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Prayagraj
(anc. Allâhâbâd) est une ville du Nord-Ouest de
l'Inde
(Etat de l'Uttar Pradesh). Elle est
bâtie au confluent du Yamunâ
et du Gange ,
Ă 61 m au-dessus du niveau de la mer. Population : 1,2 million d'habitants
(2010). Deux grandes lignes du chemin de fer viennent s'y croiser
: Kolkata-Mumbai (Calcutta-Bombay) et Kolkata-Delhi.
Prayagraj se compose
de trois parties : la ville hindoue, la citadelle et le Cantonment
(ancienne ville anglaise). La ville hindoue est formée de rues étroites.
Elle doit sa réputation et sa richesse à l'énorme affluence de pèlerins
qui venir se plonger dans les eaux saintes du Gange
et de la Yamunâ. Outre les pélerinages
annuels, la ville est aussi la destination, tous les douze ans,
du plus grand pèlerinage du monde, le Kumbh Mela (Kumbhamelâ), qui a
attiré 70 millions de personnes en 2001.
Le
Kumbh Mela à Prayagraj est un événement colossal, qui attire des
millions de pèlerins sur les rives du Gange pour un bain rituel destiné
à purifier les péchés et à ouvrir la voie vers la libération du cycle
des renaissances, le moksha. L'origine mythologique du Kumbh Mela
remonte au barattage de l'océan de lait, un épisode cosmogonique majeur
de l'hindouisme. Selon la légende, les devas
(dieux) et les asuras (démons) s'associèrent pour baratter l'océan afin
d'en extraire l'Amrita, le nectar d'immortalité. Lorsque le pot (kumbh)
contenant le précieux nectar émergea, une bataille s'ensuivit entre les
deux factions. Durant cette lutte céleste qui dura douze jours divins,
soit douze années humaines, quelques gouttes du nectar tombèrent en quatre
lieux sur Terre : Prayagraj, Haridwar, Ujjain et Nashik. À Prayagraj,
la goutte serait tombée au confluent, ou Sangam, des fleuves Gange, Yamuna
et du mythique Saraswati, sanctifiant ainsi cet endroit Ă jamais.
Le moment de la célébration
du Kumbh Mela à Prayagraj est déterminé par des alignements astrologiques
précis. Il a lieu lorsque Jupiter entre dans la constellation du Bélier
et que le Soleil et la Lune sont en Capricorne, une configuration qui est
censĂ©e amplifier la puissance spirituelle des eaux du Sangam. C'est Ă
ce moment que les pèlerins affluent pour le bain sacré, le snan. On distingue
plusieurs types de Melas : le Maha Kumbh Mela, le plus important, qui se
déroule tous les 144 ans après douze Purna Kumbh Melas; le Purna Kumbh
Mela, qui a lieu tous les douze ans (période de révolution sidérale
de Jupiter );
et l'Ardh Kumbh Mela, ou "demi-Kumbh", qui se tient tous les six ans. Au
coeur de l'événement se trouvent les rituels de baignade, dont le plus
spectaculaire est le Shahi Snan, ou "bain royal". Ces bains, qui se déroulent
à des dates particulièrement auspicieuses, sont menés par les akharas,
des ordres monastiques de saints et d'ascètes hindous. Les processions
des différentes akharas vers le lieu de baignade sont un spectacle saisissant.
Les Naga Sadhus, des ascètes qui ont renoncé au monde matériel et dont
le corps est couvert de cendres, sont particulièrement emblématiques
et mènent souvent ces processions avec ferveur et démonstration de force
spirituelle. Après le bain des saints, des millions de pèlerins ordinaires
s'immergent dans les eaux sacrées, croyant que ce geste les lavera de
leurs péchés.
Au-delĂ des rituels,
le Kumbh Mela est une ville temporaire tentaculaire qui surgit sur les
plaines inondables du Gange. L'organisation de cet événement est un défi
logistique monumental. Des ponts flottants, des routes, des hĂ´pitaux de
campagne, des postes de police, des systèmes d'assainissement et des installations
d'eau potable sont mis en place pour accueillir des dizaines de millions
de visiteurs sur une période de plusieurs semaines. Des milliers de tentes
sont érigées pour l'hébergement, créant un paysage urbain éphémère.
L'atmosphère est imprégnée de religiosité : des discours religieux
(satsangs), des chants de dévotion (bhajans), des cérémonies
du feu (yajnas) et des performances artistiques et culturelles animent
le site jour et nuit. Le Kumbh Mela est également un lieu d'intense interaction
sociale et culturelle. Il transcende les barrières de caste et de statut
social, rassemblant des personnes de toutes les couches de la société
indienne et du monde entier dans une quĂŞte spirituelle commune. Reconnu
par l'Unesco comme un patrimoine culturel immatériel
de l'humanité, il représente une expression vivante de la foi, de la
culture et de la tradition, un phénomène où l'individuel et le collectif
convergent dans une démonstration de dévotion d'une ampleur inégalée.
La forteresse a été construite au XVIe
siècle par Akbar qui l'avait appelée al-Ilhahabad
(1572). Elle a 2250 m de circonférences; ses murailles sont en grès rouges,
plusieurs des hautes tours qui servaient de bastions
ont été démolies; mais il reste dans l'enceinte de la citadelle plusieurs
monuments renommés : le pilier d'Allahabri (13 m de haut sur 1 m de diamètre,
monolithe cylindrique couvert d'inscriptions) et la crypte
de Patal-Pouri, temple bouddhiste, au centre duquel se trouve un tronc
d'arbre très gros, très vieux, et qui est l'objet de la vénération
des pélerins.
Le quartier dit des cantonnements est une
ville moderne, enfoncée dans le feuillage, avec de longues avenues; l'air
et l'eau y abondent, mais il n'y a pas de monuments remarquables.
Longtemps nommée
Allâhâbâd, Prayagraj a retrouvé son nom ancien qui était Prayâga,
Prayâg ou Preag ( = lieu des sacrifices) et qui remontait au moins au
IIIe siècle av. JC. Tombée en décadence
Ă la suite des guerres entre Musulmans et Hindous,
la ville ne devint florissante qu'après Akbar.
Son nom actuel, qui signifie demeure de Dieu, lui fut donné par
Djahan-Shâh (1628-1658). Après avoir fait partie de l'empire du
Grand-Moghol, elle fut prise en 1753 par
le vizir d'Aoude .
Les Anglais s'en emparèrent en 1765 et y installèrent le grand moghol
Shah Allam, pour la rendre, en 1771, au souverain d'Aoude. En 1801, la
Compagnie des Indes en prit de nouveau possession. Elle resta dès lors
aux Anglais jusqu'à l'indépendance de l'Inde
en 1947. |
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