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Kew

Kew est une localité d'Angleterre (auj. rattachée à Richmond-upon-Thames), dans le Grand Londres, à 41 km à l'Ouest de Londres, sur la rive droite de la Tamise.  Il existe également une ancienne entité municipale nommée City of Kew dans l'État de Victoria, en Australie,  sur la rive sud-est de la rivière Yarra, à environ quatre kilomètres à l'est du centre de Melbourne, mais c'est le Kew londonien qui incarne la renommée mondiale du lieu, notamment grâce à ses jardins botaniques royaux. 
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Kew : la grande serre des jardins botaniques.
La grande serre du jardin botanique royal de Kew (Angleterre). Sa nef est haute de 19 m. 
C'est la plus grande serre victorienne du pays. Elle est classée sur la liste du patrimoine
mondial de l'Unesco.Source : The World Factbook.

Le Kew britannique s'étend sur une superficie d'environ 3,3 kilomètres carrés, dont la majeure partie est occupée par les célèbres Jardins de Kew (Kew Gardens). Le site bénéficie d'un méandre de la Tamise qui, depuis le Paléolithique, façonne un paysage d'alluvions fertiles et de plaines inondables. Cette configuration offre un point de passage stratégique et un environnement exceptionnel pour la flore, avec un sol riche qui explique en partie le choix de ce lieu pour les cultures botaniques. Le quartier s'organise autour de Kew Green, un espace ouvert historique bordé de maisons des XVIIe et XVIIIe siècles, tandis que le fleuve sépare naturellement le territoire du Middlesex au nord du Surrey historique au sud. 

L'histoire de ce lieu prend ses racines dans l'Antiquité, où sa proximité avec un gué permettant de traverser le fleuve en fait un point de passage fréquenté, comme en témoignent les artéfacts romains découverts dans la zone. Les premières mentions écrites certaines apparaissent au XIVe siècle sous des formes variées telles que Kayhor ou Cayho, et le hameau se développe suffisamment pour s'acquitter de taxes dès la fin du XVe siècle. À l'origine intégré à la paroisse de Richmond, Kew s'en détache progressivement pour devenir une entité distincte. L'arrivée de la cour royale à Richmond au début du XVIe siècle transforme radicalement le destin du village. Les terres entre Kew Green et la rivière se divisent en parcelles, et des figures historiques comme Marie Tudor marquent l'endroit de leur empreinte, notamment par l'attribution de la ferme de Kew (Kew Farm) à des nobles de la cour tels que le duc de Somerset.

Le tournant décisif survient en 1759, lorsque la princesse Augusta, mère du roi Georges III, fonde un jardin botanique sur les terres de Kew Park. Cette initiative royale pose les bases de ce qui devient les Jardins botaniques royaux de Kew, un centre scientifique de premier plan dédié à l'étude et à la conservation de la diversité végétale mondiale. Au fil des siècles, le domaine s'agrandit considérablement. Parallèlement, le village s'adapte à l'ère industrielle : une ligne de tramway à traction hippomobile relie Kew à Richmond à la fin du XIXe siècle, et le pont de Kew, inauguré en 1903, facilite les liaisons avec la rive nord de la Tamise.

Les jardins botaniques royaux de Kew s'étendent sur 121 hectares entre les quartiers de Richmond upon Thames et de Kew, au bord de la Tamise. Reconnus comme le plus grand jardin botanique du monde, ils abritent une collection exceptionnelle de plus de 30 000 espèces végétales et constituent un centre de recherche scientifique de renommée internationale. Inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2003, ces jardins mêlent harmonieusement paysages historiques, architectures victoriennes spectaculaires et installations scientifiques de pointe.

L'histoire du site remonte au XVIe siècle, avec la construction d'une demeure nommée Kew Park House. Au fil des décennies, le domaine change de mains et s'organise en champs enclos et en jardins clos. Le tournant décisif survient en 1759, lorsque la princesse Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg, veuve de Frédéric de Galles, fonde un jardin exotique de neuf acres sur ces terres. Cette initiative royale pose les bases de l'institution. L'architecte William Chambers y élève d'ailleurs la célèbre pagode chinoise en 1761, un édifice de cinquante mètres de hauteur qui domine encore le paysage. Le roi George III enrichit ensuite considérablement les collections avec l'aide de William Aiton et du naturaliste Sir Joseph Banks, qui font du lieu un centre d'acclimatation et d'étude privilégié. La Maison hollandaise, acquise par la couronne en 1781, devient le Kew Palace, tandis que les anciens bâtiments de Kew House sont démolis au début du XIXe siècle.

Après une période de déclin, les jardins reçoivent l'appellation officielle de Jardins botaniques nationaux en 1840. Sous la direction énergique de William Jackson Hooker, puis de son fils Joseph Dalton Hooker, le site connaît une expansion majeure, passant de 30 à 121 hectares. Cette époque victorienne marque l'ouverture au grand public et la construction d'ouvrages d'art remarquables. Entre 1844 et 1848, l'architecte Decimus Burton et l'ingénieur Richard Turner érigent la Palm House, une serre monumentale en fer forgé et en verre qui devient le symbole architectural des jardins. Peu après, la Temperate House voit le jour pour accueillir les plantes subtropicales, et devient avec le temps la plus grande serre victorienne encore existante au monde. Les collections s'enrichissent grâce au réseau de l'Empire britannique. Elles permettent des acclimatations historiques comme celle du caoutchouc en Malaisie, du quinquina en Inde ou du café au Sri Lanka, ce qui affirme le rôle géopolitique et scientifique de Kew.

Le paysage est également structuré par des perspectives soignées. Le paysagiste William Andrews Nesfield dessine de vastes promenades, dont la Pagoda Vista, une allée gazonnée de 850 mètres qui rayonne depuis la Palm House, et la Syon Vista, qui s'étend sur 1200 mètres en direction de la Tamise. Ces axes visuels relient les éléments architecturaux et végétaux dans une composition classique et majestueuse.

Aujourd'hui, les jardins de Kew fonctionnent comme un organisme public non ministériel, dédié à la conservation, à la recherche et à l'éducation. Le site abrite l'un des plus grands herbiers du monde, où sont conservés plus de sept millions de spécimens, ainsi qu'une bibliothèque riche de 750 000 volumes et de nombreuses bases de données taxonomiques internationales. En 2000, l'institution lance le Millennium Seed Bank Partnership, un projet ambitieux visant à collecter et préserver les graines de milliers d'espèces végétales menacées à l'échelle planétaire. Pour étendre ses capacités de conservation, Kew gère également des sites satellites comme Wakehurst Place dans le Sussex et le Bedgebury National Pinetum dans le Kent.

La visite du domaine révèle une diversité architecturale et botanique remarquable. La Palm House, restaurée à plusieurs reprises, offre un environnement tropical humide où s'épanouissent palmiers et plantes vivaces, tandis que la Temperate House, deux fois plus vaste, présente des spécimens méditerranéens et subtropicaux, dont le plus grand palmier d'intérieur du monde. Le Princess of Wales Conservatory, inauguré en 1987, constitue la serre la plus complexe, avec dix zones climatiques contrôlées par ordinateur, allant des déserts aux forêts tropicales humides, en passant par des sections dédiées aux plantes carnivores et aux orchidées. Plus récemment, la Davies Alpine House reproduit les conditions fraîches des prairies de haute montagne grâce à un système de refroidissement souterrain, et la Waterlily House offre un environnement chaud et humide propice aux nénuphars géants.

Au-delà des serres, le domaine conserve des témoignages historiques et culturels précieux. La Pagode, avec sa structure octogonale, rappelle les débuts de l'engouement pour les chinoiseries. Le jardin japonais s'organise autour du Chokushi-Mon, une réplique fidèle d'une porte du temple Nishi Hongan-ji de Kyoto, érigée pour l'exposition anglo-japonaise de 1910, et de la Minka House, une maison traditionnelle en bois du début du XXe siècle. La galerie Marianne North, conçue comme un temple grec, expose les 832 peintures botaniques réalisées par cette voyageuse intrépide à la fin du XIXe siècle, offrant un témoignage artistique unique sur la flore mondiale. Enfin, les célèbres Queen's Beasts, dix statues de pierre représentant les animaux héraldiques de la reine Élisabeth II, veillent sur les allées près de la Palm House.

Au XXe siècle, Kew conserve son caractère de village paisible tout en s'intégrant pleinement au tissu urbain londonien. L'installation des Archives nationales (The National Archives) sur son territoire renforce son importance en tant que gardien de la mémoire historique britannique, abritant des documents fondateurs comme le Domesday Book. La présence de l'ancien observatoire royal et du palais de Kew, une modeste résidence royale géorgienne, rappelle le lien indéfectible entre le lieu et la monarchie. De nombreuses personnalités, des peintres comme Thomas Gainsborough et Camille Pissarro aux botanistes de renom, choisissent d'y vivre ou d'y travailler, laissant derrière eux un patrimoine culturel riche, visible dans l'église paroissiale Sainte-Anne et ses cimetières.

Aujourd'hui, le Kew londonien demeure un havre de paix exceptionnel, où la nature et l'histoire se conjuguent au présent. Les jardins continuent d'attirer des chercheurs et des visiteurs du monde entier, tandis que le quartier résidentiel maintient un équilibre précieux entre son héritage royal, son activité scientifique de pointe et une vie de village préservée au coeur de la métropole londonienne.

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Dictionnaire Villes et monuments
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