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Goa
est le plus petit État de l'Inde
en superficie, mais l'un des plus riches sur le plan culturel et historique.
Situé sur la côte ouest du pays, le long de la mer d'Oman (ou mer d'Arabie),
il s'étend sur environ 3700 kilomètres carrés et présente une géographie
variée, faite de plages, de collines, de forêts tropicales, de rivières
et de plaines côtières fertiles. Son littoral de plus de 100 kilomètres,
ponctué de plages de sable fin et de criques rocheuses, en fait une destination
touristique majeure tant en Inde qu'à l'échelle internationale.
Le relief de Goa
est composé de deux grandes régions naturelles : les Ghâts occidentaux,
à l'est, une chaîne montagneuse densément boisée et inscrite au patrimoine
mondial de l'Unesco pour sa biodiversité exceptionnelle;
et la plaine côtière, à l'ouest, où se concentre l'essentiel de l'activité
humaine. Le fleuve Mandovi, qui traverse l'État du nord-est vers l'ouest,
est considéré comme sa principale artère fluviale. Il est rejoint par
d'autres rivières comme le Zuari, la Chapora,
la Sal et la Terekhol. Ces cours d'eau forment de vastes estuaires
et lagunes, bordés de mangroves, qui enrichissent
l'écosystème et permettent une activité agricole et halieutique prospère.
Goa possède un climat
tropicalde type mousson, avec une saison sèche
de novembre à mai et une saison des pluies de juin à septembre, caractérisée
par des précipitations intenses. Cette alternance saisonnière influence
profondément l'agriculture, notamment la culture du riz, de la noix de
coco, de la canne à sucre et des épices. L'arrière-pays est parsemé
de plantations de cardamome, de poivre et de noix de cajou, cette dernière
étant l'un des principaux produits d'exportation de l'État.
Histoire.
Goa occupe une place
singulière dans l'histoire du sous-continent indien. Elle a été pendant
près de 450 ans une colonie portugaise, ce qui a laissé une empreinte
profonde sur son développement culturel, religieux et linguistique. Mais
avant la colonisation européenne, Goa avait déjà connu une histoire
riche et mouvementée. Des vestiges archéologiques et inscriptions en
sanscrit témoignent de sa présence
dans les royaumes de Konkan et de l'Empire Maurya.
Aux VIIIe et IXe
siècles, la région fut intégrée à l'Empire Rashtrakuta, puis aux Chalukyas,
avant d'ĂŞtre conquise par les Bahmanides et ensuite les sultanats de Bijapur.
C'est en 1510 que
l'expédition portugaise conduite par Afonso
de Albuquerque conquit la ville de Goa, alors sous contrĂ´le musulman,
et en fit la capitale de l'Estado da ĂŤndia, l'empire colonial portugais
en Asie. Goa devint rapidement un carrefour commercial majeur entre l'Europe,
le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Asie. La ville connut une urbanisation
rapide, avec la construction d'églises, de couvents, de forts, de bâtiments
administratifs et de quartiers marchands. C'est également à cette époque
que le catholicisme fut introduit et imposé dans certaines régions, avec
la mise en place de l'Inquisition portugaise, qui dura de 1560 Ă 1812
et qui visait Ă convertir ou punir les pratiques religieuses locales non
chrétiennes.
La « Rome de l'Orient
», comme était surnommée la vieille ville de Goa (Velha Goa), abritait
certaines des plus grandes églises et institutions religieuses d'Asie,
notamment la basilique du Bom Jesus, où repose le corps de saint François
Xavier, missionnaire espagnol et cofondateur de la Compagnie
de Jésus. Cette époque a légué à Goa un patrimoine architectural
exceptionnel, classé aujourd'hui au patrimoine mondial de l'Unesco.
Après la chute progressive
de la puissance portugaise et la montée du nationalisme indien, la pression
s'intensifia pour intégrer Goa à l'Union indienne. Le gouvernement portugais
refusa toute négociation, considérant Goa comme une province du Portugal.
Finalement, en décembre 1961, après une brève opération militaire baptisée
"Opération Vijay", l'armée indienne prit le contrôle de Goa, ainsi que
des territoires voisins de Daman et Diu. En 1987, Goa obtint le statut
d'État à part entière de l'Union indienne, devenant le 25e
État de la République.
L'influence portugaise
reste très visible dans la culture, l'architecture, la gastronomie et
la langue. Le konkani, langue indo-aryenne locale, est la langue officielle
de l'État, mais le portugais fut longtemps
une langue administrative et religieuse, et il continue d'ĂŞtre compris
ou pratiqué par certains membres de la communauté catholique. L'anglais
et le marathi sont également largement
utilisés. Le syncrétisme religieux est notable, avec des communautés
hindoues et catholiques coexistant dans une relative harmonie, partageant
parfois des cultes et des traditions communes.
Aujourd'hui, Goa
est réputée pour sa culture cosmopolite, son ouverture au monde et sa
qualité de vie relativement élevée. L'économie repose sur le tourisme,
l'agriculture, l'exploitation minière (notamment de minerai de fer)
et la pĂŞche. Le patrimoine naturel, les festivals traditionnels (comme
le carnaval de Goa ou la fête de la Saint-François
Xavier), les marchés colorés et la musique influencée par les rythmes
lusophones et indiens contribuent à en faire une région très spéciale
dans le paysage indien.
Principales villes
et principaux sites historiques de l'Etat de Goa
| •
Panaji
(Panjim), est la capitale administrative de l'État. Située sur la rive
sud du fleuve Mandovi, elle incarne une synthèse de l'héritage portugais
et du développement contemporain. Ses rues bordées de maisons colorées,
ses églises blanches, ses balcons en fer forgé et ses bougainvilliers
rappellent fortement les villes du Portugal. Le quartier latin de Fontainhas
est particulièrement réputé pour sa conservation architecturale. Panaji
abrite aussi des institutions culturelles importantes comme le Kala Academy,
centre des arts du spectacle, ainsi que des bâtiments gouvernementaux
coloniaux transformés pour les usages modernes.
• Vasco da Gama,
située au sud de Panaji, est une ville portuaire stratégique nommée
d'après le célèbre navigateur portugais. Elle abrite le port de Mormugao,
l'un des plus importants ports naturels de la cĂ´te occidentale de l'Inde,
essentiel pour l'exportation de minerai de fer. Bien qu'elle soit principalement
orientée vers l'industrie et la logistique, la ville conserve certains
vestiges coloniaux et un accès à la plage populaire de Bogmalo.
• Margao,
parfois vue comme la capitale culturelle de Goa, est le centre économique
du sud de l'État. C'est une ville commerçante dynamique où coexistent
temples hindous, églises baroques et bâtiments de style indo-portugais.
Le marché municipal de Margao est l'un des plus animés de Goa, tandis
que la proximité de villages traditionnels permet de découvrir la vie
rurale goanaise. Margao est également le siège de nombreux événements
culturels, théâtres populaires (tiatr) et fêtes religieuses partagées
entre hindous et catholiques.
• Mapusa,
au nord, joue un rôle de centre commercial régional important. Célèbre
pour son marché hebdomadaire du vendredi, elle attire des habitants de
toute la région de Bardez, venus acheter épices, textiles, artisanat,
objets religieux et produits agricoles. Mapusa conserve également quelques
églises et temples, et se trouve à proximité de plages touristiques
populaires comme Calangute et Anjuna.
• Old Goa
(Velha Goa) est l'un des sites historiques les plus remarquables
de l'Inde. Ancienne capitale de l'empire |
colonial
portugais en Asie, elle fut au XVIe et
XVIIe siècle l'une des plus grandes villes
d'Orient, comparable par sa richesse et sa population Ă Lisbonne.
Aujourd'hui presque déserte, Old Goa est classée au patrimoine mondial
de l'Unesco pour ses églises monumentales, couvents et cathédrales. La
basilique du Bom Jesus, achevée en 1605, abrite le tombeau de saint François
Xavier, et est considérée comme un joyau du baroque jésuite. À proximité,
la cathédrale Sainte-Catherine, l'une des plus grandes d'Asie, impressionne
par ses proportions et son style maniériste. On y trouve aussi l'église
Saint-François d'Assise, le couvent de Santa Monica, et les ruines de
l'église Saint-Augustin avec sa célèbre tour solitaire.
• Le Fort Aguada,
construit au XVIIe siècle par les Portugais,
domine l'estuaire du Mandovi depuis une colline. Ce fort offrait une défense
stratégique contre les invasions maritimes et possède encore un phare
fonctionnel.
• Le
Fort Cabo
de Rama, plus au sude et bien plus ancien, aurait été un site de
retranchement hindou avant la colonisation. Sa vue panoramique sur la mer
d'Oman en fait un lieu apprécié, bien que partiellement en ruine.
• Les temples
hindous de Goa ont été en grande partie reconstruits après les persécutions
religieuses de l'époque coloniale, les Portugais ayant démoli de nombreux
lieux de culte non chrétiens. Aujourd'hui, des temples comme Shanta Durga,
Mangeshi ou Mahadev à Tambdi Surla représentent un important patrimoine
religieux et architectural. Le temple Mahadev, en particulier, est remarquable
pour être l'un des rares sanctuaires précoloniaux subsistant, construit
au XIIe siècle dans le style kadamba en
pierre basaltique noire au cœur de la jungle.
• Les sites
de Chandor (anciennement Chandrapur), dans le sud de Goa, conservent
des traces de l'ère préportugaise. Chandor fut l'une des premières capitales
des royaumes hindous de Goa, et l'on y trouve des ruines, des statues anciennes,
et des vestiges d'inscriptions sanscrites. Les tumuli et objets découverts
dans certaines zones rurales du nord indiquent aussi une présence humaine
ancienne liée à la culture mégalithique. |
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