|
|
| . |
|
||||||
| Sofia
est la capitale de la Bulgarie La ville est entourée par plusieurs massifs montagneux qui définissent son cadre géographique : le massif de Vitosha, particulièrement imposant, se trouve immédiatement au sud; la Stara Planina (Monts Balkans) borde le bassin au nord ; les montagnes de Lyulin sont à l'ouest; et les montagnes de Lozen au sud-est. Sofia elle-même est bâtie sur un terrain relativement plat au fond du bassin, qui s'élève doucement vers les montagnes environnantes. L'altitude moyenne du centre-ville est d'environ 550 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs petites rivières traversent la zone urbaine, notamment la Perlovska et la Vladayska, souvent canalisées dans les zones bâties. Le bassin est drainé par la rivière Iskar, un affluent du Danube, qui s'écoule à l'est de la ville principale mais collecte les eaux du bassin. Le climat est de type continental, caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers froids et neigeux. Les températures moyennes varient considérablement entre les saisons. Le bassin contribue à des phénomènes d'inversion de température en hiver, piégeant l'air froid et pouvant entraîner des brouillards et une accumulation de polluants. Géologiquement, le Bassin de Sofia est un graben (fossé d'effondrement) rempli de sédiments néogènes et quaternaires, et la région est située dans une zone sismiquement active. La proximité des montagnes, en particulier Vitosha, offre un accès facile à la nature et influence fortement le paysage urbain et les possibilités de loisirs des habitants. Histoire
de Sofia.
La ville acquiert une importance majeure dès l'Antiquité. Initialement habitée par la tribu thrace des Serdes, elle est connue sous le nom de Serdica. Les Romains conquièrent la région au Ier siècle av. JC, et Serdica devient une cité florissante sous leur domination. Elle est dotée de thermes, de temples, d'un théâtre, d'un forum et d'une administration développée. L'empereur Constantin le Grand, qui régna de 306 à 337 ap. JC, appréciait particulièrement Serdica, allant jusqu'à déclarer qu'elle était "sa Rome". Il envisagea même d'en faire la capitale de l'Empire romain avant de choisir Byzance (Constantinople). Serdica reste un centre administratif et culturel important au sein de l'Empire romain d'Orient (Empire Byzantin) pendant les siècles suivants. Avec les invasions des Huns, des Goths et d'autres tribus, puis l'arrivée des Slaves au VIe siècle, Serdica connaît des périodes de déclin et de destruction. Les Slaves s'installent dans la région et la ville est rebaptisée Sredets (signifiant "milieu", en référence à sa situation géographique centrale). Au IXe siècle, Sredets est intégrée au Premier Empire Bulgare et devient une forteresse bulgare importante et un centre administratif sous les règnes de khans et tsars bulgares comme Krum et Boris Ier. Au début du XIe siècle, après la conquête byzantine du Premier Empire Bulgare, Sredets repasse sous domination byzantine pendant près de deux siècles. Elle retrouve son importance stratégique en tant que point de passage majeur. Avec la création du Second Empire Bulgare à la fin du XIIe siècle, Sredets réintègre l'État bulgare. Elle devient un important centre commercial, artisanal et ecclésiastique. C'est au cours de cette période, probablement au XIVe siècle, que la ville commence à être désignée sous le nom de Sofia. Ce nouveau nom provient de la basilique Sainte-Sophie (Sveta Sofia), une église construite à l'époque byzantine qui était devenue l'un des principaux symboles de la cité. Le nom Sredets coexiste avec Sofia pendant un temps avant que ce dernier ne s'impose définitivement. En 1382, Sofia tombe aux mains des Ottomans, marquant le début d'une période de près de cinq siècles de domination ottomane. Les Ottomans reconnaissent rapidement l'importance stratégique de la ville et en font la capitale du Rumelia Eyalet, l'une des provinces les plus vastes et les plus importantes de l'Empire ottoman dans les Balkans. Sous l'administration ottomane, Sofia connaît une nouvelle phase de développement. De nombreuses mosquées, bains publics (hammams), caravansérails et bazars sont construits, transformant son aspect. La ville devient un centre commercial majeur et un carrefour culturel. Elle accueille des populations diverses : Bulgares, Turcs, Grecs, Arméniens, Juifs, Roms, entre autres. Des personnalités importantes, comme le voyageur Evliya Çelebi au XVIIe siècle, décrivent Sofia comme une grande et belle ville. Cependant, à partir du XVIIIe siècle, avec le déclin de l'Empire ottoman, Sofia perd une partie de son importance administrative au profit d'autres villes, tout en restant un centre économique et culturel régional. La Guerre russo-turque de 1877-1878 conduit à la libération de la Bulgarie. Sofia est libérée par les troupes russes le 4 janvier 1878. Lors de l'Assemblée Constituante réunie à Veliko Tarnovo en 1879 pour établir les bases du nouvel État bulgare, la question du choix de la capitale est débattue. Malgré des candidatures plus historiquement prestigieuses comme Veliko Tarnovo ou Plovdiv, Sofia est finalement choisie pour sa situation centrale dans les nouvelles frontières, son potentiel de développement et le fait qu'elle était moins associée à la noblesse féodale bulgare qui avait été affaiblie. La désignation de Sofia comme capitale en 1879 marque le début d'une transformation radicale. La ville, qui n'était alors qu'une ville de province ottomane relativement modeste avec une population d'environ 12 000 habitants, doit se moderniser à un rythme accéléré pour assumer son nouveau rôle. Des plans d'urbanisme européens sont adoptés, de larges boulevards sont tracés, des parcs sont aménagés, des bâtiments publics monumentaux sont construits (dont le Palais Royal, l'Assemblée Nationale, l'Université de Sofia, la Cathédrale Alexandre Nevski dont la construction débuta plus tard). La population explose, attirant des personnes de tout le pays et de l'étranger. Sofia devient rapidement le centre politique, économique, culturel et intellectuel de la Bulgarie. Au cours du XXe siècle, Sofia continue de croître et de se développer. Elle subit les conséquences des guerres balkaniques et des deux guerres mondiales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville est lourdement bombardée par les Alliés en 1943-1944, causant d'importantes destructions. Après l'établissement du régime communiste en 1944, Sofia subit une nouvelle transformation. L'urbanisme est fortement planifié, avec la construction de grands ensembles de logements (microraions) en périphérie, de bâtiments administratifs de style socialiste classique et de nouvelles infrastructures. L'industrie et l'administration se concentrent à Sofia, renforçant encore sa position de centre national. La chute du régime communiste en 1989 ouvre une nouvelle ère. La ville doit faire face aux défis de la transition vers une économie de marché : désindustrialisation partielle, augmentation du trafic automobile, étalement urbain incontrôlé par moments. Cependant, elle s'ouvre également au monde, attire des investissements étrangers et devient un centre dynamique pour les technologies de l'information et les services. Le
patrimoine de Sofia.
Au coeur de la ville actuelle, les ruines de l'ancienne Serdica constituent un ensemble archéologique souvent visible en plein air ou intégré de manière surprenante dans les stations de métro et les sous-sols des bâtiments modernes. La Rotonde Saint-Georges, considérée comme le plus ancien bâtiment conservé de Sofia, remonte au IVe siècle et servait initialement de baptistère ou de mausolée romain avant d'être transformée en église, puis brièvement en mosquée. Ses fresques médiévales, redécouvertes sous des couches de plâtre, sont particulièrement remarquables. Non loin de là, l'église Sainte-Sophie, une basilique paléochrétienne du VIe siècle qui donna son nom à la ville au XIVe siècle, se dresse comme un autre témoin de l'époque byzantine, marquée par une architecture sobre mais imposante. La période ottomane, qui dura près de cinq siècles, a également laissé son empreinte, la plus notable étant la Mosquée Banya Bashi. Construite au XVIe siècle par le célèbre architecte Mimar Sinan, elle est l'une des rares mosquées encore en activité à Sofia et se distingue par son grand dôme et son minaret élancé, située près des sources minérales thermales qui lui donnent son nom. Cependant, l'emblème le plus reconnaissable de Sofia, et l'un des plus grands édifices orthodoxes des Balkans, est la Cathédrale Saint-Alexandre-Nevski. Construite au début du XXe siècle en l'honneur des soldats russes morts pendant la guerre russo-turque de 1877-1878 qui conduisit à la libération de la Bulgarie, elle impressionne par ses dômes dorés, sa taille monumentale, son architecture néo-byzantine et ses riches décorations intérieures, comprenant des icônes, des fresques et des mosaïques. Autour de la cathédrale s'étendent d'autres lieux de culte importants, tels que l'église russe Saint-Nicolas le Merveilleux, avec ses bulbes verts caractéristiques, et l'église Saint-Nedelya, un lieu chargé d'histoire et de reconstruction suite à un attentat majeur en 1925, dont l'édifice actuel date de la période d'après-guerre. La Synagogue de Sofia, achevée en 1909 et l'une des plus grandes d'Europe du Sud-Est, témoigne de la communauté juive historique de la ville et présente une architecture sécessionniste mauresque remarquable. Le patrimoine culturel de Sofia s'incarne également dans ses nombreux musées. Le Musée National d'Histoire, bien que situé en périphérie, abrite une collection colossale retraçant l'histoire de la Bulgarie depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, incluant des trésors thraces inestimables. Le Musée Archéologique National, installé dans une ancienne mosquée du XVe siècle au centre-ville, présente des artefacts des périodes thrace, romaine et médiévale. La Galerie Nationale d'Art, hébergée dans l'ancien palais royal, expose l'art bulgare du XIXe siècle à l'époque moderne, tandis que la Galerie Nationale de l'Art Étranger (maintenant intégrée à la Galerie Nationale) présente des œuvres internationales. D'autres institutions comme le Musée d'Ethnographie, le Musée d'Histoire Naturelle ou le Musée de la ville de Sofia (situé dans les anciens bains centraux minéraux, un magnifique bâtiment néo-byzantin) enrichissent l'offre muséale. Les bâtiments institutionnels et les monuments publics contribuent également à l'identité monumentale de la ville. L'ancien palais royal, le bâtiment de l'Assemblée Nationale, le Palais de Justice ou encore le Théâtre National Ivan Vazov, un chef-d'œuvre de l'architecture viennoise du début du XXe siècle, sont des points de repère importants. La statue équestre du Tsar Libérateur Alexandre II, faisant face à l'Assemblée Nationale, commémore le rôle de la Russie dans la libération de la Bulgarie, tandis que la statue moderne de Sainte-Sophie, érigée en 2000 à la place de celle de Lénine, symbolise la ville elle-même. |
| . |
|
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||
|