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ÃŽle Christmas
Territory of Christmas Island

10 30 S, 105 40 E
Territoire dépendant de l'Australie, l'île Christmas se situe dans l'Océan indien, à 400 km au Sud de Java (une autre île Christmas existe dans le Pacifique: c'est elle qui reçut Cook qui y observa une éclipsede Soleil).  Elle a reçu ce nom en 1643, parce qu'elle fut découverte le jour de Noël (Christmas en anglais). Son annexion par le Royaume-Uni date de 1888, et l'exploitation de son phosphate a commencé dans les années 1890. En 1958, la souveraineté sur cette île a été transférée à l'Australie. Près des deux-tiers de l'île Christmas sont aujourd'hui un parc national. Sa géographie physique est marquée par son origine volcanique, un ancien mont sous-marin coiffé d'une épaisse couche de calcaire corallien formé par l'activité biologique au fil des millions d'années. Cette structure a été soulevée par des mouvements tectoniques, créant un paysage distinctif en terrasses. L'île a une forme irrégulière, approximativement quadrangulaire,. Elle couvre une superficie d'environ 135 kilomètres carrés.

Géographie physique et biogéographie de l'île Christmas

Le relief est dominé par un plateau central élevé, qui atteint l'altitude maximale de l'île à Murray Hill (361 m). Ce plateau est couvert d'une dense forêt tropicale humide. Le paysage descend du plateau vers la côte par une série de falaises et de terrasses distinctes, qui représentent d'anciens récifs coralliens successivement soulevés. Ces terrasses sont généralement escarpées, et forment des marches naturelles dans le paysage. La transition entre le plateau et la côte est abrupte sur la plupart du périmètre de l'île.

La côte elle-même est caractérisée par des falaises maritimes spectaculaires et quasi continues qui plongent verticalement dans l'océan. L'accès depuis la mer est donc très limité et difficile. Il se fait principalement dans quelques rares baies abritées où les falaises sont légèrement moins abruptes ou interrompues, comme Flying Fish Cove (où se trouve le port principal), Egeria Point ou Dolly Beach. Il n'y a que très peu de plages de sable véritables. La plupart des zones côtières au pied des falaises sont rocheuses ou composées de corail mort érodé. Des récifs frangeants entourent une partie de l'île, mais ils sont fréquemment très proches de la base des falaises.

La géologie de l'île est dominée par le calcaire d'origine récifale, qui repose sur un socle de basalte volcanique. Le caractère karstique du calcaire est très prononcé, avec une infiltration rapide de l'eau de pluie. Il n'y a donc pas de rivières ou de cours d'eau permanents à la surface de l'île. L'eau douce s'accumule sous forme de lentilles d'eau douce flottant sur l'eau salée infiltrée dans les couches calcaires, accessibles par des puits. Des grottes et des formations souterraines sont fréquentes en raison de la dissolution du calcaire par l'eau. 

Des dépôts de phosphate, formés par l'accumulation et l'altération de guano (excréments d'oiseaux marins) sur le calcaire pendant des millénaires, ont historiquement constitué une ressource minière importante, modifiant localement certains aspects du paysage, notamment autour des zones d'exploitation. Le climat est tropical humide, avec une saison des pluies distincte, ce qui favorise la luxuriante végétation forestière qui couvre la majeure partie de l'île et joue un rôle dans la stabilisation des sols sur les pentes abruptes. L'isolement géographique a également contribué au développement d'une biodiversité unique.

Biogéographie.
Née d'un volcan sous-marin, l'île est aujourd'hui principalement recouverte d'une épaisse couche de calcaire corallien, formant un plateau central entouré de falaises abruptes descendant vers une étroite bande côtière. Ce substrat calcaire et le climat tropical humide favorisent le développement d'une forêt tropicale dense qui couvre la majeure partie de l'île. L'éloignement des masses continentales a conduit à un taux d'endémisme notable, tant chez les plantes que chez les animaux, résultat d'une colonisation limitée et d'une évolution divergente. La flore présente des affinités avec la flore indo-malaise et australienne, adaptées aux conditions locales. C'est cependant la faune qui fait la renommée biogéographique de l'île, en particulier ses populations exceptionnelles de crabes terrestres. 

Le Crabe rouge de l'île Christmas (Gecarcoidea natalis), avec sa migration de masse annuelle pour la reproduction, est l'espèce la plus emblématique, mais l'île abrite aussi le Crabe bleu et le Crabe voleur (Birgus latro).

La migration du crabe rouge de l'île Christmas est l'un des spectacles naturels les plus impressionnants de la planète. Chaque année, des millions, parfois des dizaines de millions, de crabes rouges (Gecarcoidea natalis) quittent simultanément leur habitat forestier intérieur pour se diriger vers la côte. Cette migration est déclenchée par le début de la saison des pluies (généralement en octobre ou novembre) et synchronisée avec la phase de la lune, le moment précis étant vital pour la reproduction. Les crabes entreprennent un long et périlleux voyage à travers l'île, traversant routes, jardins et terrains variés, tous poussés par un instinct irrépressible. Les mâles sont généralement les premiers à partir. Ils ouvrent la voie vers l'océan et creusent des terriers près du littoral pour se préparer à l'arrivée des femelles. Lorsque celles-ci arrivent, l'accouplement a lieu dans ou près de ces terriers côtiers. Une fois la reproduction terminée, de nombreux mâles entament leur voyage de retour vers la forêt intérieure. Les femelles, en revanche, restent près de la côte pendant environ deux semaines. Elles incubent les oeufs fécondés dans une poche spéciale sous leur abdomen. Le moment de la libération des oeufs est d'une précision remarquable. Il se produit juste avant l'aube, au moment de la marée haute, spécifiquement pendant le dernier quartier de lune. Ce synchronisme est essentiel pour que les larves aient les meilleures chances de survie en mer. La libération des oeufs est spectaculaire : les femelles se regroupent au bord de l'eau, agitant leurs abdomens pour projeter les millions d'œufs microscopiques dans les vagues. Les larves de crabe passent ensuite environ trois à quatre semaines à dériver en mer, traversant plusieurs stades de développement. La plupart périssent, mais celles qui survivent atteignent le stade de mégalope, qui ressemble à un minuscule homard. Poussées par les courants, ces mégalopes reviennent vers la côte, où elles quittent l'eau pour se transformer en crabes miniatures. Ces bébés crabes, mesurant seulement quelques millimètres, entreprennent alors leur propre migration massive vers l'intérieur de l'île, et rejoignent la forêt que leurs parents avaient quittée quelques semaines plus tôt, complétant ainsi le cycle. Cette migration colossale présente des défis logistiques pour les habitants et les autorités de l'île. Des routes sont souvent fermées pour permettre le passage sécurisé des crabes, et des infrastructures spécifiques comme des ponts et des barrières ont été construites pour les guider et réduire les mortalités dues aux véhicules. L'événement attire des scientifiques et des touristes du monde entier, désireux d'observer ce phénomène unique. Cependant, la migration et l'écosystème de l'île Christmas sont menacés par des espèces invasives, notamment la fourmi folle jaune, ainsi que par le changement climatique qui pourrait affecter le timing et le succès de la reproduction. La conservation de cette migration spectaculaire est une priorité pour l'avenir de l'île.
L'île est également un site de nidification majeur pour plusieurs espèces d'oiseaux marins, dont des frégates endémiques ou subendémiques, et possède une avifaune terrestre qui, du fait de l'isolement, a souvent développé une faible peur des prédateurs. Historiquement, l'île possédait plusieurs espèces de mammifères endémiques, principalement des rongeurs, mais la plupart ont disparu peu après la colonisation humaine en raison de l'introduction d'espèces envahissantes, notamment les rats et les chats, et potentiellement de maladies. La Musaraigne de l'île Christmas (Crocidura trichura) est aujourd'hui considérée comme éteinte ou en danger critique. La Roussette de l'île Christmas (Pteropus melanotus natalis) est une sous-espèce endémique toujours présente mais menacée. 

La Fourmi folle jaune (Anoplolepis gracilipes) est particulièrement problématique. Elle forme des super-colonies qui réduisent considérablement les populations de crabes, perturbent l'écosystème forestier en favorisant les insectes piqueurs et menacent d'autres espèces natives. D'autres envahisseurs comme le grand escargot africain, les cochons sauvages et les chats harets continuent d'exercer une pression. Malgré ces défis, une grande partie de l'île est classée en parc national, reconnaissant l'importance mondiale de ses populations de crabes et d'oiseaux marins ainsi que ses écosystèmes forestiers.

Géographie humaine de l'île Christmas

La population de l'île, relativement restreinte (quelques milliers d'habitants), est extraordinairement diverse. Les principaux groupes ethniques comprennent des personnes d'ascendance chinoise, malaisienne et européenne (principalement australienne et britannique). Cette diversité se traduit par un paysage multiculturel riche, où plusieurs langues sont parlées (anglais, malais, mandarin et divers dialectes chinois étant les plus courants) et diverses religions sont pratiquées (bouddhisme, islam, christianisme, taoïsme, etc.). La vie sociale est un aspect central, souvent organisée autour de festivals et d'événements qui célèbrent les différentes traditions culturelles.

L'essentiel de la population est concentré dans la principale agglomération, Flying Fish Cove ("The Cove"), située sur la côte nord-est. C'est là que se trouvent le port, les principales infrastructures administratives, résidentielles et commerciales. L'aménagement est contraint par la topographie abrupte de l'île. Liés aux anciennes activités minières ou portuaires, d'autres petits campements historiques subsistent. L'infrastructure de l'île comprend un aéroport, un réseau routier limité mais essentiel pour relier les sites clés, et les installations portuaires nécessaires à l'exportation du phosphate et à l'importation de presque tout le reste.

L'économie de l'île a historiquement reposé presque entièrement sur l'exploitation du phosphate, mais le gouvernement australien a décidé de cesser cette exploitation en décembre 1987. La mine a été rouverte 1991; un casino a également été ouvert en 1983, mais il a fermé en 1998. En 2001,  il a été décidé que l'île deviendrait une base commerciale de lancement de fusées. Un autre pilier économique majeur, bien que  controversé, a été le centre de détention pour migrants, géré par le gouvernement australien. Ce centre, dont l'activité fluctue grandement en fonction des politiques d'immigration australiennes, a un impact significatif sur l'emploi, l'économie locale et la dynamique sociale de l'île. D'autres secteurs d'activité comprennent les services gouvernementaux (l'île étant un territoire administré par Canberra), un peu de tourisme (principalement axé sur la nature et les migrations de crabes rouges), et les services de soutien à la population et aux activités principales. Cette structure économique rend l'île très dépendante des décisions politiques et économiques externes, notamment de Canberra.

Histoire de l'île Christmas

Bien que les Européens aient aperçu l'île dès 1615, elle n'a été nommée qu'en 1643 par le capitaine anglais William Mynors, en référence au jour de sa redécouverte. Un autre navire anglais passa atteignit de l'île en 1688 et la trouva inhabitée. Les tentatives d'exploration de l'île au cours des deux siècles suivants ont été entravées par des falaises abruptes et une jungle dense. La découverte de phosphate sur l'île en 1887 a conduit le Royaume-Uni à l'annexer l'année suivante. En 1898, la Christmas Island Phosphate Company a fait venir 200 travailleurs chinois sous contrat pour travailler dans les mines, ainsi que des Malais, des Sikhs et un petit nombre d'Européens. Le Royaume-Uni a administré l'île Christmas depuis Singapour.

Le Japon a envahi l'île en 1942, mais les insulaires ont saboté les opérations minières japonaises, rendant les mines relativement improductives. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont acheté la Christmas Island Phosphate Company et, en 1958, le Royaume-Uni a transféré la souveraineté de Singapour à l'Australie en échange de 20 millions de dollars pour la perte des revenus futurs dans l'exloitation du phosphate. En 1980, l'Australie a créé le parc national de l'île Christmas et a élargi ses limites tout au long des années 1980 jusqu'à ce qu'il couvre plus de 60% du territoire de l'île. La mine de phosphate a été fermée en 1987 en raison de préoccupations environnementales et l'Australie a rejeté plusieurs tentatives pour la rouvrir.

Dans les années 1980, des bateaux de demandeurs d'asile ont commencé à débarquer sur l'île Christmas et les migrants ont demandé le statut de réfugiés puisqu'ils se trouvaient sur le territoire australien. En 2001, l'Australie a déclaré l'île Christmas en dehors de la zone de migration australienne et a construit un centre de détention pour migrants sur l'île. Achevé en 2008, le centre de détention controversé a été officiellement fermé en 2018, bien que des plans de réouverture aient été annoncés début 2019. 

Cartes de l'île Christmas

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Carte de l'île Christmas.
Carte de l'île Christmas.
Carte de l'Ile Christmas
Source : The World Factbook.
Carte de l'Ile Christmas
Carte de navigation aérienne
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