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On nomme monastère une habitation de moines. Ce nom s'applique aux constructions des communautés religieuses des diverses églises chrétiennes antérieures à la Réforme (Renaissance), et aussi à celles des bouddhistes. Monastère et couvent sont des termes à peu près synonymes. L'étymologie ferait du couvent un endroit ou vivent ensemble des religieux, alors que le monastère serait un endroit où vivent ensembles des moines. Le mot couvent aurait donc ainsi une acception plus large que le mot monastère. En pratique, la distinction est de peu d'importance. Le monastère du Grand Météore, en Grèce. Source : The World factbook. Chez les chrétiens, monastère est un terme générique comprenant les abbayes, (qui ont à leur tête un abbé ou une abbesse), prieurés (qui sont administrés par un prieur et qui ne sont ordinairement que la dépendance d'une abbaye, parfois même d'un collège, d'un hôpital ou de quelque autre établissement pieux) commanderies (qui sont des domaines généralement administrés par des ordres militaires), chartreuses, collégiales (qui appartiennent à des chanoines) et ermitages (où vivent des ermites). Les premiers monastères chrétiens furent ceux des basiliens, fondés dans la Thébaïde (Thèbes, Égypte); au IIIe siècle, par saint Antoine, et saint Pacôme y fut, au IVe siècle, son continuateur; en 341, saint Athanase fonda des monastères à Rome. En France, les plus anciens monastères sont celui de Ligugé, fondé par saint Martin en 375 et celui de Lérins, fondé en 391 par saint Honorat. Au VIe siècle, saint Benoît fonda en Italie ceux de Subiaco, Jusqu'à la fin du XIe, siècle, tous les monastères d'Occident furent bénédictins. Il surgit dès lors une assez grande variété d'autres ordres. Les monastères catholiques. Le cloître. Quand le cloître roman est sous voûte, cette voûte est d'ordinaire un berceau ou un demi-berceau tombant vers le préau Dans l'un et l'autre cas, la claire-voie doit résister à une poussée on a donc doublé les colonnettes, que l'on a plantées l'une derrière l'autre, et on les a, de distance en distance, renforcées par des piliers, qui peuvent être eux-mêmes garnis de contreforts plus ou moins saillants sur le préau. Dans quelques cloîtres, les baies étaient vitrées; on s'en rend compte aux feuillures ménagées pour recevoir les panneaux de vitrages. On faisait enfin des cloîtres à deux étages. Les lieux réguliers voisins du cloître. Le dortoir est habituellement au premier étage, à proximité de l'église; on peut alors descendre du dortoir dans un bras du transept. Le chauffoir, moins facile à reconnaître, était formé d'une ou plusieurs salles d'étude et de travail manuel; certains chauffoirs conservent leurs cheminées d'autrefois. Le réfectoire est plus important. C'est souvent une vaste et belle salle située sur le côté du cloître opposé à l'église. Le réfectoire de certains monastères est divisé dans le sens de la largeur en deux nefs, séparées par une série de sveltes colonnes. Une chaire pour le lecteur est contre l'une des parois longitudinales ; elle s'enfonce, de partie de sa profondeur, dans le mur, à la façon d'une niche, et ressort sur le parement intérieur: cette chaire est supportée par un cul-de-lampe vigoureux. Près de l'entrée du réfectoire et dans le cloître se trouve le lavabo. Quelque lavabos sont abrités sous des édicules, lesquels empiètent sur le préau. Plan d'une abbaye bénédictine du XIIIe s. (Saint-Germain des Prés, à Paris). Les annexes des monastères. La plupart des monastères étaient moins développés. Nombre de maisons religieuses, de cellae, étaient des fermes, souvent de médiocre importance, dirigées par quelques moines, plutôt que des monastères proprement dits. Droit ecclésiastique. Étaient considérés comme parties intéressées les curés, les titulaires des autres églises auxquelles l'établissement nouveau pouvait préjudicier, les religieux des maisons voisines, c'est-à-dire distantes de moins de quatre mille pas, et même les habitants laïques notables, non levis plebusculus. L'approbation épiscopale était péremptoirement nécessaire. L'évêque, pouvait la refuser sans indiquer ses motifs; et il n'était pas permis de se pourvoir au supérieur ecclésiastique contre ce refus. Un édit du mois de décembre 1666 ordonnait d'attacher son approbation sous le contre-scel des lettres patentes. Les maires, échevins, consuls, jurats, capitouls, curés des paroisses et supérieurs des maisons religieuses, assemblés séparément, en présence d'un substitut du procureur général, donnaient leur avis. S'il survenait des oppositions, il était sursis à l'exécution des lettres patentes, quoique enregistrées, jusqu'à ce que ces oppositions fussent levées. De la part de ceux qu'on appelait les parties intéressées, les oppositions n'étaient admises que comme des remontrances excitatives, auxquelles on ne faisait droit que lorsqu'elles étaient reconnues justes et raisonnables. Sans toucher à la nécessité de ces consentements, un édit du mois d'août 1749 en réglementa la procédure, exigeant ayant toute donation et toute convention l'envoi à la cour du projet d'établissement, et avant l'obtention des lettres patentes l'accomplissement de toutes les informations et formalités nécessaires. La décision du roi était déterminée par des motifs généraux de bien public. Ensuite, chaque parlement, dans son ressort, visait les raisons plus particulières de l'établissement projeté, et il examinait la dotation, la nature et la quotité des biens donnés. En principe, ces biens devaient être reconnus suffisants à la subsistance de l'établissement. Un édit du mois de mars 1768 fixa le nombre des religieux qui devaient composer les monastères d'hommes, autres que les hôpitaux, les cures, les séminaires et les écoles publiques dûment autorisées : quinze au moins, non compris le supérieur, pour les monastères non réunis en congrégations; huit au moins, pour les monastères réunis en congrégations. Dans ces nombres n'étaient point comptés les frères lais ou autres, qui n'étaient point appelés religieux de choeur. Le même édit déterminait l'âge à partir duquel il était permis de s'engager par profession monastique ou régulière : vingt et un ans accomplis pour les hommes, dix-huit pour les filles. Il défendait en outre aux supérieurs et aux supérieures d'admettre à la profession aucun étranger non naturalisé, et aussi de lui accorder aucune place monacale, de l'agréger ou affilier à leur ordre, congrégation ou communauté. (C. Enlart / E.-H. Vollet). |
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