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| La découverte du monde |
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La découverte du ciel |
| Les
astronomies archaïques
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L'astronomie moderne - Les Jésuites et l'astronomie |
L'astronomie
nautique et les grandes découvertes
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L'astronomie
aux XVIIIe et XIXe
s.
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| Les
astronomies archaïques
On ignore à quelle époque on a commencé
à s'intéresser aux astres. Les plus anciens témoignages archéologiques
laissent penser que ce n'étaient pas les astres eux-mêmes qui intéressaient
nos ancêtres, mais certains rythmes de leur environnement, auxquels les
astres, en même temps d'autres phénomènes naturels (remontée des saumons La situation au Néolithique semble moins
difficile à déchiffrer. On parvient à comprendre comment l'intérêt
pour les phénomènes astronomiques participe d'une préoccupation pour
les cycles de l'existence et pour la mort. L'inhumation - manière
d'inscrire de façon pour ainsi dire indélébile un individu dans l'espace
- devient une pratique courante. L'orientation de la dépouille par
rapport aux points cardinaux
Le Disque de Nebra. - Découvert en 2002 en Allemagne, ce disque de bronze, qui représente la Lune, le Soleil et des étoiles (parmi lesquelles peut-être les Pléiades) est un cas exceptionnel de représentation aussi complète des astres pendant la Préhistoire. Les humains commencent alors à croire
qu'ils peuvent intervenir sur les rythmes cosmiques par des rituels appropriés,
de la même façon, que ces rythmes ont prise sur le destin des humains.
Agir sur le déroulement cosmique ou simplement le prévoir, voilà qui
va inciter à chercher à mieux connaître les cycles des astres, et voilÃ
aussi ce qui caractérise les astronomies archaïques. Elles représentent
d'abord une quête de la signification humaine des phénomènes célestes,
et peu importe pour elles la nature des astres. Les mythes Découvrir les rythmes cosmiques afin de
marcher du même pas ne va pas de soi. Observer le lever et le coucher Sauver les apparences.
Les Égyptiens Méton, 400
av. J. - C., introduisit dans le calendrier grec, qui était
basé sur le mouvement de la Lune L'école d'Alexandrie.
Aristarque
et Eratosthène.
Hipparque.
Ptolémée.
Considéré comme un moyen de représenter les mouvements célestes et de les soumettre au calcul, le système de Ptolémée dira Laplace, fait honneur à sa sagacité, et il a servi la science en permettant de lier entre eux les phénomènes et d'en déterminer les lois.Ptolémée a recueilli toutes les déterminations connues de longitude Prolongements
médiévaux.
Astronomie
arabe.
Le grand ouvrage astronomique de Ptolémée, dont on fit plusieurs traductions, acquit une si grande autorité parmi les Arabes, que l'astronomie est souvent appelée par eux la science de l'al-medjisti, du mot grec megistè, très grand. C'est par les Arabes que cet ouvrage se répandit en Europe, et encore aujourd'hui son titre arabe, Almageste, nous est plus familier que celui de Syntaxis megistè, que porte l'original grec. Mohammed al-Fargani écrivit, vers 815, ses Eléments d'astronomie, que Golius a traduits en latin. Thabet ben Korra composa, selon Aboul-Faradj, plus de 150 ouvrages, dont un grand nombre traitent des mathématiques. Mohammed ben Djaber al-Batani (929), le Ptolémée des Arabes, fit faire un grand pas à l'astronomie, en découvrant avec beaucoup de sagacité que le mouvement de l'apogée du soleil était un peu plus rapide que celui des étoiles fixes, et s'avançait ainsi le long de l'écliptique. Ce fut là le seul progrès réel que fit l'astronomie au Moyen âge. Le mouvement de l'écliptique fut réduit par lui à un degré pour 70 ans au lieu de 100 ans, et il indiqua avec une très grande exactitude l'excentricité de l'orbite solaire. Abou'l-Wéfa signala et décrivit, dès l'an 975, le 3e mouvement irrégulier de la lune, variation dont la découverte a été attribuée à Tycho-Brahé. Aboul-Haçan Ali Ibn Younas (1008) est l'auteur des Grandes tables astronomiques, dédiées au sultan Al-Hakem d'Égypte. Abou Rihân Mohammed al-Birouni (1030) s'est rendu célèbre par plusieurs traités d'astronomie et d'astrologie, et Abou-Ali-Haçan ben al-Haitem, connu sous le nom d'Al-Hazen, mérite une mention particulière pour son ouvrage sur l'Optique, dont une traduction latine a été publiée à Bâle en 1572. Les princes Turco-Mongols eux-mêmes ne restèrent pas étrangers aux études astronomiques. Au XIIIe siècle, Houlagou, frère de Koubilaï-Khan, fonda, sous la direction de l'astronome Nasir-Eddin, l'observatoire de Maragha. Au XVe siècle, Ulugh-Beg, autre prince turco-mongol, se rendit célèbre par la fondation d'un observatoire à Samarcande, où il dressa un nouveau catalogue d'étoiles, et des tables astronomiques remarquables par leur exactitude. Enfin, en 1457, il mesura l'obliquité de l'écliptique. Astronomie
néo-latine.
A la même époque vivaient Albert, le Grand, évêque de Ratisbonne, qui fit quelques ouvrages sur l'astronomie, et Roger Bacon, moine et docteur de l'université d'Oxford, si célèbre par ses connaissances dans les sciences mathématiques, qu'il fut regardé comme le miracle de son siècle. Il écrivit sur l'astronomie, et fut de ceux qui annonèrent que le calendrier avait besoin d'être réformé. Si l'on excepte la
position d'Oresme (1329 -1382), cette astronomie
médiévale repose sur l'hypothèse géocentrique
(la Terre Le groupe des astronomes progressistes de ce temps a pour chefs de file Purbach,Régiomontanus. Purbach est né en 1423 près de la ville de ce nom. Après avoir voyagé en Italie pour s'instruire, il revint à Vienne, et commença un abrégé de l'Almageste, que sa mort prématurée l'empêcha de terminer; il n'était âgé que de vingt-huit ans, et il avait déjà acquis une très grande réputation. Quant à Regiomontanus, dès l'âge de quinze ans, il étudia sous Purbach, et, à l'exemple de son maître, il fit un voyage en Italie pour y puiser des connaissances que l'Allemagne ne pouvait lui procurer; il revint ensuite à Nuremberg, où il, fut aidé dans ses travaux par Walther. Ce dernier avait une très grande fortune, qui lui permit de faire construire tous les instruments nécessaires aux observations astronomiques. Ces deux hommes travaillèrent en commun, et les premiers ils donnèrent l'heure vraie au moyen de la hauteur du soleil et des étoiles : ils composèrent aussi des éphémérides pour l'espace de trente ans. Regiomontanus observa la comète qui parut en 1472, et chercha, comme pour une planète, à fixer sa distance et sa grandeur. Cette observation mérite d'être citée, car c'est la première de ce genre qui ait été faite en Europe. Comme son prédécesseur, Regiomontanus mourut jeune; il n'avait que trente-neuf ans lorsque la mort le surprit. Mais l'impulsion était donnée. Les observations devenaient plus nombreuses , et les perfectionnements apportés dans la construction des instruments anciens permettaient de les faire plus exactes; il ne fallait plus qu'un pas pour détruire les théories que les siècles avaient consacrées, et pour lire la vérité dans le ciel; Copernic fut celui qui le franchit. L'astronomie moderne La révolution
astronomique des XVIe et XVIIe
s.
Le système de Copernic avait malheureusement
à combattre les illusions des sens,
et ne pouvait être établi définitivement qu'après la découverte des
lois fondamentales de la mécanique, lois dont les Anciens n'eurent aucune
idée. Il avait un autre défaut, dont on tend à minorer aujourd'hui l'importance
: dans les détails, il n'était si simple que cela. Car même en admettant
l'hypothèse héliocentrique, on restait encore
confronté au fait que les orbites des planètes
Nicolas Copernic (1473-1544). Cette complication explique aussi la réticence
à adopter le système de Copernic de certains astronomes, pourtant convaincus
de la nécessité de renoncer au système de Ptolémée.
Tel était le cas de Tycho Brahé (1546-1601),
qui observa pendant vingt ans à Uraniborg, dans la petite île de Hven,
à l'entrée de la mer Baltique. On lui doit un nouveau catalogue
d'étoiles Le
XVIIe s.
Tous sont partisans de l'héliocentrisme, et tous se réclament aussi de Copernic. Sans doute parce que, comme lui, ils refusent à la Terre une place privilégiée au centre monde. Pourtant l'astronomie qu'ils vont fonder n'aura plus rien à avoir avec celle de leurs prédécesseurs. Copernic, comme d'ailleurs Tycho Brahé appartienentt à une autre époque. Leurs systèmes sont les dernier à rester fidèle au programme de Platon, qui voulait seulement sauver les apparences. La vision du monde qui va s'installer tout au long du XVIIe siècle reposera sur une nouvelle façon de penser l'espace et le mouvement, au sein d'une physique désormais tout entière articulée autour des notions d'inertie et de force. Galilée.
De fait, les observations
de Galilée donnaient au système héliocentrique beaucoup de vraisemblance,
mais elles n'apportaient aucun argument décisif, et devant l'Inquisition Kepler.
Kepler eut aussi
quelques vues exactes sur la pesanteur Huygens (1629-1695)
perfectionna la construction et la théorie des lunettes; il découvrit
un satellite de Saturne La création de l'Académie des sciences de Paris en 1666 marque une époque importante dans l'astronomie d'observation. Louis XIV attire en France Hevélius, Cassini, Roemer et Huygens; et c'est au sein de l'Académie que prennent naissance l'application du télescope au quart de cercle pour la mesure des hauteurs des astres, l'invention du micromètre et de l'héliomètre, la découverte de la propagation successive de la lumière, de la grandeur de la Terre, de la diminution de la pesanteur à l'équateur. Picard donne le
premier une mesure exacte de la Terre par des procédés que l'on suivra
jusqu'au XXe siècle.
Richer,
à Cayenne Ces progrès de l'astronomie, et les progrès simultanés de l'analyse et de la mécanique, ne pouvaient laisser plus longtemps inconnues les lois fondamentales du mouvement des corps célestes. C'est à Newton qu'il était réservé de les reconnaître. Newton.
A moins de 30 ans,
Newton
était déjà en possession du calcul des fluxions (forme initiale du calcul
différentiel et intégral) et de sa théorie
de la lumière : il montre ainsi, à partir de 1666, que la lumière blanche
du Soleil En étudiant le mouvement d'un projectile
qui serait lancé autour d'un centre, il reconnaît que sa trajectoire
est effectivement une ellipse ayant ce centre
pour foyer et satisfaisant à la loi des aires proportionnelles an temps.
La comparaison de ces résultats avec les lois de Kepler Parvenu à ce grand principe appelé loi
d'attraction universelle L'astronomie
au XVIIIe siècle.
Bradley découvre
en 1727 l'aberration La Caille vérifie
la méridienne de France, construit des catalogues C'est l'époque des grandes expéditions
envoyées par la France Les télescopes de Newton
et de Gregory avaient remplacé les lunettes
depuis longtemps, lorsque la découverte de l'achromatisme par Dollond
rend la supériorité à ces derniers instruments. Citons encore le perfectionnement
des tables La fin du XVIIIe
siècle est surtout célèbre par les travaux d'Herschel,
qui constituent un apport immense à l'astronomie d'observation, et parmi
lesquels nous mentionnerons seulement la découverte d'Uranus L'astronomie
au XIXe siècle.
La mesure de la méridienne L'application de la télégraphie électrique
à la détermination des longitudes La mécanique céleste se perfectionne
encore, notamment avec Poisson et Le
Verrier, ce dernier permettant par ses calculs la découverte de Neptune L'astronomie au XXe siècleDès 1908, Henrietta Swan Leavitt découvre la relation période-luminosité des étoiles variables céphéides. Celle-ci va permettre de mesurer les distances interstellaires et d'établir l'échelle des distances cosmiques. Leavitt a aussi été première à percevoir l'existence d'une relation entre la luminosité et le tampérature des étoiles. Cette relation est finalement formulée, en 1911, par Ejnar Hertzsprung et Henry Norris Russell qui développent indépendamment un diagramme qui relie ces grandeurs et permet notamment de classifier les étoiles en étoiles de la séquence principale, géantes et naines blanches. En 1925, Cecilia Payne-Gaposchkin, travaillant sur la composition des étoiles, montrera que les étoiles sont principalement composées d'hydrogène et d'hélium. Cette découverte, premier pas dans compréhension du fonctionnement des étoiles, permettra notamment d'expliquer le diagramme de Hertzsprung et Russell.La théorie de la
relativité générale d'Albert Einstein, publiée
en 1915, et qui est une nouvelle théorie de la gravitation, trouve une
première confirmation observationnelle avec les observations menées par
Arthur
Eddington de l'éclipse solaire de 1919, où la courbure de la lumière
stellaire autour du Soleil a été mesurée, signifiant que la lumière
"pèse" comme prédit par Einstein. L'acceptation de la relativité générale
ne cessera désormais. L'une des explications qu'elle permet déjà est
celle de l'avancée observée du périhélie de Mercure par rapport Ã
ce que prévoyait la théorie de l'attraction universelle de Newton.
Les premières décennies du XXe siècle sont marquées aussi par l'arrivée du premier de longue série de télescopes qui vont au centre de quelques unes des plus grandes découvertes du siècle. En 1917, c'est le télescope Hooker de 100 pouces (2,54 mètres) qui est installé l'Observatoire du Mont Wilson en Californie. Il permet des observations plus détaillées des galaxies et des nébuleuses. Grâce à cet instrument, Edwin Hubble démontre, avec Milton Humason, que les nébuleuses spirales sont des galaxies indépendantes en dehors de la Voie Lactée. Il créé aussi une classification des galaxies en fonction de leur forme (elliptiques, spirales, irrégulières). Surtout, Hubble découvre en 1929 que la lumière des galaxies lointaines est d'autant plus rouge que ces galaxies sont éloignées. Ce phénomène peut se comprendre si l'on fait l'hypothèse que toutes les galaxies lointaines s'éloignent de nous. C'est le premier argument observationnel en faveur de l'idée d'une expansion de l'univers, que les cosmologies construites à l'aide de la relativité générale permettaient d'envisager. Pour expliquer les mouvements des amas de galaxies qui ne pouvaient pas être justifiés uniquement par l'action gravitationnelle la matière visible, Fritz Zwicky propose dans les années 1930 l'existence d'une composante de matière sombre dans l'univers. Pendant plusieurs décennie, cette hypothèse ne progressera qu'à bas bruit. En attendant, dans un tout autre domaine, Clyde Tombaugh découvre Pluton en 1930, premier objet connu du Système solaire, circulant sur une orbite au-delà de celle de Neptune. En 1932, Karl Jansky , pour sa part, détecte pour la première fois des ondes radio provenant de la Voie Lactée. C'est l'acte de naissance de la radioastronomie. La Seconde Guerre mondiale a conduit à des améliorations significatives dans les technologies radar et radio, qui ont été adaptées pour l'astronomie après la guerre. Radioastronomie : La radioastronomie frévèle l'existence d'une nouvelle classe d'objets extragalactiques, les radiogalaxies. Les progrès réalisés pendant la guerre en physique nucléaires ont également un impact important en astrophysique. Fred Hoyle et ses collègues proposent la théorie de la nucléosynthèse stellaire, qui explique comment les éléments chimiques sont formés dans les étoiles. George Gamow et Ralph Alpher développent en 1948 la théorie de la nucléosynthèse primordiale dans le cadre du modèle cosmologique auquel Hoyle donnera en 1951 de théorie du big bang. La théorie de la nucléosynthèse primordiale explique la formation des éléments légers dans les trois premières minutes de l'univers. L'observatoire de Palomar avec son télescope Hale de 200 pouces (5,08 mètres) devient opérationnel en 1948, permettant dans les années suivante des observations encore plus profondes de l'univers, tandique que les avancées dans la compréhension de la nucléosynthèse des éléments se poursuivent dans les 1950. Walter Baade montre pendant cette période que les étoiles de la Voie Lactée se divisent en différents groupes en fonction de leur composition chimique et lde eur âge. Il distingue ainsi les populations stellaires I et II. La population I correspond à des étoiles relativement jeunes, la population II à une génération d'étoiles plus ancienne. La découverte des quasars par Maarten Schmidt en 1963 révèle l'existence de noyaux galactiques extrêmement lumineux et actifs à des distances cosmologiques. En 1965, Penzias et Wilson découvrent le rayonnement de fond cosmologique, qui peut se comprendre comme une rémanence du big bang. Ce modèle cosmologique cosmologique, auquel d'autres alternatives étaient opposées jusque là , s'impose désormais parmi les astronomes. Le cadre de leurs recherches est désormais le suivant : l'univers est en expansion depuis plusieurs mililards d'années et à connu au tout début de cette expansion une phase très chaude et dense. En 1967, Jocelyn Bell Burnell découvre dans la constellation du Petit Renard le premier pulsar. Les pulsars sont des étoiles à neutrons en rotation rapide émettant des signaux radio réguliers. Les premiers humains envoyés sur la Lune à partir de 1969 marquent par ailleurs la montée en puissance de l'exploration spatiale du Système solaire. Le programme Viking de la NASA lance des missions vers Mars en 1976, qui envoient les premières images de la surface martienne. Les sondes Voyager 1 et 2, lancées en 1977, vont fournir des images détaillées des planètes géantes et de leurs satellites, et révolutionnent la planétologie. Côté astrophysique, on note dans les années 1970, la découverte, en 1971, de la source radio Cygnus X-1, interprétée comme un candidat trou noir stellaires. Les trous noirs étaient jusque là des objets théoriques dont la possibilité découlait des équations de la théorie de la relativité générale. Le modèle des disques d'accrétion autour des trous noirs et des étoiles à neutrons est développé, expliquant l'intense émission de rayonnement observée. Les premières simulations numériques de la dynamique des galaxies sont par ailleurs développées, qui aident à comprendre la formation et l'évolution des structures galactiques, mais qui remettent aussi au goût du jour la vieille idée de Zwicky concernant la composante non lumineuse de l'univers, et que les travaux de Vera Rubin dès les années 1960 sur la courbe de rotation des galaxies spirales avaient confortée. La question de la matière sombre va être un objet de spéculation majeur à partir des années 1980. Est-elle composée d'objets astronomiques massifs, mais trop peu lumineux pour être accessibles à l'observation directe, ou alors a-t-on affaire à à de nouvelles particules élémentaires massives elles aussi, mais qui intéragissent électromagnétiquement très faiblement au pas du tout avec le reste de la matière? Les réponses à cette question ont un impact sur l'histoire même de l'univers. Par exemple, selon la réponse apportée des scénarios différent sont élaborés pour rendre compte de la formation des galaxies. Tandis que les uns stattachent à ces problèmes, d'autres observent, en 1987, la supernova 1987A, dans le Grand Nuage de Magellan, qui leur offre une occasion unique d'étudier les processus de l'explosion d'une étoile massive en temps réel. Les années 1990 vont encore être très fécondes. Lancé en 1990, le télescope spatial Hubble (HST) donne un nouveau souffle à l'astronomie observationnelle en fournissant des images extrêmement nettes de l'univers. Le satellite COBE (Cosmic Background Explorer) mesure en 1992 les fluctuations du fond diffus cosmologique. Les télescopes terrestres géants, à Hawaii ou à l'observatoire européen austral (ESO), au Chili, se mettent en place ou se perfectionnent pour produire eux aussi des résultats de niveau comparable à ceux du HST. Des découvertes majeures vont être faites sur la formation des étoiles, des galaxies et sur l'expansion de l'univers. La seconde moitié de la décénnie est marqué par deux événement clés. D'abord, la découverte de la première exoplanète autour d'une étoile de type solaire, 51 Pegasi b, en 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz, qui ouvre à un nouveau domaine d'étude. Ensuite, l'observation des supenovae lointaines menée par deux équipes indépendantes (Supernova Cosmology Project et High-Z Supernova Search Team), qui conduit en 1998 à la découverte de l'accélération de l'expansion de l'univers. Une découverte surprise qui suggère (autre d'autres conséquence) que l'univers ne contient pas seulement une composante matérielle sombre, mais aussi une composante énergétique de nature inconnue, et que par analogie on va appeler l'énergie sombre. Le modèle cosmologique Lambda-CDM devient le modèle standard de l'univers. Il incorpore la matière sombre froide (CDM = cold dark matter, ce qui correspond à des particules massives exotiques "lentes", c'est-à -dire animées de vitesses non-relativistes) et l'énergie sombre (Lambda, un facteur à la valeur non définie apparaissant dans les équations dès les premiers modèles cosmologique, mais auquel on avait choisi jusque-là de donner la valeur zéro) pour expliquer les observations de la structure et de l'évolution de l'univers. Le premier quart du XXIe siècleLa période a débuté avec l'héritage du télescope spatial Hubble, dont les premières décennies avaient déjà bouleversé notre compréhension. Mais le véritable moteur de la révolution est venue, dans un premier temps, de la sonde WMAP (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe), lancée en 2001, qui a entrepris de cartographier le rayonnement fossile. Ses résultats, publiés en cascade jusqu'au début des années 2010, ont fourni la composition précise de l'univers. On sait désormais que la matière ordinaire, celle qui compose les étoiles, les planètes et nos corps, ne représente que 5% de tout ce qui existe. Les 95% restants sont partagés entre une matière sombre gravitationnellement attractive et une énergie sombre, une force répulsive qui accélère l'expansion de l'univers. En 2013, c'est la mission Planck de l'Agence Spatiale Européenne qui a pris le relais, affinant encore ces mesures avec une précision inégalée et sondant les infimes fluctuations primordiales qui sont les germes des grandes structures de l'univers.Cependant, ce triomphe du modèle standard de la cosmologie a rapidement été confronté à des tensions. Les données de Planck ont révélé une curieuse disparition : environ 40% de la masse attendue dans les amas de galaxies semblait manquer. Devant l'ampleur du défi, certains théoriciens ont proposé des solutions exotiques, comme l'existence d'une nouvelle particule, un quatrième type de neutrino. Mais comme souvent en science, la réponse est venue d'observations plus fines. Entre 2013 et 2014, deux études majeures utilisant la technique de lentille gravitationnelle (qui mesure la masse d'un amas en déformant la lumière des galaxies lointaines) ont montré que la masse était bien là . C'est l'estimation de Planck, basée sur un effet physique différent, qui était sous-estimée. La crise était résolue, non par de la nouvelle physique, mais par une meilleure compréhension des instruments. Parallèlement, les astronomes ont commencé à sonder l'univers jeune. En 2014, une équipe internationale a dévoilé une carte en trois dimensions de l'univers tel qu'il était seulement 3 milliards d'années après le début de l'expansion cosmique. Cette prouesse a été réalisée en utilisant la lumière de galaxies extrêmement lointaines pour éclairer la toile cosmique d'hydrogène, une technique novatrice qui a transformé des lignes de visée en une véritable image en volume. La même année, le télescope spatial Hubble, toujours actif, a montré que les galaxies naines étaient étaient des acteurs centraux de la jeunesse de l'univers, en produisant une part considérable des nouvelles étoiles et en contribuant de manière majeure à la réionisation, cette période où la lumière des premières étoiles a chauffé et ionisé l'hydrogène neutre qui baignait le cosmos. De travaux théoriques sur la nature même de la gravitation ont également marqué la période. Certains modèles, dits de gravitation modifiée, ont tenté d'expliquer l'énergie sombre non pas par une substance exotique, mais par une modification des lois d'Einstein à très grande échelle. Ces théories ont cherché à reproduire toute l'histoire de l'univers, de l'ère du rayonnement primitif à l'accélération actuelle, en une seule équation cohérente. Dans le même temps, des observations pointues de notre propre galaxie ont offert des indices sur l'environnement proche des monstres qui se cachent en son coeur. En 2014, une analyse détaillée de Sagittarius A*, le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, a révélé une sous-structure dans son image, une découverte essentielle pour comprendre la turbulence du milieu interstellaire et préparer l'avènement de l'Event Horizon Telescope. L'exploration du Système Solaire s'est également poursuivie. Des missions telles que Curiosity (2012) se consacrent à l'étude de la surface de Mars. En 2014, la mission Rosetta de l'ESA a réussi à placer le module Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, fournissant des données sur la composition des comètes. La sonde New Horizons a survolé Pluton, en 2015, et a transmi des images et des données détaillées de cette planète naine et de ses satellites. Une avancée notable est venbue de la première détection directe d'ondes gravitationnelles,, qui confirme (encore) une prédiction clé de la théorie de la relativité générale. Le 14 septembre 2015, à 9h50 UTC, les deux détecteurs de la collaboration LIGO ('un à Hanford dans l'État de Washington, l'autre à Livingston en Louisiane) enregistrent simultanément un signal d'une durée de deux dixièmes de seconde. Ce frémissement, dont l'amplitude maximale déplace les miroirs de l'instrument d'une fraction d'un millième du diamètre d'un proton, est la première détection directe d'ondes gravitationnelles de l'histoire. La source est identifiée comme la fusion de deux trous noirs stellaires d'environ 29 et 36 masses solaires, localisée à 1,3 milliard d'années-lumière. En une fraction de seconde, ce système a libéré plus d'énergie sous forme d'ondes gravitationnelles que toutes les étoiles de l'univers observable réunies n'en rayonnent sous forme de lumière. L'événement, baptisé GW150914, est annoncé publiquement en février 2016 et vaut à Kip Thorne, Rainer Weiss et Barry Barish le prix Nobel de physique en 2017. Ce qui frappe la communauté scientifique autant que la détection elle-même, c'est la confirmation expérimentale d'une prédiction centenaire d'Einstein dans le régime le plus extrême qui soit : deux objets parmi les plus denses de l'univers tournant l'un autour de l'autre à une fraction notable de la vitesse de la lumière avant de fusionner. Les années suivantes voient s'accumuler les détections gravitationnelles à un rythme croissant. La collaboration LIGO-Virgo (Virgo étant le détecteur européen installé près de Pise) publie des catalogues successifs comptant finalement plusieurs centaines d'événements lors des campagnes d'observation O1, O2 et O3. Parmi ces événements, celui du 17 août 2017 marque un nouveau seuil : GW170817 est la première fusion de deux étoiles à neutrons détectée en ondes gravitationnelles, et elle est accompagnée, 1,7 secondes plus tard, d'un sursaut gamma court capté par les satellites Fermi et INTEGRAL. Dans les heures et les jours qui suivent, des dizaines de télescopes sur Terre et dans l'espace observent la même source dans toutes les longueurs d'onde, du rayonnement X aux ondes radio, en passant par le visible et l'infrarouge. Cette "kilonova", terme désignant l'émission lumineuse produite par la fusion de deux étoiles à neutrons, confirme expérimentalement une hypothèse de longue date : les éléments lourds comme l'or, le platine et les terres rares sont synthétisés lors de ces fusions cataclysmiques par un processus de capture rapide de neutrons. L'astronomie multi-messagers (qui combine ondes gravitationnelles, photons de toutes énergies et, potentiellement, neutrinos et rayons cosmiques) entre officiellement dans l'ère opérationnelle. La collaboration Event Horizon Telescope poursuit un projet d'une audace extraordinaire : imager directement l'ombre d'un trou noir supermassif. En avril 2017, huit radiotélescopes répartis sur quatre continents (du pôle Sud aux îles Hawaii en passant par l'Espagne et le Chili) observent simultanément le noyau de la galaxie elliptique M87 et le centre de la Voie lactée. Les données, représentant plusieurs pétaoctets, sont rapatriées physiquement sur disques durs et traitées par des équipes à Cambridge et Taipei pendant près de deux ans. Le 10 avril 2019, la première image du trou noir central de M87 est rendue publique : un anneau lumineux asymétrique d'environ 40 microsecondes d'arc de diamètre angulaire entourant une région sombre, correspondant à un objet d'environ 6,5 milliards de masses solaires. Trois ans plus tard, en mai 2022, la même collaboration publie l'image de Sagittarius A*, le trou noir de 4 millions de masses solaires en orbite duquel tournent les étoiles du centre galactique. Ces deux images constituent une validation directe de la relativité générale dans le régime de champ fort, et elles contraignent fortement les théories alternatives à la gravitation d'Einstein. La question du destin
et de la géométrie de l'univers reste dominée par la tension croissante
autour de la constante de Hubble. Ce
paramètre, qui décrit le taux d'expansion actuel de l'univers, est mesuré
par deux grandes familles de méthodes qui donnent des résultats incompatibles
au niveau statistique de plus de cinq sigma (le seuil conventionnel pour
parler de découverte en physique, Le télescope spatial James Webb, lancé le 25 décembre 2021 et opérationnel à partir de l'été 2022, inaugure une nouvelle ère dans l'observation de l'univers lointain. Sa surface collectrice de 25 mètres carrés et ses instruments optimisés pour l'infrarouge lui permettent de détecter la lumière de galaxies qui émettaient quand l'univers n'avait que quelques centaines de millions d'années. Dès ses premières semaines d'observation, Webb identifie des galaxies à des redshifts supérieurs à 10, c'est-à -dire dont la lumière voyage depuis une époque où l'univers était moins d'un vingtième de son âge actuel. Plus troublant encore, plusieurs de ces galaxies présentent des masses stellaires et des degrés de structuration morphologique (disques, bulbes, populations d'étoiles vieilles) qui semblent incompatibles avec les modèles de formation des galaxies dans le cadre standard de la matière sombre froide. Ces galaxies " trop massives, trop tôt" (certaines regroupant déjà des dizaines de milliards de masses solaires à des âges cosmiques inférieurs à 600 millions d'années) alimentent un débat intense sur la vitesse de formation des premières étoiles et la nature exacte des premiers semences de la structure cosmique. Webb observe également les atmosphères d'exoplanètes avec une précision inégalée, détectant du dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'une planète de la taille de Jupiter en 2022, puis produisant des spectres atmosphériques d'un niveau de détail sans précédent pour des planètes rocheuses du système TRAPPIST-1. La physique des exoplanètes connaît elle-même une transformation profonde. La mission Kepler de la NASA, lancée en 2009 et dont les données couvrent la période jusqu'en 2018, a catalogué plusieurs milliers de candidats planétaires, révélant que les planètes de type super-Terre et mini-Neptune (une catégorie absente du système solaire) sont en réalité les objets les plus courants de la Galaxie. La mission TESS, lancée en 2018, prend la relève en couvrant un ciel bien plus large et en ciblant des étoiles plus proches et plus brillantes, accessibles aux spectromètres au sol pour la mesure des masses planétaires. En 2022 et 2023, les spectromètres à haute résolution ESPRESSO et HARPS détectent plusieurs systèmes planétaires multiples avec des masses et des densités mesurées à quelques pour cent d'incertitude, ouvrant la voie à une caractérisation géophysique des planètes extrasolaires. La découverte que le système TRAPPIST-1, autour d'une naine rouge à 40 années-lumière, héberge sept planètes de taille terrestre dont trois dans la zone habitable, déclenche un effort observationnel sans précédent pour caractériser ces mondes. Dans le domaine de la physique des hautes énergies astrophysiques, le réseau de détection de neutrinos IceCube, enfoui dans la glace de l'Antarctique, publie en 2022 la première détection statistiquement significative de neutrinos de haute énergie provenant d'une source galactique spécifique : la galaxie de Seyfert NGC 1068, distante de 47 millions d'années-lumière. Ce résultat, renforcé en 2023, confirme que les noyaux actifs de galaxies sont des accélérateurs de particules cosmiques, et pose les premières bases d'une astronomie neutrinique extragalactique. L'origine des rayons cosmiques d'ultra-haute énergie (ces particules atteignant des énergies dix millions de fois supérieures à celles du Grand collisionneur de hadrons) reste une question ouverte, mais les corrélations statistiques entre les directions d'arrivée de ces particules et certaines classes de galaxies actives se renforcent progressivement. Les simulations numériques de la formation des structures cosmiques atteignent au cours de cette période des résolutions et des volumes sans précédent. La simulation IllustrisTNG, publiée en 2018, reproduit avec une fidélité remarquable les propriétés statistiques des galaxies observées (morphologies, couleurs, profils de vitesse, contenus en gaz) à travers plusieurs milliards d'années d'évolution cosmique dans un volume représentant plusieurs centaines de millions d'années-lumière de côté. Ces simulations confirment la robustesse du modèle cosmologique standard ΛCDM (fondé sur la matière sombre froide et une constante cosmologique) tout en révélant des tensions persistantes aux petites échelles : la distribution du nombre de satellites des galaxies, la structure centrale des halos de matière sombre ou le problème de l'alignement des galaxies satellites avec le plan de la Voie lactée. La matière sombre reste l'un des grands problèmes non résolus de la physique fondamentale. Les expériences de détection directe (LUX-ZEPLIN, PandaX, XENON1T et XENONnT) repoussent les limites de sensibilité pour les particules massives interagissant faiblement, les WIMPs, sans jamais détecter de signal. La masse et la section efficace d'interaction des WIMPs candidates sont contraintes dans des régions de plus en plus restreintes du paramètre espace, obligeant les chercheurs à envisager des candidats alternatifs : axions, particules ultralégères de type fuzzy dark matter, particules stériles. L'expérience ADMX, dédiée aux axions, publie des contraintes qui commencent à mordre sur les régions de masse motivées par la théorie. Aucun signal positif n'a été obtenu à ce jour dans cette recherche directe. Le fond diffus de neutrinos cosmologiques (vestige de l'univers à une seconde après le tout début de l'expansuion cosmique, jamais détecté directement faute d'instruments suffisamment sensibles) fait l'objet de projets comme PTOLEMY, dont les premières démonstrations technologiques sont publiées dans cette période. Dans un autre registre, l'expérience DESI (Dark Energy Spectroscopic Instrument) entame en 2021 son relevé de la position de dizaines de millions de galaxies, visant à mesurer les oscillations acoustiques baryoniques (l'empreinte fossilisée des ondes sonores de l'univers primitif dans la distribution des galaxies) avec une précision suffisante pour contraindre la nature de l'énergie sombre. Les premiers résultats publiés en 2024 suggèrent une possible déviation de la constante cosmologique vers une énergie sombre dont l'équation d'état évoluerait avec le temps, un résultat qui, s'il se confirme, constituerait l'une des découvertes les plus importantes de la cosmologie depuis la détection de l'accélération de l'expansion en 1998. L'image d'ensemble qui se dégage des dernières années est celle d'une science en pleine maturité instrumentale, capable de mesurer l'univers avec une précision qui commence à excéder la précision des théories disponibles pour l'interpréter. Le modèle standard de la cosmologie reproduit l'essentiel des observations avec un succès éclatant, mais ses coutures commencent à se voir : la tension de Hubble, les galaxies massives précoces de Webb, les légères déviations suggérées par DESI, les échecs répétés à détecter la matière sombre. Si bien que l'astrophysique actuelle ressemble de plus en plus à la physique atomique de la fin du XIXe : une science dont la structure globale paraît solide, mais dont les anomalies persistent avec une régularité qui laisse supposer que quelque chose d'essentiel reste encore à découvrir. |
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Pour
les plus jeunes.
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| David Romeuf, Le sanctuaire arverne de Corrent et l'astronomie ? : une étude sur les possibles alignements astronomiques en relation avec le calendrier celtique du site antique de Corent, dans le Puy-de-Dôme. |
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