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Lens

Lens est une ville du nord de la France, dans le département du Pas-de-Calais, à 18 kilomètres au Sud-Est de Béthune. Son identité reste profondément marquée par son passé ouvrier et minier. Population : environ : 36 200 habitants

Elle s'inscrit dans une vaste plaine de faible altitude, dont l'altitude moyenne se situe autour de 35 à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le relief est très peu marqué et résulte principalement de formations sédimentaires anciennes, constituées d'argiles, de craies et de limons déposés au cours des périodes géologiques tertiaires et quaternaires. Cette topographie plane a facilité l'urbanisation dense et l'implantation des infrastructures industrielles et de transport qui ont façonné la ville à partir du XIXe siècle.

La ville s'intègre dans un espace fortement anthropisé, caractéristique du bassin houiller. Les éléments les plus visibles du relief ne sont pas naturels mais issus de l'activité humaine, notamment les terrils, amas de schistes provenant de l'exploitation du charbon. Ces collines artificielles, parfois boisées aujourd'hui, constituent des repères paysagers majeurs autour de Lens et modifient localement la perception du relief dans un environnement naturellement plat. Elles participent désormais à la trame écologique et paysagère de l'agglomération.

Le sous-sol de Lens est caractérisé par la présence de veines de charbon, qui ont conditionné l'histoire économique et l'organisation spatiale de la ville. Ces formations houillères, enfouies à plusieurs centaines de mètres de profondeur, ont entraîné un développement urbain structuré autour des fosses minières, des cités ouvrières et des zones industrielles. Cette organisation a créé un tissu urbain relativement étendu, mêlant quartiers d'habitat, anciens sites industriels reconvertis et espaces ouverts hérités des infrastructures minières.

Le réseau hydrographique naturel est peu développé, en raison de la faible déclivité et de la nature des sols. Lens ne se situe pas directement sur un grand cours d'eau, mais elle est intégrée au bassin versant de la Deûle, affluent de l'Escaut. De petits rus et fossés de drainage, souvent canalisés ou couverts, assurent l'écoulement des eaux pluviales. La gestion de l'eau est un enjeu important dans cet environnement de plaine, sujet localement aux risques d'engorgement des sols et d'inondations lentes lors d'épisodes pluvieux prolongés.

Le climat est de type océanique dégradé, caractérisé par des températures modérées, des hivers généralement doux, des étés frais à tempérés et des précipitations réparties de manière relativement homogène tout au long de l'année. Les vents dominants d'ouest et de sud-ouest, venus de l'Atlantique, influencent fortement les conditions météorologiques et accentuent la sensation d'humidité. Ce climat a favorisé historiquement les cultures céréalières et les prairies, avant que l'industrialisation ne transforme profondément l'usage des sols.

Lens occupe une position stratégique dans le réseau régional de communication. Elle se situe à proximité immédiate de grandes voies de circulation reliant Lille, Arras et Douai, ce qui renforce son rôle de noeud urbain au sein de l'ancien bassin minier. Cette situation centrale a contribué à l'intégration de la ville dans une conurbation continue, où les limites communales sont peu perceptibles dans le paysage urbain. 

Histoire de Lens.
Le site de Lens est occupé dès l'époque gallo-romaine, comme l'attestent des vestiges archéologiques indiquant la présence d'un habitat rural structuré. Située non loin des grandes voies romaines reliant Arras (Nemetacum) à la plaine flamande, la localité bénéficie d'une position favorable aux échanges agricoles. Le nom de Lens apparaît progressivement dans les sources, dérivé probablement d'un toponyme gallo-romain, et désigne un petit établissement agricole intégré à l'économie régionale.

Au Moyen Âge, Lens s'affirme comme un bourg dépendant du comté d'Artois. Son développement reste modeste mais continu, fondé sur l'agriculture, l'artisanat local et le commerce de proximité. La ville est impactée par les conflits récurrents qui touchent l'Artois, territoire stratégique et disputé entre puissances féodales puis entre royaumes. Elle subit les conséquences des guerres franco-bourguignonnes, puis des affrontements entre la France et les Pays-Bas espagnols. À partir du XVIIe siècle, après l'annexion de l'Artois à la France en 1659 par le traité des Pyrénées, Lens est intégrée durablement au royaume de France, ce qui stabilise son cadre politique mais ne modifie pas encore profondément sa structure économique.

Jusqu'au début du XIXe siècle, Lens demeure une petite ville rurale. La situation change radicalement avec la découverte du charbon dans le sous-sol du Pas-de-Calais. En 1849, la mise en évidence de veines exploitables marque le point de départ d'une transformation majeure. L'ouverture des premières fosses minières entraîne une croissance rapide de la population et une urbanisation accélérée. Lens devient l'un des centres majeurs du bassin minier, attirant une main-d'oeuvre nombreuse venue d'autres régions françaises puis de l'étranger, notamment de Belgique, de Pologne et d'Italie. La ville se structure autour de l'activité minière, avec la construction de cités ouvrières, d'équipements sociaux, d'églises, d'écoles et d'infrastructures de transport.

La Première Guerre mondiale constitue une rupture dramatique dans l'histoire de Lens. Située à proximité du front, la ville est occupée par l'armée allemande et presque entièrement détruite entre 1914 et 1918. Les combats, les bombardements et les destructions systématiques laissent la ville en ruines. À la fin du conflit, Lens fait partie des communes les plus sinistrées de France. La période de l'entre-deux-guerres est marquée par une vaste reconstruction, menée selon des principes urbanistiques modernes, tout en conservant la vocation industrielle de la ville. L'exploitation minière reprend et atteint même son apogée durant cette période.

La Seconde Guerre mondiale affecte de nouveau Lens, mais dans une moindre mesure que lors du premier conflit mondial. La ville est occupée et subit des bombardements visant les infrastructures industrielles et ferroviaires. Après 1945, l'activité charbonnière est relancée dans le cadre de la nationalisation des mines, et Lens connaît encore une période de relative prospérité. Toutefois, dès les années 1960, le déclin progressif de l'exploitation du charbon devient inéluctable. La fermeture des fosses entraîne une crise économique et sociale profonde, marquée par le chômage, la désindustrialisation et des difficultés urbaines durables.

À partir des années 1980, Lens s'engage dans un processus de reconversion. Les politiques publiques visent à diversifier l'économie, à requalifier les anciens sites miniers et à améliorer le cadre de vie. Le patrimoine industriel, longtemps perçu comme un héritage douloureux, est progressivement valorisé. L'ouverture du musée du Louvre-Lens en 2012 symbolise cette volonté de renouveau culturel et d'ouverture vers l'extérieur.

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Dictionnaire Villes et monuments
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