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Firmum
Picenum était une cité romaine située sur la côte adriatique de
l'Italie
centrale, dans la région historique du Picenum. Son site correspond Ã
l'actuelle ville de Fermo (40 000 hab.), dans la province de Macerata,
dans les Marches. La ville s'élève à une vingtaine de kilomètres
au sud de l'embouchure du fleuve Aso, sur une colline dominant la plaine
côtière et la mer Adriatique ,
à environ cinq kilomètres de la côte actuelle. Ce promontoire, d'origine
géologique sédimentaire, offre un panorama étendu vers l'est, jusqu'Ã
la mer, et vers l'ouest, sur les contreforts des Apennins .
Le territoire de
Firmum bénéficiait d'un sol fertile, composé de limons et d'argiles
déposés par les cours d'eau descendant des montagnes, ce qui favorisait
l'agriculture céréalière, la vigne et l'oléiculture. Le climat
méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers doux et pluvieux,
renforçait l'attractivité du site. Deux petits cours d'eau, le Tenna
et le Chiaro, encadrent la colline et fournissaient une eau abondante,
essentielle à la vie urbaine antique. La position de Firmum en faisait
une plaque tournante naturelle entre la côte et l'arrière-pays montagneux,
et entre le nord et le sud de l'Adriatique.
Avant la conquête
romaine, le site était occupé par les Picéniens, un peuple italique
dont la culture, influencée par les Grecs
et les Étrusques, se caractérisait
par une forte organisation sociale, une métallurgie avancée et un commerce
actif avec la Grèce
et la Magna Graecia (Grande Grèce),
comme en témoignent les riches tombes à incinération découvertes dans
la région. La fondation légendaire de la cité était attribuée par
les Romains à un certain Firminus, compagnon d'Énée,
ce qui inscrivait Firmum dans le récit mythique de la fondation
de Rome. Historiquement, la région du Picenum fut intégrée progressivement
au monde romain à partir du IVe siècle
av. JC, après des conflits contre les Samnites et les Gaulois. Firmum
devint alliée de Rome, puis, à la suite
de la guerre sociale (91-88 av. JC), obtint la pleine citoyenneté romaine
avec le reste de l'Italie italique.
Au cours du Ier
siècle av. JC., Firmum fut élevée au rang de municipium, puis
intégrée à la tribu romaine Voltinia. Elle devint rapidement une cité
prospère, dotée d'un forum, d'un théâtre, d'un amphithéâtre,
de thermes, d'aqueducs et d'un réseau viaire structuré. Le théâtre,
construit au Ier siècle ap. JC, est particulièrement
remarquable : taillé dans la roche de la colline, il pouvait accueillir
environ 3000 spectateurs et était orné de marbres colorés et de statues.
Une partie de ces décors, ainsi que des inscriptions honorifiques, a été
conservée dans le musée archéologique de Fermo. La ville était traversée
par la Via Salaria Picena, branche côtière de la célèbre Via Salaria,
qui reliait Rome à la mer Adriatique, faisant
de Firmum un nœud commercial important. Son port, bien que secondaire
par rapport à ceux de Castrum Truentinum (aujourd'hui Martinsicuro)
ou d'Asculum (Ascoli Piceno), facilitait les échanges avec la Dalmatie,
la Grèce et l'Orient.
Sous l'Empire,
Firmum connut son apogée aux Ier et IIe
siècles ap. JC. Elle produisait du vin et de l'huile exportés dans
tout l'Adriatique, et ses élites locales, souvent d'origine équestre,
participaient activement à la vie politique et économique de l'Empire
romain. Plusieurs inscriptions mentionnent des magistrats municipaux, des
prêtres du culte impérial et des bienfaiteurs ayant financé des monuments
publics. Le tissu urbain était dense, avec des domus décorées
de mosaïques et de fresques,
certaines des plus raffinées de la région, comme la célèbre mosaïque
du combat de coqs trouvée dans une villa suburbaine.
Avec la crise du
IIIe siècle, Firmum subit les conséquences
de l'instabilité impériale, des invasions
barbares et du déclin du commerce méditerranéen. Bien qu'elle
ait survécu à l'effondrement de l'Empire d'Occident, la ville connut
un rétrécissement progressif de son habitat et de ses fonctions. À l'époque
byzantine, elle fut intégrée à l'Exarchat
de Ravenne, puis devint un bastion lombard au VIIe
siècle. Le souvenir de son passé romain resta néanmoins vivace : le
nom de Firmum persista dans les sources médiévales, et plusieurs monuments
antiques furent réutilisés ou intégrés dans de nouvelles constructions.
Au Moyen
Âge, la ville prit le nom de Fermo et devint le siège d'un important
évêché dès le IIIe siècle, confirmé
par la tradition chrétienne locale. Elle fut un centre de pouvoir ecclésiastique
et civil dans les Marches, rivalisant parfois avec Ascoli. Les remparts
médiévaux furent édifiés en partie sur les fondations antiques, et
la cathédrale fut construite au sommet de la colline, là où se trouvait
peut-être le Capitole ou le forum romain. Malgré les destructions successives
(notamment lors des guerres entre Guelfes
et Gibelins, ou sous les Sforza), le sous-sol de Fermo n'a jamais
cessé de livrer des vestiges de l'époque romaine, et le plan urbain
conserve encore l'empreinte de la centuriatio (le découpage cadastral
romain) dans l'orientation de certaines rues. |
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