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Gaddi

Gaddo Gaddi est un peintre et mosaïste florentin, né en 1259, mort en 1332 (?). Les renseignements données par Vasari sur sa vie et ses oeuvres sont assez confus. Il travailla sans doute à Florence et à Rome avec les mosaïstes de la fin du XIIIe siècle, Tafi, Cimabue, Torriti, Rusuti.Vasari lui attribue les bustes de Prophètes que l'on voit à l'intérieur du Baptistère de Florence, dans la zone située au-dessous des fenêtres, et le Couronnement de la Vierge qui surmonte, à l'intérieur du Dôme, la porte principale. Cette oeuvre d'un coloris assez vif, bien que surchargé d'or, rappelle par son style pesant et rude les quatre compositions, également en mosaïque, qui accompagnent sur la façade de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, la Cour céleste de Rusuti : ce sont quatre Histoires de la fondation de la basilique

De Gaddi est peut-être encore un panneau de mosaïque conservé au musée des Offices, et représentant le Christ tenant un livre. Rien ne subsiste des mosaïques que, selon Vasari, il aurait exécutées à Saint-Jean de Latran et à Saint-Pierre de Rome. A Pise, le fragment d'une Assomption de la Vierge (chapelle San Ranieri, au Dôme) pourrait être un de ses derniers ouvrages. Comme peintre, on peut croire qu'il travailla avec Giotto à la décoration de la basilique supérieure d'Assise, mais on admet généralement aujourd'hui que les vingt-huit sujets de la vie de saint François sont entièrement de la main de Giotto. Gaddo Gaddi fut inscrit en 1312 au registre des barbiers chirurgiens de Florence comme faisant partie de la confrérie des peintres. (A. Pératé).

Gaddi (Taddeo), peintre et architecte florentin, né vers 1300, mort en 1366. Fils du précédent, et filleul de Giotto, Taddeo Gaddi travailla vingt-quatre ans (selon Vasari) aux côtés du grand fondateur de l'École florentine. Un de ses premiers ouvrages, et le plus considérable, fut la décoration à fresque de la chapelle Baroncelli, dans l'église de Santa Croce, à Florence. C'est pour cette chapelle, dont la construction, commencée en 1332, ne fut terminée qu'en 1338, que Giotto avait peint son retable du Couronnement de la Vierge. Le fidèle héritier de Giotto, s'inspirant des immortelles compositions que son maître avait tracées, quelque trente ans plus tôt, aux murs de l'Arena de Padoue, raconta dans la chapelle Baroncelli l'histoire de la Vierge. Il représenta à gauche de l'entrée :
 
1 ° Joachim chassé du temple; 

2° la Rencontre de Joachim et d'Anne; 

3° la Naissance de la Vierge;

4° la Présentation au temple;

 5° le Mariage de la Vierge; 


puis, aux deux côtés de la fenêtre : 
 

6° l'Annonciation

7° la Visitation; 

8° l'Apparition de l'ange aux bergers;

9° l'Adoration des bergers; 

10° le Voyage des Rois mages;

11° l'Adoration des Rois mages.
Sur un pilastre, à droite de ces dernières fresques, sont peintes les figures de Saint Joseph tenant en main la verge fleurie, et de David foulant aux pieds le corps de Goliath. A la voûte, dans des compartiments géométriques, sont les demi-figures des Vertus : Foi, Espérance, Charité, Prudence, Justice, Tempérance, Force et Humilité.

Ces fresques, où paraît une tendance réaliste et familière assez intéressante, sont souvent mal équilibrées et d'un aspect peu agréable. Dans son effort pour égaler et surpasser peut-être la noblesse biblique de Giotto, Taddeo oublie les justes proportions des figures et les lois de leur groupement. D'autres fresques, sur un mur du réfectoire de Santa Croce, appartiennent sans doute au même maître, bien que ces exagérations voulues y soient moins apparentes. On y voit une Cène de composition dramatique, au-dessus de laquelle il y a un Crucifiement, avec l'Arbre généalogique des franciscains, une Madeleine essuyant les pieds du Christ, un Saint François recevant les stigmates, et Deux Faits de la vie du roi saint Louis
Nous possédons de Taddeo une lettre, écrite le 7 septembre 1341 à Tommaso di Marco Strozzi, touchant des peintures qu'il exécutait alors à Pise, au choeur de l'église de Saint-François. De ces fresques, fort abîmées, il ne reste, à la voûte, que les images de saint François et de six autres saints, et huit figures allégoriques des Vertus. Les autres fresques mentionnées par Vasari sont perdues, ainsi que la curieuse composition du Tribunal des Marchands de Florence, ou l'on voyait, dans une allégorie politique inspirée de Giotto, la Vérité arracher la langue au Mensonge.

Dans ses peintures sur panneau, Taddeo Gaddi est plus fidèle encore au style de son maître, si bien qu'on a longtemps attribué à Giotto la série de petites compositions sobres et délicates conservées autrefois dans la sacristie de Santa Croce, maintenant à l'Académie des beaux-arts de Florence. Dix de ces menus tableaux sont consacrés à la vie de saint François (la série se complète d'un onzième, au musée de Berlin); douze à la vie du Christ (un treizième est, au même musée de Berlin). 
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Taddeo Gaddi : Vie de la Vierge.
Scène de la vie de la Vierge, par Taddeo Gaddi, ca. 1330.

On connaît de Taddeo Gaddi plusieurs Madones, plus gracieuses et plus souriantes que celles de Giotto : une, datée de 1333, au Bigallo de Florence, une autre à Berlin, signée et datée de 1334, une autre de la même année au Dôme de Florence, une, de 1355, dans la sacristie de San Pietro à Megognano, près de Poggibonsi, d'autres encore à Sienne et à Pise. L'Ensevelissement du Christ, de la galerie des Offices, est d'un imitateur de Taddeo Gaddi, probablement de Niccolo di Pietro Gerini. Les fresques de la chapelle des Espagnols, à Sainte-Marie-Nouvelle, attribuées par Vasari à Taddeo Gaddi, sont l'oeuvre de peintres siennois.

Selon Vasari, Taddeo aurait été architecte et ingénieur en même temps que peintre; il aurait construit à Florence le Pont Vieux et le pont Santa Trinité; il aurait travaillé à Or San Michele, et terminé le campanile de Giotto; mais aucun document n'a permis de vérifier ces assertions. Nous savons seulement qu'en 1366 Taddeo faisait partie, avec les maîtres orfèvres et sculpteurs, du conseil réuni pour choisir le modèle de façade de Santa Maria del Fiore. Ses peintures l'avaient enrichi, car il achetait, en 1352 et en 1365, deux propriétés à Florence. Il est cité encore en 1366 au registre de la corporation des peintres; il mourut cette même année, et ses fils, Agnolo et Giovanni, l'ensevelirent au cloître de Santa Croce. (A. Pératé).

Gaddi (Agnolo), peintre florentin, né vers 1333, mort le 16 octobre 1396. Taddeo Gaddi, s'il faut en croire Vasari, avait légué à ses fils Agnolo et Giovanni la passion du commerce aussi bien que le goût des arts; et Agnolo surtout, d'une façon comme de l'autre, accrut les richesses de la famille. Ce fut d'ailleurs un habile artiste qui sut exprimer de tendres et féminines figures. Il avait orné le choeur de l'église du Carmine, à Florence, de peintures aujourd'hui détruites qui représentaient l'Histoire de la Vierge. Ses fresques de la cathédrale de Prato (dans la première chapelle de gauche) nous sont parvenues en assez bon état. Elles racontent la Légende de la ceinture de la Vierge, avec nombre de détails pittoresques et familiers, qui nous initient à la vie du temps. Les premières de ces fresques, consacrées à la Vie de la Vierge, ne font guère que reproduire des types de compositions créés par Giotto et fidèlement répétés par ses élèves. Ce qui appartient proprement à Agnelo Gaddi, ce sont les dernières scènes où l'on voit : 
1° la Vierge s'élevant au ciel et donnant sa ceinture à saint Thomas; 

2° le Couronnement de la Vierge;

 3° Michele dei Dagomari épousant, en Terre sainte, une jeune fille à qui ses parents laissent pour dot la ceinture de la Vierge; 

4° Michele dei Dagomari rapportant la ceinture à Prato;

5° le même confiant la ceinture, au moment de sa mort, à l'église de Prato. 

A la voûte sont les quatre Evangélistes et les quatre grands Docteurs. On voit encore dans les rues de Prato quelques fresques, représentant la Madone et des Saints, d'un style qui rappelle Agnolo Gaddi. Mais son autre grande oeuvre de décorateur, ce, sont les fresques du choeur de Santa Croce, à Florence. Agnolo y peignit, à la requête de Jacopo dei Alberti, l'Histoire de l'Invention de la sainte Croix. Elle est répartie en huit compartiments, de composition touffue, pleins d'épisodes dramatiques ingénieusement agencés. On y voit, à droite du choeur : 
 
1° Seth plantant sur la tombe d'Adam un rameau de l'arbre de la science; 

2° la Reine de Saba priant auprès du bois de la Croix, et Salomon faisant enterrer ce bois;

 3° les Juifs tirant ce bois de la piscine miraculeuse;

4° Sainte Hélène découvrant la Croix; à gauche du choeur;

5° Sainte Hélène portant processionellement la Croix; 

6° Chosroès vainqueur emportant la Croix de Jérusalem;

7° le Songe d'Héraclius

8° Héraclius, vainqueur de Chosroès, rapportant la Croix à Jérusalem.


La recherche de la couleur locale, particulièrement dans les costumes orientaux, donne un vif intérêt à ces fresques, qui ont en outre le mérite d'avoir inspiré les admirables créations de Piero degli Franceschi, à Arezzo. A la voûte sont les Evangélistes, Saint Françoiset Saint Jean-Baptiste; dans les ornements et dans des niches feintes, des figures d'anges, les saints et les saintes de l'ordre franciscain. Les galeries de Florence possèdent 'un certain nombre de peintures d'Agnolo Gaddi, d'un goût délicat et d'une riche ornementation. Agnolo fut enseveli, comme son père et son aïeul, au cloître de Santa Croce. (A. Pératé).
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Agnolo Gaddi : Don de la Croix.
Don de la croix, par Agnolo Gaddi, ca. 1380.
Gaddi (Giovanni), peintre florentin, frère du précédent. Selon Vasari, il peignit plusieurs fresques au cloître de San Spirito de Florence. Il est mentionné, avec son frère, parmi les peintres appelés au Vatican par Urbain V (1367-70).
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