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État du Mexique
Tlaxcala
L'État de Tlaxcala est situĂ© dans le centre du  Mexique et constitue l'un des plus petits États de la fĂ©dĂ©ration mexicaine, tant en superficie qu'en population. Il est enclavĂ© entre les États de Puebla Ă  l'est et au sud, Hidalgo au nord et l'État de Mexico Ă  l'ouest. Sa superficie est d'environ 4000 kilomètres carrĂ©s. Sa capitale est la ville de Tlaxcala de XicohtĂ©ncatl.

Tlaxcala est situé sur le plateau central mexicain, à une altitude moyenne de 2200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le relief est dominé par des hauts plateaux, des vallées fertiles et des zones montagneuses. Le volcan La Malinche (ou Matlalcueyetl), qui s'élève à 4461 mètres, constitue le point culminant de l'État et une référence géographique et culturelle importante. Le climat est généralement tempéré, avec des variations dues à l'altitude : plus frais dans les zones élevées et plus chaud dans les vallées.

Le réseau hydrographique est peu abondant, mais on trouve plusieurs rivières de taille modeste, dont le Zahuapan et l'Atoyac, qui font partie du bassin versant du fleuve Balsas. Tlaxcala dispose de terres fertiles propices à l'agriculture, notamment dans la vallée de Huamantla et la vallée de Tlaxcala, où sont cultivés maïs, orge, haricots et légumes.

Le couvert végétal est varié : on trouve des forêts de conifères sur les flancs de La Malinche, des forêts de chênes, ainsi que des prairies et zones semi-arides dans les basses altitudes. L'érosion des sols, la déforestation et la pression démographique ont cependant dégradé une partie de l'environnement naturel. Des parcs écologiques et réserves naturelles visent aujourd'hui à préserver les écosystèmes, notamment le parc national La Malinche.

Histoire.
Avant l'arrivée des Espagnols, la région était peuplée par les Tlaxcaltèques, un peuple nahua indépendant et farouchement opposé à l'empire aztèque. Bien que encerclé par les Aztèques, Tlaxcala a su conserver son autonomie grâce à une structure politique confédérale, composée de quatre grandes seigneuries. Ces dernières étaient gouvernées collectivement, avec une forte tradition militaire et religieuse.

En 1519, les Tlaxcaltèques jouèrent un rôle décisif dans la conquête du Mexique en s'alliant à Hernán Cortés contre les Aztèques. Après des combats initiaux, Cortés conclut une alliance stratégique avec les seigneurs de Tlaxcala, qui lui fournirent des milliers de guerriers pour marcher sur Tenochtitlán (Mexico). Cette alliance valut à Tlaxcala des privilèges importants pendant la période coloniale : ses habitants conservèrent des terres, un certain degré d'autonomie politique locale et furent exemptés de certaines formes de tribut, contrairement à d'autres populations indigènes conquises.

Durant la période coloniale, Tlaxcala fut un centre missionnaire important pour l'évangélisation du centre et du nord du Mexique. La ville de Tlaxcala servit aussi de base pour la fondation de colonies indigènes dans des régions éloignées, notamment dans le nord de la Nouvelle-Espagne. Tlaxcala reçut le statut de ville espagnole très tôt, et les familles nobles indigènes y conservèrent une influence sociale et religieuse significative jusqu'au XVIIIe siècle.

À l'époque de l'indépendance du Mexique au début du XIXe siècle, le Tlaxcala fut intégré politiquement à la région de Puebla, avant d'acquérir le statut d'État libre et souverain en 1857. Tout au long du XIXe siècle, le Tlaxcala resta une entité modeste, marquée par le poids de l'agriculture traditionnelle, un faible développement industriel et une dynamique démographique modérée.

Durant la Révolution mexicaine, le Tlaxcala fut le théâtre de quelques affrontements, mais sans grande importance stratégique. Au XXe siècle, l'État connut une lente modernisation, avec l'apparition de petites industries textiles, une amélioration des infrastructures routières et la consolidation d'un appareil administratif régional.

Dans les dernières dĂ©cennies, le Tlaxcala s'est urbanisĂ© Ă  un rythme modĂ©rĂ© et s'est intĂ©grĂ© davantage aux dynamiques Ă©conomiques de la rĂ©gion centre du pays, notamment grâce Ă  sa proximitĂ© avec Puebla et Mexico. 

Principales villes et principaux sites archéologiques de l'Etat de Tlaxcala

Villes

• Tlaxcala de Xicohténcatl, capitale de l'État, est le centre administratif, historique et culturel le plus important. Fondée officiellement par les Espagnols au XVIe siècle, elle conserve un centre colonial bien préservé, avec des bâtiments baroques, des églises comme la cathédrale de Nuestra Señora de la Asunción — l'une des plus anciennes d'Amérique — et des couvents franciscains qui font partie du patrimoine mondial de l'Unesco. La ville accueille également plusieurs musées, comme le Museo Regional de Tlaxcala, qui présente des collections sur l'histoire indigène et coloniale, et le musée de l'art de Tlaxcala.

• Huamantla est une autre ville majeure, connue pour son artisanat, son élevage de taureaux de combat et sa foire annuelle en l'honneur de la Vierge de la Caridad, où l'on célèbre la fameuse Noche que nadie duerme, une nuit où des tapis de sciure colorée recouvrent les rues. Huamantla possède également un musée de la tauromachie et conserve une forte tradition religieuse et populaire. C'est un centre économique local important, notamment dans l'agro-industrie et le textile.

• Apizaco, troisième pôle urbain de Tlaxcala, est un centre ferroviaire et industriel qui a connu une croissance significative au XXe siècle. Située au nord de la capitale, elle est stratégiquement positionnée sur l'axe routier et ferroviaire reliant Mexico à Veracruz. Apizaco est un centre de services et de commerce régional, avec une économie tournée vers l'industrie textile, la transformation alimentaire et les services de transport.

• Chiautempan est une ville qui forme pratiquement une conurbation avec Tlaxcala capitale. Elle est réputée pour son industrie textile et sa production de vêtements traditionnels, notamment les sarapes et les rebozos. Chiautempan conserve aussi une forte tradition religieuse, avec des églises coloniales et de nombreuses fêtes patronales.

• San Pablo del Monte, à l'extrême sud de l'État, est intégré à la zone métropolitaine de Puebla. C'est un centre urbain en pleine croissance qui fonctionne comme une ville-dortoir et un centre de production artisanale, notamment en céramique, talavera et bois sculpté. Son identité culturelle est fortement liée aux traditions nahuas et à la dynamique économique de Puebla.

Sites archéologiques

• Cacaxtla, situé dans la municipalité de Nativitas est le site le plus emblématique de l'Etat. Ce site, occupé entre 600 et 900 ap. JC, se signale par ses fresques murales exceptionnellement conservées, qui montrent une forte influence maya dans l'iconographie, bien que le site ait été occupé par les Olmèques-Xicalancas. Les fresques représentent des scènes de batailles, des figures divines et des rituels, et sont uniques dans le Mexique central. Cacaxtla se distingue aussi par l'organisation de ses structures architecturales articulées autour d'un axe cérémoniel.

 â€˘ XochitĂ©catl, situĂ© tout près, est un autre site majeur, avec une occupation remontant Ă  800 av. JC. C'est un site religieux et cĂ©rĂ©moniel construit sur une colline volcanique avec une vue panoramique sur les volcans voisins. Il comprend plusieurs structures monumentales, notamment la pyramide des Fleurs, utilisĂ©e probablement pour des rites de fertilitĂ©. Le site est remarquable par la prĂ©sence de figurines fĂ©minines en argile retrouvĂ©es sur place, liĂ©es au culte de la fertilitĂ© et de la terre-mère.

• Tizatlán, situé en périphérie de la capitale de l'Etat, est important pour comprendre l'histoire tlaxcaltèque. C'était l'un des quatre altepetl (seigneuries) de la confédération tlaxcaltèque avant l'arrivée des Espagnols. On y trouve des vestiges d'un palais préhispanique avec des peintures murales et un autel dédié au dieu Tezcatlipoca. Ce site revêt un intérêt particulier pour l'étude de l'organisation politique tlaxcaltèque.

• Ocotelulco, également lié à un des quatre grands seigneuries de Tlaxcala préhispanique, a révélé des structures cérémonielles et des offrandes rituelles. Bien que moins spectaculaire que Cacaxtla ou Xochitécatl, il contribue à reconstituer l'histoire de l'État avant la conquête espagnole.

• Tecoaque (Zultepec), situé dans la municipalité de Calpulalpan, est un site associé à un épisode tragique de la conquête : l'attaque et le sacrifice d'un convoi espagnol par les Acolhuas en 1520. Les fouilles ont mis au jour des structures cérémonielles et des preuves de sacrifices humains massifs, y compris d'Européens. C'est un site crucial pour comprendre les réactions indigènes face à l'invasion espagnole.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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