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État du Mexique
Tabasco
L'État du Tabasco (Estado Libre y Soberano de Tabasco) est des Etats fédérés du Mexique. Il  est situé dans la région du Golfe du Mexique et est entouré par les États de Chiapas au sud, de Campeche à l'est, de Veracruz au nord-est et au nord, et du golfe du Mexique à l'est. L'Etat couvre une superficie de 24 740 kilomètres carrés, faisant de lui l'un des États les plus petits du Mexique.  Population : rèss de 2,5 millions d'habitants (2025). Capitale : Villahermosa.

Le relief du Tabasco est essentiellement plat, avec une altitude moyenne de seulement 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. La région est drainée par de nombreux cours d'eau importants, notamment le fleuve Usumacinta, le fleuve Grijalva et ses affluents. Ces fleuves jouent un rôle crucial dans l'économie locale, en fournissant de l'eau pour l'irrigation, la navigation et la production d'énergie hydroélectrique. L'État se signale aussi par ses vastes zones marécageuses et ses étendues de mangroves le long de sa côte, qui abritent une faune et une flore riches et variées.

La région côtière du Tabasco est bordée par le golfe du Mexique, qui offre une bande de littoral sablonneux et des plages peu développées. Cette zone est appréciée pour ses paysages naturels et ses opportunités de pêche et de tourisme écologique. Les eaux côtières sont riches en poissons et en crustacés, ce qui contribue au développement de l'industrie de la pêche locale.

À l'intérieur des terres, les plaines basses sont recouvertes de forêts tropicales humides. Ces écosystèmes sont essentiels pour la biodiversité et jouent un rôle important dans la régulation du climat local. Les forêts du Tabasco abritent une grande variété d'espèces animales. Elles sont un refuge pour des espèces menacées, telles que les jaguars et les aras.

Les villes principales du Tabasco, comme Villahermosa, la capitale, et Comalcalco, sont situées dans les plaines côtières. Villahermosa est connue pour son architecture coloniale et ses musées, tandis que Comalcalco est célèbre pour ses vestiges mayas, notamment un temple maya unique construit en briques.

Enfin, la géographie du Tabasco est influencée par sa proximité avec le golfe du Mexique, ce qui rend la région vulnérable aux cyclones et aux inondations. Ces phénomènes météorologiques peuvent avoir des impacts significatifs sur l'économie locale, notamment sur l'agriculture et la pêche. 

Quelques-unes des principales villes du Tabasco

• Villahermosa, la capitale, est le centre politique, administratif et économique de l'État. C'est une ville moderne, dynamique, traversée par le fleuve Grijalva. Elle abrite des institutions gouvernementales, des universités, des centres culturels et des musées remarquables, dont le parc-musée La Venta, qui expose des têtes colossales olmèques. Villahermosa est également un centre stratégique pour l'industrie pétrolière mexicaine, avec des bureaux de Pemex et un réseau logistique dense.

• Comalcalco, située à l'ouest de Villahermosa, est célèbre pour son site archéologique maya unique, construit en briques d'argile au lieu de pierres, une particularité dans l'architecture précolombienne du Mexique. Outre son patrimoine historique, la ville est un important centre agricole, avec la culture du cacao comme activité traditionnelle essentielle. Elle est également bien reliée aux routes commerciales régionales.

• Cárdenas, deuxième ville de l'État en population, est un centre économique et industriel majeur. Elle dispose d'infrastructures ferroviaires, portuaires et pétrolières qui soutiennent le développement du secteur énergétique dans la région. Elle est aussi un point de transit important entre Villahermosa et la côte du Golfe du Mexique. Son économie repose en partie sur l'industrie, la pêche, et les raffineries de pétrole.

• Huimanguillo, à la frontière avec l'État du Veracruz, se distingue par sa grande superficie rurale et sa forte activité agricole. Elle est réputée pour la production de fruits, la culture de la canne à sucre, et l'élevage bovin. C'est aussi une ville historique avec un riche passé préhispanique, comprenant des vestiges archéologiques encore peu explorés.

• Tenosique, située à l'extrême sud-est, près du fleuve Usumacinta et à la frontière avec le Guatemala, joue un rôle important en tant que ville frontalière. C'est un point stratégique pour le commerce et les mouvements 

migratoires. Tenosique est aussi connue pour son carnaval traditionnel, l'un des plus anciens et singuliers du pays, et pour ses paysages naturels, notamment les gorges et cascades du fleuve.

• Macuspana, à l'est de Villahermosa, est une ville en pleine croissance, principalement en raison de l'exploitation pétrolière et gazière. Elle est aussi connue comme la ville natale de l'ancien président mexicain Andrés Manuel López Obrador. Sa position géographique entre zones forestières et rivières en fait un lieu fertile pour les activités agricoles et piscicoles.

• Paraíso, sur la côte du Golfe du Mexique, est devenue une ville clé pour le développement énergétique du pays grâce au projet de la raffinerie Dos Bocas, l'une des plus ambitieuses actuellement. Ce projet a profondément transformé l'économie locale, attirant main-d'oeuvre, infrastructures et investissements. En plus de son importance industrielle, Paraíso conserve des plages et zones humides d'intérêt écologique.

• Jalpa de Méndez, au nord-ouest de Villahermosa, est une ville de tradition artisanale et agricole. Elle est connue pour la production de chapeaux et pour la culture du maïs et du cacao. La ville conserve un fort sens de l'identité culturelle régionale avec ses fêtes populaires et sa gastronomie typique.

• Nacajuca, dans la région centre-nord de Tabasco, est le coeur de la culture chontal, l'une des populations autochtones de l'État. Elle se distingue par la préservation de la langue chontal, l'artisanat traditionnel, et les systèmes communautaires de gestion des terres. Nacajuca est également engagée dans des projets de développement durable, en particulier dans les zones marécageuses qui l'entourent.

• Frontera, une ville côtière à l'embouchure du fleuve Grijalva, est une zone d'importance écologique. Elle abrite la Réserve de la biosphère de Pantanos de Centla, l'une des plus vastes zones humides d'Amérique latine. Cette ville joue un rôle crucial dans la préservation de l'environnement tout en développant un tourisme de nature et d'écotourisme.

Histoire.
Les premières civilisations à habiter la région du Tabasco étaient les Olmèques, une culture précolombienne considérée comme la première grande civilisation mésoaméricaine. Ils étaient présents dès environ 1500 avant notre ère et ont laissé des vestiges importants, notamment des sculptures en pierre représentant des huicos, des figures massives qui symbolisaient des divinités. Les Olmèques ont contribué à la fondation de la civilisation mésoaméricaine en développant des techniques agricoles avancées, un système de calendrier, et des formes d'écriture.

Vers 900 avant notre ère, les Olmèques furent progressivement remplacés par d'autres cultures, notamment les Mayas., avec, parmi eux, notamment les Chontales, les Zoques et les Tabascos. Ces groupes ont continué à cultiver la région et à développer des communautés autour des rivières et des zones côtières. Leur mode de vie était centré sur l'agriculture, notamment la culture du maïs, du cacao et du manioc, et sur la navigation dans les rivières. Les Mayas ont aussi laissé un impact durable dans la région, construisant des sites archéologiques importants comme Comalcalco, un site unique en briques plutôt que dans le style classique des pierres taillées. Comalcalco est réputé pour ses murailles ornées de motifs architecturaux et de reliefs qui témoignent de l'influence maya dans la région.

Le contact avec les Espagnols débuta en 1518 lorsque Francisco Hernández de Córdoba, lors de son expédition exploratoire, découvrit la région du Tabasco. En 1519, Hernán Cortés, accompagné de ses troupes, rencontra les habitants de la région lors de son voyage vers Tenochtitlán (Mexico). Les habitants du Tabasco offrirent des cadeaux aux Espagnols, comme des calebasses de cacao, ce qui marqua le début de l'introduction du cacao en Europe. Cortés prit rapidement le contrôle de la région, et imposa la domination espagnole et convertissant les populations locales au christianisme.

Au fil des siècles, le Tabasco devint une colonie sous la domination espagnole, intégrée à la vice-royauté de Nouvelle-Espagne. La région continua de jouer un rôle important dans l'économie espagnole grâce à ses richesses agricoles, notamment le cacao, qui était exporté vers l'Europe. Les Espagnols implantèrent également des plantations de canne à sucre, favorisant l'esclavage et l'exploitation des populations autochtones.

Après l'indépendance du Mexique en 1821, le Tabasco devint un État indépendant avant de rejoindre la République mexicaine en 1824. La période post-indépendance fut marquée par des luttes pour l'autonomie et la défense des droits des populations locales face aux autorités centrales. Le Tabasco participa également aux guerres de l'Intégrité Nationale au milieu du XIXe siècle, où elle soutint les efforts pour conserver l'intégrité territoriale du Mexique face aux tentatives sécessionnistes.

Dans le XXe siècle, le Tabasco continua de se développer économiquement, profitant de ses ressources naturelles. L'agriculture, en particulier la culture du cacao, du caoutchouc et du café, demeura un pilier de l'économie locale. Parallèlement, l'industrie pétrolière et gazière devint de plus en plus importante, notamment avec la découverte de champs pétrolifères dans les années 1960 et 1970. Ces découvertes ont transformé l'économie du Tabasco, en attirant de nouvelles industries et en stimulant le développement urbain.

Aujourd'hui, le Tabasco continue de naviguer entre ses racines historiques et ses ambitions modernes. Bien que la région reste influencée par ses traditions autochtones et ses liens avec l'histoire maya et olmèque, elle fait face à de nouveaux défis, notamment la gestion durable de ses ressources naturelles et la lutte contre les effets des changements climatiques, tels que les inondations fréquentes dues à l'élévation du niveau des océans.

Quelques-uns des principaux sites archéologiques du Tabasco

• La Venta est sans doute le site le plus emblématique du Tabasco, et l'un des plus importants du monde olmèque. Occupé entre 900 et 400 av. JC, il s'agit d'un centre cérémoniel majeur, caractérisé par une pyramide de terre en forme de cône tronqué, des plateformes symétriques, et des sculptures colossales. On y retrouve notamment plusieurs têtes olmèques monumentales, des autels en pierre, et des stèles sculptées qui montrent des figures mythologiques ou royales. Le complexe est également notable pour ses tombes sophistiquées avec des mosaïques de serpentine, ce qui témoigne d'une hiérarchie sociale et religieuse très développée. Aujourd'hui, la plupart des pièces les plus célèbres de La Venta sont exposées au Parque-Museo La Venta à Villahermosa, capitale de l'État.

• Comalcalco est un autre site majeur, unique dans le monde maya par sa technique de construction : il est le seul site connu à avoir utilisé des briques en terre cuite liées avec un mortier à base de coquillages broyés. Comalcalco a été un centre important entre 600 et 900 ap. JC, au moment où la civilisation maya atteignait son apogée dans la région. On y trouve des pyramides, des tombes, des autels et un jeu de balle. Plusieurs inscriptions et sculptures ont permis d'établir que Comalcalco entretenait des liens étroits avec Palenque, dans le Chiapas, et jouait un rôle politique et religieux important dans la zone occidentale maya. Les vestiges architecturaux, bien conservés, présentent un mélange de styles.

• Moral-Reforma est un site situé près du fleuve Usumacinta, à la frontière avec le Chiapas. Il est d'origine maya et fut occupé entre 300 et 900 ap. JC. Moral-Reforma a été un point de contrôle stratégique pour le commerce fluvial entre le Petén et le golfe du 

Mexique. On y trouve une grande acropole, plusieurs pyramides à degrés, ainsi que des stèles avec inscriptions dynastiques. Ces dernières relatent l'influence de grandes cités comme Calakmul, indiquant que le site faisait partie d'un réseau politique étendu.

• Pomoná, non loin de Moral-Reforma, est un autre site maya classique ayant prospéré entre 500 et 900 ap. J.-C. Il est composé de plusieurs groupes de structures, dont des pyramides, des cours cérémonielles et des plateformes résidentielles. Le site a livré de nombreuses stèles, dont certaines portent des dates en compte long et des scènes de rituels royaux. Son musée de site abrite des sculptures d'une grande finesse, notamment des masques en stuc et des reliefs narratifs.

• San Claudio, dans la municipalité de Tenosique, est un site encore peu exploré mais d'un grand intérêt. Il présente des vestiges d'architecture monumentale, ainsi que des céramiques décorées et des sculptures en pierre. Le site semble avoir servi de point d'interaction entre les mondes olmèque, maya et zoque. Des fouilles récentes suggèrent qu'il pourrait avoir été un centre religieux ou commercial régional.

• Reforma, un site situé dans le nord de l'État, est moins connu mais revêt une importance historique pour la compréhension des interactions entre les Mayas de l'ouest et les cultures du golfe. On y a trouvé des monticules cérémoniels, des objets de prestige en jade, et des vestiges de glyphes qui suggèrent un rôle politique local.

• El Bellote, récemment étudié, est un site côtier qui présente des plateformes basses et des structures en terre. Bien que peu spectaculaire en apparence, il offre des indices précieux sur les réseaux d'échange maritime dans le golfe du Mexique à l'époque précolombienne.

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