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Les départements français
L'Aude
[Histoire de l'Aude]
L'Aude est un département de la France. Il a été formé d'une partie du Haut Languedoc, comprenant le Sud du Lauraguais, et de la partie du Bas Languedoc, composée du Narbonnais, du Razès et du pays de Sault. Sa superficie est de 631,324 hectares, et sa population de 353,024 habitants (2010).

C'est un pays montueux, couvert à l'Est, par les Corbières orientales, à l'Ouest, par les Corbières occidentales, et au Nord-Ouest, par la montagne Noire. Le centre du département est occupé par la vallée de l'Aude. La côte est bordée de lagunes et de marais salants, au milieu desquels s'élève, à l'Est de Narbonne, la montagne calcaire de la Clappe. Ce département a un tiers de sa superficie composé de landes et de terres incultes, que l'on trouve surtout dans les parties montueuses et le long de la mer. Le reste du pays est fertile et produit des céréales, du vin, et des fruits. Les bois, qui couvrent 60,000 hectares, se trouvent surtout dans le haut bassin de l'Aude. Les vignes occupent aussi 60,000 hectares.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
3
Narbonne 52 542
2
1
Carcassonne 49 133
3
1
Castelnaudary 11 774
4
2
Limoux 10 286
5
3
Lézignan-Corbières 9 856
6
3
Coursan 6 288
7
1
Trèbes 5 753
8
3
Port-la-Nouvelle 5 620
9
3
Sigean 5 163
10
3
Cuxac-d'Aude 4 423
Rang Arr. Commune Population
11
3
Gruissan 4 335
12
3
Leucate 3 710
13
2
Quillan 3 551
14
1
Bram 3 257
15
3
Fleury 3 175
16
1
Villemoustaussou 3 174
17
3
Salles-d'Aude 2 537
18
1
Pennautier 2 502
19
1
Conques-sur-Orbiel 2 324
20
3
Sallèles-d'Aude 2 320
Codes des arrondissements : 1 = Carcassonne, 2 = Limoux, 3 = Narbonne.
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Situation, limites, superficie 

Le département de l'Aude doit son nom à son plus fort cours d'eau, qui prend sa source dans les Pyrénées et qui a un parcours de 180 km (sur 208) dans le département.

Ce département est borné au Nord par les départements de la Haute-Garonne, du Tarn et de l'Hérault; à l'Ouest par ceux de l'Ariège et de la Haute-Garonne; au Sud par ceux de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales; à l'Est par la mer Méditerranée. Sa plus grande longueur est de 120 km de l'Est à l'Ouest; sa plus grande largeur du Nord au Sud est d'environ 85 km.

Relief du sol. Structure générale

Le département de l'Aude, entrecoupé de chaînons montagneux, présente une grande variété de sites. On trouve un grand nombre des paysages sauvages et pittoresques dans les montagnes dont de vastes forêts couvrent les pentes. Puis la rivière débouche dans une plaine large et d'un riant aspect au delà de Carcasonne et de Trèbes. D'une manière générale le département forme une région naturelle bien caractérisée : il correspond presque complètement au bassin de l'Aude. Ce bassin s'élargit en vallée au centre du département et est borné de trois côtés, au Sud, à l'Ouest et au Nord, par des montagnes. L'inclinaison du département, de l'Est à l'Ouest, est donnée par quatre chiffres pris sur la grande ligne de pente du canal du Midi et de l'Aude : les Pierres de Naurouse, 189 m au-dessus de la Méditerranée; Castelnaudary, 160 m; Carcassonne, 100 m, et Narbonne, 13 m. L'inclinaison du département du Sud au Nord est donnée par les hauteurs suivantes : Axat est à 400 m; Quillan à 283 m; Couiza à 225 m; Limoux à 164 m; Carcassonne à 100 m. L'orographie du département est formée indirectement par deux grandes chaînes : Ramification des Pyrénées au Sud et à l'Ouest; Ramification des Cévennes au Nord.

Région des Pyrénées.
La grande chaîne des Pyrénées n'atteint pas le département de l'Aude, mais l'un de ses plus importants chaînons, qui se détache à Montlouis, atteint l'Aude au Roc Madrès (2471 m), point culminant du département et au pic de Bernard-Sauvage (2427 m). Au Roc Madrès la chaîne se divise en deux séries de montagnes. L'une se dirige vers l'Est et va jusqu'à la mer, en séparant l'Aude des Pyrénées-Orientales. L'autre court vers le Nord-Ouest en s'appuyant à une arête qui court régulièrement du Sud au Nord, entre le bassin de l'Aude et celui de la Garonne, en diminuant graduellement de hauteur jusqu'au bief de partage du canal du Midi, qui passe par-dessus sa croupe très abaissée.

I. La chaîne orientale s'étend vers le Nord jusqu'au col de Saint-Louis qui s'abaisse à 687 m et livre passage à la grande route de Carcassonne à Perpignan. Les principaux sommets, du Roc Madrès au col de Saint-Louis, sont couverts de forêts de hêtres et de sapins (forêts de Lapazeuil, de Boucheville et des Fanges); ce sont : le pic de Bernard-Sauvage (2427 m); le pic de la Glèbe (2024 m); le col de Jau (1513 m); la montagne Rase (1845 m); le Pla Lebat (1520 m); le pic de la Rouquette (1290 m); le Sarrat Naou (1314 m); le rocher de Boucheville (1248 m); la Serre d'Arquières (1038 m). Nous arrivons ainsi au col de Saint-Louis à partir de ce moment la chaîne ne présente plus que des pics déchiquetés, des mamelons arrondis, d'une couleur grisâtre et complètement dénudés. La chaîne prend le nom de Corbières et court dans l'intérieur du département entre le bassin de l'Aude et les petits bassins de l'Agly et de la Berre : ce n'est pas une arête continue, mais une suite de petits plateaux, de chaînons, de ramifications isolées. On les distingue en deux branches : 1° les Basses-Corbières; 2° Les Hautes-Corbières.

1° Les Basses-Corbières se détachent au Pech de Bugarach (1231 m), elles se dirigent vers le Nord et se terminent aux Montagnes d'Alaric (600 m), près de Capendu; en outre quelques contreforts se dirigent vers le Nord-Est jusqu'aux étangs de Sigean et de Gruissan et reparaissent sous le nom de montagne de la Clappe (200 m) dans la plaine de Narbonne, au bord de la mer.

2° Les Hautes-Corbières se dirigent à l'Est à partir du Bugarach et vont en s'abaissant jusqu'à la mer; cette chaîne s'interrompt à deux reprises, et laisse passer l'Agly et le Verdouble qui coulent vers les Pyrénées-Orientales. On y remarque quelques sommets tels que le plateau de Saint-Paul (966 m); le Puech de Fraisse (942 m); le Roc des Coudets (597 m).

Il. La chaîne occidentale s'étend entre les département de l'Aude et de l'Ariège et se termine au Nord par la dépression connue sous le nom de col, seuil, ou pierres de Naurouse (191 m) où passent le canal du Midi et le chemin de fer de Toulouse à Sète. Dans la première partie de la chaîne on trouve des sources abondantes et des forêts remarquables : ce sont les bois de Tiblac, les forêts de Belcaire, de Canelle, de Carbone, de Puyvert, etc. En allant vers le Nord la chaîne s'abaisse depuis le Roc Madrès : elle n'a plus que 1376 m à Escouloubre et est interrompue par une large tranchée qui donne passage à l'Aude. La chaîne se relève ensuite et atteint 2010 m au roc d'Entagels; on trouve ensuite le pic de Lafajole (2027 m), la longue crête des Pailhères (1900 m environ) où le Rebenty prend sa source, le col d'El Pradel, le pic de Serembarre (1854 m), le col de la Peyre, par lequel l'Hers entre dans le département, où il arrose Chalabre; les pentes de la chaîne sont abruptes et couvertes de sapins du côté de l'Ariège, tandis que du côté de l'Aude elles s'arrondissent en fertiles prairies. Au delà de Chalabre les collines du Chalabrais cessent de former une crête suivie : c'est une série de coteaux isolés ou ramifiés de tous côtés. Le col de Naurouse marque la fin de la chaîne. Entre celui-ci et la Montagne Noire, on trouve une succession de collines peu élevées (321 m au point culminant) qui s'étendent au Nord de Castelnaudary : ce sont les coteaux de Saint Félix, en grande partie situés hors du département. Ils se terminent au col de Saint-Félix.

Région des Cévennes. 
La Montagne Noire, ramification des Cévennes, sépare au Nord le département de l'Aude de ceux du Tarn et de l'Hérault. La chaîne formée de coteaux peu élevés et arides, coupée de gorges sauvages, est peu élevée (212 m dans l'arrondissement de Castelnaudary, puis 615 au bassin de Saint-Ferréol); dans l'arrondissement de Carcassonne elle se relève, et atteint 916 m dans la forêt de Ramondens, 1024 m dans celle de Montaud. Enfin le pic de Nore, point culminant, a 1210 m. On trouve encore le roc de Peyremau d'une hauteur de 1056 m. Au delà la chaîne descend vers l'Est et s'abaisse : le roc de l'Aigle n'a plus que 745 m et, au delà de Caunes, elle se disperse en une succession de collines peu élevées.

Régime des eaux

Le département de l'Aude appartient aux versants de la Méditerranée et de l'Océan : la chaîne qui s'étend du seuil de Naurouse au Roc Madrès détermine la ligne de partage des eaux.

Versant de la Méditerranée. 
On y distingue trois bassins, celui de l'Aude, celui (peu important) de la Berre, et celui de l'Agly. 

Bassin de l'Aude.
L'Aude est la rivière la plus importante du département auquel elle donne son nom. Elle naît au roc d'Aude à 8 km de Montlouis, dans les Pyrénées-Orientales, parcourt environ 25 km avant d'entrer dans le département de l'Ariège; elle se dirige au Nord puis décrit une courbe immense et suit les gorges de Carcanières, profondes de 500 m, qui servent de limite entre l'Ariège et l'Aude, puis elle entre dans le département de l'Aude à l'Est de Campagna-de-Sault, et, toujours étroitement encaissée, passe près de Fontanès, baigne la forêt de Gesse, se dirige vers l'Est et se grossit de l'Aiguette ou Guette. Alors l'Aude se dirige vers le Nord et traverse les gorges de Saint-Georges; quoique grossie près d'Axat des eaux du Rebenty, elle occupe encore un lit très étroit, resserré entre des rochers escarpés et presque perpendiculaires : c'est le défilé de Pierre-Lis. Elle décrit de nombreux détours et baigne Quillan; à partir de ce moment le terrain s'ouvre : un vallon assez cultivé succède aux montagnes stériles; elle reçoit à droite les ruisseaux de Saint-Bertrand et de Sals, baigne Couiza, puis Alet : la vallée redevenue étroite est couverte d'arbres fruitiers. 

A Limoux elle s'élargit, reçoit à gauche les rivières de Roquetaillade, de Lagagnoux, de Cougain et de Sou; à Coufoulens, elle reçoit le Lauquet : en cet endroit c'est une considérable rivière qui élargit son lit de cailloux roulés. L'Aude passe ensuite à Carcassonne, se rapproche du canal du Midi qu'elle côtoie parallèlement jusqu'à la mer; elle reçoit le Fresquel, descend au Sud, passe à Trèbes où elle reçoit l'Orbieu, et traverse une campagne bossuée de coteaux couverts de vignes ou de céréales. La direction de l'Aude était d'une manière générale du Sud au Nord : elle oblique à partir de ce moment vers l'Est, passe à Marseillette, Roquecombe, reçoit l'Argentdouble : le sol perd son inclinaison et le cours de la rivière devient plus lent; la plaine de Villedaigne environne le confluent de l'Aude et de l'Orbieu; après avoir contourné les collines de Moussan, l'Aude reçoit à gauche la rivière de Cesse; un peu avant elle s'est divisée en deux branches dont l'une a été canalisée sous le nom de la Robine du canal de Narbonne; l'autre branche traverse les plaines de Coursan, longe la base des montagnes de la Clappe et va se perdre dans la mer par deux embouchures à la limite des département de l'Aude et de l'Hérault.

La longueur totale du cours de l'Aude est de 208 km, dont 180 dans le département. La rapidité de ses pentes, le peu de profondeur de son lit dans la plaine, rendent la navigation impossible. Elle varie de volume suivant les saisons, et cette variation va de 5 m. c. à 3,000 m. c. par seconde; elle route par an 1,700,000 m. c. de limon qui se déposent le long du rivage.

Les principaux affluents de l'Aude sont à droite : 1° le Lauquel; qui naît sur un contrefort des Corbières Orientales et reçoit la Lauquette; il a un cours de 36 km; 2° l'Orbieu qui naît dans les Corbières, coule dans une vallée profondément encaissée, baigne Fourtou, Montjoi, Fabrezan, Luc, Ornaisons et se jette dans l'Aude au delà de Raissac-d'Aude : son cours est de 54 km, il reçoit à droite la Nielle et l'Aussou, à gauche la Madourneille, l'Alzon et le ruisseau des Mattes.

Les principaux affluents de gauche sont : 1° le Rebenty, qui prend sa source dans l'étang du même nom, sur la limite de l'Aude et de l'Ariège ; il commence par suivre une vallée qui tantôt se rétrécit en défilé et tantôt s'élargit en bassin. II passe à la Fajolle, à Niort, à Joucou, à Marsa, et se jette dans l'Aude, à Axat; son cours est de
32 km; 2° le Fresquel, qui naît dans l'arrondissement de Castelnaudary, près de Baraigne; son cours long et sinueux le fait passer sous le canal du Midi, et sous le chemin de fer de Narbonne à Toulouse; il passe à la Bastide-d'Anjou, croise le chemin de fer de Castres, laisse à droite Castelnaudary, baigne Saint-Martin-Lalande et Villepinte, longe le canal du Midi auquel il verse une partie de ses eaux près d'Alzonne. Il arrose encore Sainte-Eulalie, Pezens, Pennautier avant de se jeter dans l'Aude. Ses affluents de droite sont la Tréboul, le Rebenty du Rasès; ceux de gauche sont l'Argentouire, le Lampy, la Vernassonne et la Rougeanne. Le cours du Fresquel est de 62 km; 3° l'Orbiel, qui naît dans la Montagne Noire à la limite Nord du département. Il baigne Lastours, y reçoit la fontaine de Pertil, baigne Conques, reçoit le Clamoux et se perd dans l'Aude à Trèbes; la longueur de son cours est de 35 km.

Bassin de la Berre.
La Berre forme un petit bassin à part, en dehors de l'Aude : elle naît de plusieurs sources près de Quintillan, dans la commune de Durban; elle passe à Cascastel , près de Durban, à Portel, et se jette dans l'étang de Sigean, à Peyriac-deMer; son cours est de 36 km.

Bassin de l'Agly.
L'Agly ou Gly naît dans le département de l'Aude, sur le Pech de Bugarach, à 1231 m. Il passe à Camps et sort bientôt du département par une gorge taillée entre des rochers verticaux. Son cours total est de 40 km dont 27 dans le département et le reste dans les Pyrénées-Orientales : l'Agly sert surtout à alimenter des canaux d'irrigation.

Versant de l'Océan. 
Le département de l'Aude appartient à ce versant par l'Hers qui gagne indirectement la Garonne et la mer. 

1° Le Grand-Hers naît dans l'Ariège et suit, pendant quelques kilomètres, au fond d'une gorge profonde, la limite des département de l'Aude et de l'Ariège. Il s'en éloigne ensuite, puis il revient dans l'Aude , près de Sainte-Colombe-sur-l'Hers; il reçoit, à droite, le Blau, passe à Chalabre et rentre dans l'Ariège; après d'assez longs détours, il rentre dans l'Aude, passe près de Belpech, où il reçoit la Vixiège et quitte définitivement le département. Son cours est de 120 km, dont un très petit nombre dans l'Aude. 

2° Le Petit-Hers naît près de Fonters-du-Rasès, baigne Payra, Salles-sur-l'Hers, où il reçoit I'Hers-Mort, passe à Saint Michel-de-Lanès et entre dans le département de la Haute-Garonne; son cours est de 80 km, dont 20 km dans l'Aude.

Canaux.
1° Le canal du Midi, construit par Riquet (1666-1680), sous le nom de canal du Languedoc, a une longueur de 241,664 m; sa grande importance est venue de ce qu'aucune des rivières du département n'est navigable, et le canal du Midi a donné une navigation dont les avantages sont immenses pour cette partie de la France. Le canal a 52,291 m dans le versant de l'Océan, 5,190 dans le bief de partage de Naurouse et 184,183 dans le versant de l'Aude et de la Méditerranée. C'est dans le département même, à son extrême frontière, du côté de la Haute-Garonne, sur les Pierres de Naurouse, que se trouve le point de partage du canal : sa pente, sur le versant de la Méditerranée, est de 189 m avec 73 écluses. Le canal entre dans le département de l'Aude, à l'Ouest des Pierres de Naurouse, où il reçoit la rigole qui lui porte les eaux du bassin de Saint-Ferréol. Il passe ensuite au Nord du chemin de fer de Sète, le traverse pour gagner le port de Castelnaudary, longe le Fresquel et croise de nouveau le chemin de fer, près d'Alzonne, pour atteindre le port considérable de Carcassonne : autrefois Riquet avait laissé le canal éloigné de 2 km de Carcassonne, les habitants refusant de subvenir aux frais du détournement des eaux à leur intérêt. Mais on rectifia le trajet de 1786 à 1810 avec des frais considérables. 

Le canal suit la rive gauche de l'Aude et passe au-dessus du pont-aqueduc du Fresquel. C'est un pont remarquable qui a 40 m de long sur 25 m de large. Après l'avoir dépassé, le canal longe la rive gauche de l'Aude, franchit l'Orbiel sur un nouveau pontaqueduc de 40 m construit par Vauban; à cet endroit, un canal de dérivation emprunte à l'Orbiel 30,000 m. c. d'eau par 24 heures. Au delà le canal du Midi passe à Trèbes, longe l'étang desséché de Marseillette, passe sur le pont-aqueduc de l'Argentdouble, traverse le bois de la Redorte et le pont de l'Ognon, d'où l'on voit les vignes florissantes d'Azille, de Lépieux et d'Homps. Il longe ensuite la limite des département de l'Aude et de l'Hérault, tra- verse Argens, Roubia et Paraya et passe sur le pont de la Repudre, construit par Riquet; près de Ventenac, il cesse d'être parallèle à l'Aude, puis traverse la Cesse; un peu au delà il se bifurque et envoie à droite un embranchement nommé Robine de Narbonne, laisse Argeliers à sa gauche et sort du département pour entrer dans l'Hérault.

Le principal réservoir du canal est le bassin de Saint -Ferréol qui est formé dans la vallée du Laudot par un barrage; il a 800 m de largeur près de la digue, 1558 m de longueur, et 32,14 m à son point le plus profond. Le réservoir du Lampy-Neuf a 773 m de longueur, 584 m de largeur et 45 m de profondeur: sa digue est large de 120 m en bas et de 7 m en haut. La prise d'eau d'Alzau est le point culminant du canal.

2° Le canal de Narbonne, ou Robine, se détache du canal du Midi près de Sallèles-d'Aude, où il passe; il arrive ensuite à l'Aude, qu'il traverse. Il continue au delà : c'est l'ancienne embouchure de la rivière qui, avant 1320, passait sous les murs de Narbonne, où passe maintenant la Robine. Le canal suit l'étroite langue de terre entre les étangs de Bages et de Gruissan, et rejoint le canal de La Nouvelle, qui aboutit à la mer, près de la ville la Nouvelle. La longueur de la Robine est de 36,022 m et celle du canal de la Nouvelle de 2350 m.

Littoral

La mer forme à l'Est la limite du département de l'Aude sur une longueur de cotes de 47 km environ. La courbure est assez forte et la côte est généralement plate, sablonneuse, le mistral empêchant les dunes de s'accumuler. Pourtant on trouve quelques collines d'une hauteur moyenne telles que la montagne de la Clappe et le promontoire de Leucate. La côte est continuellement coupée par des graus ou canaux naturels qui établissent une communication entre les étangs nombreux qui sont à l'intérieur des terres : par ces graus, la mer vient renouveler les eaux mortes des étangs. Toute cette portion du littoral a été modifiée par les phénomènes géologiques; les monts de la Clappe étaient jadis dans une île séparée du continent par un bras de mer qui occupait la plaine, de Coursan à Sallèles-d'Aude; en 1320, Narbonne était un port de mer important sur la Méditerranée, et l'Aude tombait dans la mer; tout auprès, ce sont ses limons et ses atterrissements qui ont formé toute la plaine actuelle et isolé de la mer les étangs de Bages et de Gruissan. Du reste, l'existence de ces vastes lagunes est un trait caractéristique de toute l'étendue des côtes comprises entre les Pyrénées et le Rhône et ces étangs sont en grand nombre sur le littoral de l'Aude. Le premier que l'on rencontre est l'étang de Capestang, le plus septentrional et le plus éloigné de la mer, qui appartient à la fois a l'Aude et à l'Hérault. Il a 7 km de long, et sa largeur varie de 1 à 3 km. Sa superficie est de 1893 hectares, dont 1226 couverts d'eau; les débordements de l'Aude l'alimentent en partie. 

En suivant la côte, on rencontre les deux bras de l'Aude qui forment un delta en se jetant dans la mer. La côte se prolonge ensuite en une étroite bande de sable ininterrompue au pied des montagnes de la Clappe : cette petite chaîne s'étend entre Nar bonne et la mer sur une longueur de 15 km et une largeur de 8 km environ; son point culminant est de 120 m; au Sud, s'est formé : 

1° le petit étang de Mateille, isolé de la mer et fermé; 

2° l'étang de Gruissan, séparé par une langue de terre étroite de l'étang de Sigean, a 2500 hectares de superficie. Il communique avec la mer, par deux graus, celui du Grazel, en partie ensablé, et celui de la Vieille-Nouvelle qui est aussi à peu près comblé et abandonné des bateaux : entre ces deux graus s'élève un petit massif montagneux; 

3° l'étang de Bages ou de Sigean; c'est le plus grand du département. ll a 15 ou 18 km de longueur et de 1500 à 5500 m de largeur; sa superficie totale est de 4500 hectares. 

Sur la rive orientale se trouve l'îlot de Sainte-Lucie; cette rive est plate en général. La rive occidentale sur laquelle viennent mourir les derniers chaînons des Corbières est découpée en une multitude de petites anses. Quelques villages, tels que ceux de Bages, de Peyriac, et de Sigean exploitent des salines; quelques îlots : la Planasse, les Oulous, l'île de l'Aute s'élèvent au-dessus des eaux de l'étang. Il communique avec la mer par le grau, ou canal de la Nouvelle, sur lequel on trouve le port de la Nouvelle, unique débouché maritime de tout le département. Du reste le canal étroit, peu profond, obstrué, battu par les vents de la côte et de la mer, est d'un accès difficile : ce littoral a été le théâtre de nombreux naufrages; 

4° l'étang de la Palme, qui occupe une superficie de 1200 hectares, est séparé de l'étang de Sigean par les Corbières et de celui de Leucate par le promontoire de Leucate : il communique avec la mer par le grau de la Franqui, qui forme une vaste rade bien abritée et pouvant aisément devenir un port de refuge très sûr. Au delà de l'étang de la Palme se dresse, falaise verticale sur la mer, le promontoire de Leucate. Sa hauteur moyenne est de 50 m, sa superficie de 9 km² en viron. Il est entouré d'eau de trois côtés et ne se relie à la terre que par une bande de terre assez basse qui sépare les étangs de la Palme et de Leucate; 

5° l'étang de Leucate ou de Salses appartient à la fois aux Pyrénées-Orientales et à l'Aude, qui en possède le tiers environ; il est d'une superficie de 8100 hectares, dont 5800 restent toujours sous l'eau, tandis que le reste est couvert, tantôt par la mer, tantôt parles eaux de l'étang. Il baigne Fitou et Leucate et est séparé de la mer par une digue sablonneuse de formation récente. Il communique avec la mer par le grau de Leucate et le grau de Saint-Laurent qui sont presque toujours comblés. Les eaux de l'étang sont plus salées que celles de la mer, à cause de l'évaporation et des deux sources salines de Font-Estramer et de Font-Dame qui jaillissent du rocher.

Il est probable que ces nombreuses lagunes, pour la plupart très poissonneuses, ont été plus étendues que maintenant; il est du moins certain que plusieurs grands étangs de l'intérieur, au voisinage de l'Aude, sont actuellement desséchés. Le plus important est l'ancien étang de Marseillette (2000 hectares), sur la gauche de la rivière, au-dessous de Carcassonne, dont le dessèchement inutilement tenté au XVIIe siècle a été accompli en 1808, au grand profit de l'agriculture.

Climat

Le département de l'Aude, ayant un sol très accidenté, doit naturellement avoir un climat assez variable, c.-à-d. des froids excessifs, des chaleurs extrêmes, des jours très pluvieux et accompagnés d'orages et des sécheresses parfoi, très prolongées.

Il appartient à la fois au climat girondin et au climat méditerranéen. La haute vallée de l'Aude et les vallées du Fresquol et de l'Hers appartienoent au climat girondin : le printemps y est humide, l'hiver pluvieux ou froid, l'été orageux. La portion du département comprise entre Carcassonne et la mer appartient au climat méditerranéen. Il pleut beaucoup en automne, moins en hiver, peu en été. Le nombre moyen des jours de pluie est de 59 environ; il tombe par an une quantité moyenne de pluie de 59 cm : cette proportion, malgré la rareté des jours de pluie, doit être attribuée au caractère diluvial de certains orages : souvent quelques heures de pluie suffisent pour faire déborder les torrents et les rivières. C'est ordinairement vers la fin du printemps et de l'été que surviennent les orages. La grêle exerce aussi ses ravages, surtout dans la vallée de l'Aude, entre Limoux et Carcassonne.

La température varie suivant l'altitude des lieux, tout en restant généralement tempérée. Dans la plaine où la vallée est traversée par la canal du Languedoc, le thermomètre descend rarement en hiver au-dessous de - 3°C ou - 4°C. A Narbonne, il gèle rarement. En été, dans ces localités, le thermomètre ne s'élève guère au-dessus de + 35°C. En somme, dans la vallée de l'Aude, la température moyenne est de +6°C en hiver et de +22° en été. Dans les montagnes, la température est moins douce. Souvent le thermomètre y descend en hiver à -8°C ou - 1°°. Dans le canton de Belcaire et à Villardebelle, l'hiver est long et rude. 

Le canal du Midi gèle quelquefois; celui de Narbonne presque jamais. Les vents dominants sont celui du Nord-Ouest, qu'on appelle cers, et celui du Sud-Est, que l'on nomme marin. Le premier souffle en moyenne pendant 240 jours et le second durant 125 jours. Le vent marin est humide et chaud. Le cers est parfois très violent. Ordinairement, dans le département et surtout dans la vallée de l'Aude, le ciel est sans nuages pendant environ 190 jours chaque année.

Faune et flore naturelles

Les forêts sont nombreuses et étendues dans l'arrondissment de Limoux et la Montagne Noire. Le pin et le sapin y forment de vastes futaies; le houx, l'aubépine, l'arbousier croissent spontanément; le chêne, le hêtre, le frêne sont les principales essences des forêts. 

Les forêts renferment des des sangliers et des renards. Les étangs du littoral sont fréquentés par des alcyons, des flamants roses et des goélands; le coq de bruyère, le faisan, la gelinotte, la perdrix blanche sont des oiseaux de passage; les rivières et les bords de la mer sont poissonneux; on pêche abondamment dans la mer le merlan, la sole, le rouget, le congre, la raie, la sardine; dans les étangs, l'anguille, le loup, le mulet. (GE).

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