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ÃŽles Marshall
Republic of the Marshall Islands

9 00 N, 168 00 E
Les îles Marshall sont un archipel de l'océan Pacifique central, à l'Est des îles Carolines, au Nord-Ouest des îles Gilbert (extrémité occidentale du Kiribati), au groupe desquelles on l'a longtemps réuni. Ces îles forment un État composé de 29 atolls et 5 îles isolées, répartis sur environ 1225 îles et îlots. Elles s'étendent sur plus de 1900 kilomètres du nord-ouest au sud-est, couvrant une superficie maritime de près de deux millions de kilomètres carrés, tandis que la terre émergée représente à peine 181 km². La population de l'archipel était évaluée, en 1860, par le missionnaire Gulick, à 40 460 habitats; on l'estimait en 1896 à15000 habitants (dont une centaine d'Européens), et elle était en 2006 de 60 400 habitants (chiffre stable, depuis). 
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Carte des îles Marshall.
Carte des îles Marshall. Source : The World Factbook.
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On le divise en deux groupes : Ratak à l'Est, Ralik à l'Ouest, le premier comprenant 18 îles principales, le second 15 îles principales. Les principales îles sont : Jaluit, Kawen, Majuro (où se trouve  la capitale, du même nom), Ebeye (la plus peuplée après Majuro), Aour, Mulgrave, Ebon, Wotje, etc. Toutes ces îles sont basses, petites, couvertes de végétation et entourées de récifs les unissant les unes aux autres. Il y a des ouragans redoutables en septembre et octobre. Le cocotier forme de grandes forêts. La faune est pauvre; les moustiques sont innombrables. En raison de sa configuration dispersée et de son isolement, la géographie physique des îles Marshall pose d'importants défis en matière de développement, d'infrastructures et de gestion des ressources. 
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Les ÃŽles Marshall
Atolls et îles de la Chaîne Ratak ( = du Soleil levant) Bokak, Bikar, Utirik Atoll, Taka , I. Mejit, Ailuk, I. Jemo,  Likiep , Wotje, Erikub, Maloelap, Aur, Majuro, Amo,  Mili , Knox.
Atolls et îles de la Chaîne Ralik
( = du Soleil couchant)
Ujelang, Bikini, Rongdrik, Rongelap, Ailinginae, Wotho, Ujae, Lae, Kwajalein, I. Lib, Namu, I. Jabat, Ainglaplap, Jaluit, I. Kili, Namorik, Ebon.
Autres îles jelang, Taongi, EnIwetok.

Géographie physique des îles Marshall.
La géographie des îles Marshall présente une configuration extrêmement morcelée, dominée par des formatins coralliennes qui reposant sur des monts sous-marins volcaniques éteints, datant du Crétacé. Au fil des millions d'années, ces volcans se sont affaissés, laissant place à des anneaux coralliens qui forment aujourd'hui les atolls caractéristiques de la région. Les deux chaînes principales – Ratak (à l'est) et Ralik (à l'ouest) – signifient respectivement « lever » et « coucher du soleil » en marshallais, ce qui illustre leur disposition géographique.

Le relief est extrêmement plat, avec une altitude moyenne située autour de 2 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le point culminant ne dépasse pas 10 mètres. Cette faible élévation rend les îles particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer provoquée par le changement climatique. Les sols sont majoritairement sablonneux, poreux et peu fertiles, ce qui limite la végétation naturelle à quelques cocotiers, arbustes halophiles et plantes herbacées adaptées à la sécheresse.

Le climat est équatorial maritime, chaud et humide toute l'année, avec une température moyenne stable autour de 27 à 30 °C. Les précipitations sont abondantes, bien que variables selon les atolls : le nord tend à être plus sec (500 à 1000 mm/an), tandis que le sud reçoit des pluies pouvant dépasser 3000 mm/an. La saison des pluies s'étend généralement de mai à novembre. Les cyclones sont rares mais possibles, bien que les îles Marshall se situent en dehors des principales zones cycloniques du Pacifique.

Les ressources en eau douce sont très limitées. La plupart des îles dépendent de l'eau de pluie collectée dans des citernes, bien que certains atolls disposent de lentilles d'eau douce souterraines reposant sur les aquifères coralliens. Ces lentilles sont toutefois vulnérables à l'intrusion saline, surtout en cas de sécheresse prolongée ou de montée des eaux.

Biogéographie des îles Marshall.
Les îles Marshall sont éloignées des grandes masses continentales, ce qui a limité le nombre d'espèces capables d'y parvenir et de s'y établir. La biogéographie de l'archipel est donc dominée par un fort endémisme marin et une biocénose terrestre relativement pauvre et vulnérable.

La végétation terrestre naturelle est clairsemée et peu diversifiée. Elle est composée principalement d'espèces côtières tolérantes au sel comme le cocotier (Cocos nucifera), le pandanus (Pandanus tectorius), le veloutier (Heliotropium foertherianum) ou encore le manioc de mer (Scaevola taccada). Les sols sableux et calcaires, associés à une pluviométrie variable, n'ont pas permis l'établissement de forêts tropicales denses comme dans d'autres régions du Pacifique. Par ailleurs, les activités humaines, notamment la culture du coprah et la construction, ont transformé de nombreux habitats, ce qui aréduit encore la flore indigène.

La faune terrestre est également limitée. On y trouve peu de mammifères indigènes : principalement des chauves-souris, notamment Pteropus marianus, et des rongeurs introduits. Les reptiles sont plus représentés, avec quelques espèces de geckos et de scinques, souvent endémiques ou micro-insulaires. L'avifaune comprend plusieurs espèces d'oiseaux de mer comme les frégates, sternes, fous et noddis, ainsi que des oiseaux terrestres résidents comme le Zosterops (œil-blanc) marshallais, parfois considéré comme endémique à certaines îles. Le nombre d'espèces d'oiseaux est réduit, mais certaines îles éloignées abritent encore des colonies de reproduction importantes.

La biodiversité marine, en revanche, est exceptionnelle. Les récifs coralliens des îles Marshall figurent parmi les plus riches du Pacifique central, avec plus de 800 espèces de poissons récifaux identifiées, plus de 300 espèces de coraux sclérotiniaires et de nombreux invertébrés marins. Ces récifs forment de vastes lagons qui abritent des habitats variés : herbiers marins, platiers coralliens, pentes récifales, passes et grottes sous-marines. Les tortues marines (notamment la tortue imbriquée et la tortue verte) y trouvent des sites de ponte, et les dugongs ont été signalés historiquement, bien qu'ils soient aujourd'hui absents.

L'isolement biogéographique de l'archipel a limité la dispersion naturelle des espèces, mais les échanges humains ont introduit de nombreuses espèces exotiques, souvent envahissantes. Parmi elles, les rats, les chats et les chiens ont provoqué la disparition locale de plusieurs espèces d'oiseaux nicheurs. Certaines plantes introduites, comme le Leucaena leucocephala ou le Lantana camara, envahissent les milieux perturbés. Cette pression biotique, combinée à la faible résilience écologique des atolls, constitue une menace majeure pour les espèces indigènes.

Les îles Marshall sont aussi très exposées aux effets du changement climatique. L'élévation du niveau de la mer, l'acidification des océans, l'érosion des côtes et les épisodes de blanchissement corallien menacent les écosystèmes locaux. Les récifs, essentiels pour la pêche, la protection côtière et la biodiversité, sont particulièrement sensibles à l'augmentation de la température de l'eau. Des initiatives locales et internationales visent à protéger ces milieux, notamment à travers la création d'aires marines protégées, comme le sanctuaire de l'atoll de Bikini, dont la biodiversité sous-marine s'est en partie rétablie malgré les essais nucléaires du XXe siècle.

Géographie humaine des îles Marshall.
L'ensemble du pays compte environ 60 000 habitants, dont plus de deux tiers sont concentrés sur deux atolls principaux : Majuro, la capitale, et Ebeye, situé sur l'atoll de Kwajalein. Cette concentration urbaine contraste fortement avec la faible densité de population sur la majorité des autres atolls, souvent peu peuplés, voire inhabités.

Les Marshallais, peuple austronésien d'origine micronésienne, ont longtemps maintenu une organisation sociale traditionnelle fondée sur des lignées matrilinéaires, des chefferies (iroij), et des réseaux d'échange entre atolls. Aujourd'hui encore, cette structure clanique joue un rôle dans la gestion des terres et des ressources. Le foncier est traditionnellement détenu par des familles et régulé par les coutumes, ce qui complique parfois les investissements ou les projets d'infrastructure nécessitant des terrains. La terre ne se vend pas, elle se transmet.

L'urbanisation est récente et rapide, concentrée surtout sur Majuro, qui abrite plus de 30 000 habitants. Ce développement urbain est contraint par la géographie physique : Majuro est un étroit ruban de terre long de plusieurs dizaines de kilomètres, parfois de seulement quelques centaines de mètres de large, ce qui rend la pression démographique intense. Les infrastructures y sont insuffisantes, avec des problèmes d'approvisionnement en eau potable, d'assainissement, et de gestion des déchets. Le chômage est élevé, et beaucoup de familles dépendent de transferts de fonds en provenance des expatriés vivant aux États-Unis.

L'économie repose essentiellement sur le secteur tertiaire, notamment les services publics financés par l'accord de libre association avec les États-Unis (Compact of Free Association), qui fournit une assistance financière directe en échange de l'usage militaire d'une partie du territoire, notamment l'atoll de Kwajalein. L'industrie du tourisme est maintenant une petite source des devises étrangères  et emploie moins de 10% de la main-d'oeuvre, mais elle demeure le meilleur espoir pour l'amélioration, dans le futur, du revenu de ces îles, qui ont peu de ressources naturelles. L'industrie de petite taille est limitée à l'artisanat, au traitement du thon traitant et du coprah.  L'agriculture locale reste limitée (coprah, pandanus, fruits tropicaux) en raison des sols pauvres et de l'exiguïté des terres. La pêche lagonaire et hauturière joue un rôle important, à la fois pour la subsistance et comme ressource économique à travers des licences de pêche vendues à des flottes étrangères. Les importations dépassent de loin des exportations. 

La démographie est caractérisée par une jeunesse dominante (plus de 50 % de la population a moins de 25 ans), une forte natalité et un exode croissant vers les États-Unis, notamment les États de l'Arkansas (qui combine un coût de la vie abordable, l'existence d'emplois non qualifiés dans l'industrie avicole, notamment, une tolérance de la population à l'immigration dans certaines localités, et de l'existence de réseaux de solidarité anciens et bien établis de Marshallais, et aussi au sein d'églises évangéliques) et d'Hawaii. Cette émigration, facilitée par l'accord de libre association, est motivée par le manque d'emplois, les effets du changement climatique et le souhait d'une meilleure éducation. Elle engendre un phénomène de d'expatriation de la main d'oeuvre qualifiée qui affaiblit encore les capacités de développement local.

La production agricole, principalement de subsistance, est concentrée dans de petites fermes; les récoltes commerciales les plus importantes sont les noix de coco et les fruits de l'arbre à pain. 

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