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État du Mexique
Colima
L'État de Colima, l'un des plus petits du Mexique, se situe sur la côte ouest du pays, en bordure de l'océan Pacifique. Il est délimité par les États du Jalisco au nord et au nord-est, et de Michoacán au sud-est. Malgré sa taille réduite (environ 5500 km²), Colima présente une grande variété de paysages, de reliefs et de climats.

Le territoire est dominé au nord par la Sierra Madre del Sur, où s'élève le majestueux Volcán de Colima (également appelé Volcán de Fuego), l'un des volcans les plus actifs du continent américain. Son altitude dépasse les 3800 mètres et il est flanqué du Nevado de Colima, souvent parfois de neige en hiver. Ces montagnes donnent naissance à de nombreux cours d'eau, comme les rivières Armería et Coahuayana, qui alimentent les vallées centrales et côtières. La région centrale, plus plate, est fertile et constitue le coeur agricole de l'État, avec une forte production de bananes, de citron, de canne à sucre et de café. La côte pacifique, basse et humide, comprend de vastes plages, des lagunes, des mangroves et des zones de marais propices à la pêche, à l'aquaculture et au tourisme.

Le climat varie de tempéré sur les hauteurs à tropical sur la côte. Les précipitations sont concentrées durant la saison des pluies, de juin à octobre, et l'État est parfois exposé aux ouragans venant du Pacifique. La biodiversité est importante, notamment dans les zones protégées comme la réserve de la Sierra de Manantlán, qui abrite une flore et une faune exceptionnelles, incluant le jaguar, le puma, le coati et de nombreuses espèces endémiques d'orchidées et d'arbres tropicaux.

Histoire.
La région de Colima est habitée depuis l'époque préclassique (environ 1500 av. JC). 
Les sites archéologiques témoignent de l'existence d'une civilisation ancienne, à la fois originale et connectée aux cultures voisines. Tous les sites découverts appartiennent à la tradition archéologique de l'ouest du Mexique, une aire culturelle spécifique connue pour ses tombes à puits, ses figurines céramiques et sa relation rituelle forte avec les animaux, notamment les chiens, qui dans la croyance locale accompagnaient les morts dans l'au-delà. Ces vestiges témoignent d'une culture complexe, longtemps restée en marge des grands centres mésoaméricains, mais désormais reconnue pour sa richesse symbolique et artistique.

La région fut ainsi le berceau de plusieurs cultures autochtones, notamment celle dite de Capacha, l'une des plus anciennes identifiées dans l'ouest du Mexique. Plus tard, vers le Classique (200-900 ap. JC), les cultures de Comala et de Colima se développent, connues pour leurs fameuses céramiques rouges polies qui représentent des scènes de la vie quotidienne, des danseurs, des animaux et des objets funéraires. Ces figurines, souvent trouvées dans des sépultures, révèlent une société hiérarchisée et très ritualisée.

La région est soumise à l'influence commerciale et culturelle de Teotihuacan, puis plus tard des tarasques et des groupes nahuas. À l'arrivée des Espagnols, Colima est gouvernée par des seigneuries autochtones comme celle du cacique Colimotl. En 1523, Gonzalo de Sandoval, envoyé d'Hernán Cortés, conquiert la région après plusieurs affrontements. Les colons espagnols fondent la ville de Colima en 1527, faisant d'elle l'une des plus anciennes cités coloniales du Mexique occidental. Elle fut déplacée à son emplacement actuel en 1529.

Durant la période coloniale, le Colima reste un territoire périphérique mais stratégique, notamment pour les échanges entre la Nouvelle-Espagne et l'Asie, via le port de Manzanillo. Ce port, utilisé par le célèbre galion de Manille, devient un point de transit de marchandises entre l'Orient, l'Amérique et l'Europe. L'activité agricole et minière reste modeste, dominée par les haciendas sucrières et l'exploitation du bois.

Au XIXe siècle, Colima joue un rôle discret mais constant dans les luttes d'indépendance. Après 1821, elle est d'abord rattachée à Jalisco, puis devient territoire fédéral en 1857 et État de plein droit en 1857. Le XXe siècle est marqué par des transformations économiques majeures, notamment le développement du port de Manzanillo, qui devient l'un des plus importants du Mexique pour le commerce international. Il est aujourd'hui un moteur économique fondamental, servant de point d'entrée pour les produits asiatiques et d'exportation de produits agricoles et industriels vers les États-Unis et l'Amérique du Sud.

L'État de Colima a également connu plusieurs catastrophes naturelles, en particulier des séismes et des éruptions volcaniques qui ont marqué sa population et influencé son architecture, notamment par la reconstruction fréquente des églises et bâtiments publics. Le Volcán de Colima est surveillé en permanence en raison de son activité récurrente.

Sur le plan politique, le Colima est caractérisé par une alternance démocratique active depuis les années 1990. Il présente un indice de développement humain parmi les plus élevés du Mexique, avec de bons résultats en matière d'éducation, de santé et d'infrastructures. Toutefois, des tensions liées au narcotrafic ont affecté la région, en particulier autour du port de Manzanillo, stratégique pour les flux de marchandises et potentiellement pour les réseaux criminels.

Le Colima est aujourd'hui reconnu pour son patrimoine culturel, sa gastronomie (avec notamment le pozole seco, les tamales de ceniza, les atoles régionaux), son artisanat en céramique et son carnaval traditionnel. C'est un État à la fois ancien et moderne, enraciné dans une histoire millénaire, connecté à l'Asie par son port, et tourné vers les défis contemporains de durabilité, de sécurité et de croissance équilibrée.

Principales villes et principaux sites archéologiques de l'Etat de Colima

Villes

• Colima, capitale de l'État, est un centre administratif, culturel et historique. Fondée en 1527 et déplacée en 1529, c'est l'une des plus anciennes villes coloniales du pays. Entourée par une région agricole fertile, elle est organisée autour de son centre historique, où se trouvent la cathédrale, le Palais du Gouvernement, le jardin Libertad et plusieurs musées, dont le Musée Régional de Colima. Celui-ci abrite de nombreuses pièces archéologiques provenant des sites préhispaniques de la région, notamment les fameuses figurines de chiens colimotes, typiques de la tradition céramique de l'époque classique. La ville est aussi un centre universitaire, avec l'Université de Colima, et une référence dans la recherche volcanologique grâce à sa proximité avec le Volcán de Colima.

• Manzanillo, principal port commercial de l'État, se situe sur la côte pacifique et joue un rôle stratégique pour le commerce maritime international. Son port est l'un des plus actifs du Mexique, servant de porte d'entrée pour les importations asiatiques et de point d'exportation pour les produits agricoles et manufacturés. Manzanillo est aussi une ville touristique dotée de plages réputées, de complexes hôteliers et d'activités nautiques. Son économie repose sur le commerce, le tourisme, la pêche et les services portuaires. Le développement urbain rapide de ces dernières décennies a fait de Manzanillo un centre logistique majeur du littoral ouest.

• Villa de Ãlvarez, ville jumelle de Colima, est située immédiatement au nord de la capitale. Elle s'est fortement urbanisée et intégrée à l'aire métropolitaine. Connue pour sa Feria de Todos los Santos et ses festivités équestres traditionnelles comme les cabalgatas et la petatera – arène de tauromachie en roseau construite chaque année –, Villa de Ãlvarez conserve un ancrage rural et festif important. Elle accueille également des zones résidentielles en expansion, servant de relais urbain à Colima.

• Tecomán, localisée au sud de l'État, est un centre agro-industriel majeur. Elle est réputée pour sa production de citron, banane et papaye, cultivés dans les plaines fertiles proches du littoral. Son économie repose sur l'agriculture commerciale, les services et la transformation alimentaire. Tecomán connaît une croissance démographique rapide et joue un rôle économique crucial dans le réseau urbain régional.

• Armería et Cuauhtémoc sont deux villes de moindre envergure mais importantes au niveau local. Armería est proche de la côte et spécialisée dans la culture de la canne à sucre et l'aquaculture, tandis que Cuauhtémoc, au pied des montagnes, garde un caractère semi-rural avec une activité tournée vers la culture du café et du maïs.

Sites archéologiques

• La Campana, situé en périphérie de la ville de Colima. Occupé entre 300 et 900 ap. JC, ce site se distingue par sa pyramide centrale, ses plateformes circulaires, ses tombes à puits profondes et son système de canaux d'irrigation en pierre. L'urbanisme du site reflète une organisation sociale avancée et une forte ritualisation de l'espace. Les fouilles ont mis au jour de nombreuses figurines en céramique représentant des scènes domestiques, rituelles ou animales, caractéristiques de la culture colimote.

• El Chanal, à quelques kilomètres au sud du précédent, est un autre site majeur. Il couvre environ 50 hectares et se distingue par ses nombreuses structures en terrasse, ses escaliers monumentaux, ses autels et ses cours cérémonielles. L'architecture montre des influences à la fois locales et du centre du Mexique. Le site aurait été un important centre religieux, avec des cultes liés à l'eau, à la fertilité et au feu. On y a retrouvé des sculptures, des braseros, des figurines anthropomorphes, ainsi que des restes d'offrandes et de céramiques peintes.

• La Piedra Lisa, au nord de l'État, dans la zone montagneuse proche de Comala, est un lieu associé à des légendes préhispaniques et à un site de peuplement ancien. Comala elle-même, bien qu'aujourd'hui surtout connue pour son patrimoine colonial et son architecture blanche traditionnelle, est construite sur un substrat archéologique riche. Des vestiges préhispaniques ont été découverts dans les environs, intégrés parfois aux espaces agricoles.

• Periquillo, dans la municipalité de Tecomán, est un autre centre préhispanique encore en cours de fouilles. Il présente des structures pyramidales, des plateformes cérémonielles et des sépultures élaborées, et témoigne d'une occupation continue de la plaine côtière avant la conquête. On y a découvert des céramiques rouges polies, des haches en pierre et des objets d'ornement en coquillage, qui révélent l'importance du commerce littoral.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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