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L'Achaïe

Achaïe, Achaia. - Région septentrionale du Péloponnèse, avait pour bornes l'Élide, l'Arcadie, la Sicyonie, le golfe de Corinthe et la mer Ionienne. On l'appelait d'abord Égialée (c'est-à-dire maritime), à cause de sa position sur les bords de la mer; conquise par les Ioniens vers 1430 av. J.-C., elle prit le nom d'Ionie; elle reçut enfin celui d'Achaïe vers 1184, après que les Achéens Phthiotes en eurent expulsé les Ioniens pour s'y établir. 

L'Achaïe avait 12 villes principales qui étaient, selon Hérodote

Dymes, Olenos, Egire, Hélice, Bura, Aegium, Rhypes, Èges, Patras, Phares, Tritée, Pellène (aux villes d'Eges et de Rhypes, Polybe substitue Céraunie et Léontium).
Ces 12 villes formaient une fédération qui allait être le noyau de la célèbre Ligue achéenne, au IIIe siècle, à l'époque du Protectorat macédonien.

La Ligue achéenne.
C'est Aratus qui reforme l'ancienne confédération des douze villes de l'Achaïe, puis il délivre de leurs tyrans Sicyone (251), Corinthe, Mégare, Trézène, Argos, Mantinée, Epidaure, Mégalopolis, et fait alliance avec la confédération de cités qui s'est formée un peu plus tôt en Etolie, la Ligue étolienne, afin d'élever une barrière devant l'ambition de la Macédoine. Pour étendre son oeuvre patriotique dans la Grèce centrale, il aide à la délivrance d'Athènes et d'Orchomène; encore quelques efforts, et la ligue achéenne va embrasser la Hellade entière.

Malheureusement Sparte se relève par une réforme inattendue. Cléomène III y met les biens en commun, rétablit les repas publics, et reconstitue avec des étrangers un nouveau peuple spartiate qui entre aussitôt en lutte avec les Achéens pour leur disputer la prépondérance dans le Péloponnèse. Aratus est contraint d'implorer l'assistance des Macédoniens, qui battent Cléomène à Sellasie (221). Cette victoire annule la nouvelle Sparte, mais place les Achéens dans la dépendance de la Macédoine qui fait tout fléchir devant elle. Les Romains s'inquiètent de cette force renaissante et sepréparent à intervenir pour la briser. Les violences de Philippe, le meurtre d'Aratus, leur donnent de nombreux alliés, et les Etoliens contribuent au gain de la bataille de Cynocéphales. Rome victorieuse ne prend rien pour elle, mais elle divise tout pour tout affaiblir : elle rompt les ligues dans la Thessalie et la Grèce centrale, en déclarant que chaque cité sera libre; et les Grecs applaudissent, sans voir que cette liberté les menait à la servitude.
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Philopoemen de Mégalopolis, digne successeur d'Aratus à la tête de la confédération achéenne, essaya de reculer le moment d'une ruine inévitable. Sparte tombée aux mains des tyrans était un foyer d'intrigues; il tua de sa main, dans une bataille, le tyran Machanidas, força son successeur Nabis à lever le siège de Messène, et entrant dans Sparte en vainqueur l'agrégea à la Ligue achéenne. Ce n'était pas le compte de Rome que le Péloponnèse tout entier ne formât qu'une cité. Ses envoyés poussèrent Messène à la révolte; Philopoemen dans une expédition contre elle, tomba de cheval,
fut pris et condamné à boire la ciguë (183).

Durant la guerre contre Persée, les Achéens firent pour lui des voeux secrets dont Rome après la victoire de Pydna leur demanda compte. Mille de leurs meilleurs citoyens furent déportés en Italie (168). Quand on leur rendit, dix-sept ans après, la liberté, ils rapportèrent dans leur patrie une haine imprudente. Le sénat ayant déclaré que Corinthe, Sparte et Argos cesseraient de faire partie de la ligue, les Achéens coururent aux armes, et vinrent livrer à Leucopétra, près de Corinthe, la dernière bataille de la liberté (146). Corinthe fut brûlée par Mummius, la Grèce réduite en province et ce peuple qui tient une si grande place dans le monde alla se perdre dans l'océan de la puissance romaine. (V. Duruy).

Achaïe. - On a encore nommé Achaïe :
1° Une portion de la Phthiotide en Thessalie (ch.-l. Alos), où, selon la mythologie grecque régna d'abord Achaeus, petit-fils d'Hellen, et d'où sortirent les Achéens conquérants de l'Egialée;

2° La province romaine formée après la destruction de la Ligue Achéenne et la prise de Corinthe (146 av. J.-C.) par la réunion du Péloponnèse, de la Grèce propre, de la Thessalie et de l'Épire; elle fut ensuite comprise dans le diocèse de Macédoine;

3° Une principauté formée en 1205 par Guillaume de Champlitte au milieu de la dissolution de l'empire grec, conquis par les armes des Croisés latins (Les Croisades). Elle embrassait le Péloponnèse entier avec la suzeraineté d'Athènes et de Thèbes. Elle fut bientôt usurpée par Geoffroi de Villehardouin. Isabelle de Villehardouin porta la souveraineté d'Achaïe à diverses maisons, tandis que Baudouin II, empereur détrôné de Constantinople, cédait ses droits sur ce domaine à Charles I d'Anjou, roi de Naples. Marie de Bourbon, veuve de Philippe de Tarente la légua en 1387 à son neveu Louis, duc de Bourbon, qui ne put s'en mettre en possession. La principauté se scinda depuis en État de Corinthe, duché de Sparte, Messénie, Élide, etc. Enfin l'Élide, possédée par les Génois, conserva seule le nom de principauté d'Achaïe;

4° Une moarchie ou province de la Grèce moderne, qui occupe à peu près la place de l'ancienne Achaïe; elle a pour ch.-l. Patras.

5° Un petit État de l'Asie ancienne, au Nord de la Colchide, sur la côte Nord-Est du- Pont-Euxin : c'est à peu près ce que l'on appellera plus tard l'Abasie.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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