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Hipparque

Hipparque  (IIe s. av. J.-C.)., dans lequel on voit communément le plus grand astronome de l'Antiquité, naquit à Nicée, en Bithynie, à une époque dont on ne sait pas exactement la date. On ne pourrait pas non plus fixer avec précision la date de sa mort. Nous savons seulement par Ptolémée que l'illustre astronome était plein de vie pendant les années 127 et 128 avant notre ère.

Dans sa jeunesse, Hipparque observa dans sa ville natale. Plus tard il s'établit à l'île de Rhodes, où ses principaux travaux furent exécutés Quelques historiens de la science parlent de son séjour à Alexandrie, mais il n'est pas certain qu'il ait jamais visité cette ville et surtout qu'il s'y soit établi.
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Hipparque et ses instruments astronomiques.
Hipparque et ses instruments astronomiques. Il n'utilise pas une lunette, mais un simple tube, 
afin de déterminer la position précise des astres observés.

Hipparque a écrit un grand nombre d'ouvrages, mais un seul, fruit de sa jeunesse, nous est parvenu : c'est le Commentaire sur le poème d'Aratus (Les Phénomènes). Toutes les autres productions de l'observateur de Rhodes ont été perdues, et ne nous sont connues que par ce qu'en disent Ptolémée et d'autres écrivains plus anciens.

Hipparque procéda d'abord dans ses observations par voie d'ascension droite et de déclinaison. Il avait imaginé des méthodes pour transformer ces deux coordonnées des astres en longitude et latitude; c'est dire qu'on lui doit l'invention de la trigonométrie sphérique. Pour se soustraire aux calculs excessivement laborieux que ces transformations exigeaient, il imagina un instrument, l'astrolabe, à l'aide duquel les longitudes et les latitudes des astres pouvaient être déterminées directement.

C'est en comparant les longitudes et les latitudes des étoiles avec celles qui résultaient d'observations beaucoup plus anciennes d'Aristille et de Timocharis, qu'il fit la découverte qui immortalisera son nom : la précession des équinoxes. Il reconnut que l'équinoxe n'était pas fixe, qu'il rétrogradait par un mouvement dirigé de l'orient à l'occident; que les étoiles restaient toujours à la même distance de l'écliptique, tandis que leur déclinaison, ou leur distance à l'équateur, était invariable. Or, comme l'équateur, dans l'hypothèse de l'immobilité de la Terre, devait être invariable aussi, on expliquait la précession des équinoxes en dotant la sphère étoilée d'un mouvement annuel, parallèle à l'écliptique, dirigé de l'occident à l'orient.

Ptolémée déclare que ce mouvement de précession, d'après les observations d'Hipparque, est de plus de 36"; ceci est vrai, mais le chiffre donné se trouve pourtant fort éloigné de la vérité, puisque nous savons aujourd'hui que le déplacement des équinoxes est de 50" par an.

Je fais connaître ailleurs les découvertes importantes d'Hipparque sur les mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes.

  • Les premières Tables astronomiques prédisant les mouvements du Soleil et de la Lune sont dues à Hipparque.
  • Il détermina la marche du Soleil avec plus d'exactitude qu'on ne l'avait fait avant lui. Supposant que le Soleil se meut uniformément sur une circonférence dont la Terre n'occupe pas le centre, il parvint à expliquer les inégalités des intervalles entre les équinoxes et les solstices.
  • Il fixa la position de la ligne des apsides et calcula l'excentricité et l'apogée du Soleil.
  • Il mesura la durée des révolutions de la Lune, l'excentricité de son orbite et l'inclinaison de cette orbite sur l'écliptique, signala les mouvements, qui sont inverses, des lignes des apsides et des noeuds de la Lune. (Lebon).
  • On doit seulement, avant de terminer cette notice biographique, consigner ici l'opinion fondée sur un passage de Pline, sur les motifs qui déterminèrent Hipparque à former son catalogue de 1026 étoiles [a].

    L'éloquent écrivain dit qu'Hipparque ayant aperçu une étoile qui s'était formée de son temps [en 125 avant J.-C.], voulut que la postérité pût constater si les étoiles naissant ou meurent, et dans cette vue entreprit le catalogue que Ptolémée nous a conservé [dans l'Almageste] et dans lequel figurent 1026 de ces astres. Mais on a conçu des doutes sur la réalité de cette anecdote, s'appuyant particulièrement sur ce que Ptolémée n'en fait nullement mention.

    Voici les titres des ouvrages qu'Hipparque a composés, et qui sont irrévocablement perdus : Description du ciel étoilé; Des grandeurs el des distances du Soleil et de la Lune; Des ascensions des douze signes; Du mouvement de la Lune en latitude; Du mois horaire; De la longueur de l'année; De la rétrogradation des points équinoxiaux et solsticiaux; Critique de la Géographie D'Ératosthène; Représentation de la sphère sur un plan; Table des cordes du cercle en douze livres, Traité des levers et des couchers des étoiles. (Arago, c. 1850).

    Après Hipparque, on doit, en notant toutefois le nom de Sosigène (né vers 80 Av. J.-C.), parcourir près de 300 ans avant de trouver un observateur ayant fait faire a l'astronomie des progrès notables (Lebon).

    [a] A ce catalogue, Hipparque
    joignit beaucoup d'observations
    sur ces étoiles, afin que la postérité
    pût se prononcer sur la question
    du mouvement de la sphère étoilée.
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    Dictionnaire biographique
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