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Alvar Nuñez
Cabeza de Vaca est un voyageur et colonisateur espagnol du XVIe
siècle, né à Jerez de la Frontera, mort à Séville. Petit-fils de l'adelantado
(gouverneur) des Canaries ,
Pedro de Vera, il partit en 1528 avec Panfilo de Narvaez pour la conquête
de la Floride, fut un des rares survivants, fit le médecin pour se concilier
les indigènes, opéra des cures qu'il qualifie de miraculeuses, mit neuf
ans pour traverser avec trois compagnons tout le sud de l'Amérique septentrionale ,
réussit à gagner San Miguel de Culhuacan, se rendit de là à Mexico,
puis en Espagne (1536), où il se fit nommer adelantado du Paraguay ( La
Découverte de l'Amérique).
Avec sept cents hommes montés sur cinq
navires, il partit de San Lucar de Barrameda le 2 novembre 1540, alla débarquer
au sud du Brésil, à Sainte-Catherine (29
mars 1541) et, de là gagnant l'Assomption par terre, fut le premier Ã
explorer le bassin de l'Iguaça dans la province de Paranà . Il fit et
fit faire de nombreuses reconnaissances, notamment dans la direction du
Pérou; pendant l'absence de ses troupes
qu'il avait envoyées contre les Indiens, il fut emprisonné par des Espagnols
révoltés (1543), renvoyé en Espagne et condamné par le Conseil des
Indes à six ans d'exil à Oran, mais il en appela, fut acquitté et obtint
même une pension de 2000 ducats. Il devint président du bureau de commerce
des Indes à Séville. (Beauvois).
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Henri
Gougaud, L'homme qui voulait voir Mahona (roman), Albin Michel,
2008. - En 1528, Alvaro Nunes Cabeza de Vaca, noble
andalou, s'embarque de Séville sous les
ordres du général Narvaez, qui commande cinq caravelles et six cents
hommes à destination du nouveau continent. Les naufrages, la famine, les
fièvres et les flèches des Indiens anéantissent ces Espagnols
assoiffés d'or et de conquête. Perdu dans les immensités du Texas et
du Mexique actuels, révolté par la férocité
de ses compatriotes n'apportant que sauvagerie, ruine et massacres au nom
du Christ, Alvaro erre de tribus en villages
faméliques décimés par les épidémies. On l'accueille pourtant sans
hostilité, car ces Indiens misérables ont deviné que ce "conquistador",
homme juste et bon, ne leur offrait que soutien et compassion. Sa rencontre
amoureuse avec Maïna, une jeune indigène, qui l'initie aux coutumes et
aux croyances de son peuple, les étranges dons de guérisseur qu'il se
découvre et son désintéressement vont faire de lui, malgré lui, un
demi-dieu habité par l'esprit de Mahona, leur divinité mythique.
Au
terme de six années ou presque d'errances et de périls mortels, renonçant
aux trésors inexistants qui étaient le but de son voyage, Cabeza de Vaca,
désormais solidaire d'une civilisation primitive vouée à disparaître,
épousera Maïna selon le rite hopi et rejoindra à contrecoeur, incompris,
cette Espagne impitoyable et cupide qui le traitera en proscrit. (couv.).
En
bibliothèque - Cabeza de Vaca publia
une Relation de ses aventures en Floride (Zamora, 1542; en italien
dans le t. III du recueil de Ramusio), résumée
avec additions et corrections par Oviedo dans
son Historia general de Indias (2e part., L. XXXV, eh. 1-7); sommaire
incomplet dans le t. XIV de Documentos inéditos del Archivo de Indias;
en anglais dans le t. IV du recueil de Purchas; et par Buckingham Smith
(Washington, 1851; 2e édit. Albany, 1871). Pedro Fernandez donna sous
le titre de Comentarios la relation des voyages de Cabeza de Vaca
dans l'Amérique du Sud ,
imprimée avec la précédente à Valladolid (1555 in-4); toutes deux rééditées
dans le t. I du recueil de Barcia (Madrid, 1749, in-fol.), et par E. de
Vedia dans Historiadores primitivos de Indias (t. 1, Madrid, 1863,
in-8) ; trad. en français par Ternaux-Compans (Paris, 1837, 2 vol. in-8). |
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