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Les verbes
Le verbe, du latin verbum, mot, parole, a reçu ce nom parce qu'on le considère comme étant le mot par excellence et la partie la plus importante du discours. « Le verbe est un mot sans lequel il n'y a pas de discours », dit Crouslé, dans sa Grammaire française
Le verbe est un mot qui exprime l'existence, l'affirmation, l'état, l'action ou la passion, en même temps que leurs principales circonstances accessoires de temps, de personne, de mode, etc.
Exemples : verbe exprimant l'existence : Je pense, donc je suis; verbe exprimant l'affirmation : La terre est ronde; verbe exprimant l'état : Il gisait; verbe exprimant l'action. Pierre frappe Paul; verbe exprimant la passion : Paul est frappé par Pierre.
Il sert ainsi à exprimer le rapport qui unit l'attribut au sujet de la proposition, rapport d'affirmation, disent les uns, de simple énonciation, disent plus exactement les autres, mais sans lequel il n'y aurait pas de parole (verbum), il n'y aurait que des mots (vocabula). Cette fonction est la seule quand il s'agit du verbe être employé dans une phrase comme : l'homme est mortel, mais non quand il s'agit d'un verbe signifiant une idée particulière, comme chanter, courir : le verbe exprime alors non seulement le rapport qui unit l'attribut au sujet, mais encore l'attribut lui-même : l'oiseau chante, le cheval court. Or, tous les verbes sont attributifs, sauf le verbe être; encore celui-ci n'est-il pas toujours employé comme simple copule, il est souvent synonyme d'exister, verbe substantif, comme disent les grammairiens, et il est certain que si, dans son rôle de copule, il est un mot vide, sans signification particulière, c'est par une sorte d'abstraction qui l'a peu à peu dépouillé de son sens. Le français' j'étais ne vient-il pas du latin' stabam, « je me tenais debout »? Il y a même une langue, l'algonkin, ou le verbe être n'existe pas, et dans les autres, c'est celui de tous qu'on sous-entend le plus aisément. Aussi, loin de considérer la copule comme le verbe par excellence et d'imiter les logiciens qui la dégagent de tous les verbes par une décomposition que le langage n'a jamais connue, faut-il y voir une exception et dire que le verbe a pour fonction d'exprimer l'attribut avec le rapport d'énonciation qui l'unit au sujet.

Cette fonction du verbe découle de sa manière de signifier. Le verbe en effet signifie toujours comme une action l'idée dont il est le signe, et une action étant nécessairement rapportée à un sujet actif ou passif, il a naturellement exprimé ce rapport. Or, si l'on met à part le verbe être, lorsqu'il sert de copule et n'est le signe d'aucune idée particulière, il est difficile de ne pas reconnaître que l'idée signifiée par le verbe est toujours conçue comme une action. C'est évident pour les verbes qui signifient une idée d'action, ce n'est pas moins certain, quoique moins sensible, pour ceux qui signifient une idée d'état ou de manière d'être; on dit l'action de courir, de penser, le fait de vivre, de rester, d'être; on ne dit jamais ni l'état de courir, de penser, ni l'état de vivre, de rester, d'être. Cette conception de l'idée sous forme d'action est particulièrement vivante au moment de la formation des verbes, et l'étude des néologismes montre qu'il ne se crée de verbe nouveau que pour signifier une forme quelconque de l'activité. Qui sait même si ce n'est pas parce que les noms neutres, les noms de choses, ne pouvaient pas servir de sujets aux verbes primitifs indo-européens, que leur nominatif est semblable à l'accusatif, ou mieux est suppléé par l'accusatif, cas du complément direct? Sans doute cette conception de l'action verbale peut s'affaiblir dans les significations dérivées des verbes, mais comme elle existe toujours à leur naissance, que c'est elle qui donne la vie aux suffixes verbaux, il faut la considérer comme essentielle, et par suite écarter les définitions qui, sous une forme ou sous une autre, disent que le verbe signifie un état ou une action, une manière d'être ou d'agir, pour conserver uniquement celles où il est présenté comme la partie du discours qui signifie l'action.

L'action signifiée par le verbe est susceptible de déterminations diverses, suivant son rapport avec le sujet de la phrase, le temps de son accomplissement, sa durée plus ou moins longue, le rapport du sujet avec l'acte de la parole, le genre ou le nombre des sujets, la manière dont elle est envisagée ou sentie, et l'on comprend que le langage ait pu exprimer ces diverses idées accessoires par des modifications dans la forme du verbe. Il y a bien des langues où le verbe est invariable, comme le chinois et les autres langues isolantes, où c'est la place du mot dans la phrase qui fait connaître à quelle partie du discours il appartient. Mais dans la plupart, le verbe est un mot variable, et les différentes formes qu'il prend servent précisément à signifier ces diverses déterminations de l'idée verbale. On les appelle voix, temps, personnes, nombres, genres et modes.

Les voix.
Les voix sont les formes que prend le verbe suivant le rapport de l'action au sujet de la proposition. Le sujet peut être l'auteur de l'action, c'est la voix active; il peut en être l'objet direct, c'est la voix passive; il peut en être à la fois l'auteur et l'objet, c'est la voix moyenne, Il y a ainsi trois voix, mais qui n'existent ni dans toutes les langues, ni, dans tous les verbes. Ainsi dans la famille indo-européenne, la voix passive manque le plus souvent on y supplée par une périphrase formée d'un participe et d'un auxiliaire (être, aller, tomber, même rester), ou bien on emploie les formes de la voix moyenne par une transition naturelle qui conduit du sens réfléchi au sens passif (cela se dit = cela est dit). Il n'y a que le gothique (Les langues germaniques), le sanscrit et le grec où le verbe ait à certains temps une forme spéciale pour signifier l'idée du passif. Le moyen, lui aussi, qui, à la différence du passif, existait à l'origine dans toutes les langues de la famille, ne s'est conservé qu'en sanscrit, en zend, en grec, et pour partie seulement en gothique; il a bien été remplacé par une formation synthétique nouvelle dans les langues slaves et en latin (verbes déponents); mais partout ailleurs, il n'a que des équivalents périphrastiques, formés au moyen de pronoms, comme les verbes pronominaux du français. D'autre part, même dans les langues à deux ou trois voix, le verbe peut ne pas les avoir toutes. Ainsi les verbes actifs et moyens se divisent, d'après leur sens, en deux catégories, les verbes transitifs, qui ont un complément direct, et les verbes intransitifs, qui n'en ont pas. Or le complément direct étant le mot que signifie l'objet direct de l'action verbale, et le verbe passif signifiant une action subie directement par le sujet, il en résulte que c'est le complément du verbe transitif actif ou moyen qui devient le sujet du verbe passif et que les verbes transitifs seuls ont en principe une voix passive. Il y a, il est vrai, des exceptions, et, par contre, les verbes déponents transitifs du latin n'ont qu'une forme passive, un participe. De plus, le moyen d'un verbe peut exister sans le passif, c'est fréquent en grec (oiomai, je pense), c'est la règle en latin classique pour les verbes déponents et, réciproquement. il y a beaucoup de verbes actifs qui n'ont pas de voix moyenne.

Les temps.
On appelle temps les formes que prend le verbe pour marquer le rapport de l'action à un moment déterminé. Dans certaines langues, les formes temporelles expriment en même temps, la durée de l'action. Il y a trois temps principaux : le présent, qui ne comporte aucune subdivision; le passé et le futur qui en admettent au contraire dans la plupart des langues. La notion de temps, comme celle de voix, est attachée dans les langues indo-européennes à la plupart des formes verbales, si bien qu'elle parait être inhérente au verbe. Aussi Thurot disait-il que le verbe « signifie l'idée dont il est le signe comme une action déterminée en voix et en temps », et il y a même un grammairien qui, cherchant quelle était l'essence du verbe, a cru la trouver dans l'idée de temps. Il semble bien pourtant qu'elle soit une acquisition tardive du verbe, résultat de l'appropriation du langage, et qu'à l'origine les formes verbales n'exprimassent l'action que d'une façon indéterminée. Il y a beaucoup de langues où le verbe n'a pas de forme pour le futur et qui y suppléent par une périphrase à l'aide d'auxiliaires au présent (ich werde loben, I shall love, j'aimerai, amare habeo, etc.), et il n'est pas rare de voir des formes de passé employées avec la signification du présent (memini, odi) ou pour exprimer une vérité générale (aoriste d'habitude). Il semble même que dans les langues polysynthétiques de l'Amérique du Nord, les idées de temps et de mode sont tout à fait absentes du verbe. D'ailleurs, les formes verbales ne marquent pas le temps de la même façon : les unes signifient antériorité, simultanéité ou postériorité par rapport ou moment de la parole, les autres par rapport au temps marqué par le verbe dont elles dépendent.

Les personnes.
On appelle personnes les formes que prend le verbe suivant le rapport du sujet à l'acte de la parole. Or le sujet pouvant être désigné comme la personne qui parle, comme celle à qui l'on parle ou comme celle de qui l'on parle, il y a trois personnes que l'on appelle dans l'ordre ci-dessus : la 1re , la 2e et la 3e personne. Cette notion de personne introduit dans le verbe une division fondamentale, celle des formes personnelles et des formes impersonnelles. Les premières, que les Anciens appelaient le verbe fini (verbum finitum), sont celles où la personne du sujet est déterminée par la terminaison; les formes impersonnelles (verbum infinitum) sont celles qui servent indifféremment pour les trois personnes. Les formes personnelles ont pour caractère de pouvoir former des phrases à elles seules, surtout dans les langues où le pronom sujet ne s'exprime pas. Aussi s'est-on demandé si elles n'avaient pas réellement été à l'origine de petites phrases renfermant un sujet et un attribut, et comme c'est la terminaison qui détermine les personnes, l'idée est venue qu'elles pouvaient cacher d'anciens pronoms. De là est née la théorie de l'agglutination, qui explique les formes personnelles du verbe par la réunion sous un seul accent d'un radical verbal et d'un pronom; théorie qui est recevable dans certaines langues, par exemple de la famille finnoise (langues ouralo-altaïques) et de la famille sémitique; qui pour la famille indo-européenne a été soutenue par Bopp et après lui par Curtius, Corssen, encore par Bréal, mais contestée dès 1868 par Sherer, combattue par Merguet, Westphal, et en face de laquelle Ludwig a proposé celle de l'adaptation ou de l'appropriation, d'après laquelle l'esprit humain a fait entrer peu à peu et à la longue la signification personnelle dans des formes qui primitivement en étaient dépourvues. Il y a des langues, comme le français, l'anglais, où les désinences personnelles ont en grande partie disparu de l'écriture ou de la prononciation; la conséquence est que, sauf à l'impératif, l'emploi des pronoms sujets est devenu indispensable.

Les formes personnelles n'indiquent pas seulement la personne, elles en font connaître le nombre et quelquefois le genre. On appelle nombre la modification que subissent les formes personnelles du verbe, suivant que l'on a en vue l'une des trois personnes seule ou accompagnée d'autres de son espèce. Lorsqu'on a en vue une seule personne, c'est le singulier; deux, c'est le duel; plusieurs, c'est le pluriel. Le duel, qui paraît avoir été antérieur au pluriel, est tombé plus ou moins vite en désuétude pour disparaître complètement des langues modernes. Le genre est la modification que subissent les formes personnelles du verbe, suivant que le sujet est de tel ou tel genre. Il existe dans les langues sémitiques, dans la famille finnoise, mais non dans les langues indo-européennes. Le genre et le nombre, comme la personne, sont marqués par les désinences.

Les formes personnelles subissent encore une autre modification : c'est le mode. On appelle mode la forme que prend le verbe suivant le rapport de l'action avec les vues de l'esprit et les affections de celui qui parle. Elle est caractérisée, dans les langues indo-européennes, par des changements vocaliques à la partie finale des radicaux temporels. Mais le nombre des modes n'est pas le même dans toutes les langues ni à chaque temps. Une signification modale rigoureusement déterminée n'est même pas toujours attachée à la même forme. On distingue dans les langues classiques (latin, grec) l'indicatif, qui marque que la chose énoncée par le verbe est indépendante de toute vas de l'esprit et de toute affection de celui qui parle; l'impératif, qu'elle est l'objet d'un ordre ou d'une prière; le subjonctif et, en grec seulement, l'optatif, qu'elle est, de façon générale, l'objet d'une vue de l'esprit ou d'une affection de celui qui parle. En français, la forme appelée conditionnel est tantôt un temps de l'indicatif qui marque la postériorité d'une action passée par rapport à une action passée, un futur dans le passé, suivant l'expression de Clédat, tantôt un mode spécial signifiant que la chose énoncée est l'objet d'une vue de l'esprit qui la considère comme possible ou impossible.

Les formes impersonnelles n'ont qu'à moitié le caractère du verbe. Non seulement elles n'indiquent pas la personne, mais elles se présentent, au double point de vue morphologique et syntaxique, comme des sortes de substantifs ou d'adjectifs, comme des formes nominales des verbes. Ce sont l'infinitif, le gérondif, le supin et le participe

« L'infinitif est la forme non personnelle que prend le verbe quand il unit à sa manière de signifier et à sa fonction la manière de signifier et la fonction du substantif » (Thurot). 
Les désinences.
Les désinences semblent provenir d'anciens cas de la déclinaison. La forme peut changer pour signifier la voix et le temps, mais dans certaines langues seulement, ailleurs on a recours à des périphrases. L'infinitif sanscrit est commun à l'actif et au moyen; même en français il y a certaines constructions où l'on peut indifféremment lui attribuer un sens actif ou passif (un problème difficile à résoudre). Il se construit comme verbe et forme une proposition; mais il se construit aussi comme un simple substantif, sujet, attribut ou complément. Le gérondif et le supin, particuliers au latin, sont des substantifs verbaux qui signifient l'action et peuvent avoir le même complément que le verbe. Ils n'ont jamais de sujet, leur sens est actif ou passif, suivant la signification générale de la proposition, et ils ont une déclinaison plus ou moins complète qui supplée à l'infinitif.
« Le participe, est la forme non personnelle que prend le verbe quand il unit à sa manière de signifier et à sa fonction la manière de signifier et la fonction de l'adjectif » (Thurot).
Il change de forme comme le verbe pour marquer la voix et le temps, comme l'adjectif pour marquer le cas, le genre et le nombre. Il se construit comme verbe et forme une proposition, mais aussi comme adjectif et s'emploie comme épithète ou comme attribut.

La conjugaison.
L'ensemble des différentes formes sous lesquelles se présente un même verbe s'appelle conjugaison. Le nombre peut en être considérable, puisqu'on a calculé qu'un verbe grec conjugué à toutes ses voix et à tous ses temps, modes et personnes, donne, y compris les infinitifs et participes, environ 1300 formes. Dans les langues indo-européennes, ces formes ont toutes pour élément commun et fondamental, soit une syllabe, soit un groupe de syllabes qui donne au verbe sa signification particulière et qu'on appelle radical verbal : dur dans le verbe français durer, minu dans le verbe latin minuere. A ce radical s'ajoutent des suffixes dont les uns servent à former de nouveaux radicaux destinés à signifier les rapports de temps ou exceptionnellement la voix, et les autres appelés désinences, ajoutés tantôt au radical verbal, tantôt aux radicaux temporels, à indiquer les personnes, les nombres et les voix, ou à différencier les diverses formes nominales. Le radical verbal est généralement invariable. Cependant il peut subir des modifications, soit dans ses consonnes, soit dans son vocalisme. Tel est le phénomène vocalique bien connu sous le nom d'apophonie ou d'ablaut (leipw, elipon, leloipa, geben, gab, gäbe, giebst; tiens, tenons). Dans certaines langues, le verbe présente encore des phénomènes particuliers, comme le redoublement, qui contribue à former certains radicaux temporels (tutôda, peplhga), momordi, gegeben) ou l'augment qui, en sanscrit, en zend et en grec, précède à l'indicatif des temps dits secondaires ou historiques, le radical du verbe.

On conçoit que d'autres familles de langues puissent employer d'autres procédés morphologiques pour signifier l'idée verbale avec ses diverses modifications. Il suffit de remarquer que le nombre des idées accessoires, que les changements de forme peuvent ajouter à la signification d'un verbe, n'est pas limité a priori. Déjà en grec et en latin, il y a des catégories de verbes où un suffixe particulier, une dérivation spéciale, un redoublement peuvent donner à l'idée verbale une nuance significative particulière, tels les verbes inchoatifs en sco, - skw , les fréquentatifs comme raptare du supinraptum, les intensifs comme daiddallw, paipallw , etc. Mais il y a des langues, comme le turc, de la famille ouralo-altaïque, où la simple addition à un radical verbal de certains suffixes permet d'ajouter au sens une idée nouvelle de réflexion, de réciprocité, de causalité, de passif, de négation. C'est ainsi que Max Muller ne compte pas moins de 32 infinitifs théoriques à sens différents tirés de l'infinitif simple sev-mek, aimer; par la simple adjonction après le radical sev des syllabes in, ish, die, il, me, employées seules ou combinées : sevmemek, ne pas aimer; sevinmek, se réjouir; sevinmemek, ne pas se réjouir; sevdirmek, faire aimer; sevdirmemek, ne pas faire aimer, etc.

Telle qu'elle existe dans les langues où nous pouvons l'étudier, et quelles que soient ses origines, la conjugaison s'est constituée peu à peu et, apparaît comme le produit d'une lente évolution. Elle s'est modifiée au cours des âges sous la double action de l'altération phonétique et de l'analogie, l'une qui crée des formes nouvelles appropriées souvent à des nuances significatives particulières, l'autre qui propage certains types au détriment des autres. De là résulte qu'une même langue présente souvent plusieurs modèles de conjugaisons; que dans toutes il y a coexistence de deux séries de formes verbales : les unes qui sont vivantes et susceptibles de produire des verbes nouveaux; les autres mortes et confinées à des verbes anciens; qu'enfin il existe dans toutes des verbes irréguliers qu'on ne peut rattacher à aucun modèle de conjugaison, vivante ou morte. On appelle défectifs ceux dont la conjugaison est incomplète; unipersonnels ou impersonnels, des verbes défectifs qu'on n'emploie sous forme personnelle qu'à la troisième personne du singulier et dont l'action n'est rapportée à aucun sujet déterminé. Il y en a deux classes, les uns qui sont toujours impersonnels (il faut, il grêle), les autres qui sont personnels dans un sens et impersonnels dans un autre. 

Le verbe en français

Le verbe est sujet à quatre modifications ou changements de forme : il peut changer de personne de nombre, de temps, de mode et de forme. Il se compose de deux parties bien distinctes : le radical et la terminaison; et, d'après la terminaison du présent de l'infinitif, on divise les verbes en trois groupes ou conjugaisons. Il y a cinq sortes de verbes : les verbes actifs ou transitifs, neutres ou intransitifs, passifs, pronominaux et impersonnels ou unipersonnels. Il y a deux verbes auxiliaires principaux : ce sont les verbes être, dit aussi verbe substantif, et avoir, appelés ainsi parce qu'ils aident à conjuguer les autres verbes. On distingue, dans tous ces verbes, les verbes réguliers ou irréguliers, suivant qu'ils sont conformes ou non aux modèles de conjugaison, et les verbes défectifs ou défectueux, qui ne se conjuguent pas à certains temps et à certaines personnes. Enfin,  on appelle locution verbale la réunion de plusieurs mots, dont l'un est un verbe, qui équivalent à un verbe : Ex. : Avoir l'air de, avoir besoin de, tenir compte de, faire place à, faire preuve de, etc.

Le sujet.
On appelle sujet d'un verbe, le mot représentant la personne ou la chose qui fait l'action ou qui se trouve dans la situation exprimée par ce verbe.

Ex. : Le poisson nage.
Le sujet d'un verbe peut être un nom, un pronom, un infinitif, un adverbe de quantité, une proposition tout entière.

Compléments du verbe.
On appelle complément d'un verbe toute expression qui sert à faire connaître d'une manière plus complète et plus détaillée l'action ou la situation exprimée par ce verbe. Il y a deux formes de compléments : le complément direct et le complément indirect.

Complément direct.
Le complément direct d'un verbe complète le sens de ce verbe directement, c'est-à-dire sans l'intermédiaire d'aucun autre mot.

Ex. : J'aperçois Paul.
Complément indirect.
Le complément indirect d'un verbe complète le sens de ce verbe indirectement, par l'intermédiaire d'une préposition.
Ex. : J'écris à mes parents.
Compléments d'objet ou de circonstance.
Le complément d'objet indique l'objet de l'action exprimée par le verbe.
Ex. : J'attends Pierre, complément direct d'objet.
L'alcool nuit à la santé, complément indirect d'objet.
Le complément direct d'objet se reconnaît en faisant la question qui ou quoi après le verbe.

Le complément indirect d'objet se reconnaît généralement en faisant la question à qui ou à quoi après le verbe.

Le complément de circonstance indique une circonstance de cause, de manière, de temps, de lieu.

Ex.: Il a plu cette nuit, complément. direct de circonstance.
On a pris un lapin dans son terrier, complément indirect de circpnstance.
Je dors la bouche ouverte, complément direct de circonstance.
Il est accablé de chagrin, complément indirect de circonstance.
Cette nuit, circonstance de temps; dans son terrier, circonstance de lieu; la bouche ouverte, circonstance de manière; de chagrin, circonstance de cause.

Le complément de circonstance se reconnaît en faisant la question comment, quand, ou, d'où, pourquoi, etc.

Modifications du verbe.
Le verbe peut subir cinq modifications : la personne, le nombre, le temps, le mode et la forme.

Personne.
On appelle personne la forme que prend le verbe pour indiquer le rôle que son sujet remplit dans le discours. Il résulte de cette définition qu'il y a dans le verbe trois personnes, correspondant aux trois personnes du pronom personnel. On met le verbe à la première, à la seconde ou à la troisième personne, suivant que son sujet est lui-même de la première, de la seconde ou de la troisième personne.

Dans le verbe, les personnes sont indiquées par des terminaisons différentes. On donne à ces terminaisons le nom de désinences personnelles. Ces désinences sont, au singulier : s pour la deuxième personne, t pour la troisième; au pluriel : mes ou ns pour la première personne; tes ou z pour la deuxième; nt pour la troisième. La première personne du singulier a perdu sa désinence.

Les désinences personnelles sont d'anciens pronoms qui, à l'origine, étaient séparés du verbe. L's de la deuxième personne du singulier signifie tu ou toi; le t de la troisième personne du singulier signifie il, elle, cela. A la première personne du pluriel, ns, autrefois mes, veut dire littéralement moi et toi. A la deuxième personne du pluriel, z équivaut à ts, tes, et signifie lui et toi. Le nt de la troisième personne du pluriel équivaut à celui-là et celui-ci.

Il résulte de là que dans la conjugaison moderne le pronom se trouve exprimé deux fois-: une première fois, par les pronoms je, tu, il, etc.; une deuxième fois, par les désinences personnelles. On appelle caractéristique la voyelle qui précède la désinence. Dans nous aim-o-ns, o est la caractéristique. 

Nombre.
On appelle nombre la forme que prend le verbe pour indiquer si son sujet est au singulier ou au pluriel. Cette forme n'est qu'une conséquence de l'adjonction des désinences personnelles.

Temps.
On appelle temps la forme que prend un verbe pour indiquer dans quelle partie de la durée le sujet s'est trouvé dans l'état ou a accompli l'action exprimée par ce verbe.

Il y a en français trois temps, dits naturels : le passé, le présent et le futur

• Le passé s'emploie pour exprimer un état ou une action antérieure au moment où l'on est.

• Le présent s'emploie pour exprimer un état ou une action contemporaine du moment où l'on est.

• Le futur s'emploie pour exprimer un état ou une action qui ne se réalisera que postérieurement au moment où l'on est.

Le passé et le futur sont en quelque sorte indéfinis et divisibles en un grand nombre de périodes ou d'époques différentes. De là pour ces deux temps la possibilité d'établir un certain nombre de subdivisions désignées aussi elles-mêmes sous le nom de temps. Mais, l'instant où l'on est étant indivisible, il n'existe logiquement qu'une seule espèce de présent.

Passé. Le passé était autrefois désigné aussi sous le nom de prétérit qui en est l'équivalent latin, et sous celui de parfait, qui signifie achevé, terminé.

La langue française admet cinq sortes de passés, à savoir l'imparfait, le passé simple, le passé composé, le passé antérieur et le plus-que-parfait.

L'imparfait indique une époque passée contemporaine d'une autre également passée. 

Ex. : J'écrivais au moment où vous êtes entré.
Le passé simple indique une époque complètement écoulée.
Ex. : Je visitai New York l'année dernière.
Le passé composé indique une époque passée quelconque. Cette époque peut appartenir soit à une période complètement écoulée, soit à une période qui n'est que partiellement écoulée. 
Ex. : J'ai travaillé beaucoup la semaine dernière; mais je n'ai travaillé que très peu cette semaine.
Le passé antérieur indique une époque passée ayant précédé une autre époque également passée. 
Ex.: Quand j'eus fini ma besogne, j'allai me promener.
Le plus-que-parfait indique; comme le passé antérieur, une époque passée ayant précédé une autre époque également passée. 
Ex. : Lorsque j'avais fini ma besogne, j'allais me promener.
Ordinairement le plus-que parfait est corrélatif de l'imparfait, comme dans l'exemple précédent, et le passé antérieur corrélatif des autres temps passés.

Futur. Il existe en français deux sortes de futurs : le futur simple et le futur antérieur.

Le futur simple indique une époque à venir. 

Ex. L'année prochaine, j'entreprendrai un long voyage.
Le futur antérieur indique une époque à venir, mais antérieure à une autre époque également à venir. 
Ex. : Quand j'aurai terminé mon travail, j'en commencerai un autre.
Temps simples et temps composés.
Il y a dans la conjugaison française telle qu'on l'envisage ordinairement deux sortes de temps : les temps simples et les temps composés.

On appelle temps simples ceux qui sont formés, réellement ou en apparence, par un seul mot. 

Ex.: Nous parlons, vous marcherez.
On appelle temps composés ceux qui sont formés de deux mots réellement distincts, dont le premier est le verbe avoir ou le verbe être, et le second un participe passé
Ex. : Nous avons appris; ils sont tombés.
Les verbes avoir et être, considérés comme parties intégrantes des temps composés, prennent le nom de verbes auxiliaires.

Modes.
Le mot mode (latin modus) signifie manière. On appelle modes les formes que prend le verbe pour caractériser par une circonstance spéciale l'idée générale qu'il rappelle à l'esprit.

On admet six modes dans les verbes français, à savoir l'indicatif, le subjonctif, le conditionnel, l'impératif, l'infinitif et le participe.

Ces six modes se subdivisent en modes personnels et en modes impersonnels.

On appelle modes personnels ceux qui admettent les désinences personnelles. Les modes personnels sont l'indicatif, le subjonctif, le conditionnel et l'impératif.

On appelle modes impersonnels ceux qui n'admettent pas les désinences personnelles. Les modes impersonnels sont l'infinitif et le participe.
 

L'indicatif exprime la réalité de l'état ou de l'action. 
Ex. : Je vois tomber la foudre.
Le subjonctif exprime seulement la possibilité de l'état ou de l'action.
Ex. : Puisses-tu m'écouter!
Le conditionnel exprime que l'état ou l'action se réaliserait moyennant une condition. 
Ex. : Je voyagerais si j'avais des loisirs.
L'impératif exprime le commandement. 
Ex. : Ouvre les yeux.
L'infinitif exprime l'action d'une manière vague et indéterminée. 
Ex. : Vouloir et pouvoir sont deux.
L'infinitif est un véritable nom abstrait et par son origine et par les fonctions qu'il remplit dans le discours. Ce nom est toujours masculin singulier. L'infinitif diffère des autres noms : 
1° en ce qu'il a un complément direct; 

2° en ce qu'il n'est pas ordinairement précédé de l'article

3° en ce que l'on ne peut pas y joindre d'adjectif.

La démarcation déjà très faible entre les infinitifs et les noms ordinaires disparaît quelquefois totalement . c'est lorsqu'on emploie l'infinitif comme un nom déterminé en le faisant précéder de l'article.
Ex. Et le financier se plaignoit
Que les soins de la Providence
N'eussent pas au marché fait vendre le dormir 
Comme le manger et le boire.
(Le Savetier et le financier, de La Fontaine).
Le participe est une sorte d'adjectif ayant même racine que le verbe. La seule différence qu'il y ait entre certains participes (participes présents) et les adjectifs proprement dits, c'est que les premiers peuvent avoir un complément direct et que les seconds n'en ont jamais.
Ex. : Une petite fille aimant sa mère.
Une petite fille aimante.
D'autres participes (participes passés) n'ayant jamais de compléments directs, ne se distinguent en rien des adjectifs ordinaires.

L'infinitif et le participe ne sont pas de véritables modes du verbe. Rigoureusement parlant, ils ne font pas partie de la conjugaison; ils lui ont été fort longtemps tout à fait étrangers.

Des formes.
Pour ce qui concerne les formes verbales, nous renvoyons à la page sur les voix des verbes.

Radical et terminaison.
Dans l'usage ordinaire, on distingue deux parties dans un verbe : le radical et la terminaison.

Le radical, qui est la première partie du verbe, représente l'idée principale contenue dans ce verbe.

La terminaison, qui est la seconde partie, varie pour exprimer les idées accessoires de personne, de nombre, de temps et de mode.

Ainsi dans : nous labour-ons, on dit que labour est le radical et ons la terminaison. Dans : vous fin-iss-ez, on dit que fin-iss est le radical et ez la terminaison.

Remarques critiques.

• Quoique cette manière de voir ne soit pas exacte, nous nous y conformerons, pour ne pas nous écarter des habitudes de l'enseignement.

• Le radical subit fréquemment des altérations

1° Très souvent la voyelle du radical se modifie ou se change en diphtongue-: mour-ant, je mEUr-s; bu-vant, que je boiv-e.

2° Le radical perd souvent sa consonne finale : parT-ant, tu par-s.

3° Dans les verbes dont le radical, pris dans le participe présent, finit par un y, cet y se change en i devant un e muet : ploy-ant, je ploi-e; croy-ant, que je croi-e, etc.

La forme du radical n'est donc pas toujours invariable, comme on le dit communément.
Verbes auxiliaires.
On appelle verbes auxiliaires ceux qui aident à conjuguer les autres. Il y a en français deux verbes auxiliaires principaux le verbe auxiliaire avoir et le verbe auxiliaire être.

Avoir et être ne sont pas toujours auxiliaires; ils sont, dans beaucoup de cas, employés comme verbes indépendants. C'est ce qui a lieu lorsque avoir exprime la possession, et lorsque être exprime l'existence d'une manière absolue, ou qu'il sert à relier l'attribut au sujet. 

Ex. :  Il a un jardin; 
Je pense, donc je suis
L'homme est mortel.
Certains verbes, comme devoir, aller, faire, venir peuvent remplir les fonctions de verbes auxiliaires. On les appelle verbes auxiliaires secondaires.

La conjugaison.
Conjuguer un verbe, c'est réciter ou écrire de suite toutes les formes que ce verbe peut prendre.

Pour conjuguer un verbe, on récite ou écrit successivement les trois personnes du singulier et du pluriel de chaque temps dans chaque mode.

On admet que les verbes français se classent, pour la conjugaison, en trois groupes.

1er groupe : Verbes du type aimer, avec l'infinitif en er et le présent en e.

2e groupe : Verbes du type finir, avec l'infinitif en ir, le présent en is, le participe présent en issant.

3e groupe : Tous les autres verbes.

Sur les quatre mille verbes environ que possède la langue française, le premier groupe en compte à lui seul plus de trois mille six cents : il comprend donc les neuf dixièmes de la totalité des verbes. En outre, son domaine continue a s'accroître; en effet, quand on crée un nouveau verbe, on le fait toujours du premier groupe.
Ex. : Téléphoner, échographier, cliquer, kiffer, etc.
Pour la raison qui précède, on dit parfois que le premier groupe est vivant. On forme aussi quelques verbes en ir, du deuxième groupe, avec les adjectifs : pâlir, verdir. Quant au troisième groupe, il est dit mort, et ne s'augmente pas.

Syntaxe du verbe.
Place du sujet.
Le sujet, soit nom, soit pronom, se place généralement avant le verbe.

Ex. : Paul chante, je chante.
Cependant le sujet se place après le verbe
1° Quand on interroge. 
Ex. : Que penseront de vous les honnêtes gens? Irai-je? viendras-tu? est-il arrivé?
2° Quand on annonce que l'on rapporte les paroles de
quelqu'un.
Ex. : Nous partirons avec vous, disaient nos amis.
3° Après tel, ainsi, peut-être, encore, en vain, du moins, toujours, que exclamatif, etc.
Ex. : Ainsi mourut cet homme.
O nécessité, que d'inventions te doivent les humains
4°Après un verbe qui est au subjonctif sans être précédé d'aucune conjonction.
Ex. : Puissé-je de mes yeux y voir tomber la foudre!
Je condamnerai le coupable, fût-ce mon fils.
Puisse le succès couronner vos efforts!
5° Le sujet se met encore après le verbe dans les phrases analogues à la suivante.
Ex. : Voici les lieux où se passa mon enfance.
Interrogations.
Lorsqu'on interroge, le pronom sujet se place après le verbe dans les temps simples; entre l'auxiliaire et le participe dans les temps composés.
Ex. : Venez-vous? Partirons-nous? As-tu dormi
Quelquefois le pronom reste avant le verbe; mais l'interrogation ainsi faite exprime l'étonnement, le doute.
Ex. :  Vous venez? Nous partons? Tu as dormi?
A la première personne du singulier, lorsque le verbe finit par un e muet, on change cet e muet en é fermé. 
Ex. : Aimé-je? et par analogie : Eussé-je, puissé-je, dussé-je. 
A la troisième personne du singulier, quand le verbe finit par une voyelle, on place un t entre le verbe et le pronom. 
Ex. : Appelle-t-il? Viendra-t-elle? Mange-t-on?
Ce t n'est pas lettre euphonique, mais un vestige de la désinence qui caractérisait autrefois tous les verbes à la troisième personne du singulier.

Au lieu de dire : Venez-vous? Dort-il? Appelle-t-il? On peut dire aussi, en employant la locution est-ce que : Est-ce que vous venez? Est-ce qu'il dort? Est-ce qu'il appelle?

L'emploi de est-ce que est indispensable avec certains verbes d'une seule syllabe, tels que je prends, je sens, je cours, etc. On ne dit pas prends-je? sens-je? cours-je? mais est-ce que je prends? est-ce que je sens? est-ce que je cours? On dit cependant : Où suis-je? Que dis-je? Ai-je fini? Que vois-je? Que puis-je  Que dois-je? Où vais-je? Que sais-je?

Accord du verbe avec son sujet.

Tout verbe à un mode personnel s'accorde en nombre et en personne avec son sujet. 
Ex. : Tu parles, les oiseaux volent.
Deux sujet unis par et.
Tout verbe qui a deux ou plusieurs sujets unis par et se met au pluriel.
1° Si les sujets sont des noms ou des pronoms de la troisième personne, le verbe se met à la troisième personne du pluriel.
Ex. : Le père et le fils chantent.
Ton père et le mien partiront demain.
2° Si les sujets sont de différentes personnes, le verbe se met au pluriel et à la personne qui a la priorité . 
Ex.: Vous et moi [la politesse française exige qu'on se nomme le dernier] nous lirons cette histoire.
Vous et votre frère vous lirez.

On pourrait dire aussi, sans exprimer les pronoms nous, vous : Vous et moi lirons; vous et votre frère lirez.

Le verbe, quoique se rapportant à plusieurs sujets au singulier, peut se mettre au singulier lorsque les sujets ont la même signification ou qu'ils sont placés par gradation.
Ex. : Sa bonté, son extrême douceur le fait aimer. 
Votre intérêt, votre honneur, tout vous commande ce sacrifice.
Le singulier s'impose de lui-même lorsque les sujets placés par gradation sont résumés par l'un des mots aucun, personne, tout, rien, etc.
Ex. Femmes, moines, vieillards, tout était descendu. 
Lorsque les sujets sont des infinitifs, le verbe se met généralement au pluriel.
Ex. : Bien dire et bien penser ne sont rien sans bien faire.
Deux sujets unis par ou, comme, etc.
Quand deux sujets au singulier sont unis par ou, le verbe se met au singulier, si l'un des deux sujets exclut l'autre.
Ex. : La paix ou la guerre sortira de cette conférence. 
Mais si les deux sujets peuvent concourir à l'action exprimée par le verbe, celui-ci se met au pluriel. 
Ex. : Le temps ou la mort sont nos remèdes.
Ces règles ne sont pas absolues, le plus souvent c'est l'intention de l'auteur qui décide de l'accord du verbe.

Cependant, si les sujets unis par ou sont de différentes personnes, le verbe se met toujours au pluriel et à la personne qui a la priorité.

Ex. : Lui ou moi irons vous faire visite.
Quand les deux sujets sont unis par comme, ainsi que, de même que, le verbe se met au singulier lorsqu'on veut exprimer qu'il y a comparaison dans l'idée; au contraire le verbe se met au pluriel lorsqu'on veut exprimer qu'il y a union, énumération.
Ex.. L'enfant, ainsi que certaines plantes, a besoin de soutien. (On compare l'enfant aux plantes).

L'or ainsi que l'argent peuvent rester dans la terre sans s'altérer. (On énumère : l'or et l'argent).

Deux sujets unis par ni.
Quand deux sujets au singulier sont unis par ni, le verbe se met au singulier si l'on veut exprimer une action particulière à chaque sujet.
Ex. : Ni mon frère ni le tien n'aura la place vacante.
Au contraire, le verbe se met au pluriel si l'on veut exprimer une action commune aux deux sujets.
Ex. : Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
Si les sujets sont de différentes personnes, le verbe se met au pluriel et à la personne qui a la priorité.
Ex. : Ni lui ni moi n'irons à Dakar.
Contrairement à la règle précédente, on trouve assez souvent le verbe au singulier après deux sujets joints par ni
Ex. : « Ni mon grenier ni mon armoire ne se remplit à babiller. »
Mais nous ne pensons pas que cette manière de parler doive être imitée.

L'un et l'autre, l'un ou l'autre, ni l'un ni l'autre, employés comme sujets, équivalent à deux sujets unis par et, par ou, par ni, et suivent les mêmes règles d'accord. Après l'un et l'autre, le substantif se met au singulier.

Ex. : L'un et l'autre projet sont déraisonnables.
Nom collectif du sujet.
Quand le sujet est un nom collectif, le verbe se met généralement au pluriel.
Ex. : Une foule d'enfants poussaient des cris de joie.
Une nuée de moustiques désolèrent le pays.
Cependant le verbe se met au singulier quand le sens indique d'une manière claire et précise que l'action exprimée par le verbe se rapporte au collectif lui-même.
Ex. : La foule des enfants encombrait la rue.
Un grand nombre de chefs nuit à la discipline.
C'est la foule des enfants qui encombrait la rue, c'est le grand nombre de chefs qui nuit à la discipline.

Avec les adverbes de quantité peu, beaucoup, assez, trop, moins, et le nom la plupart, le verbe se met toujours au pluriel.

Ex. : La plupart des humains redoutent la mort.
Peu de gens savent se taire à propos.
Plusieurs grammairiens ont essayé d'ériger en principe cette règle, que le verbe s'accorde avec le collectif quand celui-ci est général, et avec le complément du collectif
lorsque ce dernier est partitif; mais on ne peut rien admettre d'absolu à cet égard. En fait, le verbe s'accorde avec celui de ces deux noms qui, dans la pensée de l'auteur, renferme l'idée dominante.

Accord du verbe avec qui sujet.
Quand le sujet est le pronom relatif qui, le verbe s'accorde en nombre et en personne avec l'antécédent du relatif.

Ex. : Moi qui suis malade.
Toi qui es laborieux.
Autrefois, contrairement à la règle précédente, on regardait souvent qui comme étant de la troisième personne, et l'on mettait le verbe à cette troisième personne. 
Ex.: Je vous demande si ce n'est pas vous qui se nomme Sganarelle? (Molière).
Cette façon de s'exprimer n'est plus tolérée aujourd'hui.

Si qui a pour antécédent un attribut compose d'un nom ou d'une des locutions le seul, le premier, etc., le verbe de la proposition subordonnée se met généralement à la même personne que le sujet de la proposition principale.

Ex. : Je suis un orphelin qui ne connus ni père ni mère.
Vous êtes le seul qui ayez deviné l'énigme.
Nous sommes les premiers qui ayons planté la vigne dans cette contrée.
Cependant on pourrait dire aussi, en faisant accorder le verbe de la proposition subordonnée avec le nom attribut, ou avec les mots le premier, le seul.
Ex.: Je suis un orphelin qui ne connut ni père ni mère. 
Vous êtes le seul qui ait deviné l'énigme.
Nous sommes les premiers qui aient planté la vigne dans cette contrée.
Quand le nom est un nom propre, c'est encore avec le pronom que l'accord a lieu.
Ex.: Je suis Diomède qui blessai Vénus au siège de Troie.
Toutefois quand le nom propre est précédé d'un adjectif déterminatif ou accompagné d'une négation, le verbe s'accorde avec ce nom propre.
Ex. : Je suis cet Hannibal  qui vainquit les Romains Cannes.
 Avec un des le verbe se met au singulier ou au pluriel selon que le sens de la phrase indique qu'il s'agit d'une action faite par un seul individu ou par plusieurs.
Ex. : Un des animaux féroces qui s'était échappé terrifiait les promeneurs. (Un seul animal s'était échappé).
Le renard est un des animaux qui dévastent nos basses-cours.
Lorsque le nom pluriel complément de un des est précédé d'un adjectif démonstratif, il faut le mettre au pluriel.
Ex. : C'est un de ces hommes qui ne reculent jamais devant le danger.
Complément commun à deux verbes.
On doit donner à chaque verbe le complément qui lui convient.
Ex. : Cet enfant aime et respecte ses parents.
Il s'approcha et s'empara de la ville.
Aimer, respecter prennent un complément direct; s'approcher, s'emparer prennent un complément indirect avec de. Mais on ne saurait s'exprimer de la manière suivante :
Cet enfant aime et obéit à ses parents;
Il attaqua et s'empara de la ville,
parce qu'on dit : aimer ses parents, obéir à ses parents; attaquer une ville, s'emparer d'une ville. Dans ce cas il faut changer la construction de la phrase.

Verbe qui a plusieurs compléments.
Les compléments similaires d'un même verbe doivent être de même nature : si le premier est un nom, les autres doivent être des noms; si le premier est un verbe,
les autres doivent être des verbes, etc.

Ex. : Il aime l'étude et la promenade (deux noms).
Il aime à étudier et à se promener (deux verbes). 
En conséquence, on ne doit pas dire : Il aime l'étude et à se promener, parce que le premier complément, l'étude, est un nom, et que le second complément, à se promener, est un verbe.

Il était permis autrefois de donner à un verbe plusieurs compléments de natures différentes. Les exemples abondent, surtout dans les auteurs du XVIIe siècle. La Bruyère a dit : Poussé par le jeu jusqu'à une déroute universelle, il faut même que l'on se passe d'habits et de nourriture, et de les fournir à sa famille.

A ce propos il y a lieu de faire une remarque générale : c'est que le français a perdu d'autant plus la liberté de ses allures et est devenu d'autant plus timide, que cette fausse idée d'une langue fixée a pénétré davantage dans les esprits. Une langue n'est jamais fixée; et, si elle pouvait l'être, le jour où ce phénomène s'accomplirait marquerait la date de sa mort.

Place des compléments.
Tout complément, soit direct, soit indirect, se place après le verbe.

Ex. : J'ai donné - un cadeau - à l'enfant.
Cependant les pronoms personnels employés comme compléments, soit directs, soit indirects, se placent, par inversion, avant le verbe.
Ex. : Je te loue de ta conduite.
Le maître nous enseignera l'orthographe.
A l'impératif, le pronom reprend sa place à la suite du verbe.
Ex. : Donnez-nous une bonne raison de vous croire. 
Toutefois lorsqu'il y a deux impératifs de suite, le pronom complément du second impératif précède celui-ci.
Ex. : Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse et le repolissez.
Quand un verbe à un mode personnel est suivi d'un infinitif qui a un pronom pour complément direct ou pour complément indirect, aujourd'hui on met généralement ce pronom entre le verbe et l'infinitif : Ex. : Je veux vous avertir. 

Au XVIIe siècle on plaçait d'ordinaire le pronom avant le verbe à un mode personnel, et l'on disait : Je vous veux avertir.

Quand un verbe a deux compléments, l'un direct et l'autre indirect, on énonce en premier lieu le complément le plus court. 

Ex. : J'ai acheté - un téléviseur - du fruit de mes économies.
Quand les deux compléments sont d'égale longueur, on énonce le complément direct le premier.
Ex. : Faites - justice - aux clichés.
Montrez-le-moi; apportez-la-lui.
Rien d'absolu ne peut être établi relativement à la place des noms compléments. Les règles ci-dessus doivent être plutôt considérées comme des conseils que comme des prescriptions rigoureuses.

Le complément indirect ne doit jamais être placé de telle sorte qu'il donne lieu à une équivoque. Par exemple, on ne dira pas : Rarement on convainc les esprits prévenus par de bonnes raisons, mais : rarement on convainc par de bonnes raisons les esprits prévenus.

Compléments de certains verbes.
Il n'y a aucune différence de sens entre : commencer à et commencer de, consentir à et consentir de, continuer à et continuer de, contraindre à et contraindre de, obliger à et obliger de, tarder à et tarder de lorsque tous ces verbes sont suivis d'un infinitif. Ainsi on peut dire : La pluie commence à tomber ou commence de tomber.

Il n'y a non plus aucune différence de sens entre : aider quelqu'un et aider à quelqu'un, applaudir quelqu'un et applaudir à quelqu'un, désirer voir et désirer de voir. (La seconde forme a cependant quelque chose d'un peu vieillot).

Par contre, il ne faut pas considérer comme synonymes : 

Atteindre une chose, qui n'implique pas d'effort à faire; et atteindre à une chose, qui implique un effort à faire.

Décider une chose, la mener à fin : décider la bataille; et décider d'une chose, en donner une solution : décider du sort d'un individu.

Connaître une chose, l'avoir apprise : je connais la musique; et connaître d'une chose, avoir caractère pour en juger : ce tribunal connaît des affaires civiles.

Juger un homme, prononcer sur lui en qualité de juge; juger d'une chose, l'apprécier.

Emprunter de, qui peut se dire des personnes ou des choses : La Lune emprunte sa lumière du Soleil, emprunter de l'argent d'un ami; et emprunter à, qui ne se dit que des personnes : emprunter de l'argent à un ami.

Insulter quelqu'un, l'offenser par paroles ou par actes; et insulter à quelqu'un, l'insulter en le bravant avec affectation.

Ne servir à rien n'est pas français; il faut dire : ne servir de rien.

Syntaxe du verbe être et de son attribut.
Accord du verbe être avec son sujet.
Le verbe être, comme tous les verbes, s'accorde en personne et en nombre avec son sujet. 

Ex. : Je suis, vous êtes.
Quand le verbe être a pour sujets deux noms au singulier il se met à la troisième personne du pluriel. 
Ex. : Pierre et Paul sont malades.
Quand il y a deux sujets de différentes personnes le verbe être se met au pluriel et à la personne qui a la priorité; la première personne a la priorité sur la seconde, et la seconde sur la troisième.
Ex. : Toi et moi sommes contents.
Vous et lui étiez présents.
Accord de l'attribut avec le sujet.
On appelle attribut l'adjectif qui accompagne le verbe être.
Ex.: L'air est pur.
L'eau est fraîche.

Pur est l'attribut de air, fraîche est l'attribut de eau. 

L'adjectif employé comme attribut se met au même genre et au même nombre que le sujet du verbe être
Ex. : Le fruit est mûr.
Les carottes sont cuites.
Quand il y a deux sujets au singulier, l'attribut se met au pluriel :
1° Si les sujets sont du même genre, l'attribut prend le genre des sujets.
Ex. : Cet abricot et ce raisin sont excellents.
Cette pêche et cette poire sont excellentes.
2° Si les sujets sont de genres différents, l'attribut se met au masculin pluriel.
Ex. : Cet abricot et cette pêche sont excellents
La vérité et le mensonge sont ennemis.
Le vice et la vertu sont opposés.
Accord de l'attribut avec un pronom.
Lorsque le sujet est un pronom, l'attribut se met au masculin ou au féminin, au singulier ou au pluriel, selon que le pronom représente un nom masculin ou féminin, singulier ou pluriel. Lorsque le pronom est neutre, l'attribut se met au masculin.

On ne doit pas perdre cette règle de vue quand on écrit une lettre : si c'est un homme qui écrit, tous les attributs se mettent au masculin; si c'est une femme, tous les attributs se mettent au féminin.

Ex. -. Ma chère mère, écrit Virginie, je suis inquiète de n'avoir pas de vos nouvelles.
Quand le signataire représente une société de commerce tous les attributs se mettent au pluriel.
Ex. : Nous serons enchantés de vous être agréables.
Signé : PICSOU et Cie.
Accord de l'attribut avec nous pour je, vous pour  tu.
Nous pour je. -  On emploie nous pour je :
1° Quand on fait acte d'autorité. 
Ex. : Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit.
2° Quand on fait acte de modestie en qualité d'auteur. 
Ex. : Nous racontons dans ce livre.
3° Quelquefois quand on se parle à soi-même. 
Ex. : Soyons prudent.
Vous pour tu. - On emploie vous pour tu ou toi par politesse, par respect ou par reproche.
Ex. : Mon ami, pouvez-vous me rendre ce service?
Lorsqu'on emploie nous pour je, vous pour tu, le verbe se met au pluriel; mais les attributs et autres adjectifs restent au singulier, parce qu'il ne s'agit que d'une personne.
Ex. : Nous sommes persuadé, dit un auteur, que nous avons été aussi exact que complet.
Vous vous êtes montrée, Madame, aussi bienfaisante que sensible.
Accord de l'attribut avec on sujet.
Le nom ou pronom indéfini on est mis pour un homme : il est donc, en général, du masculin singulier ou du neutre, et l'attribut se met au masculin singulier.
Ex.: Quand on est oisif, on trouve toujours le temps long.
Cependant, si le sens de la phrase indique clairement que on représente un nom féminin ou un nom pluriel, l'attribut se met au féminin ou au pluriel.
Ex. : Quand on est petite fille, on n'est pas toujours attentive à sa leçon.
Quand on est citoyens français, on est égaux devant la loi. 
On n'est que l'ancienne orthographe du mot homme employé comme sujet. Puisque on signifie un homme, il est, comme on vient de le voir, essentiellement masculin singulier. Quand on fait on du féminin, c'est par une opération intellectuelle analogue à celle qui a produit le changement du genre de gens. La signification précise de on ayant été peu à peu oubliée, on s'habitua à voir dans ce mot l'équivalent d'un sujet vague et indéterminé. De là à employer on pour représenter un nom féminin, il n'y avait qu'un pas, lequel fut aisément franchi.

C'est, ce sont.
Le verbe être, précédé de ce, ne se met au pluriel que lorsqu'il est suivi d'un nom pluriel ou d'un pronom de la troisième personne du pluriel.

Ex. : Ce sont les tigres qui sont les plus redoutables des animaux; ce sont eux, du moins, que les chasseurs craignent le plus.
En conséquence, lorsque le verbe être, précédé de ce, est suivi d'un pronom pluriel de la première ou de la deuxième personne, ou bien encore de deux noms au singulier, on emploie c'est :
Ex. : C'est nous trop souvent qui faisons nos malheurs.
C'est vous qui êtes les bienfaiteurs.
C'est la rose et l'oeillet que je préfère.
Assez souvent on trouve c'est au lieu de ce sont devant un nom pluriel, chez les auteurs du XVIIe siècle et du XVIIIe. Fénelon a dit : « C'est donc les dieux et non la mer qu'il faut craindre. » Cette manière de parler n'est pas à imiter aujourd'hui.

Gallicisme avec être.
L'emploi de être donne naissance à un grand nombre de gallicismes, dont nous énumérerons rapidement les principaux :

C'est... que. Si l'on veut appeler l'attention sur l'un des mots d'une phrase, on place ce mot entre les deux termes du gallicisme c'est... que. Ainsi, au lieu de dire simplement :
Je parle de vous.
Je fais appel à votre bon coeur.
Les vers à soie nous viennent de la Chine
On dit avec plus d'insistance :
C'est de vous que je parle.
C'est à votre bon coeur que je fais appel.
C'est de la Chine que nous viennent les vers à soie.
Être que de, être de. On se sert des locutions être que de..., être de..., pour dire être à la place de... 
Ex. : Si j'étais que de vous ou si j'étais à votre place, j'étudierais, etc.
Être que de est maintenant archaïque; mais on trouve d'assez nombreux exemples de cette expression chez les écrivains du XVIIe siècle, et elle a été condamnée d'une manière trop absolue dans plusieurs recueils de locutions vicieuses.

Il est. Le verbe être est fréquemment employé impersonnellement; dans ce cas, il est immédiatement suivi du sujet réel, lequel peut être un nom singulier, un nom pluriel, ou plusieurs noms singuliers.

Ex. : Il est une ville.
Il est des hommes qui parlent autrement qu'ils ne pensent.
Il était autrefois un roi et une reine, etc.
C'est à moi de..., c'est à vous à... et autres expressions analogues signifient il appartient à moi, à vous, etc. 
Ex. C'est à moi de répondre, c'est à vous à jouer.
Il n'existe aucune différence de sens entre c'est à vous à et c'est à vous de.

N'était, n'eût été équivalent à si ce n'était, si ce n'eût été

Ex. : N'était le respect que je vous dois, je vous dirais votre fait; c'est-à-dire : si ce n'était, etc.
6° Au passé il est permis d'employer être dans le sens de aller
Ex. : J'ai été à Moscou.
7° On trouve encore être mis pour aller devant un infinitif. 
Ex. : Je fus quérir la garde. 
On s'accorde généralement à considérer cette façon de parler comme une licence.

8° Le français rend par il y a, il y avait, ce que d'autres langues expriment au moyen du verbe être

Ex. : Il y a de beaux tableaux dans cette galerie; c'est-à-dire : de beaux tableaux sont dans cette galerie.
Anciennement et jusqu'au XVIIe siècle, surtout dans le style badin, on disait : il a, il avait, et même plus simplement : a, avait, sans exprimer il. On lit dans RacineN'a pas longtemps, pour il n'y a pas longtemps. Il existe des exemples de y a, y avait, pour il y a, il y avait.
Ex.: Tant y a qu'il n'est rien que votre chienne prenne (Racine).
Verbes analogues au verbe être.
Il existe en français plusieurs verbes qui partagent avec être la faculté de joindre l'attribut au sujet. Tels sont : devenir, sembler, paraître.
Ex. : L'enfant devient sage.
Tu sembles mécontent.
Elle paraît fatiguée.
A ces verbes on en peut ajouter un grand nombre d'autres, surtout des verbes composés ou locutions verbales, tels que : passer pour, être regardé comme, s'appeler, etc.
Ex. Vous passez pour avare.
Au fond, outre l'idée de l'existence, tous ces verbes en expriment une seconde qu'on ne trouve pas dans être. Devenir exprime une idée de changement, de métamorphose  sembler, une idée de similitude ou de ressemblance; paraître, l'idée de l'apparence opposée à la réalité. Et ainsi des autres.

Quelquefois l'infinitif être est ajouté aux deux verbes sembler et paraître.

Ex. : Vous paraissez être souffrant.
Verbes qu'il ne faut pas employer les uns pour les autres.
Certains verbes ne doivent pas être employés l'un pour l'autre. Voici les principaux de ces verbes :
 
Anoblir, Ennoblir. - Anoblir, accorder un titre de
noblesse. Ex. : Charles VII anoblit la famille de Jeanne D'Arc sous le nom de du Lys. - Ennoblir, donner de l'éclat, de la considération, de l'importance. Ex. : La pratique des vertus ennoblit le coeur de l'homme.

La distinction de sens entre anoblir et ennoblir ne date que du XIXe siècle.

Apurer, épurer. - Apurer, vérifier définitivement un compte. - Épurer, rendre pur ou plus pur. Ex. : Épurer de l'huile.

Colorer, colorier, coloriser. - Colorer, donner une couleur naturelle ou artificielle. Ex. : Le soleil couchant colorait brillamment les nuages. - Colorier, mettre avec art des couleurs sur un objet. Ex. : Colorier un tableau. - Coloriser (néol.), mettre en couleurs un film de cinéma initialement en noir et blanc.

Consommer, Consumer. - Consommer, détruire quelque chose dans un but d'utilité. Ex. : Consommer des vivres. - Consumer, détruire purement et simplement. Ex. : Le feu consuma la maison.

Discuter, disputer. - Discuter, examiner contradictoirement une question, une opinion. Ex. : Discuter un point d'histoire. - Disputer, avoir une discussion qui dégénère en querelle. Ex. : On doit toujours discuter sans disputer.

Éclaircir, Éclairer. - Éclaircir, rendre clair ou plus clair, rendre plus brillant. Ex. : Éclaircir un prétexte par un exemple. - Éclairer, projeter de la lumière sur un objet. Ex. : La Lune nous éclaire pendant la nuit.

Éviter, Épargner. - Éviter ne peut avoir de complément indirect construit avec à; quand un

complément de cette nature se trouve dans une phrase, on emploie le verbe épargner. On ne dit pas j'éviterai cet ennui à vos enfants, mais j'épargnerai cet ennui à vos enfants.

Flairer, fleurer. - Flairer, exercer intentionnellement le sens de l'odorat. Ex. : Le chien flaire la piste du lièvre. - Fleurer, exhaler une odeur. Ex. : Ce vin fleure bon.

La distinction de sens entre flairer et fleurer est moderne.

Imposer, En imposer. - On peut employer indifféremment l'une ou l'autre de ces expressions. 

Infecter, Infester. - Infecter, contaminer, imprégner d'émanations puantes, contagieuses, vénéneuses. Ex. : Ce marais infecte tout le territoire environnant. - Infester, tourmenter par des irruptions, des vols à main armée, etc. Ex. : Les ennemis infestaient le pays.

Recouvrer, Recouvrir. - Recouvrer, rentrer en possession d'une chose qu'on avait perdue. Ex. : Le blessé a recouvré l'usage de ses sens. - Recouvrir, couvrir une seconde fois, cacher. Ex. Recouvrir d'une toile.

Au XVIIe siècle, on employait recouvert pour recouvré; c'était une faute que l'on ne fait plus à présent.

Plier, ployer. - On peut employer indifféremment ces deux verbes.

Repartir, Répartir. - Repartir, partir de nouveau, répliquer, répondre promptement, retourner. - Répartir, partager, distribuer.

(P. Giqueaux / NLI / L. et R.).
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