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Les pronoms
Le mot pronom (lat. pronomen) est formé du latin pro, qui veut dire pour, et du mot nom. Il signifie donc : pour le nom, représentant du nom, et, selon la définition ordinaire, c'est donc un mot qui tient la place du nom. Ainsi au lieu de dire : Étienne ne lit pas, Étienne ne travaille pas, Étienne joue toujours, - on dit : Étienne ne lit pas, il ne travaille pas, il joue toujours. Le mot il, qui tient la place de Étienne, est un pronom.

Un telle définition n'est peut-être pas très exacte. Condillac avait déjà remarqué que les pronoms je, tu sont des noms de personnes qui ne remplacent aucun nom, et dans le fait, au point de vue de la grammaire, ils ne tiennent la place d'aucun autre mot. Si l'on considère la forme, la signification et la fonction des pronoms, on remarque qu'ils se rencontrent sous ces trois rapports avec les substantifs, les adjectifs et les adverbes, dont ils ne peuvent se séparer ; mais on voit d'autre part qu'ils sont issus de racines distinctes de toutes les autres, et que la signification de ces racines a ceci de particulier, qu'elles expriment toujours une relation avec la personne qui parle, sens que n'a aucune autre partie du discours. C'est là ce qui distingue en propre les pronoms; les objets qu'ils désignent comme substantifs, les qualités qu'ils désignent comme adjectifs, les circonstances qu'ils désignent comme adverbes, sont désignées toujours par leurs rapports avec la personne qui parle. 

On est donc autorisé à établir trois classes de pronoms, les pronoms substantifs, les pronoms adjectifs, les pronoms adverbiaux; mais dans l'usage le mot de pronom est appliqué uniquement aux pronoms substantifs, les autres étant rattachés à la catégorie des adjectifs et des adverbes. On définira donc le pronom une sorte de substantif à racine spéciale, qui ajoute à la signification du substantif une idée de relation avec la personne qui parle. Suivant la nature de cette relation, les pronoms se subdivisent en trois catégories : personnels (y compris les personnels réfléchis), démonstratifs et indéfinis. Les premiers désignent l'objet par le rôle qu'il joue dans le discours relativement à la personne qui parle; les seconds, comme présent aux yeux ou à l'esprit de celui qui parle; les pronoms indéfinis désignent cet objet comme indéterminé. Les autres espèces de pronoms se rattachent par dérivation à l'une ou l'autre de ces trois classes : les pronoms possessifs aux personnels, dont ils ont la racine; les pronoms interrogatifs aux indéfinis, en ajoutant cette nuance, qu'on demande à celui à qui l'on parle de déterminer l'objet; enfin le pronom relatif est une acception particulière d'un pronom indéfini (latin) ou d'un pronom démonstratif (grec); il rappelle l'idée d'un objet, antérieurement exprimée ou sous-entendue, en marquant que cet objet est qualifié par la proposition dont il est sujet ou complément. 

Remarquons qu'on français la plupart des mots qu'on appelle pronoms indéfinis, comme on, personne, rien, sont de véritables substantifs, et que les mots en, y, rangés parmi les pronoms personnels, sont des pronoms adverbiaux. Les pronoms remplissent la même fonction que le substantif, c.-à-d. qu'ils expriment le sujet et le complément ; mais ils ont pour la plupart une forme différente suivant la nature de cette fonction; par exemple, les pronoms personnels sujets sont en français je, tu, il, en allemand ich, du, er, tandis que la forme du complément direct est en français : me, te, le; en allemand : mich, dich, ihn, et du complément indirect en français : moi, toi, lui; en allemand : mir, dir, ihm. De même dans les autres langues. C'est là, en réalité, une véritable déclinaison du pronom personnel, déclinaison qui existait aussi d'ailleurs dans les langues anciennes, en latin par exemple, sujet ego, accusatif me, datif mihi, etc. 

La syntaxe des pronoms est l'objet, dans toutes les langues, de règles délicates et parfois compliquées qui en font une des parties les plus difficiles de la grammaire. Nous renvoyons pour cela aux traités spéciaux, nous bornant à cette remarque, que dans la plupart des langues modernes, au contraire des langues anciennes, l'usage s'est établi d'employer comme formule de politesse, en parlant à une seule personne, au lieu du pronom régulier signifiant tu, celui de la seconde personne du pluriel (français, anglais), ou celui de la troisième personne du pluriel (allemand).

Le pronom en français

Dans la langue française, il y a six sortes de pronoms : les pronoms personnels, les pronoms démonstratifs, les pronoms possessifs, les pronoms relatifs, les pronoms interrogatifs et les pronoms indéfinis.

Il y a trois genres pour les pronoms : le masculin, le féminin et le neutre. Ce dernier genre, le neutre, est spécial aux pronoms.

Les pronoms neutres entraînent le masculin singulier pour les mots dont ils commandent le genre et le nombre.

Ex. Cela est beau; personne n'est venu.
On entend par cas, les formes que prennent certains pronoms selon qu'ils sont sujets ou compléments.

Pronoms personnels.
On appelle pronoms personnels ceux qui indiquent plus particulièrement la personne, c'est-à-dire le rôle des noms qu'ils représentent. Il y a trois personnes.

• On appelle première personne le rôle de celui qui parle : Je pense, nous pensons.

• On appelle seconde personne le rôle de celui à qui l'on parle : tupenses, vous pensez.

• On appelle troisième personne le rôle de celui de qui l'on parle : il pense, elle pensait.

Le mot personne vient du latin persona, qui voulait dire masque de théâtre, personnage, rôle, acteur.

Les pronoms personnels sont :
 

Personne Singulier Pluriel
1re
2e
3e
je, me, moi
tu, te, toi
il, elle, lui, le, la, soi
nous.
vous.
ils, elles, eux, les, leur.
Des deux nombres : se, en, y.

Les pronoms personnels sont du même genre et du même nombre que le nom dont ils tiennent la place.

Les pronoms ils, eux sont toujours masculins; elle, elles, la toujours féminins. Il et le sont masculins lorsqu'ils représentent un nom masculin; il et le sont neutres quand ils signifient cela, ou quand il est sujet d'un verbe impersonnel. 

Ex. : Je le sais, il pleut.
Je, me, moi, nous, tu, te, toi, vous, lui, se, soi, les, leur, sont masculins ou féminins.

En, y, sont masculins, féminins ou neutres. Ils sont neutres quand ils signifient : de cela, à cela.

Je, tu, il sont toujours sujets, ce sont les cas sujets; me, te, se, le, la, les, leur, en, y sont toujours des cas compléments; les autres pronoms ont la même forme, qu'ils soient sujets ou compléments.

Se, soi sont souvent appelés pronoms réfléchis parce que représentant toujours le même mot que le sujet de la proposition, ils indiquent généralement que l'action a pour terme son propre sujet, et que par conséquent elle se réfléchit sur elle-même. 

Le, la, les sont tantôt articles et tantôt pronoms, quoique dans ces deux cas ils aient absolument la même origine. 

Le, la, les sont articles quand ils sont placés devant un nom. 

Ex. : Le soleil, la lune, les étoiles.
Le, la, les sont pronoms quand ils accompagnent un verbe. Ils équivalent alors à lui, elle, eux, elles
Ex. : Je le connais, c'est-à-dire je connais lui.
Je la connais, c'est-à-dire je connais elle.
Emploi des pronoms personnels.
Les pronoms lui, elle, eux, elles, leur, employés comme compléments indirects, c'est-à-dire précédés d'une préposition, ne peuvent représenter que des personnes.
Ex. : Honorez votre mère, car c'est d'elle que vous avez reçu les premières notions de vertu et de justice.
Toutes les fois qu'il s'agit d'animaux ou de choses, on emploie en, y.
Ex.: Ce cheval est vicieux; n'en approchez pas.
Plus on étudie la nature, plus on y découvre de beautés.
Les règles ne sont pas absolues : on lit dans les meilleurs auteurs que lui, elle, eux, elles, précédés d'une préposition, représentera des animaux ou des choses, et que en, y, se rapportent à des personnes.
Ex. : Ésope eut-il sujet de remercier la nature ou de se plaindre d'elle? (La Fontaine).

Plus on approfondit l'homme, plus on y découvre de faiblesse et de grandeur. (Marmontel).

Les pronoms personnels et les pronoms relatifs ne peuvent représenter qu'un nom déterminé, c'est-à-dire précédé de l'article le, la, les, ou d'un adjectif déterminatif tel
que ce, ces, mon, ton, son, un, une.

Ex. : J'ai demandé son autorisation; elle m'a été accordée.
Il a une soif qu'il ne peut apaiser.

Mais si le nom n'est pas précédé de l'article ou d'un adjectif déterminatif, comme dans les expressions demander grâce, avoir soif, faire peur, répondre avec politesse, etc., on ne saurait employer ces pronoms. On ne peut donc pas dire :

J'ai demandé grâce; elle m'a été accordée.
Il a soif et il ne peut l'apaiser.
Il faut tourner la phrase autrement.
Ex. : J'ai demandé grâce et ma demande a été accueillie.
Il a soif et il ne peut se désaltérer.
Tout pronom doit se rapporter sans équivoque au nom dont il tient la place. Ainsi on ne doit pas dire :
Virgile a imité Homère dans tout ce qu'il a de beau.
Parce que, grammaticalement, il peut se rapporter à Homère ou à Virgile. Il faut dire :
Virgile a imité Homère dans tout ce que celui-ci a de beau.
Accord de le, la, les.
Quand le pronom personnel le, la, les, représente un nom précédé de l'article, il s'accorde avec ce nom en genre et en nombre.
 
Ex. : Es-tu l'Italienne que nous attendons? - Je la suis. 
Êtes-vous les avocats qui plaideront? - Nous les sommes.
Es-tu la soeur de cette jeune fille? - Je la suis.
Quand le pronom personnel le représente un adjectif ou un nom non déterminé, il reste invariable.
Ex. : Êtes-vous Italienne? - Je le suis.
Messieurs, êtes-vous avocats? - Nous le sommes. 
Êtes-vous soeur de cette jeune fille?- Je le suis.
Emploi de soi.
Le pronom soi, représentant le sujet de la proposition, se dit des personnes et des choses.  Lorsqu'il s'agit des personnes, le pronom soi s'emploie surtout après les expressions vagues on, chacun, nul, personne, quiconque, rien, etc., ou après un infinitif.
Ex. : On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
Ne penser qu'à soi, c'est le propre de l'égoïste.
Au XVIIe siècle, on employait soi après un nom déterminé de personne. 
Ex. : L'homme n'aime pas à demeurer avec soi (Pascal).
Il crache presque sur soi (La Bruyère).
Lorsqu'il s'agit des choses, on emploie soi avec les expressions vagues, comme avec les expressions définies. 
Ex.: Rien n'est parfait en soi.
La paresse traîne après soi un cortège de maux.
Pronoms répétés.
Dans une même phrase, les pronoms il, elle, on, répétés, doivent toujours représenter la même personne ou le même objet. 
Ex.: Il revient au pays qu'il avait quitté.
En conséquence, une phrase est incorrecte lorsque les pronoms il, elle, on, répétés, représentent tantôt un nom, tantôt un autre. Ainsi l'on ne doit pas dire :
Le savoir est une force pour l'homme; il l'aide à triompher de bien des difficultés lorsqu'il peut y avoir recours. (Le premier il représente le savoir; le second il, l'homme).

On doit supporter les reproches qu'on vous fait justement. (Le premier on représente l'élève et le second on, le maître).

Pour rendre ces phrases correctes, il faut les construire autrement, ou faire de chacune plusieurs phrases distinctes.

Pronoms démonstratifs.
On appelle pronoms démonstratifs ceux qui tiennent la place d'un nom en y ajoutant une idée d'indication.

Ex.: De ces deux enfants, celui-ci est le plus studieux.
Les pronoms démonstratifs sont :
 
Singulier Pluriel
Masculin Féminin Neutre Masculin Féminin
Celui
Celui-ci
Celui-là
Celle
Celle-ci
Celle-là
Ce
Ceci
Cela
Ceux
Ceux-ci
Ceux-là
Celles
Celles-ci
Celles-là

Celui-ci, celle-ci, ceci, ceux-ci, celles-ci, désignent les personnes ou les choses les plus rapprochées.

Celui-là, celle-là, cela, ceux-là, celles-là, désignent les personnes ou les choses les plus éloignées.

Il ne faut pas confondre ce, adjectif démonstratif, avec ce, pronom démonstratif. Ce, adjectif démonstratif, précède toujours un nom.

Ex. : Ce moulin, ce village. 
Ce, pronom démonstratif, ne précède jamais immédiatement un nom. 
Ex. : Ce qui me plaît, c'est l'étude.
Il ne faut pas non plus confondre ce, adjectif ou pronom démonstratif, avec se, pronom personnel. Ce, adjectif ou pronom démonstratif, s'écrit avec un c et sert à montrer.
Ex.: Ce moulin que vous apercevez. 
Voilà ce qui me chagrine.
Se, pronom personnel, s'écrit avec un s et signifie soi, lui, elle, eux, elles, à soi, à lui, à elle, à eux, à elles
Ex. Il se flatte, c'est-à-dire il flatte soi;
ils se nuisent, c'est-à-dire ils nuisent à eux.
Emploi des pronoms démonstratifs.
On doit éviter de placer un adjectif ou un participe immédiatement après les pronoms démonstratifs, celui, celle, ceux, celles. Pour éviter ce rapprochement, on intercale le pronom relatif qui et le verbe être entre celui, celle, etc. et l'adjectif.
Ex.: De ces deux pendules j'achèterai celle qui est évaluée soixante euros.
Ce serait une faute de dire :
j'achèterai celle évaluée quatre soixante euros.
Cependant on rencontre assez souvent chez les bons écrivains des phrases où ils ont enfreint la règle précédente. Par exemple, Montesquieu a dit : 
On confondait dans la loi ancienne la blessure faite à une bête et celle faite à un esclave.
Lorsque dans une comparaison le premier terme est exprimé par un nom ayant pour complément un autre nom, il faut exprimer le second terme par l'un des pronoms celui, celle, ceux, celles, complété également par un nom.
Ex. : La vitesse de la lumière l'emporte sur celle du son
Ce serait une faute de dire :
La vitesse de la lumière l'emporte sur le son.
Pronoms possessifs.
On appelle pronoms possessifs ceux qui tiennent la place d'un nom en y ajoutant une idée de possession
Ex.: Cet ordinateur est le mien, cette maison est la mienne.
Les pronoms sont :
 
Personne Singulier Pluriel
Masculin Féminin Masculin Féminin
1re (sing.)
2e
3e
1re (plur.)
2e
3e
Le mien
Le tiens
Le sien
Le nôtre
Le vôtre
Le leur
La mienne
La tienne
La sienne
La nôtre
La vôtre
La leur
Les miens
Les tiens
Les siens
Les nôtres
Les vôtres
Les leurs
Les miennes
Les tiennes
Les siennes
Les nôtres
Les vôtres
Les leurs

Il ne faut pas confondre leur, pronom personnel, avec leur, adjectif possessif, et le leur, pronom possessif.

Leur, pronom personnel, signifie à eux, à elles; il accompagne toujours un verbe et ne prend jamais d's.

Ex. : J'écris à mes fils, je leur conseille de travailler; c'est-à-dire, je conseille à eux.
Leur, adjectif possessif, et le leur, pronom possessif, marquent la possession et prennent un s au pluriel. 
Ex. : J'aime les enfants, leurs jeux m'intéressent.
Voici mes livres; vos amis ont-ils apporté les leurs?
Pronoms relatifs.
On appelle pronoms relatifs ceux qui servent à relier une proposition subordonnée à un nom ou à un pronom qui précède, et que l'on nomme antécédent.
Ex. : La Lune, qui est à 380 000 km de la Terre, en est un satellite.
Les livres que j'étudie sont très intéressants.
Lune est l'antécédent de qui; livres est l'antécédent de que.
Les pronoms relatifs sont : qui, que, quoi, dont, où, des trois genres et des deux nombres, et lequel qui prend les formes suivantes :
 
Singulier Pluriel
Masculin Féminin Masculin Féminin
Lequel
Duquel
Auquel
Laquelle
De laquelle
A laquelle
Lesquels
Desquels
Auxquels
Lesquelles
Desquelles
Auxquelles

est pronom relatif lorsqu'il a le sens à quoi

Ex. : J'ignore (à quoi) il veut en venir.
Emploi de qui ou de lequel.
Le pronom relatif qui, précédé d'une préposition, ne peut représenter que des personnes ou des choses personnifiées.
Ex. : Le marchand à qui vous avez acheté ces fruits était très accommodant.

Rocher à qui je me plains.

Les pronoms relatifs lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, précédés d'une préposition, peuvent représenter indistinctement les personnes et les choses.
Ex. : Voici les personnes auxquelles j'ai à parler.
Voilà une maison à laquelle on a fait des réparations.
Dont se dit des personnes et des choses.

On rencontre çà et là dans les auteurs, et surtout chez les poètes, des infractions aux règles qui précèdent. Ces infractions ne sont pas à imiter dans le langage ordinaire.

Place du pronom relatif.
Le pronom relatif doit être placé aussi près que possible de son antécédent, surtout lorsqu'on aurait lieu de craindre une équivoque.

Ex. : Nous avons conduit à l'abreuvoir les chevaux qui étaient très altérés.
Ce serait une faute de dire :
Nous avons conduit les chevaux à l'abreuvoir, qui étaient très altérés.
Quand il n'y a pas équivoque, le pronom relatif peut, sans inconvénient, être séparé de son antécédent. 
Ex. : Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure.
Succession de qui ou de que représentant des mots différents.
Les pronoms relatifs qui, que, comme les pronoms personnels, ne doivent pas représenter tantôt un objet, tantôt un autre. On ne doit pas dire :
J'ai parlé avec un voyageur qui arrive d'un pays qui excite la curiosité de tout homme qui s'intéresse aux beautés de la nature.
Le premier qui représente voyageur; le second, pays; le troisième, homme : cette succession de qui représentant des mots différents rend la phrase lourde et obscure, partant incorrecte.

Emploi de dont, d'où.
Dont représentant un nom de lieu peut servir de complément aux verbes exprimant la sortie, l'éloignement, la provenance. Dans ce cas, il équivaut à d'où et on peut même les employer l'un pour l'autre. Il est également correct de dire le pays d'où je viens, le pays dont je viens.

Mais lorsque dont ne représente pas un nom de lieu et qu'il s'agit d'exprimer une idée d'origine, il doit être seul employé à l'exclusion de d'où. Par conséquent il faudra dire : les ancêtres dont il descend, et non pas les ancêtres d'où il descend.

Pronoms interrogatifs.
Un certain nombre de pronoms relatifs; qui, que, quoi, lequel, où, servent à interroger; on les appelle alors pronoms interrogatifs. Dans ce cas, ils n'ont pas d'antécédent, c'est-à-dire qu'ils ne sont plus relatifs.

Ex. : Qui cherchez-vous? Duquel de ces deux hommes parlez-vous? Quoi faire?
Pronoms indéfinis.
On appelle pronoms indéfinis ceux qui ne représentent que vaguement les personnes ou les choses.
Ex. : On frappe à la porte; quelqu'un vous appelle.
Il y a des pronoms indéfinis invariables. Ce sont autrui, on, personne, quiconque, plusieurs, rien.

Il y a des pronoms indéfinis variables. Ce sont :
 

Masculin Féminin
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Aucun
Autre
Certain
Chacun
L'un
L'autre
L'un l'autre
Nul
Quelqu'un
Tel
Tout
Aucuns
Autres
Certains
.
Les uns
Les autres
Les uns les autres
.
Quelques-uns
Tels
Tous
Aucune
Autre
Certaine
Chacune
L'une
L'autre
L'une l'autre
Nulle
Quelqu'une
Telle
Toute
Aucunes
Autres
Certaines
.
Les unes
Les autres
Les unes les autres
.
Quelques-unes
Telles
Toutes

Autrui, personne, rien, quiconque, sont neutres singuliers. Plusieurs est pluriel, masculin ou féminin. On peut avoir les trois genres et les deux nombres.

Remarques.
Aucun, certain, nul, plusieurs, tel, tout, sont tantôt adjectifs indéfinis, tantôt pronoms indéfinis. Ils sont adjectifs indéfinis quand ils accompagnent un
nom.

 Ex. : Aucun homme; toute la terre.
Ils sont pronoms indéfinis quand ils n'acccompagnent pas un nom. 
Ex.: Tout ce qui brille n'est pas or.
Autrui, on, personne, quiconque, rien, quelqu'un, sont considérés souvent comme des noms abstraits indéterminés.

Grammaire historique et critique. 
Aucun dérive du latin aliquis unus et signifie littéralement quelqu'un, quelque.

Aucun, adjectif, s'emploie avec le sens de quelque dans les phrases interrogatives et dubitatives. 

Ex. : Est-il aucun moment qui nous puisse assurer d'un second seulement? 
On voit par là que aucun n'a pas par lui-même un sens négatif.

Aucun, adjectif indéfini, a le sens de pas un lorsqu'il est accompagné d'une négation ou de la préposition sans

Ex.: Je ne me mêlai plus d'aucune affaire.
Aucun, pronom indéfini, s'emploie au singulier avec le sens de quelqu'un
Ex. . Je ne crois pas qu'aucun vous surpasse. 
Avec le même sens, il peut s'employer au pluriel en termes de palais ou en style familier. 
Ex. : Phèdre était si succinct qu'aucuns l'en ont blâmé.
Au XVIe siècle et au XVIIe, on trouve aucuns précédé de la préposition de.
 Ex.: D'aucuns prétendent que...
Rien vient du mot latin rem qui signifie chose. Quoiqu'on range rien parmi les pronoms indéfinis, c'est un véritable nom.

Le nom rien s'emploie tantôt d'une manière indéterminée, c'est-à-dire sans article ni adjectif déterminatif, et tantôt d'une manière déterminée, avec un article ou un adjectif déterminatif.

Rien, indéterminé, est neutre. Il peut signifier : 

1° quelque chose; c'est là son sens primitif. 
Ex.: Pourquoi consentiez-vous à rien prendre de lui? c'est-à-dire à prendre quelque chose de lui? 
2° avec une négation il signifie nulle chose
Ex. : Il ne fait rien
3° même sans négation, rien, par abus, signifie quelquefois nulle chose
Ex. : Ce que l'on fait pour moi et rien c'est la même chose.
Rien, nom déterminé, est masculin. Il peut signifier :
1° néant, nullité.
Ex.: Le rien ne peut produire quelque chose; 
2° des choses peu importantes, des bagatelles : dans ce cas, il est toujours au pluriel. 
Ex. - Ne me dérangez pas pour des riens.
On dérive du mot latin homo, qui signifie homme.

L'on équivaut à homme précédé de l'article. On a dit à tort que l était une lettre euphonique; il n'existe pas de lettres euphoniques.

Il n'existe aucune différence entre on et l'on.

Pour l'harmonie, il vaut mieux se servir de l'on que de on, après ainsi, si, où, et, et après que suivi d'un c dur. 

Ex. -. Si l'on vient, de préférence à : si on vient. Il faut que l'on commence, de préférence à : il faut qu'on commence. 
On n'emploie pas l'on devant le, la, les. On ne dit pas : si l'on les entend, mais si on les entend.

Accord avec personne, quelque chose.
Personne est nom féminin ou pronom indéfini neutre.

Personne est nom féminin quand il est accompagné de l'article ou d'un adjectif déterminatif.

Ex. : On ne croit pas les personnes menteuses, même quand elles diraient la vérité.
Personne est pronom indéfini neutre quand il n'est accompagné ni de l'article ni d'aucun adjectif déterminatif.
Ex.: Personne n'a été attentif au discours de l'orateur.
Le changement de genre du mot personne s'explique comme celui de gens. L'expression la personne désignant soit un homme, soit une femme, ce double sens a conduit à admettre un nom abstrait personne, sans article, qui est toujours neutre singulier et qui équivaut à quelqu'un.

Le passage du nom féminin la personne au nom abstrait personne ne s'est pas fait brusquement. On peut citer dans les auteurs de nombreuses phrases où personne est considéré au commencement comme féminin et à la fin comme neutre. 

Ex.: Il y a des personnes si peu raisonnables que, de quelque manière qu'on agisse envers eux, on les mécontente toujours.
La Bruyère a dit :
Les personnes d'esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les sentiments.
Quelque chose signifiant une chose est masculin singulier. 
Ex. : M'apprendrez-vous quelque chose de nouveau?
Quelque chose signifiant quelle que soit la chose est féminin. 
Ex. : Quelque chose que vous ayez dite contre moi, je vous pardonne.
Emploi de chaque et de chacun.
Chaque est un adjectif indéfini qui, à ce titre, accompagne toujours un nom.
Ex. : Chaque homme a ses défauts.
Chacun est un pronom indéfini qui, à ce titre, peut s'employer seul.
Ex. : Chacun de nous ira visiter le malade.
D'après cette règle, on ne dira pas  : Ces livres coûtent vingt euros chaque; on dira : vingt euros chacun.

Autrefois chacun pouvait être employé devant un nom comme adjectif indéfini. On disait en termes de pratique il sera payé par chacun an; et on lit dans La Fontaine

Car comment comprendre qu'aussitôt que chacune soeur, etc.
Un chacun pour chacun est aujourd'hui archaïque.

Chacun suivi de son, sa, ses ou de leur, leurs.
Les grammairiens avaient essayé de préciser les cas dans lesquels on devait employer son, sa, ses, avec chacun, et ceux dans lesquels on devait employer leur, leurs. Il en était résulté un échafaudage de règles par trop subtiles et auxquelles les auteurs ne se sont jamais astreints. Il faut que l'écrivain reste libre d'employer son, sa, ses ou leur, leurs à sa guise.

Voici en quels termes Littré s'exprime à ce sujet : 

« Faut-il dire : Ils ont pris chacun son chapeau, ils sont sortis chacun de son côté; ou bien, par le possessif du pluriel : ils ont pris chacun leur chapeau, ils sont sortis chacun de leur côté? l'un et l'autre se disent et sont corrects. »
Avec son, chacun est pris dans un sens distributif; avec leur, chacun est pris dans un sens collectif. (Mondry Beaudouin / L. et F.).
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