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Les départements français
L'Ariège
[Histoire de l'Ariège]
Le département de l'Ariège a été formé du comté de Foix et de la partie de la Gascogne qui comprenait le Couserans (arrondissement de Saint-Girons). Sa superficie est de 486,300 hectares (4863 km²), et sa population de 151 581 habitants (2010).

C'est un pays montagneux au Sud, où il est couvert par les Pyrénées centrales et leurs contre-forts. Au Nord, l'arrondissement de Pamiers est un pays de plaines accidentées. En général, les montagnes sont nues, arides et stériles au sommet, mais revêtues de pâturages et de bois sur les flancs. 
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Ariège : Saint-Lizier et les Pyrénées.
Un paysage de l'Ariège : Saint-Lizier et les Pyrénées.
© Photo : Serge Jodra, 2011.

Les vallées principales, celles du Lers, de l'Ariège et du Salat, sont couvertes de prairies dans leurs parties supérieures et très fertiles dans leurs parties inférieures. 

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
2
Pamiers 16 486
2
1
Foix 10 119
3
3
Saint-Girons 7 048
4
1
Lavelanet 7 019
5
2
Saverdun 4 523
6
1
Tarascon-sur-Ariège 3 553
7
2
Mazères 3 372
8
2
Mirepoix 3 259
9
2
Varilhes 2 935
10
2
Laroque-d'Olmes 2 767
Rang Arr. Commune Population
11
2
Saint-Jean-du-Falga 2 649
12
2
La Tour-du-Crieu 2 414
13
2
Verniolle 2 287
14
2
Lézat-sur-Lèze 2 286
15
1
Ax-les-Thermes 1 542
16
3
Saint-Lizier 1 507
17
1
Montgaillard 1 371
18
3
Lorp-Sentaraille 1 290
19
1
Saint-Paul-de-Jarrat 1 267
20
2
Le Mas-d'Azil 1 243
Codes des arrondissements : 1 = Foix, 2 = Pamiers, 3 = Saint-Girons.
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Situation, limites, superficie

Le département de l'Ariège est traversé du Sud au Nord et partagé en deux parties inégales par l'affluent de la Garonne qui lui donne son nom. Il est borné au Nord et à l'Ouest par le département de la Haute-Garonne, au Sud par la Catalogne, la Principauté d'Andorre et le département des Pyrénées-Orientales; à l'Ouest par le département de l'Aude. L'Aude et l'Hers limitent le département pendant quelques kilomètres de leur cours. La frontière méridionale se confond presque absolument avec la ligne de faîte des Pyrénées. La superficie atteint 486,300 hectares. Les plus grandes dimensions sont de 130 km de Quérigut à Saint-Lary, et de 105 km de Lezat à L'Hospitalet.
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Carte de l'Ariège (partie centrale).
Carte de l'Ariège (partie centrale).

Curiosités naturelles

Outre la variété de ses paysages, ses sites à la fois grandioses et charmants, ses lacs, ses étangs, ses neiges, ses forêts, ses cascades, ses gorges pittoresques, le département de l'Ariège renferme un grand nombre de curiosités naturelles dont l'énumération et la description serait trop longue. Nous nous contenterons de citer : la grottes du Mas-d'Azil, à dix minutes de la ville du même nom, immense excavation d'une hauteur de 80 mètres sur 48 mètres de largeur, qui sert de passage aux eaux de l'Arize; - la grotte de l'Herm, près de Pradières, labyrinthe composé d'un grand nombre de galeries adjacentes, dans lesquelles ont été découverts un grand nombre d'ossements fossiles; - la fontaine intermittente de Fontesorbe, dont les eaux coulent d'une manière régulière pendant 8 à 9 mois, et pendant trois mois de l'année présentent des phénomènes de diminution et d'augmentation alternatives; - les montagnes de Gourbit, abondantes en charmants paysages; - la grotte de Bédeillac,
remarquable par ses admirables stalactites, et dans laquelle une légende a placé le tombeau de Roland. - Citons enfin les grottes d'Ornolac, de Lombrive (belles concrétions, lac souterrain) et de Niaux (peintures pariétales), dans les environs d'Ussat; celle de Las Roques, près de Gajan, et les trois grottes de Cazavet, la rivière souterraine de Labouiche.

Relief du sol

Structure générale.
Le département de l'Ariège est adossé à la grande chaîne des Pyrénées et s'incline du Sud au Nord, non pas insensiblement, mais par une série de gradins de hauteur décroissante. Il renferme en réalité quatre régions distinctes, tant au point de vue géographique qu'au point de vue géologique. 
1° La région de la grande chaîne pyrénéenne qui sépare la France de l'Espagne

2° La région des montagnes de Tabe; elle se compose essentiellement d'une chaîne de 80 km de long environ, à peu près parallèle à la première, mais formée d'éléments géologiques bien différents et distante de 25 km de cette première chaîne. 

3° A 15 km au Nord des montagnes de Tabe, une troisième chaîne, qui offre l'aspect d'une grande muraille régulière et qui est connue sous le nom générique de Plantaurel, constitue la « région calcaire » du département. 

4° Au Nord du Plantaurel se développe jusqu'à la plaine de la Garonne et jusqu'aux collines de Lauragais un système d'ondulations qui varient de 250 à 500 m. 

Cette pente générale du Sud au Nord qui est caractéristique du sol du département est marquée, quand on déchiffre une carte de ce département, par la direction même des eaux. Le Salat, l'Ariège et l'Hers coulent du Nord au Sud en se frayant une route à travers les chaînes successives qui leur barrent l'accès des plaines du Nord. Il est même remarquable qu'à partir de Tarascon le cours de l'Ariège est, pour ainsi dire, en ligne droite. Après avoir franchi l'obstacle du Plantaurel, les rivières pénètrent dans une vallée plane qu'elles ont formée de leurs alluvions. Le plan général du département de l'Ariège est donc complété par les deux plaines jumelles de l'Ariège et de l'Hers , au Nord-Est, et à l'Ouest par la plaine moins large du Salat. En résumé le département est accidenté; il offre une grande variété d'aspects.

La région des Pyrénées. 
La chaîne pyrénéenne proprement dite, celle qui forme la limite entre l'Ariège et l'Espagne, commence à l'Ouest, au Pic de Crabère, aux sources du Lez (2630 m). On rencontre ensuite en allant vers l'Est, le Pic de Maubermé (2880 m), le Mail de Bulard (2752 m), le Pic des Trois Comtes (2689 m), le Pic de Montvallier (2839 m), les Mulats (2729 m), les Monts Rouges (2870 et 2865 m), le Cap das Roujos ou de Ruhos (2604 m), le Pic de Cestescans dont la plus haute pointe (2830 m) est en Espagne, la Pique d'Estats (3141 m.), cime culminante du département, le Pic de Montcalm (3080 m), le Pic de Canal. bonne (2966 m), la Rouze (2905 m), le Pic de Médacourbe (2849 m), dominé par le pic Andorran de la Coma Pedrosa (2945 m), le Pic de Cabayrou (2837 m), le Pic de Tristagne (2879 m), le Pic de Malcaras (2814 m), le pic de Siguer (2903 m), le Pic de Serrère (2911 m), le Milmenut (2735 m), le Pic de la Cabanette (2841 m). 

La chaîne cesse alors de suivre l'axe des Pyrénées, et, s'infléchissant vers le Nord-Est, elle sépare l'Ariège des Pyrénées-Orientales, jusqu'au Pic Pédroux (2838 m). Cette partie des Pyrénées, très sauvage et presque constamment couverte de neiges, est l'une des plus inaccessibles et des moins connues. La grande chaîne est coupée, à la vérité, en théorie, par un grand nombre de dépressions qui sont censées permettre le passage d'un versant à l'autre. On compte jusqu'à 41 ports depuis le Pic de Crabère jusqu'au Pic Pédroux, mais ces ports ne sont pour la plupart que des sentiers praticables pendant quelques mois seulement et périlleux en toute saison. 

Le Port de Giretta entre le Pic des Trois Comtes et celui de Barlonguère est à 2620 m d'altitude. Le plus fréquenté est le Col de Puymorens (1931 m), près du Pic Pédroux, par où passe la grande route de Toulouse et de Foix en Cerdagne. Il faut citer aussi le Port de Salau (2052 m).

Les montagnes de Tabe. 
On est convenu de dire que, au Pic de Camporeils, situé sur la limite des département de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales, prend naissance la chaîne des montagnes de Tabe. A proprement parler, la montagne de Tabe ou Pic de Saint-Barthélemy (2349 m), entre Hers, Touyre et Ariège, est un massif particulier et, en quelque sorte, le Canigou du département de l'Ariège. Toutefois, il n'y a pas d'inconvénient à attribuer ce nom générique à la chaîne qui, séparant d'abord les bassins de l'Ariège et de l'Aude, présente du Sud-Ouest au Nord-Ouest les Pics de Moustier (2608 m), de Terrès (2549 m), des Récantous (2539 m), de Campras (2554 m), le Roc blanc (2543 m), les Pics de Balbonne (2322 m), de Tarbesou (2366 m), de Mounégou (2079 m), la Crête de Pailhères (1998 m). La chaîne s'abaisse vers les sources de l'Hers jusqu'à 1500 m et laisse passer par cette échancrure la route de Belcaire à Tarascon. Ensuite commence le massif véritable de Tabe, flanqué du pic de Soularac (2343 m), du pic de Galinat (2253 m) et du mont Fourcat (2004 m). 

Après le mont Fourcat, nouvelle dépression, à Mercus, par où s'engouffre l'Ariège. De l'autre côté de la rivière, la chaîne se relève et offre de nouveau des sommets très notables à la montagne des Sondours (1067 m), le roc de Trabinet, (1652 m.), le Cap de las Costes (1739 m), le Cap de la Dosse (1935 m), le Pic des Trois Seigneurs (2165 m), le Pic de la Journalade (1949 m), le Pic d'Estibal (1669 m), le Pic de Fontfrède (1622 m), le Pricou de Berne (1716 m), le Pic de la Courate (1422 m). La chaîne se termine enfin sur la rive droite du Salat, après la forêt de Rivenert. La portion de l'arrondissement de Saint-Girons qui est au delà du Salat est couverte d'un enchevêtrement de montagnes, épanouissement de la grande chaîne pyrénéenne, qu'il est impossible de rattacher au système de Tabe.

Le Plantaurel. 
Le Plantaurel est un massif calcaire, situé au Sud-Est de Lavelanet entre l'Hers et Puyvert (Aude). Les géographes donnent par extension le nom de Plantaurel à la large bande de terrains calcaires qui traverse le département à partir du Plantaurel et de la forêt de Belesta. Ces terrains ont une altitude de 700 à 800 m jusqu'au moment où l'Ariège les traverse, entre Foix et Varilhes. A l'Est de l'Ariège, ils varient entre 500 et 600 m. On cite, comme sommets principaux, le Cap de la Mounjo (833 m), les Monges (934 m), la Montagne de Roquefixade (1003 m). Comme toutes les montagnes calcaires, le Plantaurel est très pittoresque. L'Hers, le Touyre, le Douctouyre, l'Ariège, la Lèze, l'Arize y ont creusé des gorges étonnantes, et des grottes; on y rencontre des fontaines intermittentes, des jeux célèbres de la nature; ainsi : la grotte du Mas d'Azil, de 80 m sur 48; la grotte de l'Herm, près de Foix; la fontaine intermittente de Fontestorbes, qui débite 554 litres par seconde à l'étiage, 3100 en crue, etc.

Collines et plaines de l'arrondissement de Pamiers. 
On a déjà dit qu'il n'y a pas d'autres plaines dans le département que les basses vallées de l'Hers et de l'Ariège, avec leurs annexes, les vallées du Lestaud et du Crieu. Les plaines ont une altitude moyenne de 240 m (220 m au-dessous de Saverdun). Elles atteignent de 20 à 30 km de largeur. Elles sont très fertiles. A l'Ouest du cours de l'Ariège s'éparpillent des collines de 250 à 400 m de hauteur, qui sont comme un prolongement vers le Nord du système du Plantaurel et qui rejoignent celles du Lauraguais.

Géologie

Plusieurs auteurs ont traité en détail de la géologie très compliquée du département de l'Ariège, entre autres Leymerie, Mussy et Pouech. En 1884, Lacvivier a publié un livre qui résume et qui  complète les travaux antérieurs.

Formations éruptives.
Mussy a distingué quatre massifs de roches cristallisées dans le département. Le principal est celui que Mussy appelle le massif de granit de la frontière, qui constitue la région montagneuse de Querigut, passe au Sud d'Ax-les-Thermes, remonte vers Aston, se ramifie dans la vallée de Siguer jusqu'aux sources du Garbet et du Salat. A l'Ouest ce massif se continue par un autre, très puissant, qui est traversé par l'Oriège et par l'Ariège. En remontant la vallée de l'Ariège, on trouve une masse de granit qui se poursuit jusqu'au pont de Mérens. 

« C'est dans la vallée du Vicdessos, dit Lacvivier, qu'il faut prendre le deuxième massif de roches granitoïdes; ces roches se développent au Nord-Ouest et forment une masse énorme qui s'étend jusqu'à la vallée du Saurat, puis se divise en deux bandes dont l'une s'étend dans le canton de Castillon, l'autre aboutit au confluent de l'Arac et du Salat. » 
Le troisième massif, après avoir constitué le Saint-Barthélemy, traverse l'Ariège vers Mercus; de là il se dirige sur Brassac et aboutit au pont de Lacourt. Le massif de la Barguillière n'est qu'une dépendance de celui-là.

Formations crystallophylliennes (Hébert). 
Le gneiss accompagne très souvent le granit dans la série des roches cristallines de l'Ariège; il l'entoure et forme les sommets élevés à arêtes vives (vallée de l'Oriège). Les micaschistes accompagnent aussi les massifs granitoïdes et leur font comme une ceinture. Dans la région située au Nord de la vallée d'Orlu, il y a une succession régulière de roches granitoïdes, de gneiss, de micaschistes, de schistes anciens et de silurien. Les micaschistes entrent pour une grande part dans la constitution des vallées hautes du Vicdessos et du Touyre. 

Série paléozoïque.
Les terrains siluriens occupent une place considérable dans la géologie du département. Ils forment notamment une bande de l'Est à l'Ouest; venant de l'Aude, cette bande passe au Sud de Montségur et contourne le versant Nord du Saint-Barthélemy, reparaît au bord de l'Ariège, à Lacourt, et, un moment interrompue par le Salat, aboutit dans le canton de Castillon. Une autre bande est comprise entre Camurac et la vallée de l'Oriège. 

Quant au terrain dévonien, Mussy en signale deux bandes la plus importante commence à la limite de l'Aude et se dirige par Montségur et Montferrier vers la rive gauche de l'Ariège, Alzen et la vallée du Salat. Lacvivier en signale en outre dans les vallées du Garbet et de l'Alet. Le permien et le carbonifère ne sont pas représentés dans le département de l'Ariège.

Série mésozoïque. 
Le trias est assez bien représenté dans la série sédimentaire de l'Ariège; on n'en trouve guère dans la partie montagneuse du département; il n'y est représenté que par quelques affleurements, intéressants parce qu'ils renferment du gypse; mais le trias forma une bande fort importante qui accompagne le jurassique depuis Roquefixade jusque dans le Saint-Gironnais; son assise la plus caractéristique est celle des marnes irisées, fréquemment traversée par les ophites. 

Dans le département, le jurassique ne paraît représenté que par trois de ses étages : l'infralias, le lias et le corallien. La découverte de l'existence de l'infralias (hettangien) dans le département a été faite en 1865 par Pouech, qui trouva des fossiles de cet étage sur le versant Sud de la barre rocheuse qui s'étend de Péreille au Salat. Le lias moyen est très répandu, principalement dans la vallée de Siguer au Rancié, dans la gorge de la Frau, sur la rive gauche du Salat.

Terrains crétacés.
II existe dans l'Ariège deux groupes de terrain crétacé, d'inégale importance. L'étude de Lacvivier leur est consacrée presque tout entière. Nous citerons en abrégé les conclusions principales de cette étude : 

«  Il y a des lacunes dans le crétacé inférieur de l'Ariège, de même que sur d'autres points des Pyrénées. En effet, le néocomien n'est représenté que par son sous-étage moyen ou urgonien. Essentiellement calcaire, il forme, dans presque toute la largeur du département, deux bandes minces. Le Gault, qui l'accompagne partout, est marneux et riche en fossiles. Le crétacé supérieur est complet dans l'Ariège. Moins constant que le Gault, il le recouvre sur tous les points où il se montre (Cabanères, Péreille, Morenci). »


Pour la description des terrains tertiaires et quaternaires de l'arrondissement de Pamiers, il faut consulter la carte de Mussy et le texte qui l'accompagne.

Régime des eaux

Le département appartient à la fois à deux systèmes hydrographiques, au versant de l'océan Atlantique et au versant de la mer Méditerranée.

Versant de la Méditerranée. 
Il ne comprend que le territoire du canton de Quérigut. L'Aude, venue des Pyrénées-Orientales, arrose et limite ce canton pendant quelques kilomètres. Elle y reçoit la Bruyante, un torrent qui traverse la forêt des Hares.

Versant de l'Océan.
Toutes les eaux du versant de l'Océan coulent vers la Garonne par un grand nombre d'affluents et de sous-affluents de ce fleuve, qui n'effleure même pas le territoire du département. Les principaux affluents directs de la Garonne sont le Salat, le Volp, l'Arize et l'Ariège. 

Le Salat naît au-dessus du hameau de Salau, par neuf sources (850 m). Il traverse les gorges de Conflens (706 m) et de Ribaouto. Sa vallée s'élargit à partir d'Eychel et forme la belle vallée de Saint-Lizier. A La Bastide du Salat, il entre dans le département de la Haute-Garonne. Dans le département, il reçoit à droite l'Aleth (20 km), grossi de l'Ossèze; le Garbet (30 km), la rivière d'Aulus; l'Arac (30 km) grossi du Liers; le Nert, qui traverse les gorges boisées de Riverenert; le Baup. A gauche, il reçoit le ruisseau d'Estours, celui d'Esbints, l'Arrout et le Lez (40 km). Le Lez sort d'un lac des montagnes qui séparent la France et le Val d'Aran; traverse la vallée de Biros, dont la sol est riche en zinc et en plomb; recueille l'Orle, le Rivarat de Bordes, le torrent de Bethmale et la Bouigonne. 
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Ariège : la vallée de l'Arac.
La vallée de l'Arac. - L'Arac arrose le bassin de Massat 
et tombe dans le Salat au pont de Kercabanac.

Le Volp n'est qu'un ruisseau de l'arrondissement de Saint-Girons qui va se jeter dans la Garonne à Cazères.

L'Arize est un torrent dont le bassin est beaucoup moins considérable que ceux de l'Ariège et du Salat. Elle a 75 km de cours (Ariège et Haute-Garonne), mais elle n'est navigable ni flottable sur aucun point de son parcours. Elle reçoit, à droite, la Picade, l'Aujole, l'Aillères, le Gabre, le Ménay, la Dourne; à gauche, l'Artillac, le ruisseau de Clermont, le Camarade, le Montbrun, l'Argain. 

L'Ariège a pour origine la source de Font-Nègre, au pied du pic Nègre d'Embalire (2812 m), qui se, dresse sur les confins du val d'Andorre et des Pyrénées-Orientales. Elle entre dans le département près de l'Hospitalet. De là, elle coule dans d'étroites gorges rocheuses jusqu'à Ax. D'Ax à Tarascon, la rivière est enserrée presque continuellement entre deux murailles de rochers. Mais après Tarascon sa vallée tend à s'élargir, et, à Varilhes, l'Ariège débouche dans une plaine fertile. Jusqu'à Saverdun, elle longe, à gauche, la base de collines cultivées; à partir de Saverdun, elle arrose une plaine unie, mais, à 5 km de ce bourg, à l'endroit mène où elle devient flottable, elle entre dans le département de la Haute-Garonne. Dans la partie moyenne de son cours, entre Foix et Saverdun, l'Ariège roule des paillettes d'or. Les affluents de l'Ariège dans le département ne sont que des ruisseaux, à l'exception de quatre. Il suffit de les énumérer : le Sisca, qui sort de l'étang du même nom et forme une belle cascade; les ruisseaux des Besines, de Crémal, de Cargathi et du Nabre, qui descendent des montagnes qui forment, à droite, la bordure de l'Ariège entre l'Hospitalet et Mérens. Le ruisseau de Mourguillou prend naissance dans un petit étang au pied du pic de Castille et se jette dans l'Ariège, par la rive gauche, à Merens. L'Orlu ou Oriège traverse deux étangs (étangs de Fauzy, d'Enleyre), reçoit la rivière d'Orgeix et se jette dans l'Ariège, par la rive droite, à Ax. A Ax, débouchent aussi, du même côté, la Lauze et le ruisseau de la Fouis. D'Ax aux Cabannes, l'Ariège reçoit, à droite, le torrent de Caussou et le ruisseau de Souquet; à gauche le torrent de Nagear et les ruisseaux de Lagal, de Luzenac et de Mourègnes. 

L'Aston (30 km) descend d'un étang situé au pied du pic de Joucla (2766 m) et se jette dans l'Ariège au-dessous de Cabannes, à gauche (515 m); l'Aston reçoit lui-même à gauche les torrents de Guixel, de Querlong, grossi de la Courre de Jax, de Calvière, le Sirbal et le Ressec.

A Tarascon se trouve le confluent de l'Ariège et du Vicdessos. Le Vicdessos vient de la frontière d'Espagne; il est grossi, à gauche, du torrent de Lartigue, à droite, du torrent de Siguer, dont les gorges sont très sauvages; il traverse l'une des régions de la France les plus riches en minerai de fer (40 km de cours). De Tarascon à Saverdun l'Ariège reçoit, à gauche, la Courbière, le Saurat, l'Argat (22 km), qui traverse Foix, le Lestrique; à droite, le ruisseau d'Arnave, le Scios, le Crieux (42 km), rivière de plaine. 

Les deux plus grands affluents de l'Ariège, l'Hers et la Lèze, n'ont qu'une partie de leur cours dans le département : 

Le Grand Hers prend sa source (1792 m) dans le canton de Lavelanet, à quelques kilomètres au Nord d'Ax. D'abord, tantôt il limite les département de l'Ariège et de l'Aude, tantôt il s'engage dans l'un ou dans l'autre; au-dessous de Sonac, il rentre pour quelque temps dans l'Ariège et, à partir de Mirepoix, décrit une grande courbe du côté de l'Ouest. A Rieucros, l'Hers débouche dans la plaine de Pamiers. Il baigne encore le département de l'Aude au-dessous de Gaudiès pendant quelques kilomètres, puis il repasse dans l'Ariège (Mazères), qu'il quitte bientôt définitivement pour le département de la Haute-Garonne. L'Hers reçoit sur sa rive gauche le ruisseau de Brière le Douctouyre; sur sa rive droite, la Frau, la source intermittente de Fontestorbes, l'Ambrole. 

Quant à la Lèze, elle prend sa source à 450 m d'altitude dans le canton de Varilhes. Sa vallée, en ligne droite, est fertile et pittoresque (75 km). Au-dessous de Lézat, elle entre dans la Haute-Garonne; elle reçoit l'Argenoux, le Cazaux, le Monesple et le Latou. 
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Le lac de Bethmale. -  La vallée de Bethmale, qui a pour capitale Ayet, gros hameau de la commune de Bethmale, descend le cours du Balamet, dit aussi le Bethmale : ce tributaire de droite du Lez court dans les schistes primaires ou les granits, entre monts de 2000 il près de 2500 mètres d'altitude : un de ses tributaires a pour origine le lac de Bethmale, qui miroite à 1058 m d'altitude. 

Le département de l'Ariège renferme environ 150 lacs dans les montagnes. Les plus dignes d'être cités sont le lac d'Albe (2212 m), l'étang de Médacourbe (2192 m), d'où sort le Vicdessos; l'étang de Fontargente (2146 m); d'où sort l'Aston; le lac de Bethmale;  les trois étangs de Tabe, situés sur le pic de Saint-Barthélemy.

Climat

Comme le climat de tous les pays montagneux situés dans une région méridionale, le climat de l'Ariège est extrême et variable suivant les lieux. La neige couvre les montagnes de septembre à avril; elle recouvre les hautes plaines pendant tout l'hiver. Mais, dans la plaine de Pamiers, le thermomètre monte en été jusqu'à 36°C . Les orages de grêle sont fréquents; la moyenne annuelle des jours de pluies est de 128; la hauteur annuelle des pluies est de 0,120 m vers les sources de l'Ariège, de 0,73 m à Foix, de 0,60 m à Pamiers. Le vent du Nord-Ouest est le plus fréquent, comme dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Les vents du Nord et du Sud sont rares.

Flore et faune naturelles

Il importe de remarquer surtout, à propos de la flore naturelle de l'Ariège, que les forêts se trouvent presque toutes disposées sur les flancs de la rangée des montagnes de Tabe. Les flancs et les contreforts de cette chaîne sont boisés par les grandes forêts de Riverenert, du Bosc, de Brassas, de Ganac, de Montoulieu, de Prayols, du Basque et d'Embeyre, de Tiblac et des Hares. 

Dans les montagnes pyrénéennes, la faune sauvage est encore assez riche. On y trouve des ours, qui ont dû y être réintroduits. Autrefois, les habitants d'Ustou se livraient à l'élevage des oursons que les saltimbanques achetaient pour les promener dans les foires. (GE).



Michel Gardère et Anne-Charlotte Delangle, La femme sauvage, Presses de la Cité, 2011 - En 1807, dans les Pyrénées ariégeoises, deux chasseurs aperçoivent et traquent une femme nue, accompagnée d'un ourson. Capturée, hurlant comme une démente - on l'appellera désormais la Folle du Montcalm -, elle est conduite chez le curé du village. L'inconnue ne prononce que ces mots ; "Robespierre a tué ma famille", et s'échappe dans la nuit. Elle passera encore deux années dans la montagne, avant d'être reprise et jetée en prison, à Foix. Pour y mourir peu après. Qui était cette femme? Comment a-t-elle pu survivre? Est-elle vraiment morte en prison comme on l'a dit? Pourquoi le redoutable Fouché, ministre de la Police de Napoléon, s'intéressa-t-il tant à elle? Et pour quelles curieuses raisons le préfet de l'Ariège tenta-t-il de la sauver? C'est cette incroyable mais authentique histoire qu'a reconstituée Michel Gardère, secondé par Anne-Charlotte Delangle. Palpitant comme un polar et admirablement documenté, La Femme sauvage nous raconte une extraordinaire aventure humaine. 

Gilles Castroviejo et al., Le Petit Futé, Ariège, 2009.

Olivier de Robert et Jean-Pierre Siréjol, Ariège, Editions Sud-Ouest, 2003. - Entre douceur de vivre et montagnes infranchissables, l'Ariège raconte l'histoire de ses habitants à travers ses paysages. Terre accueillante et rebelle à la fois, façonnée par l'histoire, elle porte en elle le souvenir des artistes de la préhistoire, du génie roman, du drame cathare et de l'inaltérable courage des paysans de la montagne. Partagée en deux par la langue et le climat, l'Ariège a pourtant toujours su préserver son unité dans les épreuves d'hier et d'aujourd'hui. Tout autant tournée vers l'agriculture que vers l'industrie et à présent le tourisme, elle a gardé ses multiples identités et son authenticité, offrant un visage sans cesse renouvelé au voyageur. Cet ouvrage doit se lire comme un prétexte au voyage, à la découverte des grands sites et des coins secrets de ce département, pays par pays.

Jean-François Ratonnat, La vie d'autrefois en Ariège, Editions Sud-Ouest, 2001. - La vie d'autrefois en Ariège raconte l'histoire du département des années 1890 à la Première Guerre mondiale, époque où nos grands-parents vivent les grands bouleversements industriels et moraux qui marquent le passage du XIX au XXe siècle. C'est l'époque de l'émigration paysanne, de la séparation de l'Église et de l'État qui entraînèrent des inventaires houleux, des grèves dans la métallurgie, de la longue carrière du ministre Théophile Delcassé qui passa sept années aux Affaires étrangères - un record -, c'est l'école obligatoire, l'arrivée du train, du téléphone, de l'électricité, avec la construction du plus grand barrage de France de l'époque (celui de Naguilles), c'est aussi le thermalisme à Ax, à Aulus, la fin de la transhumance, les grandes fêtes de Foix et bien d'autres choses encore... Illustré par des cartes postales et des documents anciens, cet ouvrage fait revivre le quotidien de ces hommes et de ces femmes, sans qui l'Ariège d'aujourd'hui ne serait pas ce qu'elle est. 

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