.
-

État du Mexique
Nayarit
Le Nayarit est un État fédéré du Mexique, situé dans l'ouest du pays. Il possède une façade maritime importante sur l'océan Pacifique et une position stratégique entre les montagnes de la Sierra Madre Occidentale et la plaine côtière. D'une superficie d'environ 27 857 km², il est bordé au nord par les États du Durango et du Zacatecas, à l'est par le Jalisco, et à l'ouest par l'océan Pacifique. Son relief, son hydrographie et son climat en font un espace riche en biodiversité et en ressources naturelles.

La géographie physique du Nayarit est caractérisée par une transition brutale entre la Sierra Madre Occidentale à l'est, avec des altitudes pouvant dépasser les 2000 mètres, et les terres basses côtières à l'ouest, formées de plaines alluviales et de lagunes. La partie orientale est composée de montagnes, de canyons profonds et de forêts de pins et de chênes. C'est dans cette région montagneuse que vivent les communautés indigènes des Coras et des Huichols. Les terrains y sont accidentés, avec peu d'accessibilité, ce qui explique un développement plus lent par rapport aux zones côtières.

La plaine littorale s'étend le long du Pacifique et présente des sols fertiles, souvent marécageux, favorables à l'agriculture intensive. Cette zone comprend plusieurs lagunes et estuaires, parmi lesquels la Laguna de Santa María del Oro, la Laguna de San Pedro, et les marais de San Blas. Ces écosystèmes abritent une grande diversité d'espèces animales et végétales et constituent des habitats critiques pour les oiseaux migrateurs, les crocodiles, les poissons et les crustacés.

L'hydrographie du Nayarit est dominée par le Río Santiago, qui traverse l'État du nord au sud et se jette dans l'océan Pacifique. Il est rejoint par de nombreux affluents comme le Río San Pedro et le Río Acaponeta. Ces rivières jouent un rôle important dans l'irrigation agricole, la pêche et l'approvisionnement en eau des centres urbains. On trouve également plusieurs lagunes côtières interconnectées avec les systèmes fluviaux, créant des zones de mangrove et d'aquaculture.

Le climat du Nayarit varie selon l'altitude et la proximité de la mer. La côte bénéficie d'un climat tropical humide avec des températures élevées et une saison des pluies marquée de juin à octobre. Dans les montagnes, le climat est plus tempéré et humide, avec une végétation plus dense et des températures plus fraîches. Les précipitations sont plus abondantes dans la zone sud et en altitude, favorisant une riche couverture végétale.

La biodiversité du Nayarit est remarquable : la convergence de zones côtières, de forêts tropicales, de zones montagneuses et de zones humides en fait un des États les plus riches en écosystèmes. Les réserves écologiques comme la Sierra de San Juan et l'Estero del Yugo protègent une faune variée comprenant jaguars, pumas, oiseaux aquatiques, serpents, singes et de nombreuses espèces endémiques.

La géographie humaine est marquée par une forte concentration de population dans les vallées et la plaine côtière. Tepic, la capitale, est située dans une vallée fertile à environ 900 mètres d'altitude. Les autres centres urbains importants incluent Santiago Ixcuintla, Xalisco, San Blas et Compostela. Ces villes sont liées par un réseau routier qui suit principalement les axes côtiers et les vallées fluviales.

Le littoral de Nayarit est en plein développement touristique, notamment dans la zone connue sous le nom de Riviera Nayarit, qui s'étend de Nuevo Vallarta à San Blas. On y trouve des plages, des îles (comme les Islas Marietas), des récifs coralliens et des zones propices à l'observation des baleines. Ces aménagements touristiques ont transformé la dynamique géographique de la région, tout en générant des pressions environnementales croissantes.

L'agriculture reste dominante dans les zones de plaine, avec la culture de la canne à sucre, du tabac, du maïs, du riz, de la mangue et de l'avocat. La pêche est également une activité majeure, surtout dans les zones lagunaires et côtières. L'aquaculture s'y est développée avec la culture de crevettes dans les estuaires. La topographie de l'est montagneux, difficilement mécanisable, reste peu exploitée sauf par les communautés traditionnelles.

Quelques-unes des principales villes du Nayarit

• Tepic est la capitale de l'État de Nayarit et son centre administratif, économique et culturel principal. Située dans une vallée entourée de collines volcaniques, à environ 900 mètres d'altitude, Tepic bénéficie d'un climat tempéré et humide. La ville fut fondée en 1531 sous le nom de Villa del Espíritu Santo de Tepic par Nuño de Guzmán. Aujourd'hui, elle est le siège des principaux organes gouvernementaux et accueille les institutions d'enseignement supérieur comme l'Université autonome de Nayarit. L'économie de Tepic repose sur les services, le commerce, l'industrie légère, l'agroalimentaire et la transformation des produits agricoles régionaux. Elle possède également un riche patrimoine historique, avec des édifices coloniaux, des musées, des places et des manifestations culturelles ancrées dans les traditions nahuas et mestizas.

• Santiago Ixcuintla est une des villes les plus anciennes et importantes de la côte nord nayarite. Elle est située dans une vaste plaine fertile, irriguée par le Río Santiago et d'autres affluents, ce qui en fait un centre agricole majeur. Les cultures de riz, de tabac, de canne à sucre et de maïs sont abondantes, tout comme les exploitations aquacoles de crevettes. Santiago conserve une forte présence indigène, en particulier huichol et cora, avec une tradition artisanale et religieuse très vivante. Son architecture mêle éléments coloniaux et constructions rurales, et la ville est réputée pour son lien avec la tradition populaire et les fêtes patronales.

• San Blas est une ville portuaire historique, située sur la côte pacifique, autrefois célèbre pour son rôle dans la navigation espagnole au XVIIIe siècle. Elle servait de point de départ pour les expéditions vers l'Alta California et l'Asie, ce qui en faisait un port militaire stratégique. Aujourd'hui, San Blas est une petite ville connue pour sa beauté naturelle, ses mangroves, ses oiseaux migrateurs et ses plages. Elle attire les touristes écologiques, les ornithologues et les amateurs de surf. L'histoire coloniale y est encore visible à travers les ruines du fort de San Basilio, de l'ancien quai et de l'église de la Contaduría. L'économie repose désormais sur la pêche artisanale, le tourisme écologique et l'agriculture locale.

• Compostela, également appelée Villa de Compostela, est une ville ancienne fondée en 1530 et située au sud de l'État. Elle est entourée de collines, de plantations de café, de tabac et de fruits tropicaux. Compostela fut autrefois un centre administratif colonial et conserve un patrimoine architectural significatif, avec des églises baroques, des rues pavées et des édifices civils d'époque. C'est aussi une porte d'entrée vers les plages du sud de Nayarit comme Rincón de Guayabitos et Chacala, ce qui lui confère une certaine importance touristique régionale.

• Xalisco est situĂ©e juste au sud de Tepic, et fait partie de la zone mĂ©tropolitaine de la capitale. Elle est connue pour ses vastes plantations de 

tabac, dont la culture remonte Ă   l'Ă©poque coloniale. La ville se distingue par un fort  enracinement culturel local, notamment Ă  travers ses fĂŞtes traditionnelles, sa gastronomie et ses marchĂ©s. Xalisco a connu une croissance rapide en tant que zone rĂ©sidentielle de Tepic, combinant des fonctions rurales et suburbaines. Son nom dĂ©rive du mot nahuatl "xalixco", qui signifie "lieu sablonneux".

• Acaponeta est une ville située dans le nord de Nayarit, près de la frontière avec le Sinaloa. Elle est bâtie dans une région agricole traversée par le Río Acaponeta, qui fertilise les terres environnantes. La ville est un centre régional important pour la culture du maïs, des fruits tropicaux et l'élevage. Elle possède également une vie culturelle dynamique, avec des fêtes populaires et des traditions musicales. La proximité avec les zones indigènes en fait un carrefour culturel entre les populations rurales, métisses et autochtones.

• Tecuala est une autre ville du nord nayarite, proche des marais côtiers et des estuaires. Elle est réputée pour ses élevages de crevettes, sa pêche côtière et ses paysages humides. L'environnement est constitué de zones de mangrove, de lagunes et de canaux, formant une réserve écologique importante. La ville joue un rôle clé dans la production d'aliments marins destinés à l'exportation et au marché national. Son développement est toutefois limité par la vulnérabilité aux ouragans et aux inondations.

• Ahuacatlán, au sud-est de l'État, se situe dans une vallée entourée de montagnes. Elle est connue pour la culture de l'avocat (son nom vient du nahuatl ahuacatl, qui signifie "avocat") et d'autres produits agricoles comme la canne à sucre. C'est une petite ville avec un caractère rural et une forte tradition communautaire. Sa population participe aux circuits agricoles de la région sud de Nayarit, en lien avec Ixtlán del Río et Amatlán de Cañas.

• Ixtlán del Río, à la frontière avec Jalisco, est une ville historiquement importante en raison de sa position sur l'ancienne route commerciale reliant l'intérieur du Mexique à la côte pacifique. Elle est proche du site archéologique de Los Toriles, vestige d'une civilisation préhispanique de tradition teuchitlán. L'économie d'Ixtlán repose sur l'agriculture, les services et un tourisme modeste basé sur son patrimoine historique et culturel.

• Amatlán de Cañas est une petite ville enclavée dans les montagnes du sud, à proximité de la Sierra del Nayar. Elle est difficile d'accès, mais possède un charme pittoresque, avec ses maisons traditionnelles, ses rues étroites et son atmosphère tranquille. L'économie repose sur l'agriculture, l'élevage et les envois de fonds de la population migrante. La ville conserve des traditions anciennes, souvent liées au catholicisme populaire et aux coutumes communautaires des régions rurales du Mexique profond.

Histoire du Nayarit.
Le territoire de l'actuel État de Nayarit a été habité depuis des millénaires par des populations autochtones sédentaires et semi-nomades. Parmi les groupes principaux figurent les Cora, les Huichol (ou Wixárika), les Tepehuanes et les Nahuas. Ces peuples ont développé des formes de vie communautaires complexes, centrées sur l'agriculture du maïs, les rituels religieux, l'art symbolique et les échanges entre les régions montagneuses et côtières. Les Coras occupaient principalement la Sierra del Nayar, territoire difficile d'accès, ce qui leur permit de conserver longtemps leur autonomie culturelle et politique.

L'arrivée des Espagnols au XVIe siècle marque le début de la colonisation, bien que celle-ci ait été longue et difficile. La région résiste farouchement à l'assujettissement colonial pendant plusieurs décennies. Ce n'est qu'en 1722 que les Espagnols parviennent à soumettre le dernier bastion indépendant de la Sierra del Nayar, à travers une campagne militaire dirigée par Juan Flores de San Pedro. Avant cela, les Coras vivaient dans un système de théocratie indigène indépendante. Cette résistance prolongée donne naissance à l'appellation Nayarit, en référence à Nayar, figure mythique et prophétique vénérée par les Coras.

Durant la période coloniale, la région est intégrée à la Nueva Galicia, et dépend du gouvernement de Guadalajara (Jalisco). L'économie est dominée par les haciendas agricoles, l'extraction minière, l'élevage et l'exploitation de la main-d'oeuvre indigène à travers l'encomienda et les missions. La côte, notamment autour de San Blas, devient un port stratégique de la couronne espagnole au XVIIIe siècle. San Blas est utilisé comme point de départ pour les expéditions maritimes vers la Californie et les Philippines, jouant un rôle central dans les échanges transpacifiques et le contrôle naval espagnol.

Au XIXe siècle, la région est témoin des mouvements d'indépendance, bien que l'implication directe de la population ait été limitée en raison de l'isolement géographique et de la faible urbanisation. Après l'indépendance du Mexique en 1821, le territoire reste intégré à l'État de Jalisco et ne dispose pas d'autonomie administrative propre. Ce n'est qu'en 1867 que le district de Tepic est créé comme entité séparée, en reconnaissance de ses spécificités économiques et culturelles.

Au cours du Porfiriat (1876–1911), la région connaît une croissance économique soutenue, notamment avec l'introduction du chemin de fer, le développement des plantations de tabac, de café et de canne à sucre, ainsi que l'expansion des entreprises agro-industrielles. La zone de Tepic devient un centre important de production et de transformation, mais cette prospérité s'accompagne d'un accroissement des inégalités sociales. La concentration des terres entre les mains de quelques familles puissantes et l'exploitation des paysans et des indigènes provoquent un mécontentement croissant.

La Révolution mexicaine a une résonance importante dans la région. Le Nayarit est un bastion de soulèvements paysans et d'organisations indigènes. Des figures comme Esteban Baca Calderón, originaire de Tepic, s'illustrent dans les luttes sociales et politiques pour la réforme agraire. Après la Révolution, des terres sont redistribuées à travers les ejidos, et de nombreuses communautés indigènes revendiquent leur autonomie culturelle et territoriale. L'identité indigène commence à être reconnue dans le cadre d'un État-nation en transformation.

En 1917, à la suite de la promulgation de la Constitution mexicaine, le territoire de Tepic obtient enfin le statut d'État libre et souverain, prenant officiellement le nom de Nayarit. Ce changement marque une reconnaissance formelle de son identité politique et administrative. L'État entre ensuite dans une phase de modernisation et de développement, tout en conservant un fort enracinement culturel autochtone.

Durant le XXe siècle, le Nayarit se développe autour de trois axes principaux : l'agriculture (riz, maïs, canne à sucre), la pêche (notamment dans les zones côtières comme San Blas et Santiago Ixcuintla), et le tourisme, particulièrement dans les régions côtières de la Riviera Nayarit. L'industrialisation reste limitée, ce qui freine son intégration économique nationale. Le pouvoir politique reste concentré dans des élites locales liées au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) jusqu'à la démocratisation progressive des années 1990.

Les populations indigènes, notamment les Huichol et les Cora, continuent de jouer un rôle culturel majeur. Leurs pratiques rituelles, leur artisanat, leur cosmologie et leur organisation politique traditionnelle sont partiellement reconnues et protégées par la législation mexicaine, bien que des conflits fonciers persistent. Les migrations, tant internes qu'externes (notamment vers les États-Unis), ont modifié la structure sociale de l'État, provoquant une dispersion de la population et un accroissement de la dépendance aux envois de fonds (remesas).

Aujourd'hui, le Nayarit cherche Ă  renforcer son attractivitĂ© touristique Ă  travers des projets d'envergure, tout en Ă©tant confrontĂ© Ă  des dĂ©fis persistants comme l'inĂ©galitĂ© territoriale, la prĂ©servation des cultures indigènes, l'exploitation des ressources naturelles, et les tensions liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ© et au narcotrafic. 

Quelques-uns des principaux sites archéologiques du Nayarit

• Los Toriles, situé à proximité d'Ixtlán del Río, est le site arcéhaologique le plus emblématique de l'État de Nayarit. Il s'agit d'un ancien centre cérémoniel lié à la tradition Teuchitlán, une culture régionale qui s'est développée dans l'ouest du Mexique entre 200 av. JC et 900 ap. JC. Le site se distingue par ses structures circulaires, notamment les guachimontones, typiques de cette tradition. Ces constructions en forme de cercles concentriques servaient de centres rituels et de lieux de rassemblement communautaire. À Los Toriles, on retrouve également des plateformes, des patios, des escaliers monumentaux, des tombes et des bas-reliefs. Ce site revêt une grande importance car il constitue un lien entre les cultures de la côte pacifique et les hauts plateaux du centre du Mexique. Le petit musée de site permet d'exposer des pièces découvertes dans les fouilles, comme de la céramique, des figurines et des objets funéraires.

•El Conchal, situé près de Santiago Ixcuintla, est un autre site archéologique important, bien que moins développé sur le plan touristique. Il se trouve dans une zone de marais et de lagunes, et doit son nom à la grande quantité de coquillages trouvés sur le site, utilisés dans des pratiques rituelles ou comme matériaux de construction. Ce site aurait été occupé par des peuples de tradition Aztatlán, un ensemble culturel côtier postclassique (900–1350 ap. JC) centré sur la pêche, le commerce maritime et l'échange interrégional. Les structures visibles incluent des monticules artificiels, des restes d'habitations et des plateformes basses. Le matériel retrouvé montre une forte influence de cultures voisines, notamment du Colima, du Sinaloa et du Jalisco.

•La Pochotita, situĂ©e dans la municipalitĂ© de Jala, dans une zone montagneuse et difficile d'accès, est un site cĂ©rĂ©moniel cora d'Ă©poque prĂ©hispanique, probablement utilisĂ© jusqu'Ă  l'arrivĂ©e des Espagnols. Il est principalement constituĂ© de formations rocheuses naturelles associĂ©es Ă  des peintures rupestres, des autels et des vestiges de pratiques religieuses 

autochtones. Les Coras utilisent encore parfois ces lieux à des fins rituelles dans le cadre de leur spiritualité traditionnelle. Le site n'est pas officiellement aménagé, ce qui lui confère une atmosphère relativement intacte, mais aussi une certaine fragilité.

• El Santuario de la Niebla est une zone utilisée de longue date par les Huichols pour accomplir leurs pèlerinages rituels. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un site archéologique au sens strict, cet espace possède une charge symbolique et culturelle très forte, avec des offrandes, des sculptures en pierre, des symboles gravés dans la roche et des sentiers cérémoniels utilisés depuis des siècles. Il est situé dans les hauteurs de la Sierra del Nayar. Loin d'être un site figé dans le passé, il est encore activement utilisé, ce qui rend sa préservation plus délicate, car elle doit conjuguer patrimoine archéologique et respect des pratiques vivantes.

• El Tamarindo, dans les environs de Tuxpan, est un autre site moins connu mais archéologiquement significatif. Il présente des vestiges d'occupations agricoles anciennes, des canaux d'irrigation rudimentaires et des tumuli funéraires. Des fouilles limitées ont révélé des objets céramiques à usage domestique et rituel, ainsi que des outils en pierre, suggérant une implantation semi-permanente en lien avec les réseaux fluviaux de la région.

• En plus de ces sites principaux, de nombreuses tombes à puits, typiques de la tradition de l'Ouest mexicain, ont été trouvées dans tout le territoire nayarite, notamment dans les zones de Tepic, Ahuacatlán et Compostela. Ces tombes, creusées profondément dans le sol, contiennent souvent des figurines funéraires, des urnes, des colliers et des objets rituels. La céramique funéraire, souvent très élaborée, représente des scènes de la vie quotidienne, des rituels ou des divinités anthropomorphes, offrant un aperçu unique sur la cosmologie préhispanique régionale.

.


Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2025. - Reproduction interdite.