 |
La topaze
un silicate d'aluminium
contenant du fluor et de l'hydroxyde,
dont la formule cristalline s'écrit Al2SiO4(F,OH)2.
C'est la teneur en fluor qui la définit véritablement; une topaze riche
en fluor est dite "topaze F", tandis qu'une variété où le groupe
hydroxyle (OH) prédomine est nommée "topaze OH". Cette composition
la classe parmi les minéraux dits nésosilicates. Sa structure cristalline
orthorhombique est très ordonnée, formant des prismes allongés et striés
verticalement, souvent terminés par des faces pyramidales. Cette géométrie
interne parfaite lui confère une propriété remarquable et fondamentale
pour les lapidaires : un clivage basal
parfait. Cela signifie que la pierre peut se fendre très nettement, comme
une fine tranche, perpendiculairement à son axe principal. Cette caractéristique,
qui fait la beauté des faces lisses, est aussi une fragilité extrême
qui rend la taille de la topaze particulièrement délicate, un choc mal
placé pouvant la briser net.
Sur l'échelle
de Mohs, la topaze atteint la dureté 8, ce qui en fait une pierre
très dure, rayant le quartz mais étant rayée
par le corindon (rubis et saphir) et le
diamant.
Cette dureté, alliée à son éclat vitreux intense, en fait une gemme
idéale pour la joaillerie, à condition de respecter sa fragilité directionnelle.
Son éclat, une fois polie, est d'une limpidité et d'un feu presque glacé.
La question de la couleur est un chapitre
à part entière, source de nombreuses confusions. La topaze pure, sans
aucune impureté, est en réalité incolore. La nature, dans sa générosité,
y introduit des éléments trace et des défauts cristallins qui agissent
comme de véritables pinceaux de lumière. Le fer est le principal agent
colorant. Le chrome est responsable des rares
et précieuses teintes roses à rouge violacé. La variété la plus classique,
la topaze impériale, est une merveille de la nature, arborant des teintes
chaudes allant du jaune doré intense au orange rosé, parfois comparé
à la couleur du xérès. Les gisements historiques d'Ouro Preto au Brésil
en sont les pourvoyeurs les plus célèbres. La topaze bleue est un cas
d'école fascinant. Dans la nature, une topaze bleue naturelle existe,
mais elle est d'une pâleur extrême et rarissime. L'écrasante majorité
des topazes bleues sur le marché, des ciels éclatants "Swiss Blue" aux
profondeurs "London Blue", sont le fruit d'une transformation humaine.
Une topaze incolore ou très pâle est soumise à un traitement combinant
irradiation et chaleur, un procédé définitif et stable, accepté par
l'industrie joaillière. Il en va de même pour la topaze mystique, un
phénomène optique artificiel où un traitement de surface dépose une
fine couche métallique créant des irisations arc-en-ciel.
La topaze se forme principalement dans
les cavités de roches magmatiques riches
en silice et en fluor, comme les pegmatites et certains granites. Elle
cristallise à partir de fluides chauds et chargés d'éléments volatils,
dans les derniers stades de refroidissement du magma. On la trouve aussi
dans des veines hydrothermales de haute température. L'étymologie de
son nom est disputée. L'hypothèse la plus poétique la fait dériver
du sanscrit "tapaz", signifiant "feu",
en référence à sa brillance. Une autre, plus géographique, la rattache
à l'île de Zabargad en mer Rouge, autrefois
appelée Topazios par les Grecs anciens.
Ironie de l'histoire, cette île ne produisait pas de topaze, mais une
autre gemme, le péridot, ce qui a engendré
une confusion millénaire. Les Romains et
les Égyptiens la vénéraient, l'associant
au dieu solaire Râ. Durant l'Antiquité
et le Moyen Âge, on lui prêtait des
vertus fabuleuses : rendre invisible, apaiser les tempêtes, briser les
sortilèges ou encore guérir la folie. |
|