 19.58"; déc. = +19° 00' 27.1").
Source : The STScI Digitized Sky Surveycompositage : Imago Mundi, © 2011.

NGC 972 est une spirale vue de 3/4. Magnitude photographique : 12,20.

NGC 1156 est une galaxie irrégulière de magnitude 12,0.

[Les galaxies]

Curiosité
Un essaim d'étoiles filantes, les ariétides, a son radiant (non signalé sur la carte) dans la constellation du Bélier. Il est actif du 21 mai au 1er juillet, avec un maximum d'activité, autour du 11 juin. Son ZHR = 60 le place parmi les essaims les plus actifs, malheureusement, à son maximum, il frappe la Terre en plein jour, ce qui rend son observation possible seulement par des méthodes radio et radar.

Repérages
Le tableau ci-dessous donne les coordonnées (époque J2000,0) des objets du ciel profond mentionnés dans cette page :
Nom Ascension droite Déclinaison
NGC 772 01h59m27s 18°59'30"
NGC 972 02h34m09s 29°20'08"
NGC 1156 02h59m44s 25°13'52"
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