|
|
| . |
|
||||||
| Les langues |
|
langues mésopotamiennes et anatoliennes isolées |
| Dans
l'Anatolie et la Mésopotamie
anciennes, de nombreuses langues ont coexisté sur de longues périodes,
souvent avec des fonctions différentes selon le contexte social, administratif
ou religieux. Certaines langues anatoliennes
étaient des langues indo-européennes
(hittite, lydien, lycien, palaïte, louvite), et certaines langues mésopotéamiennes
appartenaient au sémitique oriental
(comme
l'akkadien, l'éblaïte ou la langue de Mari). Ces langues seront étudiées
dans d'autres pages de ce site. On se contentera ici de traiter des langues
isolées anciennement parlées dans la région, principalement le sumérien,
les langues hourrites (hurrite et urartien) et le hatti.
Le sumérien.
Sa découverte et son déchiffrement, initiés au milieu du XIXe siècle, ont été rendus possibles grâce à la découverte de listes lexicales bilingues suméro-akkadiennes et à l'étude systématique de la grammaire et du vocabulaire. L'écriture utilisée est le cunéiforme, un système d'origine sumérienne qui évolua des pictogrammes vers des signes syllabiques et conceptuels (logogrammes). Cette écriture fut par la suite adaptée pour noter l'akkadien et d'autres langues du Proche-Orient ancien. La structure du sumérien présente des caractéristiques particulières. C'est une langue agglutinante : les mots sont formés par l'ajout successif d'affixes (préfixes, suffixes, infixes) à une racine, chacun de ces morphèmes apportant une information grammaticale précise. La langue est de type ergatif : le sujet d'un verbe transitif est marqué différemment (par le cas ergatif) de l'objet d'un verbe transitif et du sujet d'un verbe intransitif (tous deux marqués par le cas absolutif). Ce système diffère profondément des langues accusatives comme le français ou l'akkadien. Le verbe sumérien est d'une grande complexité. Il porte les marques de la personne et du nombre du sujet et des compléments, organisées selon un schéma précis au sein de la conjugaison. Il exprime aussi des nuances aspectuelles (complétif vs incomplétif) plutôt que temporelles, et possède une riche gamme de modalités. La racine verbale elle-même peut être modifiée par redoublement ou par l'ajout d'infixes pour exprimer des variations de sens. La langue possède une série de cas grammaticaux, marqués par des suffixes postpositionnels, qui définissent la fonction des noms dans la phrase (ergatif, absolutif, génitif, datif, locatif, etc.). Le nom n'a pas de genre grammatical, mais distingue l'animé de l'inanimé dans certains pronoms et accords verbaux. Il existe également un classificateur nominal, le déterminatif, qui précède le nom pour en indiquer la catégorie (bois, personne, lieu, divinité, etc.). Le sumérien présente un riche vocabulaire, notamment dans des domaines spécialisés comme l'agriculture, l'hydraulique, l'architecture, la religion et l'administration. De nombreux mots sumériens furent empruntés par l'akkadien. La littérature sumérienne, redécouverte sur des milliers de tablettes d'argile, est d'une immense richesse : elle comprend des mythes (comme celui de la création du monde, Enuma Elish, bien que sa version la plus complète soit en akkadien), des épopées (comme celle de Gilgamesh, dont les premières versions sont sumériennes), des hymnes, des lamentations, des proverbes et de vastes textes de sagesse. L'étude du sumérien, toujours en évolution, repose sur un corpus textuel colossal qui s'étend sur trois millénaires. Elle permet un accès direct à la pensée et à la culture de la première civilisation urbaine de l'humanité, révélant une vision du monde sophistiquée où les dieux, la nature et les humains étaient intimement liés dans un cosmos organisé. Les langues hourrites.
Les langues hourrites se caractérisent par un système morphologique agglutinant, une conjugaison verbale complexe et un lexique riche en termes religieux et administratifs. Elles ont joué un rôle culturel important, notamment par l'influence de la civilisation hurrite sur la mythologie, les rituels et les pratiques diplomatiques de la région, et ont laissé un héritage notable dans les langues et les textes hittites et mésopotamiens. L'étude des langues hourrites repose essentiellement sur des inscriptions cunéiformes, des textes diplomatiques, des tablettes administratives et des transcriptions hurrites par des scribes hittites, ce qui permet de reconstruire partiellement leur phonologie, leur morphologie et leur syntaxe. Le
hurrite.
L'urartien.
Le hatti.
|
| . |
|
|
|
||||||||
|