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Jarvis Island |
0 22 S, 160 03 W |
L'ÃŽle Jarvis,
actuellement possession américaine, est un atoll
corallien inhabité de l'Océan Pacifique
Sud, situé juste au sud de l'équateur à 2417 km au Sud d'Honolulu,
environ à mi-distance entre Hawaii et les Îles
Cook. L'île a été transformée par les Etats-Unis en refuge
national de la faune en 1974. Elle fait aujourd'hui partie des Refuges
américains de la vie sauvage dans le Pacifique. Sa
superficie est de 4,5 km² .
Carte de l'île Jarvis. Source : The World Factbook. L'île s'est formée sur un mont sous-marin volcanique par l'accumulation de sédiments coralliens au fil de millions d'années. Elle est de faible altitude, atteignant à peine sept mètres au-dessus du niveau de la mer à son point culminant, et dépourvue de toute source naturelle d'eau douce, ce qui est un facteur déterminant pour sa flore et sa faune terrestres. Le sol est principalement constitué de sable, de gravier et de débris de corail. Le climat est caractérisé par une chaleur intense, des vents constants et des précipitations extrêmement faibles et irrégulières, ce qui crée un environnement désertique. Cette aridité est la contrainte majeure pour la vie terrestre. La flore de l'île Jarvis est par conséquent très peu diversifiée et adaptée à des conditions extrêmes de sécheresse, de vent et de salinité. Elle est dominée par des herbes résistantes comme Lepturus repens et des plantes rampantes ou basses telles que Tribulus cistoides, Boerhavia diffusa et Portulaca molokiniensis (une variété locale de pourpier). Quelques rares arbustes bas, comme Sida fallax, peuvent être trouvés. Il n'y a absolument aucun arbre sur l'île. La végétation est clairsemée et recouvre de manière discontinue la surface. Cette limitation de la flore contraste fortement avec la richesse des écosystèmes marins environnants. La faune terrestre est dominée par les oiseaux marins, pour lesquels Jarvis est un site de nidification d'une importance capitale dans le Pacifique central. Malgré les perturbations historiques liées à l'exploitation du guano aux XIXe et début XXe siècles, qui a vu l'exportation de vastes quantités d'excréments d'oiseaux (riches en phosphates) et l'introduction d'espèces invasives comme les rats, l'île a connu une remarquable résilience et un retour spectaculaire des populations d'oiseaux après l'arrêt de ces activités et l'éradication réussie des rats. Des millions d'oiseaux marins de diverses espèces y nichent ou s'y reposent, notamment différentes espèces de sternes (comme la Sterne fuligineuse et la Sterne noddi), de fous (comme le Fou masqué et le Fou brun), de frégates (Frégate du Pacifique) et de puffins. L'île constitue un refuge essentiel pour ces oiseaux qui se nourrissent dans les eaux environnantes riches en poissons. Au-delà des oiseaux, la faune terrestre est très limitée, comprenant quelques espèces d'invertébrés adaptés au milieu sec, comme des insectes et des araignées, ainsi que des crabes terrestres. Aucun vertébré terrestre résident autre que les oiseaux marins ne se trouve sur l'île. L'écosystème marin autour de Jarvis, en revanche, est exceptionnellement riche et bien conservé, en grande partie grâce à l'isolement de l'île et à son statut actuel de refuge faunique national américain (Jarvis Island National Wildlife Refuge) et de partie intégrante du vaste Pacific Remote Islands Marine National Monument, une vaste zone protégée gérée par le US Fish and Wildlife Service. Les récifs coralliens qui entourent l'île sont en bonne santé et abritent une extrême diversité de vie marine, notammentde nombreuses espèces de poissons de récif, de grands pélagiques comme les thons et les requins (avec des populations notables de requins gris de récif), des tortues marines (principalement la Tortue verte), et occasionnellement des mammifères marins. Les eaux claires et les courants riches en nutriments soutiennent une chaîne alimentaire dynamique. Jarvis est aujourd'hui menacée principalement par les impacts du changement climatique, tels que l'élévation du niveau de la mer qui pourrait engloutir l'île à basse altitude, et l'acidification des océans qui affectent les récifs coralliens. Histoire
de l'île Jarvis.
Sa découverte est quelque peu floue. L'île aurait pu être aperçue pour la première fois par des baleiniers dès le début du XIXe siècle. Elle est parfois créditée à au capitaine Brown du navire britannique Elder en 1821, qui l'aurait nommée Bunker Island. Cependant, le nom qui a perduré est celui de l'Américain George Jarvis, capitaine du navire Square Rigged qui aurait aperçu l'île en 1858, bien que des sources américaines créditent également ce nom à un certain capitaine Jarvis en 1821. Quoi qu'il en soit, c'est l'intérêt pour une ressource particulière qui va véritablement mettre Jarvis sur la carte : le guano. Dans les années 1850, le guano (les excréments d'oiseaux marins, riches en nitrates et phosphates) était une ressource très recherchée comme engrais agricole. Le Congrès américain adopta en 1856 le Guano Islands Act, une loi permettant aux citoyens américains de revendiquer des îles inhabitées contenant des gisements de guano au nom des États-Unis. C'est en vertu de cette loi que l'American Guano Company revendiqua l'île Jarvis en 1858. L'exploitation commença rapidement, et attira des travailleurs (généralement des Hawaïens et d'autres insulaires du Pacifique) dans des conditions très difficiles sur cette île désertique. L'activité d'extraction de guano fut intense pendant environ vingt ans, mais l'épuisement des gisements et la découverte d'autres sources d'engrais entraînèrent l'abandon de l'île par les compagnies américaines vers 1879. L'île resta inhabitée pendant plusieurs décennies. En 1889, le Royaume-Uni revendiqua officiellement l'île Jarvis (ainsi que les Îles Baker et Howland) et en concéda les droits d'exploitation à une compagnie britannique, la Pacific Phosphate Company. Cependant, cette compagnie se concentra principalement sur l'exploitation des phosphates des îles Christmas et Banaba (Ocean Island) et ne mena que peu ou pas d'activité concrète sur Jarvis, qui demeura largement déserte. L'intérêt pour Jarvis ressurgit dans les années 1930, dans un contexte de rivalité croissante dans le Pacifique et de développement de l'aviation transpacifique. Le gouvernement américain, sous l'administration Roosevelt, décida de réaffirmer sa souveraineté sur plusieurs îles inhabitées pour les utiliser potentiellement comme escales aériennes ou bases stratégiques. En mars 1935, un programme fut lancé pour envoyer des groupes de jeunes Hawaïens, sous la supervision du Département de l'Intérieur, pour "coloniser" et occuper ces îles isolées. Jarvis fut l'une de ces îles (avec Baker et Howland). Ces "colons" vivaient dans des conditions rudimentaires, construisant des abris (initialement en tôle, puis en bois) et une station météo simple. Ils effectuaient des observations météorologiques et tentaient parfois des expériences agricoles malgré la sécheresse. Un phare sommaire fut également érigé. Leurs séjours duraient généralement quelques mois avant d'être relevés par un autre groupe. Le programme fut interrompu brutalement par la Seconde Guerre mondiale. Après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941 et d'autres mouvements japonais dans le Pacifique, il devint trop dangereux de maintenir une présence civile sur des îles aussi isolées et potentiellement stratégiques. Les colons de Jarvis furent évacués par un destroyer de l'US Navy en février 1942. L'île ne fut pas occupée militairement par la suite, bien que les installations construites par les colons aient été détruites, probablement par les Japonais. Après la guerre, les États-Unis conservèrent la souveraineté sur l'île, mais elle ne fut plus jamais habitée. Le contrôle de l'île fut confié au US Fish and Wildlife Service, une agence fédérale dédiée à la conservation de la faune. En 1974, l'île Jarvis fut officiellement désignée comme National Wildlife Refuge (Refuge National de Faune Sauvage). Aujourd'hui, l'île Jarvis demeure un territoire non organisé et non incorporé des États-Unis. L'accès y est extrêmement restreint et nécessite une autorisation spéciale, généralement accordée uniquement à des scientifiques et des chercheurs qui effectuent des études sur l'écologie, la géologie ou le climat. |
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