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John
Maynard Keynes est un économiste né le 5 juin 1883 à Cambridge,
et mort le 21 avril 1946 Ã Firles, dans l'East Sussex (Angleterre).
Il a évolutionné la science économique en
fondant la macroéconomie moderne, principalement à travers son ouvrage
emblématique Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de
la monnaie (1936). Face aux crises et aux récessions, il préconise
une intervention active de l'État par le biais
de politiques budgétaires et monétaires (notamment la relance par la
dépense publique) pour stimuler la consommation et l'investissement. Cette
approche novatrice, connue sous le nom de keynésianisme,
a non seulement structuré les politiques économiques de l'après-guerre
et le système de Bretton Woods, mais elle continue aujourd'hui d'inspirer
les réponses des gouvernements face aux chocs financiers et aux cycles
de récession.
Keynes est issu d'une
famille académique et intellectuelle profondément ancrée dans le monde
universitaire britannique. Son père, John Neville Keynes, est lecturer
en logique et économie politique à l'université,
ce qui expose très tôt le jeune Maynard aux débats savants. Il suit
une scolarité brillante à Eton, puis entre
au King's College de Cambridge en 1902 pour y étudier les mathématiques.
Ses résultats exceptionnels lui valent d'être élu président de la Cambridge
Union Society, mais c'est surtout son admission au sein des « Apôtres
», société de discussion secrète
et élitiste, qui marque durablement sa formation intellectuelle et son
réseau social. Par l'intermédiaire de Lytton Strachey et de Leonard Woolf,
il est introduit dans le cercle de Bloomsbury, ce groupe d'artistes et
d'intellectuels qui réunit notamment Virginia Woolf
et Vanessa Bell et dont l'influence façonne autant sa sensibilité esthétique
que sa liberté de moeurs.
À Cambridge, Keynes
se forme d'abord aux mathématiques avant de se tourner vers l'économie
sous la direction d'Alfred Marshall et d'Arthur Pigou, qui décèlent immédiatement
son potentiel. Après l'obtention de son diplôme, il prépare le concours
de la fonction publique et intègre l'India Office, une expérience qui
nourrira son premier ouvrage économique, Indian Currency and Finance,
publié en 1913. En 1908, il revient toutefois à Cambridge comme enseignant
au King's College, dont il devient plus tard trésorier, et il prend la
direction de l'Economic Journal, la revue de référence de la discipline.
Sa thèse sur la théorie des probabilités,
qui aboutit à la publication de A Treatise on Probability en 1921,
témoigne déjà de son intérêt pour les fondements épistémologiques
de la décision économique.
Lorsque la Première
Guerre mondiale éclate, Keynes est détaché au Trésor britannique,
où il gravit rapidement les échelons jusqu'à devenir le représentant
principal de la délégation britannique à la conférence
de paix de Versailles en 1919. Profondément hostile aux réparations
exorbitantes imposées à l'Allemagne,
qu'il juge à la fois économiquement irréalistes et politiquement dangereuses,
il démissionne de son poste pour marquer son désaccord. Il expose aussitôt
ses analyses dans Les Conséquences économiques de la paix, ouvrage
qui le propulse sur la scène internationale et dont les avertissements
sur l'instabilité future de l'Europe se
révèlent tragiquement prémonitoires.
Sur le plan personnel,
Keynes mène une vie affective libre au sein de Bloomsbury, entretenant
notamment une relation avec le peintre Duncan Grant. En 1925, il épouse
la ballerine russe Lydia Lopokova, une union heureuse et durable qui surprend
son entourage mais qui structure profondément la dernière partie de son
existence. Parallèlement, il mène une carrière de spéculateur boursier
et de collectionneur d'art, tout en conseillant les gouvernements et en
intervenant dans le débat public. La crise de 1929 et la Grande
Dépression le conduisent à radicaliser sa critique de l'orthodoxie
classique : dans A Treatise on Money (1930), puis surtout dans La
Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936),
il démontre que l'économie peut s'installer durablement dans un sous-emploi
d'équilibre et que l'intervention publique, par la relance de la demande,
est nécessaire pour retrouver le plein-emploi. Cet ouvrage fondateur de
la macroéconomie moderne bouleverse la discipline et inspire directement
la politique du New Deal de Franklin
D. Roosevelt.
Pendant la Seconde
Guerre mondiale, Keynes joue un rôle central dans le financement de
l'effort de guerre britannique, puis il est l'un des principaux architectes
du système monétaire international de l'après-guerre. À la conférence
de Bretton Woods, en juillet 1944, il défend un projet de Clearing
Union destiné à stabiliser les échanges et à prévenir les déséquilibres
chroniques, mais la conception américaine finit par s'imposer, donnant
naissance au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Anobli
par le roi en 1942, il devient Lord Keynes, baron de Tilton. Sa santé,
cependant, décline depuis plusieurs années : atteint d'une endocardite
bactérienne diagnostiquée en 1937, il meurt d'une crise cardiaque en
1946 dans sa maison de Tilton, dans le Sussex, à l'âge de soixante-deux
ans. |
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