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| Les langues > Indo-européen > langues italiques |
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Arpitan |
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francoprovençal, souvent appelé arpitan par ses locuteurs
contemporains, constitue un ensemble de parlers romans traditionnellement
considérés comme formant avec le français
(langue d'oïl) et l'occitan (langue
d'oc) l'un des trois grands groupes linguistiques gallo-romans
de France Le lexique du francoprovençal montre une couche latine ancienne bien conservée, à laquelle se sont ajoutées des influences du français, de l'occitan et, selon les régions, de l'italien. Malgré ces emprunts, les dialectes arpitans conservent beaucoup de vocabulaire autochtone : termes pastoraux, agricoles, expressions montagnardes ou liées au milieu alpin et jurassien. La toponymie régionale reste un témoignage particulièrement riche de cette langue. La tradition écrite du francoprovençal est relativement tardive et limitée. Avant le XXe siècle, les textes sont sporadiques, souvent dans des orthographes personnelles ou fortement influencées par le français. L'éveil culturel et identitaire récent a cependant encouragé la création de systèmes graphiques cohérents, notamment l'orthographe dite « ORB » ou « graphie de référence B », conçue pour être supradialectale tout en permettant la transcription de la diversité phonétique. Les tentatives contemporaines cherchent à concilier la fidélité aux parlers locaux et la possibilité d'une communication écrite commune. Le francoprovençal a connu au cours des derniers siècles une régression importante. La pression du français standard en France et en Suisse, ainsi que de l'italien en Vallée d'Aoste, a conduit à une substitution linguistique rapide. Aujourd'hui, la plupart des locuteurs natifs sont âgés, mais on observe une revitalisation culturelle portée par des associations, des artistes, des linguistes et des collectivités locales. Des cours pour adultes, des publications, de la littérature contemporaine, de la musique et quelques émissions de radio ou de télévision contribuent à maintenir la langue vivante, tandis que de plus en plus de jeunes apprenants s'y intéressent comme élément patrimonial ou marqueur identitaire régional. La grammaire du
francoprovençal.
Les systèmes pronominaux et nominaux montrent une distinction régulière entre formes toniques et atones. Les pronoms sujets atones sont obligatoires dans de nombreuses variétés, même lorsque le sujet lexical est exprimé, ce qui rapproche l'arpitan du français moderne. On observe cependant des différences : la première personne singulière peut avoir des formes comme jou, yo, iò, tandis que la troisième personne possède souvent des pronoms proclitiques invariables tels que i ou a, utilisés devant le verbe selon le genre et le contexte. Les pronoms objets directs et indirects suivent généralement l'ordre des clitiques romans, avec parfois maintien d'anciennes distinctions entre datif et accusatif. La morphologie nominale ne comporte plus de cas, mais plusieurs dialectes conservent des marques de genre et de nombre nettes, dont la réalisation varie fortement (par exemple, pluriel en -i, -ê, ou simple vocalisation finale). Le système verbal est particulièrement riche et demeure l'un des traits les plus identitaires de l'arpitan. Les verbes se répartissent en plusieurs classes selon leur terminaison, souvent héritées du latin mais remodelées. Les temps simples les plus usités sont le présent, l'imparfait, le futur, le conditionnel et le passé composé. Le passé simple survit dans quelques zones rurales, parfois sous une forme très réduite. Le présent est fortement marqué par la chute ou la transformation de certaines finales, entraînant des alternances vocaliques et consonantiques entre les personnes. L'imparfait présente des marques caractéristiques comme -êvo, -âvo, ou variantes régionales. Le conditionnel et le futur se construisent fréquemment à partir d'un même radical suivi de -ré, -rê ou -ria, avec parfois une neutralisation de la distinction entre les deux modes selon le parler. Les verbes pronominaux existent et suivent des patrons proches du français, mais avec des clitiques spécifiques (me, te, se, nos, vos… suivant les dialectes). La syntaxe générale de la phrase suit l'ordre SVO (sujet-verbe-objet), mais un ordre VSO apparaît dans certaines constructions interrogatives ou emphatiques. Les interrogations se forment soit par simple intonation, soit par ajout d'un clitique interrogatif final (souvent ti, to, tè selon les régions). La négation repose habituellement sur une structure discontinue semblable au français d'oïl ancien : un premier élément proclitique tel que n' ou ne, suivi d'un marqueur lexical comme mâ, mie, pas, pon, selon les traditions locales. Les relatives utilisent des pronoms comme que, ki, dont ou leurs variantes régionales, parfois renforcés par des particules spécifiques. Le système nominal et adjectival présente un accord en genre et en nombre, mais l'expression de ces catégories varie. Le féminin peut être marqué par un changement vocalique, une palatalisation finale ou l'ajout d'une voyelle. Le pluriel se réalise souvent par une voyelle finale fermée ou un -s étymologique devenu muet mais encore représenté dans l'écriture selon les normes supradialectales. Les déterminants définis et indéfinis présentent une grande variété de formes : lo/lu, la, lé, les, on, una… ; leur emploi est relativement proche de celui du français, mais certains dialectes conservent des contractions plus anciennes comme du ou de l', tandis que d'autres les simplifient davantage. La morphologie dérivationnelle demeure productive. Les suffixes -ón, -éta, -étse, -èsson indiquent des diminutifs, des affectifs ou des augmentatifs selon les régions. Des préfixes hérités du latin, tels que re- ou des-, se combinent aisément avec le lexique moderne, montrant une capacité d'intégration élevée. Le lexique verbal accepte également des alternances internes liées à l'accent tonique, parfois contrastif, ce qui peut modifier la qualité d'une voyelle radicale. La phonologie joue un rôle important dans la grammaire. L'accent tonique porte souvent sur l'avant-dernière syllabe mais peut se déplacer selon les flexions, entraînant des modifications morphologiques. Quant aux liaisons, elles existent mais sont moins systématiques que dans le français standard, certaines étant lexicalisées plutôt que grammaticales. Les consonnes finales étymologiques peuvent rester audibles dans les dialectes alpins tout en ayant disparu ailleurs, ce qui contribue à diverses structures morphosyntaxiques locales. Les dialectes
du françoprovençal.
Les classifications qui sont proposées du francoprovençal doivent être comprises comme modélisant un continuum linguistique vivant. Les limites sont floues et les isoglosses (lignes de partage d'un trait linguistique) ne se superposent pas parfaitement. L'influence des langues dominantes voisines (français standard, italien, piémontais, allemand suisse) a également remodelé les parlers, accélérant leur fragmentation et leur déclin. Toutes les variétés de francoprovençal sont aujourd'hui en danger critique d'extinction (niveau "définitivement en danger" ou "critique" selon l'Unesco).
Au-delà de cette
tripartition, il existe des zones périphériques au statut ambigu. Le
parler de la Suisse romande (Genève, Neuchâtel, Jura) a souvent évolué
vers le français régional ou le franc-comtois, ne conservant que des
traces de substrat francoprovençal.
Le
groupe méridional / alpin.
• Le domaine savoyard, le plus vaste et le mieux documenté, couvre la Savoie (actuelles Savoie et Haute-Savoie françaises) ainsi que certaines zones adjacentes de la Suisse romande. Il se caractérise notamment par la conservation de certains traits archaïques du latin, comme la diphtongaison de certains ē et Šbrefs (ex. pied pour « pied »), mais aussi par des innovations comme la palatalisation de /k/ et /g/ devant /a/ (ex. tchiâr pour « clair »). Ce domaine peut se subdiviser en savoyard septentrional (autour d'Annecy et de Thonon) et savoyard méridional (vers Chambéry et Albertville), avec des différences dans l'évolution du système vocalique et dans le lexique.Groupe méridional extrême (ou vivaro-dauphinois) / transition occitane. Le troisième ensemble, au sud-ouest, forme une zone de transition avec l'occitan. Il couvre le sud du Dauphiné (Drôme), le Vivarais (Ardèche) et le nord du Gard. Ses traits le rapprochent du vivaro-alpin occitan : le A tonique diphtongue en yo ou ya (MARE > miòro ou mairà ), la palatalisation prend une forme fricative ch (chantà ), la prosthèse est présente (estèla), et le -S final est conservé. L'article défini singulier est souvent lo/la comme en occitan, plutôt que le/la. Le statut de ces parlers est débattu : s'agit-il d'un francoprovençal occitanisé ou d'un occitan nordique influencé par le francoprovençal? Cette zone constitue un continuum dialectal sans frontière nette. |
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