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Météorologie
Les perturbations
En météorologie, une perturbation est toute modification de l'état moyen de l'atmosphère susceptible d'engendrer des phénomènes significatifs comme des précipitations, des variations de pression, des changements de vent ou des baisses de température. On distingue plusieurs grandes catégories selon leur échelle spatiale, leur durée de vie, leur origine géographique et leur structure dynamique.

Perturbations extratropicales.
Les perturbations des latitudes tempérées, ordinairement appelées perturbations extratropicales ou dépressions des moyennes latitudes, constituent le mode principal du temps sensible en Europe occidentale, en Amérique du Nord ou encore en Asie orientale. Elles se forment le long du front polaire, zone de transition entre l'air froid polaire et l'air subtropical humide. Leur développement, appelé cyclogenèse, suit le modèle norvégien avec l'apparition d'une onde frontale qui s'amplifie, donnant naissance à un secteur chaud encadré par un front chaud à l'avant et un front froid à l'arrière. Le front chaud, de pente faible, provoque des précipitations stratiformes étendues et durables sous forme de pluie ou de neige, fréquemment précédées par des nuages élevés de type cirrus puis des nuages moyens et bas. Le front froid, de pente plus raide, est associé à des bandes de précipitations plus intenses mais plus brèves, parfois orageuses, avec une rotation du vent et une baisse brutale de température après son passage. L'occlusion, stade ultime, se produit lorsque le front froid rattrape le front chaud, isolant le secteur chaud en altitude et donnant des précipitations résiduelles étalées autour du centre dépressionnaire.

Perturbations tropicales.
On regroupe sous le nom de  perturbations tropicales un ensemble de systèmes organisĂ©s qui se dĂ©veloppet au-dessus des eaux ocĂ©aniques chaudes, gĂ©nĂ©ralement entre les tropiques. Elles sont classĂ©es selon l'intensitĂ© du vent maximal soutenu. 

• La dépression tropicale présente une circulation cyclonique fermée avec des vents inférieurs à 63 km/h.

• La tempĂŞte tropicale correspond Ă  des vents compris entre 63 et 118 km/h et reçoit alors un nom. 

• Le cyclone tropical, appelĂ© ouragan dans l'Atlantique nord et le Pacifique nord-est, typhon dans le Pacifique nord-ouest, atteint des vents supĂ©rieurs Ă  118 km/h. Sa structure comprend un oeil calme et dĂ©gagĂ©, entourĂ© par le mur de l'oeil oĂą se trouvent les phĂ©nomènes les plus violents, puis des bandes spiralĂ©es de convection profonde. 

L'énergie provient du dégagement de chaleur latente lors de la condensation de l'air humide au-dessus de l'océan dont la température dépasse environ 26,5 °C sur une épaisseur suffisante. Ces systèmes se dissipent rapidement en touchant terre ou en rencontrant des eaux plus froides ou un cisaillement vertical du vent trop fort.

Perturbations orageuses de méso-échelle.
Les perturbations orageuses de méso-échelle, bien que de dimension plus réduite, peuvent engendrer des phénomènes localement destructeurs.

• Un orage multicellulaire est formĂ© de plusieurs cellules convectives Ă  diffĂ©rents stades de dĂ©veloppement, ce qui lui confère une durĂ©e de vie de plusieurs heures. 

• Un orage supercellulaire possède un courant rotatif ascendant appelĂ© mĂ©socyclone, liĂ© Ă  un fort cisaillement vertical du vent, et peut produire des grĂŞlons de grande taille, des rafales descendantes violentes et des tornades. 

• Les lignes de grains, ou systèmes convectifs de mĂ©so-Ă©chelle, se prĂ©sentent comme des alignements d'orages pouvant s'Ă©tendre sur plusieurs centaines de kilomètres, souvent Ă  l'avant d'un front froid, et produisent des rafales linĂ©aires Ă©tendues appelĂ©es grains en arc (bow echoes) lorsqu'elles prennent une forme arquĂ©e. 

• Les complexes convectifs de méso-échelle sont des amas orageux quasi circulaires, nocturnes, durant plus de six heures et générant d'importants volumes de pluie.

Autres types de perturbations.
Perturbations frontales secondaires.
Les perturbations frontales secondaires ou dérivées comprennent les dépressions de méso-échelle polaire qui se forment sur les mers froides en flux d'air polaire. Celles-ci donnent des bourrasques de neige intenses et soudaines, ainsi que les creux barométriques et thalwegs, axes de basse pression allongés au sein desquels la convergence de basses couches favorise la convection et les précipitations. Les ondes frontales secondaires se développent parfois sur un front froid ralenti, créant une petite dépression pouvant évoluer en système autonome.

Perturbations liées aux ondes atmosphériques.
Les perturbations liées aux ondes atmosphériques incluent les ondes de Rossby, grandes ondulations du courant-jet d'altitude qui pilotent les dépressions de surface et déterminent les alternances entre temps anticyclonique et temps perturbé. Les gouttes froides d'altitude, ou dépressions coupées, sont des poches d'air froid isolées du flux général, souvent responsables d'averses, d'orages et de chutes de neige tardives au printemps. Les ondes orographiques, provoquées par le franchissement d'un relief par un flux laminaire stable, génèrent des nuages lenticulaires, des rotors turbulents sous le vent et parfois des vents violents descendants comme le foehn.

Perturbations de grande échelle liées aux téléconnexions.
Les perturbations de grande échelle liées aux téléconnexions modulent le temps à l'échelle planétaire.

• L'oscillation de Madden-Julian, onde de convection qui se propage d'ouest en est autour de l'Ă©quateur sur une pĂ©riode de trente Ă  soixante jours, influence l'activitĂ© cyclonique dans les bassins tropicaux et les rĂ©gimes de mousson. 

• L'oscillation nord-atlantique, caractĂ©risĂ©e par la diffĂ©rence de pression entre l'anticyclone des Açores et la dĂ©pression d'Islande, dĂ©termine la frĂ©quence et la trajectoire des perturbations sur l'Europe. 

•El Niño et La Niña, anomalies de température de surface de l'océan Pacifique équatorial, modifient la position des zones de convection et donc la répartition mondiale des perturbations (ENSO).

Enfin, les perturbations sèches, sans précipitation notable, comme certains creux thermiques d'été ou les coups de vent associés à des gradients de pression serrés sans humidité suffisante, rappellent que toute baisse de pression ou accélération du vent n'implique pas nécessairement un temps pluvieux, mais constitue néanmoins une modification sensible des conditions atmosphériques pouvant affecter les activités humaines.
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