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Le
Durango est un État fédéré du Mexique ,
situé dans le nord-ouest du pays, couvre une superficie d'environ 123
451 km². Sa géographie est dominée par un contraste entre les montagnes
accidentées de la Sierra Madre Occidentale à l'ouest et les vastes plaines
semi-arides de l'est, qui s'étendent vers le plateau mexicain.
Ă€ l'ouest, la Sierra
Madre Occidentale traverse le Durango du nord au sud, formant un relief
escarpé avec de profondes vallées, des canyons
et des sommets boisés. Cette région est riche en forêts
de conifères et de chênes, et c'est aussi une zone d'origine volcanique,
avec des formations géologiques complexes. Le climat
y est plus frais et humide comparé au reste de l'État, ce qui favorise
une biodiversité importante. Les précipitations
y sont concentrées durant la saison des pluies, de juin à septembre.
Ă€ l'est, le paysage
change brusquement pour laisser place Ă des plateaux semi-arides, avec
de vastes plaines ponctuées de collines et des zones désertiques. Le
climat y est plus chaud et sec, avec des températures qui dépassent régulièrement
les 35 °C en été. Les précipitations y sont faibles, ce qui rend la
région propice à l'élevage extensif et limite l'agriculture à des zones
irriguées ou situées près des rivières.
Le réseau hydrographique
du Durango est formé de nombreux ruisseaux de montagne, dont plusieurs
alimentent les rivières Nazas et Tunal. La rivière
Nazas, bien qu'intermittente dans certaines zones, joue un rĂ´le crucial
dans l'irrigation et l'agriculture de la région de La Laguna, à la frontière
avec l'État du Coahuila.
Les ressources hydriques sont cependant limitées, surtout dans les zones
de plateau, oĂą l'eau est souvent extraite
des nappes phréatiques.
Le relief du Durango
est également marqué par de nombreux canyons, comme le canyon de La Quebrada,
et des formations naturelles spectaculaires. La région nord-ouest, notamment
dans les municipalités de Tepehuanes et Topia, est très accidentée,
peu accessible, et abrite des communautés indigènes telles que les Tepehuanes
et les Huichols.
En termes de végétation,
la diversité écologique est grande. Les zones montagneuses sont couvertes
de forêts tempérées, tandis que les plaines orientales présentent une
végétation xérophile, composée de cactus, d'agaves, de mesquites et
d'arbustes épineux.
Enfin, le sous-sol
de Durango est riche en ressources minérales, notamment en argent,
plomb,
zinc
et or. L'exploitation minière y joue un rôle économique
historique et important. Les régions montagneuses abritent encore de nombreuses
mines, certaines exploitées depuis l'époque coloniale.
Quelques-unes
des principales villes du Durango
| •
Durango,
officiellement appelée Victoria de Durango, est la capitale et la plus
grande ville de l'État. Elle se trouve au pied de la Sierra Madre Occidentale,
dans une vallée fertile et entourée de montagnes. Fondée en 1563, elle
possède un riche patrimoine colonial, notamment sa cathédrale baroque,
ses nombreuses églises et édifices du XVIIe
et XVIIIe siècles. Centre administratif,
culturel et économique de l'État, la ville accueille une université
publique majeure, l'Université Juárez de l'État de Durango, ainsi que
divers musées, théâtres et institutions éducatives. Son économie repose
sur les services, la construction, l'agroalimentaire, et de plus en plus
sur le tourisme culturel et cinématographique, car elle a été le site
de nombreux tournages de films, notamment des westerns.
• Gómez Palacio,
située dans la région de La Laguna à l'extrême nord-est de l'État,
est l'un des pĂ´les industriels les plus dynamiques du Durango. Elle fait
partie d'une zone métropolitaine trans-étatique avec Torreón (Coahuila)
et Lerdo. Fondée en 1885, son essor est lié au développement des chemins
de fer et à l'agriculture irriguée autour du bassin de la rivière Nazas.
Aujourd'hui, GĂłmez Palacio se distingue par ses zones industrielles, notamment
dans les domaines de la métallurgie, du textile, de l'emballage et de
la transformation alimentaire. La ville bénéficie aussi d'une infrastructure
de transport moderne et d'une forte intégration économique avec Torreón.
• Lerdo,
ville voisine de Gómez Palacio, est souvent perçue comme plus résidentielle
et verte. Elle est réputée pour ses espaces publics bien entretenus,
ses parcs, et son patrimoine historique plus conservé. Fondée en 1898,
elle tire une partie de son économie de l'agriculture, notamment grâce
à la culture du coton et des légumes, mais aussi de l'industrie légère.
Lerdo a su maintenir un équilibre entre urbanisation et environnement,
ce qui en fait une ville attrayante pour la qualité de vie.
• Santiago Papasquiaro,
située dans la zone de transition entre le plateau et les montagnes, est
une ville agricole et forestière importante de la région ouest. Elle
a un rôle stratégique dans la logistique des produits forestiers extraits
de la Sierra Madre, en plus de |
produire
des fruits, du maïs et de l'élevage. Elle conserve aussi une forte identité
culturelle, notamment dans sa musique et ses traditions religieuses. Sa
position géographique en fait un lien entre les zones rurales et
la capitale.
• El Salto,
municipalité de Pueblo Nuevo, est connue pour son rôle central dans l'industrie
forestière. Située dans les hauteurs de la Sierra Madre Occidentale,
cette ville est fortement liée à l'exploitation du bois, avec des scieries,
des fabriques de meubles, et une production importante de matériaux de
construction. Le climat y est plus frais et humide, ce qui a permis le
développement d'une forêt dense, exploitée de manière intensive mais
réglementée.
• Canatlán,
à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest du Durango capitale, est
surtout connue pour sa production de pommes, ce qui lui vaut le surnom
de "la capitale de la pomme". Elle possède une agriculture intensive axée
sur les fruits à pépins, les légumes et les céréales. La ville organise
chaque année la Foire de la Pomme, un événement culturel et économique
majeur pour la région. Son environnement rural et son climat tempéré
en font une zone propice Ă l'agrotourisme et Ă l'expansion agricole.
• Nombre de
Dios est l'une des plus anciennes localités de Durango, fondée en
1562, et fut un centre religieux et minier important pendant la colonisation.
Aujourd'hui, elle est une ville de taille modeste, mais elle conserve une
grande valeur patrimoniale, avec des églises historiques et des vestiges
coloniaux. Sa population vit principalement de l'agriculture, de l'élevage
et du tourisme local.
• Vicente Guerrero,
situé au sud de l'État, se distingue par sa forte tradition agricole,
notamment dans les cultures de maĂŻs, haricots et pois chiches. C'est aussi
un centre important pour le commerce régional entre le Durango et les
États voisins. Sa position sur la route fédérale reliant la capitale
Ă Zacatecas lui donne un certain rĂ´le
stratégique.
• Le Durango possède
également plusieurs autres localités importantes comme Tamazula, Guadalupe
Victoria ou Cuencamé, qui jouent un rôle dans le tissu économique rural,
en particulier dans la production agricole, l'élevage et l'exploitation
des ressources naturelles. Chacune de ces villes reflète une facette particulière
de l'identité de l'État. |
Histoire.
Le territoire de
l'actuel État du Durango a été habité bien avant l'arrivée des Espagnols
par plusieurs groupes indigènes, notamment les Tepehuanes, les Zacatèques
et les Acaxees. Ces populations vivaient de la chasse, de la cueillette
et de l'agriculture rudimentaire, et occupaient des zones montagneuses
difficiles d'accès.
Avec l'arrivée des
Espagnols au XVIe siècle, la région fut
explorée par Francisco de Ibarra en 1562, mandaté par le vice-roi Luis
de Velasco. Ibarra fonda la ville de Durango en 1563 sous le nom de "Villa
de Durango", en l'honneur de sa ville d'origine en Espagne, dans la province
de Vizcaya. Cette ville devint rapidement le centre administratif de la
Nouvelle Biscaye, une immense province coloniale qui s'étendait sur une
grande partie du nord du Mexique actuel. C'est à partir de cette région
que se développèrent de nombreuses expéditions de conquête vers le
nord, notamment vers le Nouveau-Mexique.
Durango joua un rĂ´le
stratégique dans l'expansion coloniale espagnole en raison de ses richesses
minières. Dès le XVIIe siècle, la découverte
de filons d'argent dans les montagnes environnantes attira une importante
population de colons, de mineurs et de missionnaires. La région connut
cependant de fréquentes révoltes indigènes, notamment celles des Tepehuanes
en 1616, qui s'opposaient Ă l'oppression coloniale et Ă la domination
religieuse. Cette révolte fut l'une des plus importantes du nord de la
Nouvelle-Espagne et causa de lourdes pertes aux colons.
Au XVIIIe
siècle, le développement de la ville de Durango se poursuivit, et elle
devint un centre religieux et administratif important, avec l'installation
d'un évêché en 1620. De nombreuses missions catholiques furent établies
dans tout le territoire, ce qui contribua à l'évangélisation, mais aussi
à l'acculturation des populations indigènes. Les routes commerciales
reliant le centre de la Nouvelle-Espagne au nord passaient par le Durango,
qui jouissait d'un rôle de passage entre le coeur du Mexique et les régions
frontalières.
Après l'indépendance
du Mexique en 1821, le Durango fut élevé au rang d'État fédéré en
1824. Le XIXe siècle fut marqué par une
instabilité politique et des conflits internes, notamment pendant la guerre
de Réforme et l'intervention française. Comme dans d'autres États mexicains,
les luttes entre libéraux et conservateurs y furent intenses. Des figures
locales jouèrent un rôle dans ces conflits, bien que le Durango ne fût
pas le principal théâtre des affrontements.
Au cours du Porfiriat
(1876–1911), le Durango connut un certain essor Ă©conomique grâce Ă
l'exploitation minière et à l'extension du réseau ferroviaire, mais
aussi une forte concentration de la richesse et des terres entre les mains
de quelques hacendados. Cette situation provoqua un mécontentement
populaire croissant, qui éclata lors de la Révolution mexicaine. Le général
Francisco
Villa, originaire du nord du pays, mena plusieurs campagnes militaires
dans la région de Durango, qui connut alors de nombreux combats et bouleversements
sociaux.
Après la Révolution,
l'État du Durango traversa une période de reconstruction, marquée par
des réformes agraires et une redistribution des terres. Toutefois, les
inégalités économiques et sociales persistèrent, notamment entre les
zones rurales et la capitale. Au cours du XXe
siècle, l'économie se diversifia lentement, avec le développement de
l'agriculture irriguée dans la région de La Laguna, l'exploitation forestière
dans la Sierra Madre et un regain d'activité minière.
Dans la seconde moitié
du XXe siècle, Durango connut une croissance
urbaine progressive, bien que ralentie par son isolement géographique.
Le développement industriel y resta limité par rapport à d'autres régions
du nord du Mexique. L'État souffrit aussi de problèmes de migration vers
les États-Unis et d'un manque d'investissements dans les infrastructures.
Plus récemment,
Durango a été touché par des phénomènes de violence liés au narcotrafic,
en raison de sa situation stratégique entre les routes du Pacifique et
le nord du pays. Malgré cela, l'État a cherché à promouvoir son patrimoine
naturel, historique et culturel comme un vecteur de développement touristique.
Quelques-uns des
principaux sites archéologiques du Durango
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La
FerrerĂa est le site archĂ©ologique le plus important et le plus Ă©tudiĂ©
de l'État. Situé à environ 7 km au sud-ouest de la ville de Durango,
sur les rives du rĂo Tunal, il fut occupĂ© entre 600 et 1400 ap. JC. par
la culture Chalchihuites. Ce site comprend une pyramide principale, des
plateformes cérémonielles, des habitations, un jeu de balle et des zones
de sépulture. Il témoigne d'une société sédentaire avec des influences
culturelles à la fois mésoaméricaines (notamment de Teotihuacan
et de la culture de La Quemada) et aridoaméricaines. Le musée de site,
situé à proximité, expose des pièces en céramique, des outils en pierre
et des ornements en coquillage et turquoise.
• Nombre de
Dios, l'un des premiers établissements espagnols de la région, présente
également des vestiges archéologiques antérieurs à la colonisation.
Des découvertes dans les grottes et les abris rocheux des environs révèlent
des traces d'occupation humaine très ancienne, probablement des chasseurs-cueilleurs
du Pléistocène supérieur. Des outils lithiques,
des ossements d'animaux et des restes de foyers ont été retrouvés, bien
que le site ne soit pas encore complètement exploré.
• Le site de
Navacoyán, à proximité de la rivière Tunal, est moins développé
que La FerrerĂa mais a rĂ©vĂ©lĂ© des plateformes en pierre et des fragments
de céramique qui suggèrent une occupation contemporaine à celle de Chalchihuites.
Ce site aurait pu fonctionner comme un satellite de La FerrerĂa, dans
un réseau de petits centres régionaux interconnectés.
• La région
de GuanacevĂ, au nord-ouest de l'État, prĂ©sente plusieurs grottes
peintes avec des pictogrammes anciens. Ces |
peintures
rupestres, attribuées à des groupes nomades préhispaniques, représentent
des figures humaines, des animaux, des symboles solaires et des formes
géométriques. Leur fonction était probablement rituelle ou chamanique,
et elles témoignent d'une tradition artistique ancienne du nord mexicain.
• Peñón Blanco,
dans la partie centrale de l'État, possède également des abris rocheux
ornés de peintures rupestres. Certaines scènes montrent des cérémonies,
des chasseurs armés d'arcs, ainsi que des représentations abstraites.
Ces pictogrammes sont difficiles à dater avec précision, mais les archéologues
estiment qu'ils peuvent remonter Ă plus de 1500 ans.
• À l'ouest,
dans la région de Tepehuanes et Topia, les recherches archéologiques
sont limitées en raison de l'accès difficile et du relief accidenté.
Néanmoins, des chercheurs ont documenté l'existence de grottes contenant
des vestiges de campements, des outils lithiques et des traces de sépulture.
Ces zones sont cruciales pour comprendre l'occupation humaine dans la Sierra
Madre avant et pendant la période coloniale.
• Cerro de Mercado,
est un autre site d'intérêt. Il est surtout connu aujourd'hui pour son
minerai de fer, mais des objets en pierre taillée y ont été retrouvés,
indiquant une occupation ancienne. Ce site illustre comment des lieux exploités
aujourd'hui à des fins industrielles recèlent également un patrimoine
archéologique sous-jacent.
• La vallée
du Guadiana, qui entoure la capitale de l'Etat, renferme plusieurs
sites non encore fouillés de manière systématique, mais identifiés
par la présence de tessons, de restes de fondations en pierre et de structures
funéraires. Ces sites pourraient éclairer davantage les réseaux de peuplement
et les échanges entre les cultures mésoaméricaines du centre et les
cultures aridoaméricaines du nord. |
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