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État de l'Inde
Pendjab
Le Pendjab est un État du nord-ouest de l'Inde. Il s'étend sur une superficie d'environ 50 362 km²  et est bordé au nord par le Jammu-et-Cachemire, à l'est par l'Himachal Pradesh, au sud-est par l'Haryana, au sud-ouest par le Rajasthan, et à l'ouest par la province pakistanaise du Pendjab, avec laquelle il partage une frontière internationale de près de 553 km. Le fleuve Sutlej marque en grande partie cette frontière naturelle, tout en structurant le paysage agricole de l'État.

Le territoire pendjabi est principalement constitué de plaines alluviales, formées par les dépôts des cinq rivières qui lui ont donné son nom. Ces plaines sont extrêmement fertiles et constituent l'un des greniers agricoles de l'Inde. Le sol est majoritairement limoneux, avec une très bonne capacité de rétention d'eau dans les zones bien irriguées, bien qu'une partie du sud de l'État connaisse une dégradation croissante du sol due à la salinisation et à l'épuisement des nappes phréatiques.

Le relief est peu contrasté : l'État est globalement plat, avec une légère inclinaison du nord-est vers le sud-ouest. Dans la région nord-est, on trouve quelques contreforts des Siwaliks, qui forment les premiers plis de l'Himalaya. Ces zones collinaires sont relativement moins fertiles, avec des cours d'eau torrentiels appelés choes. Le reste du territoire est dominé par la plaine indo-gangétique, entrecoupée de rivières et de canaux d'irrigation.

Le réseau hydrographique est centré autour des rivières Beas et Sutlej, toutes deux affluentes de l'Indus. La Sutlej, qui traverse l'État du nord-est au sud-ouest, est la plus importante, régulée par de nombreux barrages et canaux (notamment le canal Sirhind et le canal Bhakra) qui ont permis l'intensification de l'agriculture. L'irrigation est largement assurée par ces systèmes artificiels. Toutefois, l'exploitation excessive des eaux souterraines pose un défi majeur, avec des niveaux phréatiques en baisse rapide, particulièrement dans les districts de Sangrur, Moga et Bathinda.

Le climat du Pendjab est de type subtropical semi-aride. Les étés (avril à juin) sont très chauds, avec des températures pouvant dépasser 45°C. La mousson intervient de juillet à septembre, apportant 70 à 80 % des précipitations annuelles, bien que celles-ci soient souvent irrégulières. L'hiver (novembre à février) est sec et modérément froid, avec des températures pouvant descendre en dessous de 5°C, notamment dans les districts du nord.

Le Pendjab est divisé en trois grandes régions géographiques : Majha, Doaba et Malwa. Majha, entre les rivières Ravi et Beas, comprend des villes comme Amritsar et Gurdaspur, et est le coeur historique du sikhisme. Doaba, entre la Beas et la Sutlej, est connue pour son sol fertile et son importante diaspora à l'étranger. Malwa, qui couvre le sud de l'État, est la plus vaste des trois, avec des villes comme Ludhiana, Bathinda et Patiala. C'est également la région la plus densément peuplée et celle où les effets de la crise agricole sont les plus visibles.

L'activité humaine a profondément transformé le paysage naturel, remplaçant les forêts originelles par des cultures intensives. Les rares forêts restantes sont situées dans les contreforts des Siwaliks et autour de quelques zones protégées, comme le sanctuaire de Harike, un important site pour les oiseaux migrateurs. Malgré sa faible couverture forestière (moins de 4 % de la superficie totale), le Pendjab tente aujourd'hui de reboiser certaines zones dans le cadre de politiques de restauration écologique.

Quelques-unes des principales villes du Pendjab

• Amritsar est la ville la plus emblématique du Pendjab. Centre religieux du sikhisme, elle abrite le célèbre Harmandir Sahib, aussi appelé le Temple d'Or, lieu de pèlerinage majeur. Amritsar est également marquée par son passé colonial et son rôle historique durant la partition de 1947. La ville est un pôle touristique et un centre commercial, notamment grâce à sa proximité avec la frontière pakistanaise et le point de passage de Wagah.

• Ludhiana est le coeur industriel du Pendjab. Elle est un important centre de fabrication textile, en particulier pour les vêtements en laine et les articles de sport. Elle attire une population ouvrière importante et joue un rôle clé dans l'économie de l'État. L'industrie des bicyclettes, des machines-outils et des pièces automobiles y est florissante.

• Jalandhar est une autre ville importante, historiquement réputée pour son industrie des instruments sportifs et ses usines de caoutchouc. Elle est aussi un centre culturel et éducatif, abritant de nombreuses écoles, universités et institutions religieuses. Ancien bastion du royaume de Kapurthala, Jalandhar conserve encore une forte empreinte historique dans son urbanisme et ses lieux patrimoniaux.

• Patiala, célèbre pour son patrimoine royal, se distingue par ses palais et son architecture de style indo-sarrasin. Ancienne capitale d'un royaume princier, elle a su conserver son cachet aristocratique avec le Qila Mubarak, les jardins de Sheesh Mahal et ses institutions culturelles. Patiala est également connue pour son style de turban, sa musique classique et ses universités, notamment la Punjabi University.

• Bathinda, située dans le sud-ouest du Pendjab, est un centre énergétique important. Elle accueille deux grandes raffineries de pétrole et des centrales 

thermiques. Historiquement stratégique, elle possède l'un des plus anciens forts du sous-continent indien. La ville est également un centre de transport majeur, avec des lignes ferroviaires et routières cruciales pour la région.

• Mohali, officiellement appelée Sahibzada Ajit Singh Nagar, est devenue l'un des pôles technologiques et résidentiels modernes du Pendjab. Intégrée dans la région tricity avec Chandigarh et Panchkula, elle connaît une croissance rapide grâce à ses parcs informatiques, ses complexes sportifs et ses institutions de recherche. Elle attire une population jeune et qualifiée.

• Hoshiarpur, ville située dans la région sub-himalayenne du Pendjab, est connue pour ses artisans du bois, ses vergers et son ambiance calme. Elle a une réputation d'excellence éducative et a vu naître de nombreux intellectuels. Bien que plus petite en taille, elle joue un rôle culturel et artisanal important dans l'État.

• Firozpur, ville frontière, est historiquement et militairement stratégique. Elle abrite plusieurs bases militaires et est proche de la ligne de contrôle avec le Pakistan. Elle est traversée par le fleuve Sutlej et possède un riche héritage lié à l'indépendance de l'Inde. Ses marchés, ses gurdwaras et son atmosphère patriotique en font une ville unique.

• Moga est au coeur de la ceinture agricole du Pendjab. Elle est un exemple de prospérité rurale, soutenue par des systèmes d'irrigation modernes et une agriculture mécanisée. Cette ville est également un bastion culturel, terre natale de nombreux chanteurs et poètes du Pendjab.

• Phagwara, bien que plus petite, est une ville dynamique du district de Kapurthala, entre Ludhiana et Jalandhar. Elle bénéficie de sa localisation stratégique et de sa population en grande partie issue de la diaspora pendjabie. Le commerce, l'immobilier et l'enseignement supérieur y sont bien développés.

Histoire du Pendjab.
Le Pendjab fut d'abord le berceau de la civilisation de l'Indus, avec des sites archéologiques majeurs comme Harappa situés dans la partie aujourd'hui pakistanaise. Dès le IIIe millénaire av. JC, cette région était un centre urbain avancé, avec des systèmes d'irrigation, des routes pavées et une écriture encore partiellement déchiffrée. Après le déclin de cette civilisation, le Pendjab connut l'arrivée des Aryens vers 1500 av. JC, qui y composèrent de nombreux hymnes védiques, notamment dans la région des rivières Sarasvati et Sutlej, ce qui confère au Pendjab un rôle central dans la genèse de la culture védique.

Au fil des siècles, le territoire fut traversé par plusieurs envahisseurs venus de l'ouest : Perses achéménides, Grecs d'Alexandre le Grand (vers 326 av. JC), Indo-Scythes, Parthes et Kouchans. Le roi Poros y affronta Alexandre lors de la célèbre bataille de l'Hydaspe. Plus tard, la région fut intégrée à l'empire Maurya sous Chandragupta, puis Ashoka. Au début de l'ère chrétienne, les Kouchans contribuèrent à un important brassage culturel indo-iranien et bouddhique. Durant le premier millénaire, le Pendjab devint un territoire stratégique aux mains des Huns Hephtalites, puis de diverses dynasties hindoues et bouddhistes, avant que l'islam ne s'y implante durablement avec les invasions de Mahmoud de Ghazni au XIe siècle.

Avec l'établissement du sultanat de Delhi au XIIIe siècle, puis de l'Empire moghol au XVIe siècle, le Pendjab devint une province importante, mêlant influences persanes, turques et indiennes. C'est dans ce contexte que naquit le sikhisme au XVe siècle, fondé par Guru Nanak (1469–1539), originaire de Talwandi (aujourd'hui au Pakistan). Les neuf Gurus suivants établirent progressivement une identité religieuse, sociale et politique distincte, centrée sur l'égalité, le rejet du système des castes et une foi monothéiste. Le cinquième Guru, Arjan, fit construire le Temple d'Or à Amritsar. Après des persécutions par les autorités mogholes, notamment sous Aurangzeb, le dixième Guru, Gobind Singh, créa la Khalsa en 1699, une fraternité guerrière destinée à protéger la communauté sikh.

Au début du XVIIIe siècle, après l'effondrement de l'autorité moghole, le Pendjab entra dans une phase de fragmentation politique. Divers chefs sikhs formèrent des misls (confédérations), jusqu'à ce que Ranjit Singh unifie la région en 1799, fondant l'Empire sikh, avec Lahore comme capitale. Cet empire connut une remarquable prospérité et tolérance religieuse, avec une administration moderne et une armée puissante. Cependant, après la mort de Ranjit Singh en 1839, des querelles de succession affaiblirent l'État. Les guerres anglo-sikhes de 1845–1846 et 1848–1849 se soldèrent par l'annexion du Pendjab par les Britanniques, qui en firent une province de l'Empire des Indes.

Durant la période coloniale, le Pendjab fut à la fois un bastion de résistance et un pilier de l'administration britannique. Il fournit d'importants contingents à l'armée coloniale, mais aussi de nombreux leaders au mouvement pour l'indépendance. L'événement marquant reste le massacre de Jallianwala Bagh à Amritsar en 1919, où des centaines d'Indiens non armés furent tués par les troupes britanniques sous le commandement du général Dyer, provoquant une onde de choc dans tout le pays.

L'indépendance de l'Inde en 1947 entraîna la partition du Pendjab entre l'Inde et le Pakistan, sur des critères religieux. Ce fut l'un des épisodes les plus violents de l'histoire moderne, avec près d'un million de morts et des millions de déplacés. La partie orientale devint l'État indien du Pendjab, tandis que la partie occidentale fut intégrée au Pakistan. La ligne Radcliffe devint la frontière internationale, séparant brutalement des communautés, des familles et des villes.

Après l'indépendance, le Pendjab indien connut d'abord une unification linguistique complexe. En 1966, il fut divisé en trois : le Pendjab (sikh et pendjabi), l'Haryana (hindiphone) et Himachal Pradesh. Parallèlement, les années 1970–1980 furent marquées par une montée du séparatisme sikh, alimentée par des revendications politiques et religieuses. Ce conflit culmina avec l'opération Blue Star en juin 1984, où l'armée indienne investit le Temple d'Or pour éliminer les militants retranchés. L'assassinat d'Indira Gandhi en représailles déclencha des émeutes anti-sikhes à Delhi. La violence persista jusqu'au milieu des années 1990, causant des milliers de morts.

Depuis lors, l'État est revenu à la stabilité, mais reste confronté à d'autres défis : crise agricole, émigration massive, chômage et consommation de drogues. 

Principaux sites archéologiques et historiques du Pendjab

• Ropar (Rupnagar), est l'un des sites archéologiques les plus anciens du Pendjab. Il a révélé des traces de la civilisation de l'Indus, notamment des poteries, des outils en pierre, des sceaux et des objets en cuivre. Ce site démontre une continuité d'occupation depuis l'âge du bronze jusqu'à la période médiévale. Le musée archéologique de Ropar expose de nombreux objets retrouvés lors des fouilles, illustrant la complexité sociale et technologique de cette civilisation.

• Le Fort de Bathinda est l'un des plus anciens forts de l'Inde du Nord. Sa construction remonte au VIe siècle, et il a été associé à des figures historiques majeures telles que Razia Sultane, la première femme souveraine de Delhi, qui y fut emprisonnée. L'architecture massive du fort témoigne d'influences afghanes et mogholes. Il servait à la fois de garnison militaire et de bastion stratégique sur les routes commerciales.

• Le Temple d'Or (Harmandir Sahib) à Amritsar, bien que d'importance religieuse, est aussi un site historique d'envergure. Construit au XVIe siècle par le cinquième gourou sikh, Guru Arjan Dev, il a été détruit et reconstruit plusieurs fois, notamment durant les invasions afghanes. Son architecture en marbre et or, ainsi que le bassin sacré qui l'entoure, en font un chef-d'oeuvre de la période post-moghole. Il incarne la résistance, la foi et la résilience du peuple sikh.

• Le Jallianwala Bagh, adjacent au Temple d'Or, est un site de mémoire lié à l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire coloniale. Le 13 avril 1919, des troupes britanniques y massacrèrent des centaines d'Indiens non armés. Aujourd'hui, le site est conservé comme un jardin commémoratif avec des galeries, des sculptures et des murs criblés de balles, rappelant le prix de la liberté.

• Le Fort de Gobindgarh, également à Amritsar, remonte à l'époque de Maharaja Ranjit Singh au XIXe siècle. Il était une forteresse défensive cruciale pour la protection contre les incursions britanniques et afghanes. Entouré de douves et doté de 

bastions imposants, le fort a été restauré pour accueillir aujourd'hui des expositions multimédias, des musées et des spectacles culturels sur l'histoire du Pendjab.

• Sanghol, dans le district de Fatehgarh Sahib, est un site archéologique important de l'époque indo-grecque et kouchane. Des fouilles y ont mis au jour des stèles bouddhiques, des statues en grès rouge et des poteries anciennes datant du Ier au IVe siècle. Ce site est essentiel pour comprendre la diffusion du bouddhisme dans le nord de l'Inde et les échanges culturels avec l'Asie centrale.

• Le Fort de Phillaur, situé au bord de la rivière Sutlej, fut initialement construit par les Sikhs sous Maharaja Ranjit Singh, puis modifié par les Britanniques pour devenir une forteresse européenne. Il abrite aujourd'hui une académie de police, mais conserve encore sa structure octogonale et ses bastions. Il incarne une transition architecturale entre tradition indigène et conception militaire coloniale.

• Kapurthala, ancienne capitale princière, conserve de nombreux palais et monuments inspirés de l'architecture française, notamment le Jagatjit Palace, construit sur le modèle du château de Versailles. Le mélange d'art indo-sarrasin, moghol et européen reflète la sophistication cosmopolite de la cour royale du XIXe siècle. La ville est aussi connue pour ses galeries, son église gothique Saint Mary's, et le jardin Shalimar.

• Le Gurdwara Fatehgarh Sahib est un lieu historique central du sikhisme. Il commémore le sacrifice des deux jeunes fils du dixième gourou, Guru Gobind Singh, qui furent emmurés vivants par l'armée moghole. Le complexe du gurdwara comprend plusieurs sanctuaires, musées et mémoriaux dédiés à cet épisode tragique de résistance religieuse.

• Anandpur Sahib, site sacré de la fondation du Khalsa par Guru Gobind Singh en 1699, possède un riche patrimoine architectural et spirituel. Il abrite plusieurs gurdwaras historiques comme Takht Sri Keshgarh Sahib. C'est aussi le lieu du festival de Hola Mohalla, une célébration guerrière et religieuse qui perpétue l'héritage martial des Sikhs..

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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