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Maximilien II

Maximilien II est un empereur d'Allemagne, né à Vienne le 31 juillet 1527, fils aîné de l'archiduc Ferdinand ler (futur empereur) et d'Anne Jagellon. Son éducation est soigneusement supervisée par son oncle, l'empereur Charles Quint, qui le fait venir à sa cour en Espagne de 1548 à 1550. Cette expérience forge sa culture humaniste, mais le marque aussi par le rigorisme religieux de l'environnement castillan, contre lequel il développe une certaine aversion. En 1548, il épouse sa cousine Marie d'Espagne, fille de Charles Quint. Le couple aura seize enfants, dont deux futurs empereurs, Rodolphe II et Matthias, assurant ainsi la continuité de la dynastie des Habsbourg.

Son parcours politique commence sérieusement lorsqu'il devient roi de Bohême en 1562, puis roi de Hongrie en 1563, avant de succéder à son père comme empereur du Saint-Empire romain germanique en 1564. Son règne est immédiatement placé sous le signe des tensions religieuses exacerbées par la Réforme. Lui-même nourrit des sympathies pour le luthéranisme, qu'il a découvert dans sa jeunesse et qu'il cultive par la lecture et les échanges avec des théologiens protestants. Il refuse même les dern sacrements catholiques sur son lit de mort. Cependant, par pragmatisme politique et pour ne pas rompre avec la puissante branche espagnole de sa famille, il reste officiellement dans le giron de l'Église catholique, sans toutefois en appliquer les décrets avec zèle.

En politique intérieure, son règne est caractérisé par une recherche constante de paix et de compromis. Il tente de jouer un rôle de médiateur entre catholiques et protestants, cherchant une voie de conciliation. En 1566, il accorde aux états de Basse-Autriche une importante concession, l'« Assekuration », leur garantissant une liberté de conscience limitée. Cette politique de tolérance relative, fondée sur le principe cuius regio, eius religio établi par la paix d'Augsbourg (1555), lui vaut la méfiance à la fois du pape et de son cousin le roi d'Espagne Philippe II, mais lui permet de maintenir une paix fragile dans l'Empire.

Sur le plan extérieur, il doit faire face à la menace ottomane à l'est. Bien qu'opposé à une confrontation directe, il est contraint de financer la guerre défensive menée en Hongrie, qui aboutit à la paix de Constantinople en 1568, renouvelant une trêve précaire avec le sultan Soliman le Magnifique puis Sélim ll. Ses relations avec l'Espagne sont tendues, notamment sur la question de la succession au trône, Maximilien refusant de soutenir sans condition la répression des révoltes aux Pays-Bas.

Mécène éclairé, passionné d'art et de sciences, il attire à sa cour à Vienne et à Prague des artistes, des architectes et des savants. Il enrichit considérablement les collections impériales, posant les bases du futur Kunsthistorisches Museum, et fait aménager le Neugebäude, un château inspiré de l'architecture de la Renaissance.

Atteint d'une grave maladie, peut-être un cancer, il s'éteint à Ratisbonne le 12 octobre 1576, alors qu'il tentait de réunir une diète impériale. Sa mort soulève immédiatement des inquiétudes, car son successeur désigné, son fils Rodolphe II, élevé dans un catholicisme strict à la cour espagnole, laissait présager un changement radical de politique religieuse. 

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Dictionnaire biographique
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