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Republic of Mauritius |
20 17 S, 57 33 E ![]() |
L'île Maurice
(anc. île de France) est une grande île de l'Océan
indien, l'une des Mascareignes, au Sud-Est de l'Afrique
Géographie physique
de Maurice.
Maurice.
Le plateau central, situé entre 400 et 600 mètres d'altitude, constitue le coeur géographique de l'île. Il abrite les principales agglomérations (Curepipe, Vacoas) et est traversé par des rivières courtes et parfois torrentueuses qui prennent leur source dans les hauteurs. L'érosion, en particulier hydrique, a façonné de nombreuses vallées, gorges (comme les gorges de la Rivière Noire) et chutes d'eau. L'île ne possède pas de cours d'eau majeurs en longueur, mais un réseau hydrographique dense. Les nappes phréatiques et les réservoirs comme Mare aux Vacoas, La Nicolière et Bagatelle fournissent l'eau potable et irriguent les cultures. Maurice est entourée d'un vaste récif corallien quasi continu, qui forme un lagon peu profond protégeant la côte des vagues océaniques. Ces lagons abritent une riche biodiversité marine et sont d'une grande importance pour l'économie touristique. Certaines zones côtières, comme celles autour de Grand Baie ou de Belle Mare, sont densément urbanisées et aménagées, tandis que d'autres, notamment au sud et au sud-est, restent plus sauvages, avec des falaises basaltiques et des plages exposées à l'érosion marine. Le climat de l'île est de type tropical océanique, influencé par les alizés du sud-est. Il se divise en deux saisons principales : un été chaud et humide de novembre à avril, et un hiver plus frais et sec de mai à octobre. Les précipitations varient fortement selon l'altitude et l'exposition aux vents : le plateau central peut recevoir plus de 3000 mm de pluie par an, tandis que les régions côtières, surtout à l'ouest et au nord, reçoivent en moyenne entre 800 et 1200 mm. Cette variabilité climatique influence directement la végétation, l'agriculture et la répartition des populations. Rodrigues.
ĂŽles
Agalega. Saint-Brandon.
Biogéographie
de Maurice.
La faune terrestre originelle de Maurice s'est développée en l'absence de prédateurs mammaliens. Le cas emblématique est celui du dodo (Raphus cucullatus), un oiseau géant incapable de voler, endémique de Maurice, disparu au XVIIe siècle à la suite de l'introduction de mammifères (rats, porcs, chiens) et de la chasse par les colons. De nombreux autres oiseaux endémiques ont subi un sort similaire ou sont aujourd'hui menacés. Parmi les espèces emblématiques encore présentes figurent la crécerelle de Maurice (Falco punctatus), longtemps considéré comme l'un des rapaces les plus rares au monde, et l'oiseau à lunettes de Maurice (Zosterops chloronothos), tous deux sujets à des programmes intensifs de conservation. Les reptiles et les invertébrés de Maurice montrent aussi un fort taux d'endémisme. L'île abrite plusieurs espèces de geckos, de scinques et d'insectes endémiques. Les îlots voisins, comme l'île aux Aigrettes ou l'île Ronde, ont été transformés en réserves naturelles afin de réintroduire ou protéger certaines de ces espèces en les isolant des espèces invasives. Ces îlots sont devenus des laboratoires de conservation écologique, où des efforts de régénération forestière et de réintroduction de la faune sont en cours. Les milieux marins de la République de Maurice sont tout aussi riches. Le pays est entouré de récifs coralliens qui forment des lagons calmes et abritent une biodiversité marine importante. On y trouve plus de 1000 espèces de poissons, 300 espèces de coraux et des populations de tortues marines, de dugongs, ainsi que de cétacés (dauphins, cachalots). Les herbiers marins et les mangroves, bien que réduits en superficie, jouent un rôle important dans le cycle de vie de nombreuses espèces et dans la protection des littoraux contre l'érosion. Rodrigues possède une biogéographie spécifique, liée à son isolement extrême. Elle compte plusieurs espèces endémiques, notamment de lézards, d'insectes et de plantes. Son lagon intérieur, immense et peu profond, constitue une zone de pêche essentielle mais écologiquement fragile. Les efforts de restauration écologique y sont également importants, avec la création de forêts endémiques replantées et de réserves naturelles comme la Grande Montagne. Les îles Agalega et l'archipel de Saint-Brandon sont plus éloignés et moins bien documentés, mais ils représentent des écosystèmes particuliers : Agalega, de formation corallienne, possède des lagons et des plages accueillant les tortues vertes pour la ponte, tandis que Saint-Brandon est un ensemble d'îlots et de bancs de sable qui abritent des colonies d'oiseaux marins et servent de nurseries pour de nombreuses espèces halieutiques. La biogéographie mauricienne est confrontée à de nombreuses menaces. L'introduction d'espèces exotiques envahissantes (rats, mangoustes, goyaviers, lianes exotiques) a profondément perturbé les équilibres écologiques. L'urbanisation, la déforestation, l'agriculture intensive, la pollution marine, le tourisme non maîtrisé et le changement climatique (avec notamment le blanchissement des coraux) mettent en péril les habitats naturels. Le pays a néanmoins mis en place une politique active de conservation, avec des institutions telles que le Mauritian Wildlife Foundation et des actions soutenues de reboisement, de suivi de la faune et de sensibilisation publique. Géographie humaine
de Maurice.
La population de Maurice est issue de vagues successives de migration liées à la colonisation. D'abord peuplée d'esclaves africains sous domination française, l'île a ensuite vu l'arrivée de travailleurs engagés indiens sous l'administration britannique au XIXe siècle. Aujourd'hui, la société mauricienne est multiculturelle et multiethnique : on y trouve des populations d'origine indienne (majoritaires), africaine, chinoise et européenne (créoles et franco-mauriciens). Cette diversité est visible à travers les langues parlées (créole mauricien, bhojpuri, hindi, ourdou, français, anglais) et les religions pratiquées (hindouisme, christianisme, islam, bouddhisme). Les zones urbaines sont concentrées sur le plateau central et sur le littoral nord, particulièrement autour de Grand Baie, qui connaît un essor touristique rapide. À l'inverse, l'est et le sud-est du pays conservent un caractère plus rural, bien que le tissu urbain s'y étende de plus en plus. Les zones rurales sont historiquement dominées par la culture de la canne à sucre, qui a longtemps structuré l'économie de l'île. Aujourd'hui, cette culture reste présente, mais elle recule au profit d'activités plus diversifiées : maraîchage, élevage, horticulture et développement immobilier. Rodrigues compte environ 45 000 habitants et conserve une physionomie plus rurale, avec une économie centrée sur la pêche, l'agriculture vivrière et un tourisme de niche. L'insularité plus marquée, la faible mécanisation et l'éloignement de la capitale en font une région à part, dotée d'une autonomie administrative partielle depuis 2002. Les îles Agalega et l'archipel de Saint-Brandon sont très faiblement peuplés et jouent un rôle stratégique plus que démographique, notamment pour la pêche, la surveillance maritime et les projets géopolitiques (comme la coopération avec l'Inde pour une base logistique à Agalega). Quelques-unes des principales localités de Maurice
L'économie mauricienne
s'est profondément transformée depuis l'indépendance en 1968. D'une
monoculture sucrière, elle est passée à une économie tertiarisée.
Bien que le secteur agricole ne représente plus que 1% du PIB, la canne
à sucre qui représente environ 90% du secteur cultivé de terre contribue
encore pour 25% aux recettes de l'exportation. Mais la stratégie de développement
mise en oeuvre par le gouvernement porte sur l'industrie textile, le tourisme,
et surtout sur l'augmentation des institutions financières locales et
l'établissement d'une industrie domestique de télécommunications de
l'information. Maurice a d'ores et déjà attiré plus de 9000 entités
offshore, beaucoup d'entre elles impliquées dans le commerce en Inde Cette mutation a provoqué un réaménagement des espaces : les zones franches industrielles se sont installées en périphérie urbaine, de nouveaux quartiers résidentiels ont vu le jour, et des pôles touristiques se sont développés sur les côtes nord et ouest, ce qui a favorisé une littoralisation de l'économie et a, corrélativement, engendré une certaine inégalité spatiale : certaines régions de l'intérieur de l'île sont moins développées et restent en marge des grands flux économiques. L'accès aux services (santé, éducation, transport) est relativement bon sur l'île Maurice, avec un réseau routier dense et un accès généralisé à l'eau potable et à l'électricité. Le métro express de Port-Louis à Curepipe constitue une étape importante dans la modernisation du transport urbain. Toutefois, les embouteillages restent un problème majeur dans les grandes villes. À Rodrigues, l'accès aux services est plus limité, et des inégalités de développement persistent. L'aménagement du territoire à Maurice doit faire face à plusieurs défis : la pression démographique, la préservation des terres agricoles, la gestion durable du littoral, la montée du niveau de la mer et la résilience face au changement climatique. L'île est régulièrement exposée aux cyclones, et l'expansion urbaine rapide menace les zones humides, les forêts relictuelles et les récifs coralliens. Les politiques publiques cherchent désormais à concilier croissance économique, cohésion sociale et durabilité environnementale. Cartes de Maurice et de ses dépendances-
Carte de l'île Maurice. (Cliquer sur l'image ou sur les miniatures ci-dessous pour afficher des cartes plus détaillées).
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