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P. Matteo Ricci est un jésuite né
à Macerata, en Italie, le 6 octobre 1542, et mort à Pékin
le 16 mai 1610. Il est non seulement le fondateur de la mission jésuite
moderne en Chine, mais surtout un pionnier de l'échange culturel et scientifique
entre l'Europe et l'Asie. Ses travaux cartographiques, mathématiques et
astronomiques ont ouvet la Chine au savoir occidental, tandis que ses écrits
et ses traductions ont fait découvrir aux Européens la richesse de la
culture et de la philosophie chinoises.
Il reste une figure emblématique du dialogue interculturel.
Il est issu d'une famille aisée et reçoit une éducation soignée dès son jeune âge, fréquentant un collège jésuite. Il se rend ensuite à Rome pour étudier le droit. Mais cette voie ne lui convient pas, et il ressent un appel plus profond. En 1568, il abandonne ses études de droit et entre dans la Compagnie de Jésus. À Rome, au Collège Romain (qui deviendra plus tard l'Université Grégorienne), il approfondit ses connaissances en mathématiques, en astronomie et en théologie auprès de professeurs renommés comme le célèbre mathématicien Christophorus Clavius. Il nourrit un désir ardent de partir en mission en Orient, particulièrement en Chine, un empire alors largement méconnu des Européens. Après son ordination comme prêtre, il quitte Lisbonne en 1578 pour l'Inde portugaise. Il passe quelque temps à Goa, étudiant et préparant sa future mission. Il arrive finalement à Macao, une enclave portugaise à l'entrée de la Chine, en 1582. C'est là qu'il commence l'apprentissage intensif de la langue chinoise, une étape cruciale pour sa future entreprise. En 1583, Matteo Ricci obtient la permission d'entrer en Chine continentale avec un autre jésuite, Michele Ruggieri. Ils s'installent à Zhaoqing, dans la province du Guangdong. Les débuts sont difficiles. Ils doivent s'adapter à une culture totalement étrangère et à une langue complexe. Initialement, ils adoptent l'habit des moines bouddhistes, pensant que cela les rendra acceptables. Cependant, ils réalisent vite que cela ne leur ouvre pas les portes de l'élite lettrée qui détient le pouvoir et le prestige. Ricci comprend rapidement l'importance d'adopter les usages locaux et d'établir des relations de confiance avec les lettrés chinois, qui sont les piliers de la société. Il change d'approche, adopte la tenue des lettrés confucéens et se présente non pas comme un prêtre venu convertir, mais comme un savant venu d'Occident, désireux d'échanger des connaissances. Il s'immerge dans l'étude des classiques confucéens et maîtrise bientôt le chinois écrit et parlé avec une rare éloquence. Son savoir dans les domaines scientifiques attire l'attention. Il introduit des instruments européens comme des horloges, des astrolabes et des prismes, qui fascinent les Chinois. Il enseigne les mathématiques, la géométrie (il traduira les Éléments d'Euclide en chinois avec l'aide d'un érudit), l'astronomie et la géographie. Sa contribution la plus célèbre dans ce domaine est la création de la Kunyu Quantu (Carte complète du monde), la première carte du monde chinoise qui inclut les continents européens, africains et américains, changeant radicalement la perception que les Chinois ont de la taille et de la distribution des terres. Au fil des années, Ricci déménage plusieurs fois, cherchant à remonter vers le nord et à atteindre la capitale, Pékin. Il réside successivement à Shaoguan, Nanchang, et Nanjing, établissant à chaque étape des contacts précieux avec des érudits et des officiels. Il est respecté pour son érudition, son intégrité morale et sa capacité à comprendre la culture chinoise. Il se fait appeler Li Madou et devient une figure reconnue dans les cercles lettrés. Il atteint enfin Pékin en 1601. Grâce à la présentation de cadeaux fascinants et à sa réputation de savant, il obtient l'autorisation de résider dans la capitale, près de la cour impériale, bien qu'il n'ait jamais rencontré personnellement l'empereur Wanli. À Pékin, il peut développer son oeuvre de rencontre entre les cultures. Il continue d'enseigner les sciences occidentales tout en s'engageant dans un dialogue philosophique et théologique avec les lettrés chinois. Il élabore sa méthode d'accommodation, cherchant des points de convergence entre le christianisme et le confucianisme, qu'il considère comme une philosophie morale compatible, voire préparatoire, à la foi chrétienne. Il écrit des ouvrages en chinois, dont le plus célèbre est le Tianzhu Shiyi ( = Véritable sens du Maître du Ciel), qui présente la théologie chrétienne dans un langage et avec des concepts accessibles aux lettrés confucéens. Il gagne l'amitié et la collaboration d'éminents savants chinois qui se convertissent au christianisme, comme Xu Guangqi, Li Zhizao et Yang Tingyun, souvent appelés les "Trois Piliers" du catholicisme chinois naissant. Ensemble, ils traduisent des textes occidentaux et écrivent des ouvrages qui fusionnent savoir chinois et occidental. Matteo Ricci ne cherche pas une conversion de masse, mais se concentre sur l'établissement d'une base intellectuelle et d'une élite convertie qui pourrait, espère-t-il, diffuser la foi par l'exemple et le prestige. Son approche suscite à la fois admiration et, plus tard, des critiques, notamment au sein de l'Église, car elle est jugée trop conciliante avec les rites et les philosophies chinoises. Sa vie s'achève à Pékin. Épuisé par des décennies de travail intense et d'adaptation, il tombe malade. Il meurt en 1610, à l'âge de 67 ans. C'est un signe extraordinaire de la reconnaissance qu'il a acquise que l'empereur accorde aux Jésuites une parcelle de terrain hors des murs de la ville pour l'enterrer, ce qui est un privilège très rare pour un étranger.
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