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Fulbert de Chartres,
évêque de Chartres, né vers 960, mort
le 10 avril 1028. Il était originaire, non d'Italie, comme le prétendait
Mabillon, non de Chartres, non d'Aquitaine ,
comme le supposait dom Rivet dans l'Histoire littéraire, mais probablement
du comté de Roucy, dans le diocèse de Laon .
Il étudia aux écoles de Reims, sous Gerbert.
On a dit qu'il avait été moine à l'abbaye
de Saint-Père de Chartres, abbé de Ferrières, chancelier du roi
de France ;
toutes ces affirmations sont erronées. Fulbert, au sortir des écoles
de Reims, s'attacha à l'église de Chartres,
en laquelle il devint, à une date qu'il est impossible de préciser, chancelier,
c.-à -d. (car, à Chartres comme à Paris,
le gouvernement de l'école épiscopale rentrait dans les attributions
du cancellariat) écolâtre.
En cette qualité, il enseigna, suivant
l'usage du temps, les arts et les sciences du trivium
et du quadrivium, et la théologie; mais il est certain qu'il cultiva
avec prédilection la rhétorique et la poésie; c'était un humaniste;
il a composé lui-même des vers latins, tant métriques que rythmiques,
et nous en avons de ses disciples, Bérenger
de Tours, Angelranne, abbé de Saint-Riquier; Adelman de Liège, évêque
de Brescia .
Il fonda la réputation européenne des écoles de l'« académie de Chartres
», dont tant d'illustres écrivains du XIe siècle
sont sortis : Sigon, Hildeger, chancelier de Chartres; Bernard, écolâtre
d'Angers; Bérenger de Tours, le fameux hérésiarque.
Fulbert devint évêque de Chartres Ã
l'automne de l'an 1006, et voici, depuis lors, les principaux traits assurés
de sa biographie. Il assiste au synode de Chelles
en 1008. Il se mêle, la même année, aux différends de l'évêque d'Orléans
et de l'abbé de Fleury-sur-Loire; en 1010, aux troubles que suscitèrent
à Orléans des compétitions au siège épiscopal.
En 1013, il s'oppose, malgré le roi Robert, à l'élévation de Gauzlin
à l'archevêché de Bourges, sans succès;
Gauzlin, archevêque de Bourges, et Fulbert eurent des démêlés, en 1018,
au sujet du monastère de Bonneval. Le
7 septembre 1020, le feu détruisit la cathédrale
de Chartres, et Fulbert fit commencer aussitôt la reconstruction de cet
édifice; on estime qu'une partie de la crypte
actuelle de la cathédrale de Chartres date de l'épiscopat de Fulbert.
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Statue
en hommage à Fulbert,
près
de la cathédrale de Chartres.
L'évêque de Chartres,
toujours mêlé aux plus grandes affaires du royaume, fit un voyage Ã
Rome en 1022; il fut nommé, en 1023, par le
duc d'Aquitaine .
Guillaume V, trésorier de Saint-Hilaire de Poitiers.
Ses rapports avec Guillaume V furent intimes; il arbitra un différend
survenu entre ce prince et le roi de France au sujet de l'évêché de
Limoges; en 1025, après la mort de l'empereur
Henri II, il s'efforça d'obtenir, pour
Guillaume ou pour son fils, la couronne de roi des Lombards.
Dans la France proprement dite, bien qu'il
eût à défendre les domaines de l'église de Chartres contre de nombreux
pillards (Raoul, comte de Bayeux; Geoffroi,
vicomte de Châteaudun ,
etc.), il jouait aussi le plus grand rôle politique; il aida au couronnement
de Henri, second fils du roi Robert (14 mai
1027), auquel s'opposait la reine Constance.
Robert le consultait familièrement sur toutes sortes de questions; par
exemple, en 1027, sur une pluie de sang tombée en Aquitaine. Fulbert assista
en 1028 à une grande assemblée d'évêques et de pairs,
et mourut dans la ville de Chartres.
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Epitaphe
de Fulbert,
(Eglise
Saint-Pierre, Ã Chartres).
©
Photos : Serge Jodra, 2011.
Le recueil de la correspondance de Fulbert
a été publié dans le t. CXLI de la Patrologie latine de Migne.
Cette correspondance, très vivante, atteste l'étendue dés relations
de Fulbert (jusqu'en Hongrie ),
la bienveillance et la douceur de son caractère, l'excellence de son style.
Fulbert avait une dévotion particulière pour la Vierge; il fut canonisé
par la tradition, et son nom fut inséré, au XVIIe
siècle, dans les litanies du diocèse de Poitiers;
Rome, toutefois, n'a jamais consacré officiellement le culte du grand
évêque. Fulbert a laissé, outre des lettres, quelques pièces de vers
et des morceaux détachés. (Ch.-V. Langlois).
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Collectif,
Fulbert de Chartres, précurseur de l'Europe médiévale?,
PU Paris-Sorbonne, 2008. - Fulbert, qui fut évêque
à Chartres de 1006 à 1028, semble inconnu pour ses contemporains. C'est
à peine si les chroniqueurs du XIe siècle citent son nom. De plus, la
ville de Chartres elle-même l'oublia vite, alors qu'il avait reconstruit
sa cathédrale. Heureusement, Sigon, le disciple et secrétaire de Fulbert,
a eu l'heureuse idée de conserver ses lettres et ses écrits. Sans ces
documents, qui furent utilisés à partir des XIIe-XIIIe siècles, nous
ne saurions rien de Fulbert. Fulbert de Chartres avait enseigné la dialectique,
mais encore plus les sciences religieuses. Son épiscopat correspond Ã
une crise dans les écoles du temps - naissance des hérésies mais aussi
renouveau religieux. Comme l'a écrit Sigon dans l'épitaphe qu'il composa
pour son maître : " Fulbert [...] fut un fleuve de savoir remarquable
dans les sciences humaines et sacrées. Fulbert, gloire des pontifes qui
brilla dans sa carrière d'évêque, qui tout au cours de sa vie donna
aux pauvres nourriture et vêtements... Il cultiva les vertus, pourchassa
les vices et, avec l'aide de Dieu, fut incomparable dès son enfance...
". |
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