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| Les langues > Indo-européen |
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langues anatoliennes indo-européennes Hittite, lydien, lycien, palaïte, louvite, carien |
| Les
langues
indo-européennes d'Anatolie constituent une branche ancienne et aujourd'hui
éteinte de la famille indo-européenne,
attestée du IIe millénaire av. JC jusqu'aux
premiers siècles de notre ère. Leur découverte au début du XXe
siècle, notamment par le déchiffrement du hittite, a profondément renouvelé
la compréhension du proto-indo-européen, car ces langues conservent des
traits très archaïques et semblent s'être séparées tôt du tronc commun
indo-européen. Les mieux connues de ces langues sont le hittite, le louvite,
le palaïte, le lycien, le lydien et le carien. D'autres sont connues
de manière très fragmentaire, comme le sidétique et le pisidien, attestés
par quelques inscriptions souvent très courtes, principalement dans le
sud de l'Anatolie à l'époque hellénistique
et romaine. Leur classification comme langues anatoliennes repose sur des
indices onomastiques, phonologiques et morphologiques, mais leur connaissance
reste limitée. Elles témoignent néanmoins de la persistance tardive
de la branche anatolienne face à l'expansion du grec
puis du latin. Dans l'ensemble, toutes ces
langues se caractérisent par leur archaïsme structurel, leur séparation
précoce du reste de la famille indo-européenne et leur grande diversité
interne.
Le hittite.
Bien qu'appartenant à la famille indo-européenne, le hittite présente des traits archaïques remarquables et des innovations qui l'isolent des autres branches. Elle constitue à elle seule la branche anatolienne, dont elle est le principal représentant avec des langues soeurs comme le louvite, le palaïte et le lydien. Sa structure a conservé deux des trois laryngales (sons gutturaux) théoriquement reconstruites pour le proto-indo-européen, ce qui en fait un témoin capital pour la linguistique comparée. Le système phonétique est relativement simple, avec seulement deux voyelles (*a* et *e* pouvant être longues ou brèves) et une série réduite de consonnes. La morphologie nominale montre un système de déclinaison riche, héritier de l'indo-européen, mais déjà en voie de simplification. Les noms se déclinent en deux genres (commun et neutre) et deux nombres (singulier et pluriel). Le genre féminin distinctif de l'indo-européen a disparu. Les cas comprennent au moins le nominatif, l'accusatif, le génitif, le datif-locatif, l'instrumental, l'ablatif et le vocatif. Le verbe est caractérisé par une conjugaison à deux séries, mi- (active) et hi- (moyenne-passive), distinction héritée de l'indo-européen. Les temps principaux sont le présent (pour les actions incomplètes) et le prétérit (pour les actions complètes), sans système de futur distinct. Les modes incluent l'indicatif, l'impératif et le participe. Une particularité frappante est la rareté des formes du subjonctif et de l'optatif, abondants dans d'autres langues indo-européennes anciennes. Le vocabulaire hittite est un mélange d'héritage indo-européen et d'emprunts massifs. On y trouve des mots clairement apparentés au grec, au latin ou au sanscrit, comme watar ("eau"), ḫarš- ("herser, labourer"), ou ḫuek- ("consacrer"). Cependant, une part substantielle du lexique provient des langues non indo-européennes de l'Anatolie pré-hittite, notamment du hatti, la langue du substrat, et du hourrite, langue d'une culture voisine influente. Le hittite a également adopté de nombreux logogrammes sumériens et des mots akkadiens dans ses textes écrits, ces deux langues représentant le prestige de la culture mésopotamienne. L'écriture utilisée est une adaptation du système cunéiforme mésopotamien, mais considérablement simplifiée par rapport à son usage en akkadien ou en sumérien. Les textes hittites, principalement découverts dans les archives royales de Hattusha, offrent une documentation immense et variée. On y trouve des annales royales, des traités internationaux (comme le célèbre traité de paix avec l'Égypte après la bataille de Qadesh), des codes de lois, des instructions administratives et militaires, et une riche littérature religieuse. Cette dernière inclut des mythes (comme celui du dieu Télépinu qui disparaît, plongeant le monde dans le chaos), des rituels détaillés contre les maladies, le mauvais sort ou pour la fondation de temples, et des descriptions de nombreuses fêtes. La pratique de l'historiographie y est déjà présente, avec une réflexion sur les causes des événements, souvent attribuées à la négligence des rites. L'étude du hittite
a profondément modifié notre compréhension de l'histoire ancienne et
de la préhistoire linguistique de l'Eurasie Le louvite.
Le palaïte.
Le lycien.
Le lydien.
Le carien.
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