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Le terme condensation
renvoie, en météorologie, à l'ensemble des processus par lesquels la
vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère
passe à l'état liquide, ou directement à l'état solide dans le cas
de la sublimation inverse, donnant naissance à une grande diversité de
phénomènes visibles. Ces manifestations dépendent étroitement des conditions
thermodynamiques de l'air,
de son degré d'humidité, de la présence de
noyaux de condensation, des mouvements verticaux, du rayonnement, du vent
et de la proximité du sol ou des surfaces. La classification des condensations
repose sur leur localisation, leur mode de formation, leur structure physique
et leur extension spatiale.
La condensation joue un rĂ´le essentiel
dans le cycle de l'eau et le bilan énergétique
de l'atmosphère, en libérant de la chaleur
latente qui alimente les ascendances, les dépressions, les cyclones
et la convection. Chaque changement
d'état de la vapeur vers le liquide ou la glace s'accompagne d'un
dégagement de chaleur qui réchauffe l'air environnant, réduit sa densité
et entretient les mouvements verticaux. La diversité des condensations
observées, de la fine rosée au vaste système nuageux, témoigne de la
multiplicité des conditions atmosphériques et de l'extrême variabilité
des processus physiques qui gouvernent l'eau dans l'atmosphère.
Rosée.
La rosée
est une condensation liquide qui se dépose sur les surfaces solides exposées
au rayonnement nocturne, comme l'herbe, les feuilles, les toits, les véhicules
ou les sols nus. Elle apparaît lorsque la température de ces surfaces
descend sous le point de rosée de l'air ambiant, généralement par refroidissement
radiatif intense en ciel clair et vent faible. La vapeur d'eau au contact
direct de la surface froide se condense en fines gouttelettes. La rosée
est favorisée par une humidité relative élevée, une nuit longue, une
émission infrarouge efficace et une turbulence
réduite. Elle constitue un apport d'eau non négligeable dans les zones
semi-arides et les écosystèmes où les précipitations
sont rares, participant Ă l'humidification des sols superficiels et Ă
l'alimentation de certains organismes.
Gelée blanche.
La gelée blanche
se forme dans des conditions analogues à celles de la rosée mais lorsque
la température de la surface descend en dessous de 0 °C. La vapeur d'eau
se transforme alors directement en cristaux de glace par sublimation inverse,
sans passer par l'état liquide. Ces cristaux,
souvent délicats, ramifiés, en aiguilles, en écailles ou en plumes,
se déposent sur les végétaux, les fils, les clôtures et les aspérités
du sol. La gelée blanche est typique des nuits claires, calmes et froides,
en présence d'air humide près du sol. Elle diffère de la rosée blanche
qui se forme d'abord en gouttelettes liquides puis gèle ensuite, donnant
des perles de glace plus compactes.
Givre.
Le givre est une
condensation solide qui se produit lorsque des gouttelettes d'eau surfondue
contenues dans un brouillard ou un nuage bas entrent en contact avec des
surfaces dont la tempĂ©rature est infĂ©rieure Ă 0 °C. Contrairement Ă
la gelée blanche qui résulte d'un dépôt direct de vapeur, le givre
résulte de la congélation quasi instantanée de gouttelettes liquides
déjà formées. On distingue le givre mou, blanc, opaque, poreux, constitué
de cristaux fins et légers, qui se forme par vent modéré et températures
très basses, et le givre dur, compact, translucide, adhérent, qui résulte
de la congélation lente de gouttelettes plus grosses par vent fort et
températures proches de zéro. Le givre peut s'accumuler de manière importante
sur les structures exposées, les arbres, les câbles électriques, les
pylônes et les aéronefs, et peut entraîner des surcharges mécaniques
dangereuses.
Brouillard.
Le brouillard
est une suspension dans l'air de très fines gouttelettes d'eau ou de cristaux
de glace réduisant la visibilité horizontale
à moins d'un kilomètre au niveau du sol. Il s'agit d'un nuage dont la
base touche la surface terrestre.
• Le
brouillard de rayonnement se forme la nuit par refroidissement du sol
et de la couche d'air adjacente sous l'effet du rayonnement infrarouge,
lorsque le ciel est dégagé, le vent faible et l'humidité suffisante.
Il atteint son maximum peu avant le lever du Soleil et se dissipe par réchauffement
diurne.
• Le brouillard
d'advection apparaît lorsqu'une masse d'air chaud et humide se déplace
au-dessus d'une surface plus froide, continentale ou océanique, ce qui
provoque le refroidissement de l'air jusqu'à saturation. Il est fréquent
sur les cĂ´tes oĂą des courants marins froids
cĂ´toient des masses d'air maritime plus chaudes, ainsi qu'en hiver lors
de redoux sur sol enneigé.
• Le brouillard
de mélange résulte de la combinaison de deux masses d'air saturées
ou proches de la saturation de températures différentes, dont le mélange
aboutit à une humidité relative supérieure à cent pour cent, qui permet
la condensation de l'excédent de vapeur.
• Le brouillard
d'évaporation (brouillard de vapeur) se forme lorsque de l'air froid
stationne au-dessus d'une surface d'eau plus chaude, comme un lac,
un cours d'eau ou la mer,
provoquant une évaporation intense qui sature
la couche froide et se condense aussitôt en volutes parfois appelées
fumée de mer.
• Le brouillard
orographique se développe sur les pentes exposées au vent lorsque
l'air humide est soulevé par le relief, se refroidit par détente adiabatique
et atteint la saturation, enveloppant les sommets et les versants.
• Le brouillard
givrant est composé de gouttelettes d'eau surfondue qui gèlent au
contact des objets, déposant du givre et rendant les surfaces glissantes.
• Le brouillard
glacé, en revanche, est constitué directement de cristaux de glace
en suspension, se formant par temps très froid, souvent en régions polaires
ou lors d'hivers rigoureux; il peut donner des phénomènes optiques comme
les halos.
Brume.
La brume est une suspension de fines gouttelettes
d'eau ou de particules hygroscopiques réduisant la visibilité horizontale
entre un et cinq kilomètres. Elle diffère du brouillard uniquement par
la valeur de la visibilité et par une densité moindre de gouttelettes.
L'humidité relative y est généralement comprise entre quatre-vingts
et quatre-vingt-quinze pour cent. La brume sèche, parfois appelée calima,
résulte de la présence de poussières, de sable ou de fumées en suspension,
sans que l'air soit nécessairement saturé.
Nuages.
Les nuages constituent
la forme la plus visible et la plus vaste de condensation atmosphérique.
Ils se forment lorsque l'air humide est refroidi par détente adiabatique
lors d'une ascendance, ou plus rarement par refroidissement radiatif ou
par mélange, jusqu'à atteindre la saturation. La condensation s'effectue
sur des noyaux de condensation nuageuse, particules microscopiques d'origine
naturelle ou anthropique, autour desquelles les molécules d'eau s'agrègent.
La classification internationale des nuages repose sur dix genres principaux.
• Les
cirrus sont des nuages élevés, au-dessus
de six kilomètres, composés de cristaux de glace, d'aspect fibreux, blancs
et translucides; ils annoncent généralement l'approche d'un front chaud.
• Les cirrocumulus
forment des bancs élevés de petits éléments blancs disposés en rides
ou en grains, sans ombre portée, parfois responsables d'un ciel pommelé.
• Les cirrostratus
constituent un voile élevé, blanchâtre et transparent, souvent accompagné
de phénomènes de halo autour du soleil ou de la lune.
• Les altocumulus
se présentent en bancs de moyenne altitude, entre deux et six kilomètres,
composés de gouttelettes d'eau parfois surfondues, en flocons, rouleaux
ou galets blancs ou gris, partiellement ombragés.
• Les altostratus
forment une nappe grisâtre ou bleuâtre, étendue, à travers laquelle
le soleil apparaît comme à travers un verre dépoli, sans ombre au sol,
et qui précède fréquemment les précipitations continues.
• Les nimbostratus
sont des nuages épais, sombres, de basse et moyenne altitude, producteurs
de pluie ou de neige continue, associés aux fronts chauds et aux occlusions.
• Les stratocumulus
apparaissent en bancs ou en nappes de basse altitude, de couleur grise
ou blanchâtre, formés de rouleaux, de dalles ou de galets soudés, donnant
un ciel moutonné, parfois accompagnés de bruine légère.
• Les stratus
sont des nuages bas, gris et uniformes, dont la base peut toucher le sol,
constituant alors le brouillard, et suceptibles de donner de la bruine
ou de la neige fine.
• Les cumulus
sont des nuages séparés, denses, à contours nets, se développant verticalement
en forme de chou-fleur, dont la base est généralement plane et sombre,
formés par convection diurne et qui peuvent évoluer vers des cumulus
congestus à fort développement.
• Les cumulonimbus
sont des nuages orageux de grande extension verticale, dont le sommet s'étale
souvent en enclume de cristaux de glace, capables de produire averses,
orages, grĂŞle, rafales et tornades.
D'autres espèces et variétés précisent
les caractéristiques des nuages, comme les lenticularis, en forme de lentilles,
liés aux ondes orographiques, les mammatus, poches pendantes sous la base
d'un nuage convectif, ou les undulatus, disposés en vagues parallèles.
Autres types de
condensation.
Condensation
d'altitude.
La condensation en altitude peut également
se manifester par des traînées de condensation (contrails) laissées
par les aéronefs. Ces nuages artificiels se forment lorsque les gaz d'échappement
des réacteurs, chauds et humides, se mélangent à l'air froid et sec
de la haute troposphère, et provoquent la
saturation locale et la congélation de la vapeur d'eau en cristaux de
glace. Selon l'humidité ambiante, ces traînées se dissipent rapidement
ou persistent et s'étalent, pouvant évoluer en cirrus artificiels et
modifier le bilan radiatif local. Les traînées de condensation se distinguent
des traînées d'aérodynamique, plus rares, qui se forment par détente
et refroidissement de l'air autour des surfaces portantes, des hélices
ou des tourbillons marginaux lors de vols à forte incidence en air très
humide.
Condensations
sur les surfaces verticales ou inclinées.
Les condensations sur les surfaces verticales
ou inclinées comprennent les dépôts de rosée sur les façades, les
vitres, les murs froids et les objets exposés au rayonnement céleste.
La condensation à l'intérieur des habitations, sur les fenêtres, les
murs mal isolés ou les ponts thermiques, relève du même principe physique
que la rosée, mais résulte de la rencontre entre l'air intérieur chaud
et humide et une paroi dont la température est inférieure au point de
rosée de cet air. Elle peut provoquer des moisissures, des dégradations
des matériaux et des problèmes sanitaires. En météorologie appliquée,
ce phénomène est pris en compte dans l'étude du confort thermique, des
brouillards urbains et des îlots de chaleur.
Nuages
de pente et mers de nuages.
Les nuages de pente et les mers de nuages
sont des condensations orographiques spectaculaires. Lorsque l'air humide
et stable est soulevé au-dessus d'une barrière montagneuse, il se condense
en une nappe nuageuse qui enveloppe le relief et déborde parfois sur les
vallées sous le vent. La mer de nuages se forme lorsque la couche nuageuse
reste confinée sous une inversion thermique, remplissant les vallées
et les bassins, tandis que les sommets émergent au-dessus, baignés de
soleil. Ce phénomène est fréquent en automne
et en hiver dans les régions de relief, lorsque
les nuits claires refroidissent les basses couches et qu'une couche d'air
plus chaud en altitude bloque l'ascendance de l'humidité.
Condensation
dans les tourbillons.
La condensation dans les tourbillons et
les phénomènes violents produit des manifestations spectaculaires comme
le nuage-mur sous un orage supercellulaire, abaissement localisé de la
base du cumulonimbus lié à la rotation du mésocyclone, ou la tuba, entonnoir
nuageux visible sous la base d'un nuage convectif, qui devient une tornade
lorsqu'il touche le sol. Le nuage de condensation de la tornade est alimenté
par la chute de pression au cœur du tourbillon, provoquant la détente,
le refroidissement et la saturation rapides de l'air aspiré. Les trombes
marines et les tourbillons de poussière, bien que différents par leur
nature, partagent ce principe de condensation lié à la chute locale de
pression.
Condensation
de surface.
La condensation de surface sur les océans
et les grandes étendues d'eau, sous forme de brouillard d'advection ou
de brouillard d'évaporation, affecte considérablement la navigation,
la sécurité aérienne côtière et les écosystèmes littoraux. Les bancs
de brouillard marins peuvent s'étendre sur des centaines de kilomètres
et persister plusieurs jours lorsque l'inversion thermique et le flux d'air
humide restent stables. Leur dissipation dépend de l'évolution du vent,
du réchauffement de la surface marine ou de l'arrivée d'une masse d'air
plus sèche.
Condensations
dans les nuages froids.
Les condensations dans les nuages froids
font intervenir des processus microphysiques particuliers. Aux températures
inférieures à zéro degré, les gouttelettes peuvent rester liquides
en état de surfusion tant qu'elles ne rencontrent pas de noyau glaçogène.
La présence simultanée de gouttelettes surfondues et de cristaux de glace
dans un même nuage, entre environ -10 et -40 °C, déclenche l'effet Bergeron,
par lequel la pression de vapeur saturante sur la glace est inférieure
à celle sur l'eau liquide, provoquant la croissance des cristaux aux dépens
des gouttelettes. Ce processus est Ă l'origine de la formation des flocons
de neige, des grêlons et de la précipitation dans les nuages élevés
et moyens. La condensation solide directe, ou sublimation inverse, intervient
dans la formation des cristaux de glace primaires, des nuages cirrus, des
gelées blanches et des givres de beau temps.
Panaches
de vapeur.
Les phénomènes de condensation visibles
sous forme de panaches de vapeur au-dessus des cheminées, des tours de
refroidissement, des lacs, des rivières ou des chutes d'eau, résultent
du mélange entre de l'air chaud et humide émis ou évaporé et un air
ambiant plus froid, le mélange atteignant la saturation. Ces panaches,
bien que souvent d'origine industrielle ou naturelle locale, obéissent
aux mêmes lois que les nuages et les brouillards de mélange. Leur persistance
dépend de l'humidité relative de l'air ambiant, de la température et
de la vitesse du vent. |
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