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| Le tchouvache
est une langue de la famille turque ( On compte environ un million de locuteurs, dont la majorité vit en Tchouvachie et dans les régions voisines de la Volga, notamment au Tatarstan, en Bachkirie et dans les oblasts d'Oulianovsk et de Samara. Une partie de la diaspora tchouvache vit également dans d'autres villes russes et en Asie centrale. La plupart des locuteurs sont bilingues : ils, utilisent le russe dans la vie publique et le tchouvache dans le cadre familial ou communautaire, bien que la vitalité de la langue tende à diminuer, surtout parmi les jeunes générations urbaines. Le tchouvache est une langue agglutinante : les relations grammaticales et les fonctions syntaxiques sont exprimées par des suffixes ajoutés successivement à la racine. Chaque suffixe a une fonction précise et invariable, et il n'y a pas de flexion interne du radical. L'ordre des affixes suit un schéma strict : d'abord les suffixes dérivationnels (créant de nouveaux mots), ensuite les suffixes grammaticaux (nombre, cas, personne, temps, etc.). Le système phonétique du tchouvache se caractérise par l'affaiblissement de l'harmonie vocalique typique des langues turques. On y observe seulement certaines restrictions phonologiques dans la combinaison des voyelles. On distingue huit voyelles de base, organisées selon les traits d'aperture et de labialisation. Le tchouvache possède également un contraste entre consonnes dures et molles, mais il n'est pas systématique. Les consonnes ont subi d'importantes transformations historiques : les anciennes consonnes turques *z et *š sont devenues respectivement *r et *l, d'où les correspondances célèbres comme turc *yüz → tchouvache *śir ( =cent ), turc *taš → tchouvache *tul ( = pierre). La morphologie nominale repose sur un système de cas relativement réduit : nominatif, génitif, datif, accusatif, locatif, ablatif et instrumental. Les suffixes sont invariants, mais leur forme peut varier légèrement selon la voyelle finale du mot. Le pluriel se forme généralement avec le suffixe -sem, sans harmonie vocalique. Le possessif est exprimé par des suffixes personnels, distincts pour chaque personne et nombre : epĕn ( = mon), epĕt ( = ton), epĕsĕ ( =son), etc. Le verbe tchouvache est richement fléchi. Il marque la personne, le nombre, le temps, l'aspect, la modalité et parfois la négation à l'aide de suffixes cumulés. Il existe trois temps fondamentaux : présent, passé et futur, mais plusieurs nuances d'aspect et de modalité s'ajoutent par des suffixes dérivationnels. La négation se forme par insertion d'un élément -ma- ou -me- avant les marques personnelles. Le système d'aspect repose sur des oppositions comme perfectif/imperfectif, mais il est souvent lexical plutôt que morphologique. Les participes et les gérondifs jouent un rôle central dans la syntaxe : ils permettent de former des propositions subordonnées sans conjonction. Par exemple, un verbe à la forme participiale peut fonctionner comme un adjectif ou un nom, tandis que le gérondif exprime la simultanéité ou la cause. La syntaxe du tchouvache suit un ordre de mots sujet–objet–verbe (SOV), typique des langues turques. Les postpositions sont utilisées à la place des prépositions, et le mot déterminant précède le déterminé. Les pronoms personnels sont souvent omis lorsque la personne est claire grâce à la terminaison verbale. L'accord grammatical est strict : le verbe s'accorde toujours avec le sujet en personne et en nombre. Le lexique tchouvache combine un fonds oghourique ancien avec de nombreux emprunts au tatar, au russe et au turc commun. Les emprunts russes sont particulièrement nombreux dans le vocabulaire moderne, notamment pour les domaines techniques et administratifs. Toutefois, la langue conserve une couche lexicale propre, très archaïque, héritée des anciens Bulgares de la Volga. L'expression du temps et de la modalité repose fréquemment sur des particules postverbales, qui renforcent ou nuancent le sens du verbe. L'interrogation se forme à l'aide de la particule enclitique -a ou -e, placée après le mot focalisé. L'accent tonique est généralement sur la dernière syllabe, mais il peut se déplacer pour des raisons prosodiques ou morphologiques. Le tchouvache moderne s'écrit avec l'alphabet cyrillique, adapté au début du XXe siècle et complété de quelques lettres spécifiques pour rendre compte des sons propres à la langue. Avant cela, diverses tentatives d'écriture avaient existé : une adaptation de l'alphabet latin au XVIIIe siècle, puis une orthographe à base cyrillique dès les années 1870. L'actuelle norme orthographique est relativement stable et utilisée dans l'enseignement, la presse et la littérature. La langue se divise en deux principaux dialectes : le haut-tchouvache (au Nord-Ouest de la Tchouvachie et centré autour de Tcheboksary) et le bas-tchouvache (au Sud-Est, dans la région de l'Alatyr), plus conservateur. Un dialecte transitionnel entre ces deux variantes parfois aussi distinguée. Le haut-tchouvache est la base du tchouvache littéraire standard. Les différences entre ces variétés portent sur la phonétique, quelques aspects du lexique et certaines terminaisons verbales. La littérature tchouvache s'est développée à partir du XIXe siècle, d'abord sous forme de poésie et de contes populaires, puis avec l'apparition d'une prose moderne et d'une production théâtrale. La langue est également utilisée dans des journaux régionaux, des émissions de radio et de télévision, ainsi que dans certaines écoles, bien que le russe reste dominant dans la sphère officielle et médiatique. Les efforts récents pour revitaliser le tchouvache comprennent l'enseignement bilingue, la création de ressources numériques et la promotion d'une identité culturelle propre. |
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