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Ciudad de México |
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Ville
de Mexico, officiellement Ciudad de México (CDMX), est située
dans le centre-sud du Mexique Le coeur gĂ©ographique de la ville correspond Ă une ancienne zone lacustre, le lac Texcoco, partiellement assĂ©chĂ© au fil des siècles, notamment après la conquĂŞte espagnole. Le sol argileux, rĂ©sultat de ce passĂ© hydrologique, prĂ©sente une instabilitĂ© qui provoque des affaissements de terrain frĂ©quents, aggravĂ©s par le pompage excessif des eaux souterraines. La ville est divisĂ©e en 16 alcaldĂas (arrondissements), qui comprennent Ă la fois des zones urbaines denses et des rĂ©gions plus rurales et montagneuses Ă la pĂ©riphĂ©rie, notamment dans le sud, comme Tlalpan et Milpa Alta. Le nord et l'est sont davantage caractĂ©risĂ© par une urbanisation continue avec des banlieues populaires et des zones industrielles. Le relief varie fortement du nord au sud. Au nord et Ă l'est, le terrain est plutĂ´t plat, alors qu'au sud et Ă l'ouest, il devient plus accidentĂ© avec des formations montagneuses et volcaniques appartenant Ă la Sierra de las Cruces. Le parc national du Desierto de los Leones, au sud-ouest, constitue l'une des plus importantes zones de conservation Ă©cologique de la mĂ©tropole. Le rĂ©seau hydrographique naturel a presque disparu sous l'effet de l'urbanisation. Les anciens lacs ont Ă©tĂ© assĂ©chĂ©s et les rivières canalisĂ©es. Des canaux artificiels subsistent Ă Xochimilco, oĂą se trouvent encore les chinampas, vestiges des systèmes agricoles prĂ©hispaniques. Cette zone est classĂ©e au patrimoine mondial de l'Unesco. Mexico connaĂ®t une expansion urbaine considĂ©rable, avec une aire mĂ©tropolitaine qui dĂ©borde largement les limites administratives de la ville pour inclure plus de 60 municipalitĂ©s des États voisins, notamment l'État de Mexico et Hidalgo. L'ensemble forme l'une des plus grandes mĂ©gapoles du monde avec plus de 21 millions d'habitants. Le climat varie selon l'altitude : les zones centrales connaissent des tempĂ©ratures moyennes annuelles de 16 Ă 18 °C, tandis que les zones montagneuses peuvent descendre bien en dessous. Les prĂ©cipitations, concentrĂ©es entre juin et septembre, s'Ă©lèvent en moyenne Ă 700-1 200 mm par an. L'urbanisation anarchique a conduit Ă une occupation intensive des zones Ă risques : flancs de collines, ravins, anciens lits de rivières, ce qui accentue la vulnĂ©rabilitĂ© aux inondations et aux glissements de terrain. L'activitĂ© sismique est Ă©galement une menace constante, en raison de la proximitĂ© de plusieurs failles tectoniques. Enfin, l'empreinte humaine et l'altitude rĂ©duisent la qualitĂ© de l'air, souvent affectĂ©e par un phĂ©nomène d'inversion thermique. Le relief montagneux freine la dispersion des polluants, ce qui a fait de Mexico l'un des centres les plus surveillĂ©s au monde en matière de pollution atmosphĂ©rique. Histoire de la
ville de Mexico.
Aux siècles suivants, la région vit se développer de puissantes civilisations mésoaméricaines. La ville de Teotihuacan, située au nord-est de la vallée, devint le plus grand centre urbain du Mexique préhispanique entre le Ier et le VIIe siècle, exerçant une influence politique, religieuse et commerciale sur toute la Mésoamérique. Bien que Teotihuacan ait été abandonnée vers le VIIIe siècle, sa mémoire culturelle persista chez les peuples qui lui succédèrent. Vers le XIIIe
siècle, la vallée de Mexico était habitée par diverses cités-États
de culture nahua, issues de migrations venues du nord. Parmi ces peuples,
les Mexicas, ou Tenochas, s'installèrent vers 1325 sur un îlot du lac
Texcoco. Selon leur tradition mythologique, ils fondèrent leur cité en
suivant un signe prophétique : un aigle posé sur un cactus, dévorant
un serpent. Ce lieu devint Tenochtitlán, coeur de l'actuelle Mexico.
Plan de Tenochtitlan à l'arrivée des Espagnols. Initialement vassaux de cités plus puissantes comme Azcapotzalco, les Mexicas s'imposèrent rapidement comme une puissance militaire et commerciale. En 1428, ils formèrent avec Texcoco et Tlacopan la Triple Alliance, qui donna naissance à ce qu'on appelle aujourd'hui l'empire aztèque. Tenochtitlán, construite sur pilotis et canaux, devint une cité extraordinairement sophistiquée, avec des chinampas (îles agricoles artificielles), des temples majestueux, des palais, et un marché cosmopolite à Tlatelolco. Au début du XVIe siècle, Tenochtitlán comptait sans doute plus de 200 000 habitants, rivalisant avec les plus grandes villes européennes de l'époque. Elle était non seulement un centre politique, mais aussi religieux, car elle abritait le Templo Mayor, dédié à Huitzilopochtli et Tlaloc. L'arrivée des Espagnols dirigés par Hernán Cortés en 1519 bouleversa l'équilibre de la région. Cortés forma des alliances avec des peuples ennemis des Mexicas, comme les Tlaxcaltèques. Après un premier contact pacifique, les tensions s'aggravèrent. En 1520, les Espagnols furent chassés de la ville lors de la Noche Triste, mais revinrent l'année suivante avec une armée renforcée. Le siège de Tenochtitlán, de mai à août 1521, fut long et dévastateur. Les Espagnols, aidés par des dizaines de milliers d'indigènes, détruisirent systématiquement les digues, les canaux et les quartiers. Après la capture de l'empereur Cuauhtémoc, la ville fut entièrement prise le 13 août 1521. Les Espagnols commencèrent immédiatement à construire sur les ruines de Tenochtitlán une nouvelle capitale coloniale. Mexico devint le siège du pouvoir espagnol en Nouvelle-Espagne. Des édifices coloniaux furent bâtis sur les anciens temples, comme la cathédrale sur les ruines du Templo Mayor. Les institutions de la colonie furent centralisées dans la ville, qui accueillit un grand mélange de populations : conquistadors, missionnaires, artisans indigènes, esclaves africains. C'est à cette époque que fut tracé le damier du centre historique actuel. Malgré les destructions, certaines structures hydrauliques mexicas furent conservées ou adaptées, et les Espagnols durent composer avec la géographie lacustre de la ville pendant des siècles. Tenochtitlán ne fut donc pas seulement détruite : elle fut transformée, superposée et absorbée dans un nouvel ordre colonial. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, la ville de Mexico s'imposa comme le coeur politique, administratif, religieux et économique de la Nouvelle-Espagne, colonie majeure de l'Empire espagnol en Amérique. Elle fut désignée capitale du vice-royaume de Nouvelle-Espagne, territoire immense qui s'étendait de l'Amérique du Nord aux Philippines. La ville se développa autour du Zócalo, ancienne place cérémonielle de Tenochtitlán, où étaient édifiés les bâtiments du pouvoir colonial : la cathédrale métropolitaine, le palais vice-royal, des couvents et universités. Durant le XVIIe siècle, Mexico connut une croissance continue malgré des épidémies meurtrières et des inondations dévastatrices, dont celle de 1629 qui submergea la ville pendant près de cinq ans. Ces désastres mirent en lumière les défis posés par l'héritage lacustre de la vallée. Les autorités espagnoles entreprirent d'ambitieux projets de drainage, notamment le canal de Huehuetoca et plus tard le tunnel Nochistongo, creusés avec la main-d'oeuvre autochtone forcée. Mexico devint aussi un centre culturel majeur. L'Université royale y fut fondée en 1551, l'une des plus anciennes du continent, et la ville accueillit de nombreux imprimeurs, artistes, scientifiques et théologiens. L'architecture coloniale baroque s'imposa dans les églises, palais, et hôpitaux, comme l'hôpital de Jesús fondé par Hernán Cortés. L'élite créole y côtoyait des populations métisses, indigènes, et esclaves africains dans un ordre social hiérarchisé selon des principes racistes. Au XVIIIe
siècle, les réformes bourboniennes voulurent moderniser l'administration
coloniale. La ville connut alors un essor urbain et intellectuel. Des académies,
des journaux, des sociétés scientifiques y furent créés. Néanmoins,
les inégalités restaient fortes, et les tensions sociales grandissaient.
La place centrale (zocalo) de Mexico, au XVIIIe s. En 1810, Miguel Hidalgo déclencha la guerre d'indépendance. Si Mexico resta longtemps sous contrôle royaliste, elle fut marquée par des insurrections et par l'arrivée, en 1821, de l'armée des Trigarante qui scella l'indépendance. En 1824, Mexico devint la capitale des États-Unis du Mexique. La transition fut violente : luttes entre fédéralistes et centralistes, coups d'État, interventions étrangères, dont la guerre contre les États-Unis (1846–1848) qui se solda par l'occupation de la ville par les troupes américaines. Après l'intervention
française et le Second Empire de Maximilien
(1864–1867), Mexico entra dans l'ère de la République restaurée. Mais
c'est sous le long rĂ©gime de Porfirio DĂaz (1876–1911) que la ville
se modernisa rapidement. Inspirée de Paris,
elle vit la construction d'avenues, de tramways, de gares, de monuments
comme le Palais des Beaux-Arts et des quartiers bourgeois comme la Colonia
Roma. Cependant, cette modernisation accentua les inégalités sociales
et marginalisa les classes populaires.
La cathédrale de Mexico, au XIXe s. Elle a été construite sur l'emplacement du temple aztèque de Huitzilopochtli. La Révolution mexicaine, déclenchée en 1910, bouleversa le pays mais épargna en partie la ville, qui servit souvent de centre de commandement pour les factions révolutionnaires. Après la révolution, les années 1920–1940 furent marquées par des réformes éducatives, l'essor de l'art muraliste (avec Diego Rivera, José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros), et le développement d'un État post-révolutionnaire centralisé. À partir des années 1940, Mexico connut un boom démographique et industriel. Alimentée par l'exode rural, l'urbanisation s'accéléra. Les banlieues s'étendirent rapidement, souvent sans planification. Les infrastructures suivirent difficilement : logement, transports, eau, services. Dans les années 1950, des projets de modernisation, comme la construction du métro (inauguré en 1969), transformèrent le paysage urbain. L'année 1968 marqua un tournant : à la veille des Jeux olympiques, la répression de la manifestation étudiante de Tlatelolco fit des centaines de morts. L'image d'un État autoritaire répressif s'opposa à celle d'un pays moderne. Malgré tout, les Jeux symbolisèrent l'internationalisation de la ville. Mexico poursuivit sa croissance vertigineuse. Les quartiers populaires, les barrios, s'étendirent vers l'est et le nord. Mais les déséquilibres sociaux et environnementaux se creusèrent : pollution de l'air, embouteillages chroniques, épuisement de l'eau, et séismes réguliers. La ville, devenue mégalopole, concentrant le pouvoir, la richesse et les défis du pays, entrait dans une ère de mutations profondes. Dans les années 1980, la capitale était déjà une mégalopole de plus de 12 millions d'habitants. Le 19 septembre 1985, un tremblement de terre d'une magnitude de 8,1 secoua la ville. Ce séisme dévastateur tua entre 10 000 et 30 000 personnes, détruisit des dizaines de milliers de bâtiments et provoqua l'effondrement de services essentiels. L'événement révéla l'inefficacité des autorités et déclencha une mobilisation massive de la société civile. De nombreux collectifs de citoyens, d'architectes et de mouvements sociaux s'organisèrent pour participer à la reconstruction et revendiquer des droits urbains, donnant naissance à une dynamique d'autonomie populaire face à l'État. Dans les années 1990, Mexico poursuivit sa transition économique vers le secteur tertiaire. L'ouverture du Mexique au commerce international, notamment avec l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) signé en 1994, accéléra la désindustrialisation de la capitale. Les anciennes zones industrielles furent transformées en centres commerciaux, bureaux, ou zones résidentielles pour les classes moyennes et supérieures. Parallèlement, l'économie informelle connut un essor considérable, occupant massivement les espaces publics. Sur le plan environnemental, la pollution atmosphérique atteignit des niveaux critiques. Dans les années 1980 et 1990, la ville était l'une des plus polluées au monde. Les autorités mirent en place des politiques d'urgence comme le programme « Hoy no circula » (jour sans voiture), la régulation du carburant au plomb, et l'introduction progressive des transports moins polluants. Des efforts de reforestation et de protection des zones écologiques du sud, comme Xochimilco et Ajusco, furent également engagés, bien qu'insuffisants pour enrayer l'étalement urbain. Politiquement, un changement majeur eut lieu en 1997 : pour la première fois, les habitants purent élire leur chef de gouvernement. C'est Cuauhtémoc Cárdenas, figure de gauche et fondateur du Parti de la révolution démocratique (PRD), qui remporta les élections. Cette transition démocratique permit une plus grande autonomie politique à la ville, qui jusqu'alors était gouvernée directement par le président de la République. Depuis lors, Mexico s'est imposée comme un bastion de la gauche progressiste au Mexique, avec des politiques axées sur l'inclusion sociale, les droits LGBTQ+, la santé publique, et la culture. Durant les années 2000, la ville se lança dans de vastes projets d'infrastructure : expansion du métro et du Metrobús, création de lignes de transport électrique, revitalisation du centre historique, construction de zones culturelles comme le musée Soumaya et l'auditorium national. L'attractivité touristique et commerciale s'en trouva renforcée, notamment dans des quartiers comme Condesa, Roma ou Polanco, qui connurent une gentrification rapide. Mais ces dynamiques accentuèrent aussi les inégalités socio-spatiales. Tandis que le centre et l'ouest se modernisaient, l'est, le nord et le sud périphérique accumulaient des déficits d'infrastructure, des violences urbaines et un accès limité aux services. L'exode rural continua d'alimenter la croissance de ces zones précaires, souvent construites illégalement sur des terrains à risques. Le séisme du 19 septembre 2017, exactement 32 ans après celui de 1985, raviva les peurs et les failles urbaines. Bien que mieux préparée, la ville enregistra des pertes humaines et matérielles importantes. Là encore, la société civile joua un rôle central dans les secours et l'organisation. La pandémie de covid-19 en 2020 bouleversa profondément la vie urbaine. Mexico, fortement densifiée, fut l'un des foyers épidémiques majeurs du pays. Les inégalités en matière de santé, de logement, et de mobilité furent exacerbées. L'usage du numérique, du télétravail, et des plateformes de livraison se généralisa, redéfinissant la fonction de certains espaces urbains. En parallèle, Mexico s'est positionnée comme une métropole culturelle et internationale de premier plan en Amérique latine. Elle accueille des festivals de cinéma, de musique, d'art contemporain, et attire des migrants internationaux, des nomades numériques et des entreprises technologiques. Malgré ses défis persistants — violence, gestion de l'eau, ségrégation socio-spatiale, séismes, changement climatique —, elle continue d'incarner une ville dynamique, contrastée et résiliente, où passé et avenir coexistent dans une tension constante. |
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